Le Sexe Neutre existe t-il ?

Le «troisième sexe» existe-t-il ? Saisie par un sexagénaire intersexe, la justice va devoir trancher© Jonathan Drake Source: Reuters

Le «troisième sexe» existe-t-il ? Saisie par un sexagénaire intersexe, la justice va devoir trancher

La Cour de cassation doit trancher face au cas de Jean-Pierre, un sexagénaire né «sans pénis ni vagin» et qui souhaite faire figurer la mention «sexe neutre» sur son état civil.

Devant la Cour de cassation, Bertrand Périer, l’avocat de Jean-Pierre, psychothérapeute de 65 ans né «sans pénis ni vagin», n’a pas mâché ses mots le 21 mars : «Jean-Pierre n’est ni homme ni femme. Il ne se sent ni homme ni femme. Il ne peut devenir ni homme ni femme. Et il ne veut devenir ni homme ni femme.»

L’avocat a en outre affirmé : «[La] demande de rectification [de l’état civil] remet en cause le principe de la binarité, c’est-à-dire la limitation du sexe à deux : homme ou femme.». Dénonçant «la binarité» comme «artifice» et «construction intellectuelle», il a encore expliqué : «La nature n’est pas binaire. Je ne vois pas pourquoi, là où la nature n’est pas binaire, le droit le serait.»

De son côté, l’avocat général Philippe Ingall-Montagner a demandé le rejet du pourvoi en cassation en expliquant que la «dualité sexuelle, bien que ne faisant pas l’objet d’une définition légale spécifique, fait bien l’objet d’une prise en compte juridique généralisée».

Pour le magistrat, il y a «une position de la loi» sur ce sujet, «parce que c’est un état de fait, un état de nature». «Il y aurait trop d’incertitudes à faire autrement. Créer une nouvelle catégorie de personne, c’est quelque chose qui excède l’office du juge», a-t-il encore ajouté, précisant qu’une question «aussi fondamentale» ne pouvait être tranchée que par le législateur.

Marié et père d’un enfant adopté avec sa femme, «Jean-Pierre» souhaite que la mention «sexe neutre» figure sur son état civil. Il conteste devant la Cour de cassation une décision de mars 2016 de la Cour d’appel d’Orléans qui avait cassé un autre jugement rendu en octobre 2015 par le Tribunal de grande instance de Tours et qui donnait raison au sexagénaire.

La Cour de cassation doit rendre son arrêt le 4 mai. Plusieurs pays dont l’Allemagne ou l’Australie ont déjà reconnu un troisième sexe ou genre, encore appelé sexe neutre ou intersexe.

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Par : Journaliste de RT.com
Publié le : 24 mars 2017 | 14:50
Titre original : « Le «troisième sexe» existe-t-il ? Saisie par un sexagénaire intersexe, la justice va devoir trancher »
Source : RT.com
Mise en page et publication : Lio de France / Double Genre

Lire aussi : «Les garçons ont des pénis, les filles des vagins» : un bus met Madrid en émoi
Lire aussiSuède : le nombre d’enfants qui veulent changer de sexe double tous les ans

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Claire Lombard, la travestie bourgeoise

Claire Lombard :  » Les doux-dingues sont mille fois plus intéressants »

Claire Lombard remue toujours ! Tantôt bourgeoise, tantôt travelo déjanté, dans son one-woman show, marrainé par Sylvie Joly (excusez du peu) CitéGay a eu le coup de foudre et le lui a dit . Confidences …

Tof : Hello Claire, tout d’abord, peux-tu me parler de ton itinéraire ?
Claire Lombard : En fait j’ai été longtemps créative en agence de pub . Je me suis spécialisée après dans la production sonore et la création radio, j’ai dirigé la section de production dans une agence . Et puis quand j’ai fait le tour de la publicité, j’ai eu envie de création un petit peu plus personnelle …

Tof : Et tu as rencontré Sylvie Joly …
Claire Lombard : Oui, avec qui j’ai fait beaucoup d’ improvisation . A l’époque, elle avait mis en scène un spectacle qui s’appelait Chansons et Bla-bla , que j’ai joué dans différentes salles, dont le Point Virgule et pour lequel j’avais écrit des chansons décalées . Elle a aussi chanté une de mes chansons dans un spectacle de revue musicale, qu’elle a fait à Mogador . Et puis, elle a participé comme voix off à Stars On Line, notre association de spectacles . Ensuite, je suis partie en Afrique et c’est en rentrant que j’ai décidé d’écrire ce One – Woman Show . Là elle marraine ce spectacle . Il y avait longtemps que je pensais à un one, j’ai donc décidé de l’écrire l’année dernière . Je l’ai tourné 3 mois, William Pasquier en est le metteur en scène, et Sylvie la marraine . Elle m’a beaucoup appris, notamment que la base, c’était la sincérité .

Tof : D’ailleurs, vous avez un air de famille, toutes les deux, autant physiquement que dans le style …
Claire Lombard : Oui, on a un peu la même origine bourgeoise . Pour ma part, je viens d’une famille de médecins . Je suis un peu l’exception …

Tof : As-tu des comptes à régler avec cette bourgeoisie ?
Claire Lombard : Pas vraiment . On ne peut pas dire que j’ai été élevée dans une bourgeoisie étroite d’esprit, réductrice . Mon père était un homme très ouvert d’esprit, et ma mère est psy . Dans ce spectacle, je me suis surtout plue à dénoncer l’hypocrisie de ce milieu, avec ce personnage, très bourgeois, qui par ailleurs peut se métamorphoser en un travelo d’origine un peu mixte, comme moi (ma mère étant juive russe et mon père auvergnat) .

Tof : On a l’impression que le travesti a plus les pieds sur terre que la bourgeoise ?
Claire Lombard : Le principe c’est un peu ça . La bourgeoise est tellement prise dans son univers bourgeois qu’elle est finalement toujours à côté de la plaque . Le travesti, qui appartient à un univers beaucoup plus décalé, véhicule plus un message de concret et de réalisme .

Tof : C’est assez nouveau, et même assez culotté, le fait de parler de séropositivité, dans un spectacle humoristique …
Claire Lombard : Ce que je voulais c’était aborder un peu tous les sujets un peu tabous, dont on parle jamais . En fait j’habite près de la Porte Dauphine, donc tous les soirs quand je rentre je croise fatalement des gamines de quatorze ans, en conflit avec des prostituées déjà plus installées .
C’est un milieu dont on ne parle jamais en Humour . Et j’ai eu un peu la même démarche avec la séropositivité, pour laquelle il existe maintenant des traitements, même si ce n’est toujours pas la panacée . D’une manière générale, on peut dire que j’aime aborder les sujets graves de façon décalée .

Tof : On a l’impression que tu as vraiment observé des prostituées . Plus que de les avoir simplement croisées furtivement le soir …
Claire Lombard : Je ne peux pas dire vraiment que j’ai eu des ami(e)s prostitué(e)s, mais j’ai connu plusieurs personnes : des jeunes qui se sont prostitués occasionnellement . Là on est à Pigalle, il y a par exemple une prostituée, Valérie que je cite dans le spectacle, et avec qui on va souvent prendre un café . C’est un univers qui a piqué ma curiosité et je trouve qu’on ne le connaît pas finalement . On a l’impression que ce ne sont pas des gens qui existent vraiment en tant qu’êtres humains et c’est dommage .

Tof : Tu sembles particulièrement sensibilisée à la prévention .
Claire Lombard : Oui, il y a un passage dans le spectacle, sur le préservatif féminin, d’ailleurs on est en train de voir si on peut en avoir, par le ministère de la Santé et le CGL, histoire de faire une distribution l’air de rien . C’est intéressant parce que ce sont des préservatifs de plus en plus utilisés par la population Homme du fait que la matière est beaucoup moins allergisante . J’aimerais vraiment en profiter pour enfoncer le clou sur la prévention . Effectivement, je suis assez sensibilisée à ce problème, car en tant que publicitaire j’avais eu à travailler sur des campagnes de prévention qui disaient par exemple il n’y a pas de population à risques, mais bien des comportements à risques …

Tof : De manière générale, qu’est-ce qui t’intéresse chez les gens ?
Claire Lombard : C’est sûr que les doux-dingues sont mille fois plus intéressants que les gens très insérés qui souvent sont finalement largement aussi malades et plus dangereux .

Tof : Par exemple, la bourgeoisie aurait-elle besoin de plus de poppers pour se décoincer (référence au spectacle) ?
Claire Lombard : Je pense surtout que dans les milieux bourgeois, il y a beaucoup de ça mais sous une hypocrisie énorme . Tout le monde sait que les clubs échangistes concernent plutôt les gens qui ont de l’argent . Je suis très frappée par le fait que personne ne dit avoir eu affaire aux prostituées alors que celles-ci ont beaucoup de clients . On peut se poser la question de savoir qui est consommateur finalement . Sur un autre plan je trouve qu’on a fait un grand pas en avant lorsque Bertrand Delanoé n’a pas eu peur de dire les choses . C’est une belle façon de combattre l’hypocrisie .

Tof : Tu trouves donc qu’il faudrait que les personnes connues rendent publique leur homosexualité ?
Claire Lombard : Bon, après il y a un choix personnel, c’est vrai . D’ailleurs l’initiative de Bertrand Delanoé ne lui a pas forcément réussi .C’est vrai que quand un homme important reconnaît son appartenance à une certaine marginalité, il enlève des kilos de plomb des épaules de gens qui se trouvent dans de petites positions et très malheureux de leur condition . Donc, c’est courageux de le faire .

Tof : Tu crois qu’on peut vraiment parler de l’existence d’une culture Gay ?
Claire Lombard : Oui tout à fait . Elle réside surtout dans tout ce qui est spectacle et amusements, peut-être parce que les gay sortent plus, sont plus ouverts, intéressés à beaucoup de choses, et ils ont du temps , alors que le carcan traditionnel permet peut-être de sortir moins .

Tof : En faisant ton spectacle tu as eu aussi envie de combler la demande d’une population qui ne se retrouve pas forcément dans ce qu’on lui propose ?
Claire Lombard : Oui, finalement depuis Elie Kakou, qui avait bien décapé sur ce plan, il n’y a pas eu de spectacles qui parle un peu de cet univers là et qui veuille le toucher . Sans que ce soit limitatif et que ça veuille enfermer la chose dans un ghetto .

Tof : Qu’est-ce qui t’a donné envie de faire tout ça ?
Claire Lombard : J’aime faire rire . C’est une des plus belles émotions . L’humour est vraiment le seul moyen de ne pas devenir fou dans cet univers de distances .

Tof : Le travestissement n’est-il pas une manière de se révéler de manière plus authentique . ?
Claire Lombard : Oui tout à fait, mon travesti a un côté un peu paysan dans ses réflexions . Il dit des réalités qu’on ne dit jamais .

Tof : Tu aimes l’univers de la bédé ?
Claire Lombard : Ah, tu me poses cette question à cause du côté très rythmé du spectacle, un peu comme pour un zapping . J’ai vraiment voulu sortir du traditionnel en fait . Et puis j’aime les formats courts, peut-être un reste de mon passé de publicitaire . Et puis, ça va bien avec le côté schizophrène de mon personnage .

Tof : Quels sont tes projets ?
Claire Lombard : Le spectacle dure jusqu’en Février mais devrait être prolongé jusqu’en Juin . Ca semble acquis . Ensuite, j’aimerais emmener ce spectacle en province . Et j’ai aussi écrit un spectacle pour enfants, sur le thème des différences, c’ histoire futuriste de la rencontre de deux êtres antagonistes que tout oppose, une lionne et un ours, qui finissent par s’aimer, et décident de rester ensemble . Une pièce très interactive qui aborde les sujets du racisme, de l’ austrassisme, de l’homophobie .

Tof : Selon toi, qu’est-ce qui résumerait au mieux « La Bourgeoise remue toujours ? » ?
Claire Lombard : C’est un spectacle sur l’amour, la tolérance, l’absence de tabous et de cloisonnements . Et en fait c’est la seule partie intéressante de la vie . Courez-y !!!

Et bien c’est tout à fait ce que nous avons ressenti à CitéGay . C’est un spectacle rafraîchissant, original et on ne s’ennuie pas … Merci de cet entretien Claire, et chapeau pour tes prises de position !

La Bourgeoise Remue Toujours – Tous les Jeudi à 22h15 – Le Bout, 6 Rue Frochot – Paris 9ème – M° Pigalle

:TARIF PREFERENTIEL CITEGAY.COM :
En Décembre : 9 euros la place au lieu de 14 – RESERVATION IMPERATIVE AU 01 42 85 11 88 –

Publié le 08/11/2002 | Interview : Tof
Source : SiteGay.fr

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Julien Lepers travesti en Nabila

Julien Lepers, travesti sexy en Nabilla : La bimbo, « jalouse », réagit !

Cliquez sur le lien ci-dessous pour voir un extrait du spectacle de France 2

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Julien Lepers travesti en Nabilla Benattia, le 25 décembre 2015 sur France 2 dans « Ze Fiesta ! ».

Le présentateur culte – et désormais sexy, contre toute attente !- a fait forte impression en ce jour de Noël 2015…

Vendredi 25 décembre, les téléspectateurs de France 2 avaient rendez-vous avec [l’émission] Ze Fiesta ! de Patrick Sébastien dès 20h50.

Afin de divertir les Français en point d’orgue de ce jour de Noël, l’homme de télévision de 62 ans a mis les petits plats dans les grands à l’Olympia en invitant de nombreux artistes à se « transformer »…

Ainsi, au bout de quelques minutes d’émission, c’est Nabilla qui a fait sa venue sur scène !

JukienLepers2016

Une Nabilla Benattia quelque peu originale puisqu’interprétée magistralement par… Julien Lepers, le futur ex-animateur de Questions pour un champion (très prochainement écarté par la nouvelle direction de France Télévisions).

Visiblement, l’animateur de 66 ans a bien entendu le message de sa direction, qui entend rajeunir et « féminiser » son émission culte après son départ

Devant ce spectacle inattendu, Nabilla elle-même n’a pas pu s’empêcher de réagir après cette prestation habitée. En voyant son double en jupe courte, sur ses talons hauts et arborant fièrement un joli décolleté, la bombe de 23 ans a tweeté, très amusée : « Vous êtes encore plus canon que moi M. Lepers ! Je suis jalouse de vous !!!!! »

De nombreux internautes n’ont pas hésité à faire savoir qu’ils aimaient la liberté de ton de celui qui a animé Questions pour un champion durant 27 années sur France 3.

« Les jours passent, et ce mec est de plus en plus magique« ,
« Voulez-vous m’épouser ?« ,
« Pour vous remplacer à #qpuc, c’est la remplaçante idéale. Pour féminiser, y’a pas mieux !« ,
« Plus belle que Caitlyn Jenner !« ,
peut-on lire dans les premières réactions sur Twitter.

Découvrez la prestation de Julien Lepers dès à présent dans notre player vidéo !

Le 26 Décembre 2015 – 11h28

Source : PurePeople.com

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Travestis et transgenres, sites Internet


TahitiTrans2

ANGLAIS

TsRoadMap, site très complet, dans la langue de Shakespeare

BELGE

InfoTransgenre, site issu de Transgender Infopunt Identité – soins + vie quotidienne

FRANÇAIS

Agora, forum de convivialité pour ceux qui vivent leur féminité

DoubleGenre, blog des Transgenres et des Travestis qui ont ici leurs Lettres de Noblesses

EsterMarie, blog regroupe un nombre important de blogs transgenre

HommeFleur.net – site avec galerie + infos + photos + tchat

HommeFleur.fr (ce n’est pas le même site)

I-trans.net et son Forum + Le Petit Chat de Nad  (Tchat entre trans, travs…)

TXY, blog incontournable du Net

XXY, site + forum de la communauté d’un autre genre

HOLLANDAIS

Estermarie.free, blog offrant une grande liste de liens internationaux.

MEXIQUAINS

CrossMe : site de belles photos de travestis

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Responsables de blogs, sites, éditeurs, webmestres, internautes …etc, envoyez-nous vos coordonnées pour compléter ce début de liste.

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Michou, le travesti qui fait mouche

Cabaret Michou, BONJOUR!

Chez Michou, un cabaret de grand renom, rencontre avec le Rideau Rouge - Margaux Lantier

Qui ne connait pas Michou ? D’Amiens sa ville natale, il atterrit à 18 ans dans notre chère capitale [Paris]. Comme il le dit dans sa chanson « rusé mais si fauché » il marquera les esprits à travers les générations !

En créant son propre cabaret il fait Mouche !

Cela commence par une boîte de nuit, puis en 1960 l’aventure commence. Michou lance son cabaret avec ses fameux shows de transformistes, où se bouscule tout le gratin parisien.

Nous sommes loin des années folles ou les nuits montmartroises se transformaient en véritables spectacles vivants avec plumes et paillettes. « Entrez par ici, tout est permis ! » Charles Aznavour le dit si bien « la musique et l’amour ne font pas corps ensemble ». Mais, en lançant son cabaret, Michou ranime cet atmosphère d’antan !

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Que se passe-t-il  pour que, depuis cinquante ans, le cabaret fasse toujours salle comble ?

Sur cette petite scène se bousculent Edith Piaf, Maria Callas, la merveilleuse Liane Foly, Carmen, Patricia Kaas, Britney Spears et j’en passe ! En effet la liste est longue…
Une actualité surveillée de près pour faire vivre les étoiles montantes, sans oublier les grands noms de la chanson française que les « Michettes » font revivre le temps d’une soirée !

Ce succès n’est pas un hasard ! Le spectacle de Michou est réglé à la perfection : maquillage, mimiques, costumes et gestuelles : un défilé des plus grandes stars qui ont marqué leur époque.

Un melting pot de nostalgie, de burlesque et d’émerveillement, toutes générations confondues.

Pour ce qui est du coût, tout se paye dans ce bas monde !

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Même un lâché prise s’achète, mais attention voilà ce que Michou vous propose : pour 110 €, accrochez vos ceintures ! on commence par une coupe de champagne, oui on joue le jeu, où on ne le joue pas. Un choix d’entrées vous est proposé, des plats, des desserts  accompagnés d’un café ! Le dîner se fait avant le spectacle, vous n’avez donc pas a choisir entre l’artiste et la flamiche.

Étant une grande admiratrice de cet établissement, le prix en vaut la chandelle. Parlons de l’homme à présent.

Depuis cinquante ans, il tient ses habitudes et accueille tous les soirs les novices et les habitués, pour une soirée que vous ne serez pas près d’oublier. Le succès et la médiatisation peuvent faire perdre pied. Michou, lui, reste dans sa simplicité avec la générosité qu’on lui connaît. Depuis la mort de sa maman dans les années 2000, il accueille tous les dimanches de chaque mois les personnes âgées du 18ème [arrondissement] au cabaret avec un mot qui sera bientôt banni du vocabulaire français : gratuitement !

J’ai eu le plaisir de rencontrer Fabrice Iglesias, alias Betty Boop, Mireille Mathieu et bientôt la grande Line Renaud. Fabrice travaille chez Michou depuis 2000.

C’est avec un sourire jusqu’aux oreilles et des étoiles pleins les yeux qu’il me parle du cabaret et de son plaisir, chaque soir à monter sur scène. Fabrice sera votre hôte avant que le spectacle commence et revêt ensuite ses tenues pour interpréter ses personnages.

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Un passionné qui aime ressentir l’admiration des clients !

 

SOURCE : LeRideauRouge.net
Pub gratuite : michou.com
Vidéo : Extrait du SHOW

2° PARTIE /

Biographie

1931 – 18 juin, Michou, né Michel Georges Alfred Catty à Amiens dans le département de la Somme, est le patron du célèbre cabaret « Michou », sis au 80 rue des Martyrs 75018 Paris.

1962, 13 juillet, Michel Catty « monte » à Paris pour faire sa révolution : il va se travestir en imitant la chanteuse en vogue France Gall ; il sort également sorti plusieurs singles.

Le style Michou : Michou adopte une apparence vestimentaire extravagante, dite kitch, dont ses fameuses lunettes bleues et une coiffure brushing décoloré ; de plus, il ne cache pas son homosexualité. Depuis toujours, le coloris préféré de Michou est le bleu, couleur de ses lunettes, ses vêtements et des décorations de la salle de spectacle.

Michou développe le concept du cabaret-restaurant-spectacle. Après le dîner, les lumières s’éteignent et le spectacle démarre. Sur une scène minuscule, des travestis remarquablement maquillés chantent en « play-back » en imitant les stars du show-business actuelles ou (le plus souvent) anciennes, dont les principales Dalida, Sylvie Vartan, Chantal Goya ou encore Edith Piaf.

Il combine aussi social et business tout en œuvrant pour divertir les personnes âgées et isolées du quartier en organisant notamment tous les mois un déjeuner dans son cabaret avec les pensionnaires de la maison de retraite de la Providence, établissement voisin de la salle de spectacle.

1973 – Il joue son propre rôle dans le film La Bonne Année, réalisé par Claude Lelouch.

2005 – 24 janvier, Michou reçoit la médaille de chevalier de la Légion d’honneur.

Michou en 2006.

2005 – février, un film-documentaire de 52 minutes, titré Michou, la vie en bleu, est réalisé pour France 5 par Frédéric Lievain.

2007 – janvier, lors de la « Nuits des Talents », Michou reçoit un trophée, remis par le Conseil Général de la Somme, son département de naissance.

1991 – 18 juin, Michou fète ses 60 ans. Michou devenu une célébrité, il réussit à réunir le Tout-Paris sur un bateau pour son anniversaire, fêtés au fil de l’eau sur l’un des bateaux mouche de la Seine.

2011 – 18 juin, Michou atteint ses 80 ans qu’il fête en grandes pompes, deux jours plus tard dans la célèbre salle du Trianon, entouré d’une pléiade de  personnalités, de ses Michettes et de son fidèle compagnon Erwan.

Le Cabaret Michou

L’établissement était au départ un restaurant et bar de nuit (qui n’eut pas toujours l’autorisation de rester ouvert toute la nuit : les clients s’y laissaient enfermer après 2 h du matin quand les règlements de police obligeaient « Lulu », la vestiaire chargée de la porte, à refuser de nouveaux clients). Au début des années 60, Michou y lança progressivement ses spectacles de transformistes, interprétant des classiques de la chanson, souvent de façon burlesque, parfois poétiquement. Il y participait en meneur de jeu toujours en scène : la troupe était réduite, constituée de personnages du quartier, tel « la grande Eugène », alors teinturier. Ce fut une adresse confidentielle, proche de Madame Arthur, et du quartier Pigalle.

2016 – 18 juin, Michou, tout de bleu vêtu, fête ses 85 ans en présence des ses amis Alain DELON et de Jean Paul Belmondo !

Échotiers et chroniqueurs de la nuit découvrirent cet endroit, après quelques années de spectacle plus ou moins improvisé. Georges Debot, ami de Michou, Jacques-Louis Delpal, par la suite responsable avec lui d’un petit guide « bleu tendre », puis auteur d’un livre sur les « travestis » (voir Travestissement), Alain Naulin, collaborateur de France-Soir, évoquèrent la boîte de la rue des Martyrs bien avant 1968 et la « libéralisation » des spectacles. On y vit souvent Yves Mourousi, journaliste à l’ORTF qui allait devenir un présentateur du journal télévisé de la Une.

Chez Michou tenait alors presque du club, à la fois très parisien et bon enfant. Michou « et ses Michettes » connurent la célébrité au cours des années 1970, la renommée parisienne devenant « nationale » et les émissions de télévision se succédant, alors que d’autres cabarets, au succès éphémère, contribuaient à l’engouement pour les spectacles à ce moment encore dits globalement et imprécisément de travestis (La Grande Eugène, L’Ange Bleu et, pour une part, l’Alcazar de Jean-Marie Rivière, où officiait Babette).

Le cabaret Michou n’allait pas désemplir. Expansif, amateur des meilleurs champagnes, toujours irréprochablement coiffé, embrassant les vedettes lors de toutes les manifestations festives, étonnamment matinal pour un noctambule, il est resté très populaire dans son quartier et à Montmartre, dont il est une personnalité symbolique, à l’instar de celle que fut sa grande amie Dalida.

Les transformistes se succèdent toujours, chaque soir, sur la petite scène du 80, rue des Martyrs, à Montmartre. Le spectacle Folies folles est encore de la veine « Michou », bien que le fondateur du cabaret, qui sort toujours des CD, ait pris quelque recul. Il a souvent été imité et parodié par le comique Jonathan Lambert, notamment dans la Grosse émission.

Liens utiles

– Plus de 130 transformistes trouvés sur ACTEURS-FETES.com


Kabuki, théatre d’hommes travestis

Le kabuki
歌舞伎

Un onnagata, un acteur spécialisé dans les rôles féminins dans le théâtre kabuki. (Crédit: DR)

Baroque et populaire

Longtemps méprisé au profit du classique , le kabuki est resté un art dramatique bien vivant depuis sa création, il y a plus de quatre cents ans.

Les origines du kabuki restent assez floues et controversées. En 1603, une certaine Okuni, prétendue prêtresse du sanctuaire d’Izumo, s’installe à Kyoto pour présenter danses religieuses et saynètes. Elle y apparaît travestie en homme et habillée à l’occidentale, n’hésitant pas à braver les premières persécutions chrétiennes en portant croix et rosaires…

Le théâtre Kabuki-za dans le quartier de Ginza à Tokyo. (Crédit: DR)

Sensuelle censure

Forte de son succès, Okuni fait appel à des danseuses itinérantes. Ses spectacles délaissent progressivement l’aspect religieux pour devenir un divertissement alliant danse et sensualité. Guerriers, bourgeois, artisans ou paysans, tous accourent pour voir Okuni et sa troupe, les plus fortunés s’arrachant les faveurs des danseuses après les représentations. La prostitution et la mixité sociale inquiètent les autorités, qui décident de bannir définitivement les femmes de la scène en 1629. Remplacées par de jeunes garçons, la situation reste inchangée mais l’arrivée de véritables acteurs d’âge mur calme les ardeurs du public et permet au kabuki de devenir un art dramatique à part entière.

La censure par des réformes de l’époque Meiji (1868-1912) a tenté d’en faire un divertissement respectable au même titre que le , mais acteurs et auteurs ont su préserver l’essence du kabuki, démesuré et exubérant. Le spécialiste et critique de théâtre japonais WATANABE Tamotsu reconnaît que « les facteurs qui ont permis aux quatre formes de théâtre classique japonais qui sont le , le bunraku (théâtre de marionnettes), le kyôgen (théâtre comique) et le kabuki de perdurer au Japon dans leur forme traditionnelle, là où la tragédie grecque ou le théâtre élisabéthain ont échoué en Europe, restent inexpliqués ».

Le kabuki se caractérise par une scène bien spécifique permettant aux acteurs de faire une entrée majestueuse. (Crédit: DR)

Extravagance codifiée

Le kabuki se caractérise par une scène bien spécifique, munie d’une machinerie complexe, d’un plateau central tournant et du hanamichi, passerelle courant jusqu’aux loges entre les spectateurs et permettant aux acteurs de faire une entrée majestueuse. Les personnages principaux y effectuent le mie, sorte d’arrêt sur image spectaculaire, moment fort de la pièce. Tout comme le nô, le kabuki est extrêmement codifié. De la gestuelle aux costumes en passant par l’intonation des répliques et la couleur du maquillage, rien n’est laissé au hasard. Le répertoire, riche et varié, embrasse la comédie, le drame, l’épopée historique, les histoires de fantômes en passant par les récits du quotidien ou les pièces dansées.

Les expressions d’un acteur de théâtre kabuki. (Crédit: DR)

L’absolu féminin

Les acteurs se transmettent leur savoir de génération en génération et sont souvent spécialisés dans un type de rôle particulier. Le plus connu et fascinant est certainement l’onnagata, acteur spécialisé dans les rôles féminins. Il ne s’agit en aucun cas d’une représentation réaliste de la femme, plutôt d’une vision idéalisée et magnifiée. Bandô Tamasaburô est l’onnagata le plus connu et apprécié de ces dernières décennies. Il se produit régulièrement à l’étranger.

Les théâtres japonais proposent deux représentations différentes par jour, une en matinée et une en journée. Il est très rare qu’une pièce soit jouée dans son ensemble, les programmes proposent donc un à trois actes issus du répertoire classique ou moderne alternant danse, drame ou action.

Le kabuki est une expérience à part entière, un feu d’artifice de couleurs chatoyantes et de sons discordants. L’acteur disparaît sous son épais costume. Sa voix ondule et se brise pour révéler les états d’âme de son personnage et ravir le spectateur, néophyte ou amateur.

La pièce Renjishi, la danse du lion, un des classiques du théâtre kabuki. (Crédit: DR)

Par N.B. | publication le : 04.05.2013 | Source : VivreLeJapon.com

Le travesti dans le théâtre du XIXe siècle

 TeatreXIXs

Le travesti dans le théâtre du XIXe siècle : une distribution à contre-genre ?

Résumé

Quelques unes des actrices les plus célèbres du XIXe siècle ont laissé à la postérité le souvenir de leurs rôles travestis. C’est notamment le cas de Virginie Déjazet – au point que le déjazet est rapidement devenu synonyme de rôle travesti – ou encore de Sarah Bernhardt. Le travesti est alors un spectacle commun sur les scènes académiques françaises – tandis que certains rôles sont écrits pour être joués en travesti, de grandes actrices s’emparent de rôles masculins pour confronter leur génie à d’autres types de personnages. Cependant, l’aisance avec laquelle les travestis arpentent les scènes semble paradoxale dans un siècle où la distribution, régie par des règles strictes, se fonde essentiellement sur la vraisemblance. Certains auteurs choisissent au cours du siècle de proposer des distributions dites à « contre-emploi », allant ainsi à l’encontre des règles de la vraisemblance mais aussi de la tradition d’interprétation du rôle. Le « contre-emploi » est alors un outil de subversion des normes qui régissent l’économie de la distribution. Peut-on considérer le travesti comme une sous-catégorie du contre-emploi, une sorte de distribution à « contre-genre » qui ne remettrait pas seulement en question l’emploi traditionnel du personnage et de l’acteur, mais aussi son genre ? Dans quelle mesure l’utilisation du travesti est-il un choix de distribution subversif pour l’époque ?

Abstract

Some of the most famous actresses of the 19th century have gone down in history due to their cross-dressing. This is the case with Virginie Déjazet – déjazet has become a synonymous with cross-dressing in the theatre – as well as Sarah Bernhardt. Cross-dressing is extremely common on the French academic stage – some roles are written to be played by a cross-dresser but several great actresses, in pursuit of acting challenges, have also played male roles. Nevertheless, the ease cross-dressers on the stage appears paradoxical in a century when casting, governed by strict rules, is essentially based on credibility. During the 19th century some authors chose to put forward a certain kind of casting known as “contre-emploi”, thus going against rules of plausibility and the traditional interpretation of these roles. The “contre-emploi” became a subversive tool to undermine the economy of casting norms. Can we consider cross-dressing as a sub-category of “contre-emploi”, a kind of “counter-gender” casting which would not only question the traditional “emploi” of the character and actor, but also his gender? How subversive is the choice of casting a cross-dressser in this era ?

1 Avant le XIXe siècle, le travesti féminin n’avait jamais été aussi populaire. Certaines actrices comme Mlle Dancourt au XVIIe siècle et Mlle Dangeville au XVIIIe s’étaient déjà rendues célèbres dans les rôles travestis, mais c’est bien à Virginie Déjazet que le travesti féminin au théâtre doit ses lettres de noblesse. C’est ce que nomme sans détour la notice qui lui est consacrée dans Le Panthéon des comédiens.

A Virginie Déjazet revenait la gloire d’édifier, sur des bases solides, « la Femme-homme ». Avant elle, on n’avait recours que très peu souvent aux grâces féminines pour mettre à la scène un tout jeune garçon dans le genre de Chérubin, ou du Duc d’York dans Les Enfants d’Edouard. Déjazet érigea en principe l’art de reproduire la jeunesse de tous les héros d’amour, de gloire ou de piquantes aventures. Elle fut successivement Richelieu et Lauzun, Bonaparte et Voltaire, Conti et Gentil-Bernard, Vert-Vert et Létorières, Lulli et le sergent Frédéric, Figaro et Garat.1

2C’est en travesti que Virginie Déjazet lance sa carrière. En 1821, elle rentre au théâtre du Gymnase et connait un énorme succès dans un rôle de jeune premier. Puis elle joue Léon, un jeune lycéen dans La Petite Sœur, et le rôle d’Octave, dans Le Mariage enfantin. Même après avoir laissé sa jeunesse derrière elle, elle s’illustre encore en jouant des personnages masculins, et elle interprète brillamment le rôle d’un chanteur dans Monsieur Garat de Victorien Sardou. Elle est alors âgée de soixante-deux ans. Sa notoriété et la gloire dont elle embellit ces rôles lui permettent alors de donner son nom aux rôles travestis qui sont ainsi nommés les « déjazets ».

3C’est bien dans la lignée initiée par Déjazet que se situe Sarah Bernhardt dont les rôles travestis qu’elle interprète dans la seconde moitié du siècle fondent la renommée. C’est dans le rôle de Zanetto, jeune chanteur florentin qu’elle se fait connaître en 1869 dans Le Passant de François Coppée.  En 1873 elle évince l’actrice interprétant Suzanne avec son Chérubin dans le Mariage de Figaro. Comme pour Déjazet, l’âge ne l’arrête pas, et c’est à cinquante-six ans qu’elle interprète le rôle d’Hamlet, qui marque encore les mémoires.

4Si la popularité du travesti féminin sur les scènes théâtrales est indéniable, elle peut cependant étonner, autant du point de vue des mœurs sociales que des normes propres à l’économie des théâtres. En effet, c’est au XIXe siècle que la différenciation entre costumes masculins et costumes féminins devient la plus marquée dans l’histoire de la mode, et un arrêté napoléonien interdit même aux femmes de « porter la culotte ». Dès lors, comment tolérer le pouvoir subversif d’une femme qui s’exhibe habillée en homme publiquement, sur une scène de théâtre ? L’aisance avec laquelle les travestis arpentent les scènes semble également paradoxale dans un siècle où la distribution, régie par des règles strictes, se fonde essentiellement sur la vraisemblance.

Emploi, contre-emploi, contre-genre

5Dans le dictionnaire de théâtre qu’il rédige à la fin du XIXe siècle, Arthur Pougin définit l’emploi en ces termes :

On appelle emploi  toute une catégorie de rôles se rattachant à un genre spécial, et exigeant, du point de vue de la voix, du physique, du jeu scénique, certaines aptitudes, certaines facultés qui sont le propre de tel ou tel individu et qui le rendent particulièrement apte à remplir cet emploi. De même qu’un vieillard ne saurait jouer les amoureuses et qu’une jeune fille ne saurait jouer les pères nobles, de même certains acteurs, nés pour le genre comique, seraient dans l’impossibilité de remplir un rôle sérieux et vice versa. Il a donc bien fallu, pour établir avec autant de précision qu’il est possible de le faire en pareille matière, la part de chacun, former des séries de rôles analogues et constituer ce qu’on appelle des emplois.2

6Ce système fonctionne alors à double sens : il permet de classer les acteurs en fonction de leurs caractéristiques physiques, sexuelles, vocales et du genre dramatique (comédie, tragédie, mélodrame etc.) dans lequel ils excellent pour leur associer une catégorie de rôles regroupés en fonction de la qualité des personnages. Pougin est clair : ces associations relèvent de la nécessité : les acteurs seraient incapables de jouer correctement d’autres rôles que ceux correspondant à l’emploi dans lequel ils s’inscrivent.

7L’emploi ne répond pas seulement à un impératif de vraisemblance, il met également en évidence le poids de la tradition dans l’interprétation des personnages : si l’on peut faire correspondre le physique d’un acteur au physique d’un personnage, c’est que celui-ci est déjà plus ou moins défini par une lecture normative conservée à chaque reprise du rôle. De la même manière que l’interprétation des personnages reste conventionnelle, le système de distribution l’est lui aussi. L’identification physique entre le personnage et son interprète tolère alors certains écarts à la vraisemblance : l’écart d’âge entre le personnage et son interprète fait partie des écarts acceptés par convention et fréquemment constaté dans la distribution, notamment pour les grands acteurs. Sarah Bernhardt a par exemple  joué des rôles de jeune première jusqu’à un âge avancé.

8Le contre emploi est alors un choix de distribution qui travaille sur des écarts non conventionnels. C’est à l’époque romantique qu’apparaissent les premières distributions à contre-emploi : le mélange des genres et des registres revendiqué dans la poétique du drame romantique résonne dans la distribution. Ainsi, lorsque Victor Hugo monte Ruy Blas au Théâtre de la Renaissance en 1838,  il confie à Frédérick Lemaître, connu pour son succès dans le mélodrame, le rôle titre. Ce personnage, amoureux de la reine, porteur du lyrisme et des valeurs politiques du romantisme, n’est alors pas incarné par un jeune premier,mais par un comédien de 38 ans aux allures de voyou. En effet, Frédérick Lemaître est alors connu pour son interprétation du rôle de Robert Macaire, bandit cynique qui bouleverse les valeurs en place et se donne des airs seigneuriaux malgré sa piètre condition. Ce rôle ayant marqué les esprits, le ton séditieux de Robert Macaire sédimente le rôle dont Frédérick Lemaître s’empare pour mélanger les registres et rendre le rôle de Ruy Blas plus équivoque. Le rôle titre acquiert des accents comiques et certains choix du héros sont alors éclairés sous un jour nouveau : la décision de participer au plan de Don Salluste par exemple serait peut-être une machination du valet plutôt que de la simple naïveté.

9Repartant de cet exemple, la notion de contre-emploi trouve une définition plus claire. Tout d’abord, le contre-emploi n’est pas une distribution aléatoire, créant des effets d’écart inattendus qui brouilleraient totalement les repères du spectateur. Il s’agit au contraire d’un choix de distribution signifiant, supposé éclairer un rôle sous un jour nouveau. L’écart que creuse le contre-emploi est celui du registre et du genre (au sens littéraire du terme –  genre comique, tragique, sérieux etc.). La distribution fait jouer les réflexes interprétatifs du spectateur qui reçoit le rôle à l’aune de l’emploi traditionnellement associé à l’interprète du rôle distribué à contre-emploi et se fait signifiante par l’angle neuf depuis lequel elle permet d’envisager le personnage.

10D’après la définition qu’en donne Arthur Pougin, le registre et le genre ne sont pas les seuls éléments de définition de l’emploi qui excluraient tout écart dans le système de distribution. Il semble également que la coïncidence entre le genre du personnage (au sens de gender) et celui de l’acteur relève également de la nécessité. En effet, l’emploi mobilise et conforte le genre. Lorsqu’Arthur Pougin affirme « qu’une jeune fille ne saurait jouer les pères nobles », ce n’est pas l’écart entre le sexe de l’acteur et celui du personnage qui constitue le cœur du problème mais l’écart entre leur genre respectif. Les représentations du corps que l’on peut associer au père noble sont celle de la virilité attendue d’un homme dont l’assise sociale repose à la fois sur ses biens et sur son statut familial – une fois père, sa fortune et son rang peuvent devenir patrimoine. Dès lors, sa virilité n’est pas militaire mais plutôt de celles nourries par la supériorité sociale et l’aisance qu’elle lui confère. Tout le contraire d’une jeune fille, sans biens propres et réputée naïve.

11Si l’emploi ne tolère aucun écart dans le rapport entre le genre du personnage et celui de l’interprète, la présence du travesti3 sur les scènes académiques pose alors question. Dans la dramaturgie contemporaine, le travestissement connait souvent un usage subversif, visant à brouiller les normes de genres ou à les déconstruire. Or, le « rôle travesti » compte parmi les emplois traditionnels, laissant ainsi entendre que le travesti ne remet pas en question le genre de ces personnages. Suffit-il que le sexe de l’acteur soit différent de celui du personnage pour sortir de la tradition d’interprétation du rôle ? Il faut alors distinguer distribution à contre-genre et distribution à contre-sexe – tandis que le contre-sexe ferait parti des écarts acceptables par convention, une distribution à contre-genre quant à elle, impliquerait que le genre de l’acteur influence la réception du genre du personnage. Savoir si le « rôle travesti » s’effectue à contre-genre nécessite alors au préalable de questionner le genre des personnages regroupés dans cette catégorie.

Genre et rôle travesti

Ce sont des rôles qui représentent des personnages d’hommes joués par des femmes, ou des personnages de femmes joués par des hommes. Dans le premier cas, il arrive qu’un auteur ayant à mettre en scène un adolescent, presque un enfant, le fait jouer par une femme pour lui donner plus de grâce et de naturel. C’est ce que fit Beaumarchais pour le Chérubin du Mariage de Figaro, qui rentre dans l’emploi des ingénuités ; ou bien on fait jouer à une femme un rôle tout spécial d’amoureux passionné, pour sauver ce que certaines situations pourraient présenter d’un peu excessif et d’un peu dangereux à la scène : c’est ainsi que l’on a pris l’habitude de confier à une femme le rôle d’Amour dans Psyché, bien que ce rôle ait été établi d’origine par Baron.4

12C’est ainsi qu’Arthur Pougin définit les « rôles travestis ». Selon ces termes, seuls certains types de rôles sont réservés au travesti féminin dans le système des emplois – les adolescents et les amoureux. Les critères de classement de ces deux types de rôles sont très différents : dans un cas, la prérogative est donnée à l’âge ; dans l’autre, c’est l’excès d’un caractère psychologique à l’intérieur de l’intrigue.

13Il s’avère cependant que l’opposition entre l’amoureux passionné et l’adolescent dans les pièces qui présentent des rôles travestis n’est pas si tranchée que ce qu’en dit Pougin.

14L’étude des rôles travestis dans les deux pièces qui servent d’exemple à Pougin5,  auxquels on peut ajouter Le Passant de François Coppé6, dialogue lyrique entre Zanetto, jeune troubadour florentin joué en travesti et Silvia – permet de dévoiler la perméabilité des catégories élaborées par Pougin. Ces trois pièces ont toutes été écrites dans des siècles différents, par des auteurs différents et ces rôles n’ont pas tous été écrits en vue d’être interprétés en travesti : la catégorie des rôles travestis a donc bien été établie a posteriori, selon les règles de distribution propres au XIXe siècle.

15Les personnages qui entrent dans l’emploi du travesti féminin présentent en effet un certain nombre de caractéristiques communes. Ce sont tous de jeunes hommes, à l’âge généralement assez indéterminé. Zanetto a seize ans, il le dit lui-même, mais l’âge de Chérubin ou d’Amour est beaucoup plus difficile à définir. Ils sont souvent présentés comme des enfantspar les personnages qui les entourent. Suzanne comme Sylvia parlent respectivement de Chérubin et de Zanetto comme des êtres juvéniles7. En cela, leur attitude envers eux est presque maternelle et elles pardonnent leur tempérament passionné qu’elles attribuent à la fougue immodérée et déraisonnable de la jeunesse. Cependant, on insiste dans l’écriture du rôle sur l’aspect juvénile de ces personnages qui sont certes des enfants, mais à une étape transitionnelle de la vie, entre enfance et âge adulte. Le trouble quant à leur âge est souvent très marqué. La description que donne Beaumarchais de l’évolution du costume de Chérubin en est une des manifestations :

Son riche vêtement, aux premier et second actes, est celui d’un page de cour espagnol, blanc et brodé d’argent ; le léger manteau bleu sur l’épaule, et un chapeau chargé de plumes. Au quatrième acte, il a le corset, la jupe et la toque des paysannes qui l’amènent. Au cinquième acte, un habit uniforme d’officier, une cocarde et une épée.8

16Le passage du costume blanc de page à celui d’officier muni d’une épée marque la sortie de l’enfant et l’entrée dans le monde viril des hommes, et a fortiori, du soldat. De même, dans la mythologie, Amour reste avant tout fils de ; le lien filial se voit d’ailleurs renforcé par la soumission d’Amour aux ordres de sa mère qui fait de sa progéniture l’instrument de ses manigances. Dans l’écriture du personnage, Molière met clairement en évidence la dimension émancipatrice de l’enlèvement de Psyché :

Il est temps de sortir de cette longue enfance

qui fatigue ma patience,

Il est temps désormais que je devienne grand9

17Ainsi ces personnages, ni tout à fait des enfants, ni tout à fait des adultes, présentent des caractères propres aux deux âges de la vie. Ils ont souvent le tempérament passionné et impétueux de la jeunesse sans tomber définitivement dans le caprice, et savent se montrer responsables lorsqu’il le faut. L’hybridité de ces personnages crée chez eux une ambiguïté quant à leur maturité sexuelle. Les femmes qui les entourent rappellent sans cesse l’ingénuité de leur état enfantin, mais ces jeunes garçons sont perçus comme une menace par les hommes. Le cas de Chérubin est en ce sens assez révélateur de l’ambiguïté créée par l’incertitude de son âge. Le Comte Almaviva le considère dès le premier acte comme un potentiel rival et l’exile du château tandis que les femmes s’offusquent de cette décision, regrettent son départ comme l’on regrette l’enfant qui quitte le premier le foyer familial. Cette attitude quasi maternelle vis-à-vis de Chérubin n’empêche pas une relation sensuelle entre Chérubin et Suzanne ou Chérubin et la Comtesse, notamment autour de l’affaire du ruban dérobé. L’équivocité planant autour du personnage de Chérubin quant à sa maturité sexuelle est redoublée par la construction dramatique de la pièce qui place à plusieurs reprises Chérubin et le Comte dans des situations similaires ou inverses. Chérubin se cache à l’acte I (scène 8) derrière un fauteuil, place habituellement dédiée à l’amant que l’on dissimule, et il sera remplacé une scène plus tard par le Comte qui se jette derrière le même fauteuil. Chérubin change alors de place et quitte l’arrière du fauteuil pour aller se blottir dessus, caché par un pan de tissu. A la scène 9, le Comte et Chérubin sont donc cachés tous les deux, de part et d’autre d’un fauteuil, tous deux à la place de l’amant, scéniquement disposés comme de potentiels rivaux. Le même type de situation se reproduit tout au long de la pièce jusqu’à l’acte V où il retrouve la Comtesse, déguisée en Suzanne, derrière un bosquet à l’endroit où le Comte, qui observe l’échange, devait retrouver Suzanne. Ce parallèle avec le Comte dans les situations scéniques donne à Chérubin certaines caractéristiques viriles. Le personnage de Chérubin, comme ceux de Zanetto et Amour, sont des figures sans âge, à la fois sexuées et asexuées, enfantines et adultes, mais aussi masculines et féminines.

18La distinction que pose Pougin entre deux types de rôle correspond moins, en définitive, à deux types distincts de personnages qu’à deux facettes d’une même figure. En effet, les personnages interprétés en travesti sont tout à la fois des enfants et des amoureux passionnés, des figures juvéniles pourtant porteurs d’une passion effrénée, voire excessive – et sexuée. Or, l’idée d’une sexualité enfantine est, dans la seconde moitié du XIXe siècle, encore loin des esprits. Dans l’ère pré-freudienne, l’enfant a conservé l’innocence qui lui avait été conféré au XVIIe siècle : l’enfant doit être protégé de la sexualité et rester une figure pure et virginale. On pourrait alors s’étonner de voir Chérubin ou Zanetto considérés comme des enfants. Cependant, la classe de l’enfance était bien moins clairement définie qu’elle ne l’est aujourd’hui. D’après Philippe Ariès, un trouble persiste à l’époque entre « enfance et adolescence d’une part, et cette catégorie qu’on appelait jeunesse »10. Le trouble vient de la difficulté à établir une limite d’âge précise entre ces deux moments de la vie, la puberté n’étant pas encore un critère déterminant. La définition de l’enfance donnée par le Littré montre bien l’imprécision de cette période de la vie, puisqu’elle énonce que l’enfance peut être étendue jusqu’à treize ou quatorze ans. C’est alors plutôt pendant la jeunesse, dont l’icône est le conscrit, que s’affirme la virilité du jeune homme. Le personnage de Chérubin, qui parait à la fin de la pièce en costume d’officier, se situe alors justement à cette époque de la vie qui est l’intermède entre enfance et jeunesse. Ariès affirme d’ailleurs qu’ « avec Chérubin domine l’ambiguïté de la puberté, et l’accent est mis sur le côté efféminé d’un jeune garçon qui sort de l’enfance »11. Quant au rôle d’Amour, l’androgynie et le trouble dans l’identité sexuelle du personnage tiennent à la représentation canonique du personnage mythologique Amour ou Eros qui, souvent dépeint avec des ailes blanches, se rapproche de la représentation de l’ange. Le corps de l’ange est bien souvent représenté comme celui d’un jeune homme efféminé, au sortir de l’enfance. Nu, il ne présente aucune caractéristique virile, son visage est rond et ses joues rosées. Le tableau de François-Edouard Picot L’Amour et Psyché, peint en 1817 nous confirme cette association d’Amour et de l’ange. Il peint un Amour chaste, presque dos à une Psyché allongée et alanguie, les bras d’Amour tendus vers le ciel dans un geste de fuite tandis qu’il jette un dernier regard au corps sensuel de son aimée endormie. L’accent est alors mis sur l’innocence d’Amour comme figure de chaste amoureux plutôt que sur sa beauté virile.

19Les âges de l’enfance et de l’adolescence sont non seulement difficiles à distinguer, mais  leur délimitation tient en grande partie à l’importance accordée à chaque âge de la vie selon l’époque. Comme le fait remarquer Philippe Ariès : « Tout se passe comme si, à chaque époque, correspondait un âge privilégié et une périodisation particulière de la vie humaine : la « jeunesse » est l’âge privilégié du XVII e siècle, l’enfance, du XIX e , l’adolescence, du XX e . » 12 Dans un siècle qui place l’enfance au premier plan s’éclaire la volonté de faire de ces personnages des figures plus puériles que viriles.

Les rôles travestis : l’adéquation par la différence

20Le choix du travesti pour interpréter ces rôles met au jour le fait que la vraisemblance dans la distribution n’est pas naturalisante. Le travesti tient bien, en partie, à une volonté de vraisemblance : les actrices étaient recrutées plus jeunes que les hommes. Les plus frêles d’entre elles se voyaient toutes désignées pour jouer un rôle travesti : leur silhouette – jugée androgyne pour l’époque, leur permettait de tromper sur leur sexe tandis que leurs visage ronds et imberbes tout comme la tessiture de leur voix étaient tout indiqués pour un rôle d’enfant.

21Cependant, le travesti se voit également justifié par des arguments dramaturgiques appuyés sur la question du genre : les rôles travestis regroupent des personnages au genre trouble – à la fois masculins et féminins –  et pour lesquels la bienséance ne tolèrerait pas qu’ils soient sexualisés. Dès lors, c’est bien à une femme que l’on confie le rôle, non pas pour accentuer la féminité des personnages mais pour neutraliser la sexualité de ces personnages. Au XIXe siècle, comme le montre Alain Corbin, le corps le plus sexualisé n’est pas le corps de la femme.

 Si la femme est de nos jours le corps considéré comme érotique, la société phallocratique du XIXème érige le corps masculin comme le corps sexualisé parexcellence. La sexualité masculine est affirmée dans un paradigme de puissance. De même que l’homme se projette, projette son action et impose sa marque dans le temps et dans l’espace, le sexe masculin est aussi l’organe projeté au devant du corps. Dès lors, c’est l’homme qui, par la projection constante et affirmée de sa sexualité, est le sexe le plus sexualisé. La femme, au contraire, est certes un objet de désir, mais un objet désirant. L’homme se représente la femme comme en éternelle attente de l’organe masculin supposé la posséder et la combler entièrement. La femme, passive et en attente, se transforme dans le regard de l’homme comme un objet de chair à posséder. Le corps masculin en lui-même n’est pas érotique, si ce n’est le pénis qui est élevé comme l’objet unique de désir de la femme, ce qui fait de l’homme l’être le plus sexualisé en opposition avec le sentimentalisme platonique féminin.13

22Malgré la distinction des sexes, le rôle travesti joue bien sur la collusion des genres. Le choix d’une distribution en travesti prend en compte non seulement la vraisemblance physique et vocale mais aussi les représentations sociales de la femme et de l’enfant. Plus que les représentations, la distribution en travesti pour ces rôles fait également coïncider les rôles sociaux. L’appellation d’enfant est en effet utilisée pour qualifier un statut de dépendance sociale sans distinction d’âge. Dès lors, la femme, et notamment la femme bourgeoise à qui s’adresse ce théâtre, déresponsabilisée, dépendante financièrement de son père puis de son mari, est également cet enfant dépendant, passif et à éduquer.

23Travestissement et contre-genre ne sont pas synonymes. En effet, le travestissement n’est in fine qu’une pratique scénique – le fait de jouer dans le costume de l’autre sexe. Ce sont les contextes d’utilisation et les effets de juxtaposition ou d’écart qui lient inexorablement travestissement et contre-genre. Dans les rails posés par le théâtre académique au XIXe, il s’agit plutôt de chercher dans les rôles travestis les points de rapprochement entre ces rôles et le vivier d’acteur que fournit le Conservatoire.

Constellation des travestis

24Il faut néanmoins préciser que ce qui est vrai pour les rôles travestis n’est pas vrai pour toutes les occurrences du travestissement féminin dans le théâtre académique. En effet, le travestissement de Sarah Bernhardt jouant Hamlet, Lorenzaccio ou l’Aiglon ne recoupe pas entièrement cette analyse.

25Arthur Pougin évoque dans l’article sur les rôles travestis la multiplication de ce type de rôle dans le répertoire consécutive au succès de Virginie Déjazet en costume d’homme. Les rôles qu’endosse Virginie Déjazet, qui est notamment connue pour son personnage de Napoléon, ne semblent pas correspondre aux critères rassemblant les rôles travestis. L’évocation de Virginie Déjazet arrive en effet comme une digression dans l’entreprise de catégorisation de l’auteur du dictionnaire. Dans un article sur le travesti en scène, Jean-Marc Leveratto démontre que son travesti était moins apprécié pour la qualité du rôle que pour la dimension spectaculaire du travesti qui devient un show érotique14. L’actrice y dévoile ses jambes moulées dans les collants du costume masculin, alors que la mode et les mœurs de l’époque lui imposent normalement de les cacher sous de très longues robes. L’érotisation de l’acteur n’est pas un dommage collatéral au travestissement, il est recherché par l’actrice qui l’encourage dans des postures et œillades équivoques. Pour ce type de travesti, la notion de contre-genre ne s’applique pas : le travesti est ici simplement au service de l’érotisation du corps de l’actrice en scène.

26 A contrario, les rôles masculins dans lesquels s’est illustrée Sarah Bernhardt mobilisent la notion. Hamlet et Lorenzaccio sont des rôles masculins du répertoire, même si la pièce de Musset n’a pas été représentée avant que Sarah Bernhardt ne s’empare du rôle titre. L’Aiglon est certes écrit par Edmond Rostand en vue d’être interprété par l’actrice, mais il est repris par la suite par des hommes, notamment par Édouard de Max à la fin du siècle. Ces trois rôles ne correspondent pas aux critères de définition de Pougin : il ne s’agit ni d’enfants ni d’amoureux passionnés. Il s’agit de rôles titres : l’emploi traditionnel aurait voulu qu’ils soient interprétés par un jeune premier ou par une des vedettes du genre tragique. Si Sarah Bernhardt s’empare de ces rôles, ce n’est pas pour démontrer que son talent lui permet d’abolir les limites de l’emploi. Sarah Bernhardt tient d’ailleurs un discours plutôt conservateur à ce sujet et persiste, à l’aube du XXe siècle, à soutenir l’emploi. Dès lors, c’est sur un argument dramaturgique qu’elle justifie le choix d’interpréter ces personnages, et un argument a fortiori lié au genre. Pour l’actrice, ces trois personnages sont bien des hommes, mais dévirilisés, des hommes « au corps débile »15, dont l’âme enflammée a brûlé le corps. L’interprétation de ces personnages nécessite pour l’actrice de construire la masculinité du personnage, mettant ainsi en avant la performativité du genre qui sera conceptualisée par Judith Butler presque un siècle plus tard. Gaston Jollivet relate en effet qu’elle « voulut prendre l’habitude […] de jouer son rôle d’homme en homme, inconsciemment, et sans se souvenir qu’elle eût jamais porté corset et jupes. À cet effet, elle eut le courage que n’ont pas suffisamment les femmes destinées à jouer en travesti, de porter ses uniformes longtemps avant la représentation de manière à s’y faire. »16. La critique loue l’interprétation de Sarah Bernhardt pour les nuances novatrices qu’elle apporte au rôle : elle aurait fait de ces personnages des êtres plus noirs et torturés que furieux. Certains critiques établissent un parallèle entre le choix du travesti et les caractéristiques des travestis traditionnels. Fasquet énonce ainsi à propos de son interprétation d’Hamlet :

Quant à la question de savoir si Hamlet peut être joué par une femme, elle est résolue. De quelque manière qu’on la prenne, on est amené à reconnaître que Hamlet, faible, violent, rusé, indécis et toujours au seuil de l’égarement est un caractère féminin dans le corps d’un jeune homme, que le texte permet de prendre pour un adolescent…17

27Tandis qu’un autre, à propos de Lorenzaccio écrit :

Je ne vois pas bien quel acteur aurait pu nous rendre avec une aussi prodigieuse vérité ces rages d’enfant débile sans arriver tout de suite au rugissement excessif.18

28On sent bien que l’esprit des commentateurs n’est pas seulement marqué par la vision de l’actrice travestie, mais également par le réflexe interprétatif qui lie le rôle travesti à celui d’un très jeune homme dont l’âge influence l’action. Dès lors, Hamlet et Lorenzaccio sont moins perçus comme des hommes efféminés que comme des hommes-enfants dont les rages ne suffisent pas à imposer leur volonté au réel.

29Ainsi, le travesti est loin d’être utilisé comme outil de subversion. Cependant, il est saisissant que constater que c’est à l’intérieur du système des emplois que s’élabore discrètement un proto-genre. En effet, même si le rôle travesti joue sur une représentation rétrograde de la femme-enfant, il n’en reste pas moins que l’élaboration de la catégorie des rôles travestis s’effectue sur des critères liés au genre. Dès lors si le travesti n’est pas transgressif sur les scènes du théâtre académique, il permet de mettre en place des outils qui, sur des scènes plus populaires ou ultérieurement dans les théâtres, associeront travesti et contre-genre.

Notes

1  PERICAUT, Louis, Le Panthéon des comédiens. Paris, Eugène Fasquelle éditeur, 1922, p. 107.

2  POUGIN, Arthur, Dictionnaire historique et pittoresque du théâtre et des arts qui s’y rattachent, Paris, Firmin Didot, 1885, « Emploi théâtral », p. 326.

3  J’emploierai le terme « travesti », terme d’époque pour désigner la figure de l’acteur travesti, dans la plupart des cas et réserverai l’utilisation du terme « travestissement », plus contemporain, pour désigner l’acte de se travestir

4  Pougin, Arthur, Opus cité, « Rôles travestis », p. 660.

5  Il s’agit du Chérubin de Beaumarchais dans le Mariage de Figaro et d’Amour dans la Tragédie-Ballet Psyché de Molière

6  Coppé, François, Le Passant, comédie en un acte, Edition Alphonse Lemerre, Paris, 1869

7  On peut penser à la réplique de Suzanne (I, 7) « Comme il est familier ! Si ce n’était pas un morveux sans conséquences… » et on peut remarquer que les dix occurrences du mot « enfant » dans Le Passant  sont des vocatifs utilisés par Sylvia pour désigner Zanetto, et ce malgré son trouble apparent concernant cette vision de l’amour.

8  Beaumarchais, Le Mariage de Figaro, « Caractère et habillement de la pièce », Éditions Gallimard, Paris, 1973, p. 47.

9  Molière, Psyché, tragédie-Ballet en 5 actes, Gustave Barba, Libraire Editeur, 1851.

10  Ariès, Philippe, L’Enfant et la Vie familiale sous l’Ancien Régime, Librairie Plon, Paris, 1960, p. 18.

11  Idem.

12  Ariès, Philippe, Ibid,  p. 21.

13  Alain Corbin, L’histoire de la virilité T2, Le triomphe de la virilité, « La nécessaire manifestation de l’énergie sexuelle », p. 126-154

14  LEVERATTO, Jean-Marc, « Le sexe en scène: l’emploi de travesti féminin dans le théâtre français au XIXème siècle », in Isabelle Moindrot et Olivier Goetz (dir.) Le spectaculaire dans les arts de la scène, CNRS éditions, Paris, 2006

15  Sarah Bernhardt, L’art du Théâtre, la voix le geste la prononciation, Ed. Nilsson, Paris 1923. p. 143-144.

16  Gaston Jollivet, Le Théâtre, 15 mars 1900, p. 8.

17  E. Fasquet, « Revue dramatique », cité par Gustave Geffroy, in Revue Encyclopédique, juin 1899, p. 491.

18  H. F-G, « Lorenzaccio », in Journal des débats politiques et littéraire, 5 décembre 1896.

Pour citer ce document

Camille Khoury, «Le travesti dans le théâtre du XIXe siècle : une distribution à contre-genre ?», Agôn [En ligne], (2015) N°7 : La Distribution, Dossiers, Distribution, rôles et processus de création : du point de vue des acteurs et des metteurs en scène, mis à jour le : 06/11/2015, URL : http://agon.ens-lyon.fr/index.php?id=3448.

Par :

Camille Khoury.

N’hésitez pas à consulter la :
Source de l’article : Agôn, revue des arts de la scène

Sarah Bernardt et ses rôles travestis

«Je puis dire que j’ai eu la chance rare, et je crois unique, de jouer trois Hamlet : le noir Hamlet de Shakespeare, l’Hamlet blanc de Rostand, l’Aiglon, et l’Hamlet florentin d’Alfred de Musset, Lorenzaccio.»

Hamlet – 1886 et 1899 au théâtre, puis 1900 au cinéma

«On m’a souvent demandé pourquoi j’aime tant à représenter des rôles d’hommes et en particulier pourquoi j’ai préféré celui d’Hamlet à celui d’Ophelia. En réalité, je ne préfère pas les rôles d’hommes, mais les cerveaux d’hommes, et parmi tous les caractères, celui d’Hamlet m’a tentée entre tous parce qu’il est le plus original, le plus subtil, le plus torturé et cependant le plus simple pour l’unité de son rêve.

Cet être d’apparence si complexe n’a qu’une idée : venger son père. Cette idée, il est vrai, se décompose en deux parties : d’abord est-il certain que la mort du père soit le fait d’un crime ? Ensuite n’y a-t-il point dans ce drame et les circonstances qui l’entourent une part d’invention du Malin ? […]

C’est certainement une grande joie pour un artiste de pouvoir interpréter un caractère aussi complexe. J’ai eu cependant de longues années le désir de jouer Hamlet, et je ne me suis décidée que lorsque j’eus lu l’admirable traduction de Marcel Schwob. J’avais joué Ophelia dans l’Hamlet de Cressonnois, mais Ophelia ne m’apportait rien de nouveau, comme étude de caractère.

Un Anglais très érudit, très épris de Shakespeare, me demandait qui m’avait initiée à ce mystérieux Hamlet :

– Mais… lui-même ! lui répondis-je. Chaque fois qu’Hamlet se trouve seul et dévoile le fond de son âme mystérieuse.

Les rôles d’hommes sont en général plus intellectuels que les rôles de femmes. Voilà le secret de mon amour. Il n’est pas de caractère féminin qui ait ouvert un champ aussi large pour les recherches des sensations et des douleurs humaines que l’a fait celui d’Hamlet. Phèdre, seule, m’a donné le charme de fouiller un coeur vraiment angoissé.»

Clément Maurice – Le duel d’Hamlet (1900) – Avec Pierre Magnier (Laertes) et Sarah Bernhardt (Hamlet)

Sarah Bernhardt et Pierre Magnier
Cinémathèque Française/Gaumont Pathé Archives


Création du rôle-titre de Lorenzaccio, 1896 et 1912

«Hamlet et le duc de Reichstadt ont l’âme désemparée par une mère indigne. La civilisation a mis une sourdine aux revendications du fils de Napoléon. Comme Hamlet ironise avec Horatio, l’Aiglon ironise avec son professeur :

– Prisonnier ? non pas, mais…

Dans les deux Hamlet, le noir et le blanc, même scène entre la mère et le fils. Scène brutale dans Shakespeare, mais effrayante de vérité et de sauvagerie. Dans Rostand, les mots sont choisis, la civilisation a modéré la colère, la courtoisie enveloppe le sarcasme : mais la douleur reste la même. J’ai aimé passionnément ces deux Hamlet.

Le troisième, Lorenzaccio, est moins pur. Les moyens dont il se sert pour arriver à son but sont déshonorants, mais cela se passe sous la Renaissance… L’Hamlet de Shakespeare se débat contre les poignards, les pièges et les poisons. L’Hamlet de Rostand est ligoté par les fils invisibles de la politique : plus il essaie de s’en défaire, plus ils l’enserrent.

L’Hamlet de Musset est noyé dans les intrigues, les orgies et la somptueuse luxure ; mais il a, dans le fond de son âme, la petite flamme qui illumine par moments tout son être. Ce n’est pas un père assassiné, un père déchiré et trahi qu’il a à venger : c’est une mère égorgée, et cette mère, c’est la Patrie. Il se laisse bafouer et traiter de lâche pour arriver à ses fins. Il dévoile la véritable nature de son âme à Philippe Strozzi, le plus honnête homme des honnêtes hommes. Les écluses de son coeur meurtri, il les ouvre dans une magnifique envolée. Et ce plaidoyer est d’une puissance incomparable. Je me sens frissonner dans tout mon être quand je deviens l’interprète du poète. Dans aucun caractère de femme je ne retrouve une telle variété de sentiments, une telle puissance évocatrice.»


Création du rôle-titre de L’Aiglon, 1900

Enregistrement audio d’une tirade de l’Aiglon (V, 5) dans la plaine de Wagram – 1910

«A l’étranger, j’ai vu jouer Hamlet par plusieurs tragédiens et j’ai toujours eu la sensation d’un désaccord entre la pensée dévorante et la plastique de celui que je voyais agir. Ces tragédiens me semblaient en trop belle santé, en muscles trop solides pour exprimer tant d’insomnies désespérées, tant de combats intérieurs. La peine qui dévore ce malheureux Hamlet ne peut lui laisser les beaux mollets, l’estomac bombé, la belle carrure. Je sais bien que grâce au blanc, le teint est pâle ; que grâce au noir, l’oeil est cerné, mais la belle apparence de santé de tout le reste du corps jette un défi à cette mine défaite.

Hamlet, l’Aiglon, Lorenzaccio, sont des cerveaux hantés par le doute et la désespérance, des coeurs battant toujours plus fort et sans cesse torturés par leurs rêves évocateurs. L’âme brûle le corps. Il faut en voyant et en entendant agir ces Hamlet, il faut qu’on ait la sensation que le contenu va faire éclater le contenant. Il faut que l’artiste soit dépouillé de virilité. Il nous fait voir un fantôme amalgamé des atomes de la vie et des déchéances qui conduisent à la mort. C’est un cerveau sans cesse en lutte avec la vérité des choses. C’est une âme qui veut s’échapper de son enlacis charnel. C’est pourquoi je prétends que ces rôles gagneront toujours à être joués par des femmes intellectuelles qui seules peuvent conserver leur caractère d’êtres insexués, et leur parfum de mystère.

Si j’avais été un homme, il me semble que j’aurais eu une si belle carrière ! Toujours au théâtre, la part faite aux hommes est la plus belle. Et c’est cependant le seul art où les femmes peuvent parfois être supérieures aux hommes.»


Extraits de : Sarah Bernhardt – L’art du théâtre,
Souvenirs de scène
, éd. Sauret, Monaco, 1993, pp.135-140.
Première publication (sur Double Genre) : 04.02.2016
SOURCE : lettresvolees.fr

Préférons l’originalité au succès

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Bonne et belle vie de femme à toutes !

Comme le disait Winston Churchill
et que je n’ai pu m’empêcher de versifier :

Il vaut mieux rater sa vie
De façon originale
Que de l’avoir réussie
De manière très banale.

Notre vie est notre bien le plus précieux !
Ne laissons personne la pourrir de quelque façon que ce soit.

De quel code, de quelle législation, de quelle constitution, des personnes vous contesteraient-elles le droit de vivre votre vie de femme ?

Ces personnes, « bien intentionnées », viennent elles vous :
– aider dans vos activités, payer vos traites ou vos impôts ?
– border dans votre lit et/ou vous soigner quand vous êtes malades ?
– remonter le moral quand vous avec un méga cafard ?

Non ? alors consacrez votre attention et votre énergie
à celle qui le fait mieux : VOUS !

VieEstCourteTalonsNon
La vie est courte, les talons, NON ! 🙂

Voulez-vous vous habiller et vous maquiller comme vous l’entendez ?

Faites un peu preuve d’imagination ! pour pouvoir porter vos plus belles tenues, plus souvent et à votre guise. Impossible n’est pas franc … travesti !

Exemple n°1 : à mon ex épouse que j’ai quitté, il y a plus de 10 ans pour cause de bi- (voire tri-) polarité au point de me passer des services d’Edf, je lui proposais :

« Chérie ! De même que je te laisse sortir avec tes collègues de travail pour tes soirées « entre filles », je me rends de mon côté à mon petit club de théâtre « entre hommes » et comme il n’y a pas de femme, il faut bien que certains « se dévouent » pour jouer les rôles féminins. Ainsi de même que nous n’avons pas de loge, je m’habille ici (hi hi), à la maison. »

Eh bien, ça a marché ! et elle me demandait même quand est-ce qu’elle allait enfin pouvoir me voir sur scène (hé hé). Après un an d’attente (z’aime pas être dérangé(e) quand je répète !!!), elle a pris l’habitude de me voir habillée en femme et ne m’a plus posé de question.

Moralité : C’est pas beau de mentir, mais Corneille – l’auteur, pas le chanteur 🙂 – n’a t-il pas dit ? : « Qui veut tout pouvoir, doit oser tout enfreindre. »

Exemple n° 2 : inventez-vous un séminaire de travail où vous ne la tromperez-pas avec une autre femme (oh, oh), mais passerez un week-end avec VOUS, dans VOTRE rôle, le tout dans une autre ville : croyez-moi, c’est super ! vous allez VOUS découvrir, découvrir une ville et … des instants de liberté loin des tracas familiaux.

Moralité : c’est comme si vous souscriviez une assurance chez M.M.A. (pub gratuite) ; ainsi pendant 48 heures : Zéro tracas, zéro blabla !

Et puis quand on reprend sa liberté, on l’apprécie vite au point que l’on a plus envie de la perdre et de faire des concessions sans intérêts.

Si votre épouse n’est pas à même de comprendre que vous l’aimez réellement, et que votre besoin de vous épanouir en femme, vous est aussi nécessaire que l’air que vous respirez :
c’est qu’elle ne vous mérite pas. Alors sans regret, changez-en, car … vous le valez bien ! D’ailleurs, ce ne sera pas la peine de vous fatiguer à vous en débarrasser, elle partira toute seule (oumpf !)

Enfin, vous l’avez compris, la vie est courte et rien ne vaut que vous emmiellez l’existence ; car au vu de la disparition progressive des abeilles dont le taux de survivantes était encore « bas hier » 😉 , vous aurez beau enduire de gelée royale sa tartine, votre vie n’en sera ni meilleure, ni plus savoureuse. Enfin, vous pouvez-toujours poster vos commentaires et autres réflexions ci-dessous, j’y répondrais personnellement.

Chaleureusement, Lio.

Par : Lio de France | [DG]
Première publication le : 18.02.2016
Tous droits : Double Genre

Mlle de Maupin, travestie romantique

Parmi les grands classiques, s’il est une oeuvre qui fait rimer travestisme et romantisme, c’est bien le roman de Théophile Gautier, « Mademoiselle de Maupin » :

Maupin Hossein Double Genre
Robert Hossein et Catherine Spaak [mal travestie en mâle]
dans Le Chevalier de Maupin (1967) de Mauro Bolognini

Une sapho romantique : Mademoiselle de Maupin de Théophile Gautier

André Gide cite, dans Corydon, ce passage de Mademoiselle de Maupin :
« Ces amours étranges dont sont pleines les élégies des poètes anciens, qui nous surprenaient tant et que nous ne pouvions concevoir, sont donc vraisemblables et possibles. Dans les traductions que nous en faisions, nous mettions des noms de femmes à la place de ceux qui y étaient. Juventius se terminait en Juventia, Alexis se changeait en Ianthé. Les beaux garçons devenaient de belles filles, nous recomposions ainsi le sérail monstrueux de Catulle, de Tibulle, de Martial et du doux Virgile. C’était une fort galante occupation qui prouvait seulement combien peu nous avions compris le génie antique. » (note 1: Corydon, p. 137).

Je serais fort étonné que ceux qui, sur la foi de cette citation, ont tenté de lire le roman de Théophile Gautier, aient continué leur lecture très avant. Ils auront sans doute été rebutés par le style, extraordinairement ciselé, d’une richesse et d’un raffinement extrême. Je reconnais que l’excessive recherche du détail, compréhensible au demeurant chez l’auteur d’Emaux et Camées, qui avait gardé de ses débuts dans l’atelier d’un peintre le goût des effets de lumière et de perspective, l’amour des formes, des reliefs et des couleurs, rend fastidieux la lecture d’une œuvre où les digressions continuelles font perdre le fil du récit.

Et pourtant, il est dommage que Mademoiselle de Maupin ne présente pas au lecteur un intérêt immédiat, et exige de lui une constance et une patience que n’ont pas tous les Arcadiens [lecteur de la revue Arcadie, Ndle]. Car, au contraire de bien des œuvres, classées comme d’inspiration homophile, et qui n’offrent au curieux qu’un paragraphe, voire une phrase où il soit fait allusion à l’homophilie, le roman de Gautier baigne absolument dans l’inversion. Qu’on se donne la peine de penser qu’il a été publié en 1836, il y a cent [quatre] vingt ans, et à la lumière des citations qui vont suivre, on ne pourra qu’admirer l’audace de l’auteur.

Les dix-sept chapitres de cet ouvrage sont tantôt du genre épistolaire [5 premiers], tantôt du genre narratif simple [12 derniers]. Les cinq premiers mettent successivement en scène les trois protagonistes du roman, sous forme de lettres écrites par d’Albert à son ami d’enfance Silvio.

Chapitre 1 – D’Albert exprime d’abord, très longuement, le désir qu’il a de trouver une maîtresse selon ses goûts. Il n’a pas jusqu’alors rencontré la femme de sa vie.

Chapitre II – Néanmoins, délaissant pour un temps la poursuite de ses chimères, il devient l’amant d’une jeune dame qu’il a rencontrée dans un salon et qu’il appelle Rosette.

Chapitre III – Rosette ? « c’est un délicieux compagnon, un joli camarade avec lequel on couche, plutôt qu’une maîtresse… ». Il n’est cependant pas pleinement satisfait, bien que comblé sur le plan physique : « au lieu d’être tout à fait heureux, je ne le suis qu’à moitié ». Et le voilà qui cherche d’où cela peut venir : « J’ai commencé par avoir envie d’être un autre homme – puis faisant réflexion que je pouvais, par l’analogie, prévoir à peu près ce que je sentirais, et alors ne pas éprouver la surprise et le changement attendus, j’aurais préféré d’être femme ; cette idée m’est toujours venue, lorsque j’avais une maîtresse qui n’était pas laide ; car une femme laide est un homme pour moi, et aux instants de plaisirs j’aurais volontiers changé de rôle, car il est bien impatientant de ne pas avoir la conscience de l’effet qu’on produit et de ne juger de la jouissance des autres que par la sienne.»

Chapitre IV – Après avoir été, pendant cinq mois, « le Céladon en pied de madame Rosette » d’Albert reconnaît qu’il éprouve une certaine lassitude de sa liaison, et Rosette qui s’en est aperçue, l’a emmené à la campagne, dans un vieux château retiré, où le tête-à-tête continuel ne peut cependant que hâter le dénouement. Pour distraire son amant, elle envoie enfin des invitations à ses connaissances du voisinage.

Chapitre V – Tout au long du chapitre, d’Albert essaie d’exprimer ses contradictions intimes, son regret de l’idéal abandonné, son amour exacerbé de la beauté, toutes les rêveries creuses qui le poursuivent dans la solitude où il vit. Cependant, avec l’arrivée des invités de Rosette, ses humeurs noires l’abandonnent : « … dans tout cet essaim provincial, ce qui me charme le plus est un jeune cavalier qui est arrivé depuis deux ou trois jours ; … Le seul défaut qu’il ait, c’est d’être trop beau et d’avoir des traits trop délicats pour un homme. Il est muni d’une paire d’yeux les plus beaux et les plus noirs du monde, qui ont une expression indéfinissable… Il est vraiment parfait… Il avait derrière lui, monté sur un petit cheval, un page de quatorze à quinze ans, blond, rose, joli comme un séraphin… Tout redoutable cependant que soit (auprès de Rosette) un pareil rival (le jeune cavalier), je suis peu disposé à en être jaloux, et je me sens tellement entraîné vers lui, que je me désisterais assez volontiers de mon amour pour avoir son amitié. »

Chapitre VI – Ce jeune cavalier, c’est Théodore, que nous retrouverons au début du chapitre, où l’auteur, abandonnant pour un temps la forme épistolaire, nous raconte la scène que voici :

« Le petit page était tellement harassé, qu’il dormait sur les bras de son maître… il (Théodore) le déposa sur le canapé tout doucement… Quand le domestique se fut retiré, il se mit à genoux devant lui, et essaya de lui tirer ses bottines… Cette opération achevée, le maître prit les deux pieds de l’enfant, et les posa l’un à côté de l’autre sur le velours du sofa… Le jeune homme, toujours à genoux contemplait ces deux petits pieds avec une attention amoureusement admirative ; il se pencha, prit le gauche et le baisa, et puis le droit, et le baisa aussi ; et puis de baisers en baisers, il remonta le long de la jambe jusqu’à l’endroit où l’étoffe commençait. Le page souleva un peu sa longue paupière, et laissa tomber sur son maître un regard bienveillant et assoupi… Ma ceinture me gêne, dit-il en passant son doigt sous le ruban, et il se rendormit… C’était un tableau assurément fort gracieux… Le maître était beau comme une femme, le page beau comme une jeune fille… »
(Note 2 : Le lecteur perspicace pourrait augurer de la suite du roman d’après cette dernière phrase. Cependant, la scène malgré la transposition des sexes, n’en reste pas moins audacieuse).

Cette scène combien étonnante est interrompue par l’arrivée de Rosette, qui, nous l’apprenons alors, aime Théodore depuis longtemps, et qui malgré tous les amants qu’elle a eus successivement, lui a conservé son cœur. Un long dialogue s’engage, au cours duquel Théodore semble s’efforcer de décourager l’amour que Rosette a pour lui. Voilà décidément un jeune homme bien réservé avec les dames ! Cependant, resté seul « Théodore… rentra dans la chambre, et fut se coucher après avoir embrassé au front le page qui dormait toujours. »

Chapitre VII – [où l’on voit réunis] les trois héros, d’abord dans la chambre de Rosette, puis à la chasse où Théodore, suivi de son page Isnabel, entraîne d’Albert et Rosette. Ici se passe un incident qui semble, pour un temps, atténuer l’étrangeté de la scène précédente entre Théodore et Isnabel. [Ce dernier], au cours de la chasse, tombe de cheval et reste évanoui. Rosette qui le suivait, alors que les deux cavaliers sont déjà loin, « s’agenouilla auprès de lui et tâcha de le faire revenir… pensant que ses habits le pouvaient gêner, déboucla sa ceinture, défit les boutons de son justaucorps, et ouvrit sa chemise pour que sa poitrine pût jouer plus librement. Rosette vit alors… une gorge très blanche, encore peu formée, mais qui faisait les plus admirables promesses, et tenait déjà beaucoup ; …Une femme ! dit-elle, une femme ! ah ! Théodore ! »

Chapitre VIII – Pauvre Rosette, si elle savait tout… Mais avec l’auteur, laissons Rosette pour un temps. C’est à d’Albert que nous ramène le chapitre. Reprenant ses confidences, celui-ci fait part à son ami Silvio de la nouvelle passion qui vient bouleverser sa vie. Il y a de quoi en effet ! : « Je n’aime rien, ai-je dit, hélas ! J’ai peur maintenant d’aimer quelque chose. Il vaudrait cent mille fois mieux haïr que d’aimer comme cela !… J’ai trouvé le corps de mon fantôme ; …Ces belles paupières turques, ce regard limpide et profond, cette chaude couleur d’ambre pâle. … Tu m’as plaint de ne pas aimer, plains-moi maintenant d’aimer, et surtout d’aimer qui j’aime. Quel malheur… quelle passion insensée, coupable et odieuse s’est emparée de moi !… C’est la plus déplorable de toutes mes aberrations, je n’y conçois rien… je doute si je suis un homme ou une femme, j’ai horreur de moi-même… Enfin, à travers toutes les voiles dont elle s’enveloppait, j’ai découvert l’affreuse vérité… Silvio, j’aime… Oh ! non, je ne pourrai jamais te le dire… J’aime un homme ! »

Mettez-vous à sa place un moment. Voilà un jeune homme qui, jusqu’alors, a eu beaucoup de succès féminin, et y a pris beaucoup de plaisir. Peut-être y a-t-il au fond de son cœur un désir insatisfait, mais c’est celui de l’idéal, qui, plus ou moins, sommeille en chacun de nous. Et soudain, cet idéal lui apparaît, et c’est un homme ! Il y a de quoi être bouleversé…

Maupin Spaak Double Genre
Catherine Spaak [mal travestie] en garçon et Tomas Milian
dans Le Chevalier de Maupin (1967) de Mauro Bolognini

Chapitre IX qui enchaîne : « Cela est ainsi… j’aime un homme Silvio. J’ai cherché longtemps à me faire illusion ; j’ai donné un nom différent au sentiment que j’éprouvais, …je rougis d’y penser et de l’écrire ; mais la chose, hélas, n’est que trop certaine, j’aime ce jeune homme, non d’amitié, mais d’amour ; oui d’amour. Ce que je sens pour ce jeune homme est vraiment incroyable ; jamais aucune femme ne m’a troublé aussi singulièrement. »

Cependant d’Albert, non point pour expliquer l’apparente aberration de son amour, mais à cause de l’excessive beauté de Théodore, en arrive à supposer que celui-ci est une femme déguisée. En d’autres termes, il dit à peu près ceci : « Théodore est une femme, parce qu’il est trop beau pour être un homme » et non pas « Théodore est une femme parce que je ne peux pas aimer un homme. »

Chapitre IX – Cependant,[d’Albert] n’en est pas sûr, et il cherche encore à se justifier. C’est ici que se place la citation placée en tête de cet article, et qui fait appel aux « amours étranges dont sont pleines les élégies des poètes anciens ».

Et d’Albert poursuit : « Je suis un homme des temps homériques, le monde où je vis n’est pas le mien, et je ne comprends rien à la société qui m’entoure. Le Christ n’est pas venu pour moi ; je suis aussi païen qu’Alcibiade et Phidias… O vieux monde ! tout ce que tu as révéré est donc méprisé ; tes idoles sont donc renversées dans la poussière ; de maigres anachorètes vêtus de lambeaux troués, des martyrs… se sont juchés sur les piédestaux de tes dieux si beaux et si charmants : le Christ a enveloppé le monde dans son linceul. Beaux jeunes gens aux membres frottés d’huile qui luttez dans le lycée ou le gymnase, sous le ciel éclatant, au plein soleil de l’Attique… Virginité, mysticisme, mélancolie, trois mots inconnus, trois maladies nouvelles apportées par le Christ… Comme on ne cherche que la satisfaction de l’œil, le poli de la forme et la pureté du linéament, on les accepte partout où on les rencontre. C’est ce qui explique les singulières aberrations de l’amour antique.
(note 3: Ce n’est pas le lieu de discuter ici cette théorie qui semble être, dans la bouche, ou plutôt sous la plume de d’Albert, celle même de Théophile Gautier. Je me borne à citer).

Depuis le Christ on n’a plus fait une seule statue d’homme où la beauté adolescente fût idéalisée et rendue avec ce soin qui caractérise les anciens sculpteurs. La femme est devenue le symbole de la beauté morale et physique ; l’homme est réellement déchu du jour où le petit enfant est né à Bethléem. La femme est la reine de la création ; …Avant… on ne féminisait pas les dieux ou les héros… on faisait plus volontiers revenir à ce caractère (mâle) la beauté spéciale de la femme… Il n’y a presque pas de différence entre Pâris et Hélène. Aussi l’hermaphrodite est-il une des chimères les plus ardemment caressées de l’antiquité idolâtre.»
(note 4: Qu’on m’excuse de citer si longuement, mais les idées ici exprimées sur la prééminence de la femme dans les pays christianisés, dépassent largement l’intérêt anecdotique du roman pour atteindre à une portée philosophique beaucoup plus importante).

Mais l’hermaphrodite, décrit tout au long, ramène l’amoureux à l’objet de sa passion, car « il n’y a plus, hélas ! qu’une chose qui palpite en moi, c’est l’horrible désir qui me porte vers Théodore. »

« Ce qu’il y a de singulier, c’est que je ne pense presque plus à son sexe et que je l’aime avec une sécurité parfaite. Quelquefois je cherche à me persuader que cet amour est abominable… mais… c’est un raisonnement que je me fais et que je ne sens pas : il me semble réellement eue c’est la chose la plus simple du monde et que tout autre à ma place en ferait autant. »

Et voici enfin, amené par le long plaidoyer qui précède, l’aveu irrémissible, quelle que soit la suite des événements : « Et pourtant, si mon pressentiment me trompait, si Théodore était réellement un homme… C’est une chose à laquelle je ne veux pas penser et qui me rendrait fou ; … Si je venais à savoir avec certitude que Théodore n’est pas une femme, hélas ! Je ne sais point si je ne l’aimerais pas encore. »

Chapitre X – Le lecteur, plus favorisé que ce malheureux d’Albert, écartelé entre le doute et le désir, va apprendre, dès ce chapitre, le sexe véritable de Théodore. En effet, dans une lettre à son amie Graciosa, Madeleine de Maupin explique pourquoi, voulant étudier le comportement des hommes en dehors de la présence des femmes, elle s’est décidée à devenir Théodore de Sérannes et comment, ayant appris à tirer l’épée et le pistolet, à monter à cheval et à porter le manteau, elle parvint « à faire d’une fille qu’on trouvait assez jolie, un cavalier beaucoup plus joli, et à qui il ne manquait guère que la moustache».
(note 5: Oserai-je suggérer qu’il lui manquait autre chose, de beaucoup plus important que la moustache. La jeune fille s’en rendra d’ailleurs compte dans un chapitre ultérieur).

Au cours de son escapade, Madeleine-Théodore rencontre dans une auberge de campagne un groupe de jeunes cavaliers. Le lendemain, tous s’en vont de compagnie. Mais nous n’en savons pas plus long cette fois : « je te dirai une autre fois le reste de mes aventures, en attendant aime-moi comme je t’aime, Graciosa la bien nommée… »

Chapitre XI – Et c’est à nouveau d’Albert qui inflige à Silvio d’interminables considérations sur le théâtre, avant de raconter qu’il a imaginé, de faire jouer aux invités de Rosette, la pièce « Comme il vous plaira ». Rosette, qui « devait jouer Rosalinde… n’a pas voulu se travestir en homme… mais Théodore… s’est offert pour la remplacer, attendu que Rosalinde est presque toujours en cavalier, excepté au premier acte où elle est en femme, et qu’avec du fard, un corset et une robe, il pourra faire suffisamment illusion, n’ayant point encore de barbe, et étant fort mince de taille.»

Cela ne peut que combler les vœux de d’Albert, qui verra ainsi Théodore sous les habits qu’il soupçonne devoir être les siens. La répétition de la pièce est un triomphe pour Théodore qui, travesti, éclipse toutes les femmes présentes. Rosette pâlit, « comme si une révélation soudaine lui traversait le cerveau : elle fit en sens inverse le même mouvement que moi. Je l’ai toujours soupçonnée d’aimer Théodore ». Quant à lui : « Je sentis s’évanouir l’horreur que j’avais de moi-même et je fus délivré de l’ennui de me regarder comme un monstre.»

Les scènes successives, grâce au travestissement factice de Théodore en Rosalinde, suivi du travestissement réel de celle-ci en Ganymède, ne manquent pas de créer un imbroglio, une suite d’équivoques à demi-teintées de complicité entre Orlando (d’Albert) et Rosalinde, qu’accentue encore le dialogue entre eux : « …c’était en quelque sorte une autre pièce dans la pièce, un drame invisible et inconnu aux autres spectateurs que nous jouions pour nous seuls, et qui, sous des paroles symboliques, résumait notre vie complète et exprimait nos plus cachés désirs. »

« Cependant, (continue d’Albert) je n’ai qu’une certitude morale, les preuves me manquent, et je ne puis rester plus longtemps dans cet état d’incertitude ; il faut absolument que je parle à Théodore… »

Et, ne pouvant se décider à lui parler, il lui écrit, et dépose sa lettre dans la chambre du jeune homme.

Chapitre XII – Théophile Gautier donne à nouveau la parole à Mademoiselle de Maupin, continuant le récit de ses aventures à son amie Graciosa.

Après leur départ de l’auberge, Madeleine et ses compagnons se séparent bientôt. Elle-même, toujours sous les habits de Théodore, est invitée par l’un des jeunes cavaliers, à venir voir avec lui une de ses sœurs, sur la fin de son veuvage. Cette sœur est Rosette qui très rapidement tombe amoureuse du beau Théodore. En vérité, celui-ci, pour avoir parfaitement l’air d’un homme, s’est risqué à faire la cour à la belle. Il en résultera pour lui des complications sans nombre :

« Elle remarquait dans ma conduite des contradictions qu’elle ne pouvait concilier c’était ma chaleur de paroles et ma froideur d’action. »

« Tu le sais mieux que personne, ma chère Graciosa, mon amitié a tous les caractères d’une passion ; elle est subite, ardente, vive, exclusive, elle a de l’amour jusqu’à la jalousie, et j’avais pour Rosette une amitié presque pareille à celle que j’ai pour toi… Comme je n’ai encore aimé aucun homme, l’excès de ma tendresse s’est en quelque sorte épanché dans mes amitiés avec les jeunes filles et les jeunes femmes… »

« Quelquefois, oubliant la portée qu’avaient de telles démonstrations… je lui passais le bras autour du corps… ou bien c’était quelque autre de ces mignardises que tu sais m’être habituelles avec mes chères amies. »

Cependant, ces « mignardises » ne satisfont pas la jolie Rosette, et elle s’arrange pour provoquer des tête-à-tête solitaires avec le jeune homme, espérant toujours qu’il va s’enhardir… C’est ainsi que les deux personnages se retrouvent dans une cabane rustique, perdue au fond du parc, mais aménagée en boudoir confortable. Tout est prévu, même les flacons de liqueur, les assiettes de confiture et de gâteaux. Après la collation, Rosette égayée par un verre de vin des Canaries, assise près de Théodore sur une dormeuse assez étroite, se laisse aller en arrière et se renverse sur son bras très amoureusement.

« Je la contemplai quelque temps, avec une émotion et un plaisir indéfinissables, et cette réflexion me vint, que les hommes étaient plus favorisés que nous dans leurs amours, que nous leur donnions à posséder les plus charmants trésors, et qu’ils n’avaient rien de pareil à nous offrir. Quel plaisir ce doit être de parcourir de ses lèvres cette peau si fine et si polie, et ces contours si bien arrondis, qui semblent aller au devant du baiser et le provoquer ! ces chairs satinées, ces lignes ondoyantes et qui s’enveloppent les unes dans les autres… ; quels motifs inépuisables de délicates voluptés que nous n’avons pas avec les hommes ! Nos caresses, à nous, ne peuvent guère être que passives, et cependant il y a plus de plaisir à donner qu’à recevoir … Son corps, facile et souple, se modelait sur le mien… La douce chaleur de son corps me pénétrait à travers ses habits et les miens… Ma situation devenait fort embarrassante, et passablement ridicule… Les façons entreprenantes m’étaient interdites, et c’étaient les seules qui eussent été convenables… Cette scène, tout équivoque que le caractère en fût pour moi, ne manquait pas d’un certain charme qui me retenait plus qu’il n’eût fallu ; cet ardent désir m’échauffait de sa flamme, et j’étais réellement fâchée de ne le pouvoir satisfaire : je souhaitai même d’être un homme, comme effectivement je le paraissais, afin de couronner cet amour… Ma respiration se précipitait, je sentais des rougeurs me monter à la figure, et je n’étais guère moins troublée que ma pauvre amoureuse. L’idée de la similitude de sexe s’effaçait peu à peu pour ne laisser subsister qu’une vague idée de plaisir… A la fin, n’y tenant plus, elle se leva brusquement… elle pensa qu’une timidité enragée me retenait seule, …elle vint à moi, s’assit sur mes genoux… me passa les bras autour du cou, croisa ses mains derrière ma tête, et sa bouche se prit à la mienne avec une étreinte furieuse ; …Un frisson me courut tout le long du corps, et les pointes de mes seins se dressèrent. Rosette ne quittait pas ma bouche ; …nos souffles se mêlaient. Je me reculai un instant, et je tournai deux ou trois fois la tête pour éviter ce baiser, mais un attrait invincible me fit revenir en avant, et je le lui rendis presque aussi ardent qu’elle me l’avait donné. Je ne sais pas trop ce que tout cela fut devenu, si… »

Si la porte ne s’était brusquement ouverte, et si un beau lévrier n’était entré, précédant de peu le frère de Rosette.

Chapitre XIII – Nous passerons sur ce chapitre qui est la lettre, écrite par d’Albert à Théodore, où il lui déclare son amour et le supplie de se dévoiler enfin.

Chapitre XIV – Une nouvelle lettre de Madeleine de Maupin à Graciosa. Une nuit, Rosette, déçue que sa précédente tentative auprès de Théodore n’ait pas mieux réussi, vient frapper à la porte de celui-ci. La scène de la cabane va se répéter, avec cette différence que cette fois, la jeune Rosette est en chemise de nuit, revêtue d’une « mante de nuit en batiste extrêmement fine », et que la situation est ainsi beaucoup plus périlleuse pour le faux Théodore.

Après des reproches et des larmes, Rosette « poussa un long soupir et fit un mouvement comme pour se lever, mais elle retomba affaissée sous son émotion ; puis elle m’entoura de ses bras… j’étais émue, et je fis à Rosette quelques caresses plus tendres qu’à l’ordinaire ; de ses cheveux ma main était descendue à son cou velouté, et de là à son épaule ronde et polie que je flattais doucement, et dont je suivais la ligne frémissante. L’enfant vibrait sous mon toucher comme un clavier sous les doigts d’un musicien ; sa chair tressaillait et sautait brusquement, et d’amoureux frissons couraient le long de son corps. Moi-même j’éprouvais une espèce de désir vague et confus.., et je sentais une grande volupté à parcourir ces formes pures et délicates. Je quittai son épaule, et, profitant de l’hiatus d’un pli, j’enfermai subitement dans ma main sa petite gorge effarée… de l’extrême contour de sa joue, que j’effleurais d’un baiser à peine sensible, j’arrivai à sa bouche mi-ouverte ; le vin capiteux de la volupté m’avait tellement enivrée …que tout ce que j’avais de raison s’en était allé… Des idées singulières me passaient par la tête… et peut-être aurais-je fait quelque vaine et folle tentative pour donner un semblant de réalité à cette ombre de plaisir que nia belle amoureuse embrassait avec tant d’ardeur… Ces vives attaques, ces caresses réitérées, le contact de ce beau corps… me troublaient au dernier point, quoiqu’ils fussent d’une femme. »

La scène se termine, une fois encore, par l’arrivée du frère de Rosette, qui provoque Théodore en duel pour venger l’honneur de sa sœur, à moins que Théodore n’accepte de l’épouser. Théodore préfère se battre, blesse Alcibiade, monte à cheval et s’enfuit.

Chapitre XV – C’est la suite du récit de Madeleine de Maupin, après son départ du château de Rosette. Elle fait sur son aventure, quelques réflexions intéressantes : « En vérité, …l’homme ne me tente pas beaucoup, car il n’a pas la beauté comme la femme… Si j’avais été un jeune homme, comme j’eusse aimé Rosette ! Quelle adoration c’eût été !.., son genre de beauté me plaisait. Il est dommage que notre amour fût totalement condamné à un platonisme indispensable ! »

Et elle enchaîne, curieusement, ainsi : « Il m’est arrivé dernièrement une aventure. »

Or, cette aventure, c’est la rencontre d’une petite fille de quinze ans, qu’avec l’accord de sa mère, elle va emmener avec elle, pour la soustraire aux assiduités d’un homme débauché. Cette petite fille croit naturellement que Théodore est un homme, et comme elle est encore innocente, elle s’imagine pour de bon être sa maîtresse, à cause de quelques baisers échangés.

Et les réflexions de Madeleine de Maupin sur cette aventure sont assez significatives pour nous éclairer sur ses tendances profondes :

« Je m’attachai singulièrement à la petite belle. Je ne t’avais plus avec moi, ma chère Graciosa, et j’éprouvais un besoin immense d’aimer quelqu’un… elle couchait dans mon lit, et passait pour dormir ses petits bras autour de mon corps ; elle se croyait très sérieusement ma maîtresse… Les baisers que je lui donnais complétaient parfaitement son illusion, car… ses désirs ne parlaient pas assez haut pour lui faire soupçonner autre chose. Au reste, elle ne se trompait qu’à demi. Et, réellement, il y avait entre elle et moi la même différence qu’il y a entre moi et les hommes… Je mettais une joie maligne à dérober ainsi ce trésor à la rapacité des hommes… Une femme seule pouvait l’aimer assez délicatement et assez tendrement. Un côté de mon caractère, qui n’eût pu se développer dans une autre liaison et qui se mit tout à fait au jour dans celle-ci, c’est le besoin et l’envie de protéger, ce qui est habituellement l’affaire des hommes. …Je perdais insensiblement l’idée de mon sexe… O Graciosa ! je ne pourrai jamais aimer complètement personne ni homme, ni femme ;…si j’ai une amie, l’idée de la volupté corporelle m’empêche de goûter entièrement la pure volupté de l’âme… Ma chimère serait d’avoir tout à tour les deux sexes pour satisfaire à cette double nature… Ma nature se produirait ainsi tout entière au jour, et je serais parfaitement heureuse, car le vrai bonheur est de se pouvoir développer librement en tous sens et d’être tout ce qu’on peut être.»
(note 6: Ce n’est pas l’auteur qui souligne).

Puis, nous apprenons comment, Rosette ayant découvert où se trouvait Théodore, supplie celui-ci de revenir. C’est ainsi que Théodore, accompagné de la petite Ninon, costumée en page (c’est le page Isnabel) arrive au château de Rosette. Ce sont les événements déjà racontés par d’Albert au chapitre V, mais que Madeleine de Maupin décrit selon son point de vue, en particulier sa rencontre avec d’Albert. Elle avoue que sans aimer celui-ci, elle a du goût et du penchant pour lui, et comme elle est décidée à « savoir ce que c’est qu’un homme, et le plaisir qu’il donne » elle attend de lui cette révélation. Cependant, après s’être donnée à d’Albert, dans le costume de Rosalinde, elle se propose « d’aller rendre à Rosette une visite dans le même costume, et de lui faire voir que, si je n’ai pas répondu à son amour, ce n’était ni par froideur, ni par dégoût. Quelle mine fera-t-elle à cette révélation ?… »

Chapitre XVI – Le lecteur verra donc, après tant de traverses, Rosalinde [Théodore] venir poser sa main sur l’épaule de d’Albert et lui dévoiler enfin sa véritable identité. Je n’insisterai pas sur cette nuit d’amour, où le jeune homme, aidé de la curiosité de Rosalinde [Théodore], fit des prouesses jusqu’au matin.

Puis, comme le sommeil le gagnait enfin, elle le laissa, se rhabilla, et entra chez Rosette, comme elle se l’était promis.

« Ce qu’elle y dit, ce qu’elle y fit, je n’ai jamais pu le savoir… » C’est l’auteur qui parle, et qui esquive, par une pirouette, une scène apparemment trop audacieuse pour être écrite :

« Une femme de chambre de Rosette m’apprit cette circonstance singulière : bien que sa maîtresse n’eût pas couché cette nuit-là avec son amant, le lit était rompu et défait, et portait l’empreinte de deux corps. De plus, elle me montra deux perles, parfaitement semblables à celles que Théodore portait dans ses cheveux en jouant le rôle de Rosalinde. Elle les avait trouvées dans le lit en le faisant. Je livre cette remarque à la sagacité du lecteur, et je le laisse libre d’en tirer toutes les inductions qu’il voudra ; quant à moi, j’ai fait là-dessus mille conjectures, toutes plus déraisonnables les unes que les autres, et si saugrenues, que je n’ose véritablement en écrire, même dans le style le plus honnêtement périphrasé. Il était bien midi lorsque Théodore [Rosalinde] sortit de la chambre de Rosette. Il ne parut pas au dîner ni au souper. D’Albert et Rosette n’en semblèrent point surpris. Il [Théodore/Rosalinde]se coucha de fort bonne heure, et le lendemain matin, dès qu’il fit jour, sans prévenir personne, il sella son cheval et celui de son page, et sortit du château… »

Chapitre XVII – Quelques jours après, d’Albert reçoit une lettre qui est la conclusion du roman. Mademoiselle de Maupin, après avoir donné quelque excuse à son départ, termine par cette phrase :

« Consolez au mieux que vous pourrez la pauvre Rosette, qui doit être au moins aussi fâchée que vous de mon départ. Aimez-vous bien tous deux en souvenir de moi, que vous avez aimée l’un et l’autre, et dites-vous quelquefois mon nom dans un baiser. »

Ainsi disparaît Madeleine de Maupin, avec son mystère… et son page. Mystère transparent au reste, pour qui sait lire entre les lignes. Le roman de Théophile Gautier est certainement un des premiers romans lesbiens du XIXe siècle. Il l’est avec prudence et discrétion, mais il faut remarquer que, par sa date, il continue la littérature galante du XVIIIe siècle, plutôt qu’il ne préfigure la littérature contemporaine, qui a commencé à braver la censure du puritanisme dans les toutes dernières années du XIX siècle, et au début du XXe.

Mais cette œuvre est intéressante à un autre titre. Avec beaucoup de timidité, certes, c’est l’ébauche du roman homophile masculin.

L’audace est minime, puisque l’intrigue est telle que les deux personnages mis en présence ne sont pas réellement deux hommes.

Mais les réflexions que fait d’Albert sur son amour apparemment monstrueux sont importantes. Il se condamne, mais il aime quand même. Si Théodore avait été réellement un homme, le roman mutatis mutandis, restait aussi valable.

Notons également que le sort différent réservé par [Théophile] Gautier à l’homosexualité masculine et au lesbianisme est caractéristique de la différence que fait l’opinion publique entre ces deux particularités de l’instinct. Le lesbianisme a toujours été considéré d’un œil plus favorable que l’homosexualité masculine. C’est ce qui a permis de porter le premier au théâtre (par exemple avec La Prisonnière, de Bourdet) bien avant qu’on ose y montrer une intrigue homophile masculine.

Mademoiselle de Maupin peut donc être considérée comme le prototype de la femme virile, de l’amazone, dont George Sand sera la personnification, tour à tour maîtresse de Musset, de Chopin, ou amante de Marie d’Orval.

Pour avoir créé un type, Théophile Gautier méritait bien sans doute que [la revue] Arcadie lui consacre quelques pages.

Par : Jean-Yves Alt (texte et notes)
Catégories : #REVUE ARCADIE n° 38 Fév.1957
Publié le : 02.12.2013
Titre Original : « Une sapho romantique, mademoiselle de Maupin. »
Commentaires : Lio de France / [D.G.]
SOURCE : culture-et-debats.over-blog.com

Amanda Lear n’est pas celle que vous croyez

AmandaLear2

Qu’elle soit homme ou femme, Amanda Lear est avant tout une belle créature avec ses joies et ses peines. Un membre de la communauté humaine qui a toujours su nous montrer le chemin de l’exigence et manifester l’expression de ses multiples talents dont celle d’écrivaine d’un dernier essai biographique auquel le titre de l’article fait un clin d’oeil : « je ne suis pas celle que vous croyez » – Lio de France.

1° – Article

Amanda Lear : Homme ou femme ? Le document qui sème le trouble…

Amanda Lear homme

Pour ceux qui connaitraient mal Amanda Lear et qui la découvriraient seulement maintenant grâce à la promo de la pièce « Divina » au Théâtre des Variétés, voila un petit récapitulatif :

Avant tout, Amanda Lear est CULTE ! Voila, c’est dit.
Amanda Lear est chanteuse, actrice, animatrice de télévision et peintre. Elle fut mannequin entre autres pour Paco Rabannee, mais aussi égérie de Salvador Dali, et ex-maîtresse de beaucoup de gens célèbres (David Bowie, Brian Jones des Rolling Stones, Keith Moon des Who, etc : Voila enfin une vraie concurrente pour Carla Bruni !)

Mais Amanda Lear, c’est aussi une fabuleuse ex-reine du disco : Parmi ses tubes cultes, on peut citer  « Follow me« , « Queen of China Town » , « I don’t like disco » (cliquez sur les liens pour écouter).

Enfin, la sulfureuse Amanda a été poursuivie pendant toute sa carrière par une étrange rumeur : Elle serait un homme, née sous l’identité d’Alain Tap. On dit qu’elle est transsexuelle, mais certains pensent qu’elle serait plutôt hermaphrodite (donc née avec les caractéristiques des deux sexes). Un document officiel, se présentant comme son acte de naissance, a récemment refait surface : C’est assez troublant, je vous laisse vous faire votre idée vous-même. En tout cas, question chirurgie esthétique, on peut dire qu’elle n’y est pas allé de main morte ces dernières années…

Amanda Lear a toujours nié cette rumeur, le mystère reste donc entier, et c’est peut-être mieux ainsi !


Par : Stars au naturel
Publié le : octobre 2013
Titre original : Amanda Lear : Homme ou femme ?
Le document qui sème le trouble
SOURCE : StarsAuNaturel.com

2° – Article

Amanda Lear trans­sexuelle :
Régine relance la rumeur

Les origines grecques du genre

GreceAntique

CLIO a lu pour vous :
Problèmes du genre en Grèce ancienne
de Violaine Sébillotte Cuchet et Nathalie Ernoult (dir.)

1 – L’ouvrage dirigé par Violaine Sébillotte Cuchet et Nathalie Ernoult s’inscrit dans la tradition des « Problèmes » qui réunissent plusieurs articles autour d’un thème d’actualité. Il n’est pas question ici de realia* comme la terre ou la guerre, mais d’un concept, le genre, qui, certes n’est pas récent, mais suscite encore les interrogations des historiens.

* realia : (nom féminin du latin médiéval realia, les choses réelles) : mot ou expression qui désigne une réalité particulière à telle ou telle culture.

Le livre propose non pas une définition, déjà largement abordée par la bibliographie antérieure, mais une réflexion sur la pertinence de l’utilisation du concept [de genre] en histoire ancienne et sur ses apports à l’histoire de la société grecque. Le très grand intérêt de l’ouvrage repose en particulier dans ses parties encadrantes qui présentent une approche historiographique et problématisée.

Violaine Sébillotte Cuchet, dans son introduction générale, « Les antiquistes et le genre », p. 11-26, rappelle combien la notion de genre, quoique théorisée tardivement, est un outil intégré assez précocement par les antiquistes français (en particulier Jean-Pierre Vernant, Nicole Loraux et Pauline Schmitt Pantel). La seconde introduction [est] de Louise Bruit Zaidman et Pauline Schmitt Pantel,

« L’historiographie du genre : état des lieux » (p. 27-48) propose un panorama des recherches récentes, en soulignant leurs ouvertures sur d’autres domaines, en particulier sur le politique.

Avec la conclusion de Claudine Leduc, « Conclusion : de l’histoire des femmes à l’histoire du genre » (p. 303-312), qui reprend l’historiographie sous l’angle des différentes écoles de pensée et disciplines qui s’intéressent au genre, ces trois interventions apportent une riche matière à réflexion aux historiens et une orientation précieuse à tous les étudiants qui devront s’aventurer dans ce domaine. Les articles se répartissent ensuite en trois parties : Regards sur les sources, Constructions de genre, Hiérarchies et usages.

2 – Certains articles présentent un état de la recherche (Brigitte Lion pour l’assyriologie).

D’autres adoptent un point de vue méthodologique, aussi bien sur le type de sources utilisées (Julie Delamard et Olivier Mariaud, sur la Grèce archaïque) que sur les outils conceptuels (Sandra Boehringer).

D’autres encore appliquent la notion de genre à un thème particulier :
– la religion spartiate (Nicolas Richer),
– les valeurs de la République romaine (Philippe Akar),
– les hérauts (Catherine Goblot-Cahen),
– la représentation des corps (Andreas Wittenburg, Ana Iriarte).

La plupart enfin exploitent un dossier documentaire particulier :
– l’iconographie des danses en armes au banquet (Jean-Christophe Couvenhes),
– les contrats de mariage (Bernard Legras),
– la tragédie grecque (Louise Bruit Zaidman),
– le discours médical (Jean-Baptiste Bonnard),
– Platon (Nathalie Ernoult),
– le roman grec (Sophie Lalanne),
– Plutarque (Pauline Schmitt Pantel), –
– la stèle du serment d’Acharnes (Violaine Sébillotte Cuchet) ou Xénophon (Vincent Azoulay).

SermentJeunesAtheniens

3 – Comme dans la plupart des ouvrages collectifs, on peut souligner l’inégal intérêt de la lecture et une certaine tendance à l’émiettement du sujet d’étude, chacun envisageant la notion selon sa spécialité propre. Ce qui ressort néanmoins, c’est la richesse des parties générales de la très grande majorité des articles. On pourra, pour finir, souligner l’intérêt de la lecture de plusieurs articles dans une thématique d’histoire du corps dont les préoccupations recoupent en partie l’histoire du genre.
MotifGrec

Par : Karine Karila-Cohen
Pour : clio.revues.org – texte intégral Pdf
Publié le : 2007, Publications de la Sorbonne, Paris
Mis en ligne : 16.06.2009
Titre original : « Problèmes du genre en Grèce ancienne »
SOURCE : clio.revues.org
§

Travesti, quelle est ta morphologie ?

Le guide des morphologies

Le guide des morphologies permet de connaître son type de silhouette et ce qui la mettra le mieux en valeur. Sans jamais oublier que l’important, c’est de se sentir bien !

Le guide des morphologies

Afin de pouvoir s’y retrouver parmi tous les types de corps féminins que la nature a pu inventer, les spécialistes de la mode comptent généralement six types de silhouettes différents.

Pour savoir à quel type de morphologie tu appartiens, il suffit de te regarder dans un miroir et de noter quelles parties de ton corps sont les plus larges, ou les plus minces : tes hanches, tes épaules, ta taille ?

Il ne faut pas que tu exagères tes formes : avoir un petit bidou ne change pas ta morphologie ! On parle ici de ton ossature et de la façon dont tu es faite. Si tu as naturellement des hanches larges, rien ne te fera rentrer dans un petit 34 : les os, ça ne mincit pas !

C’est pour ça qu’il est important de s’accepter. Voici donc mon petit guide et mes conseils adaptés à la morphologie à laquelle tu appartiens/de laquelle tu te rapproches le plus.

La morphologie en A (ou « triangle »)

Tu es menue du haut (taille fine, petite poitrine et épaules étroites), avec un bassin/des cuisses/des fesses plus rondes ? Tu as une morphologie en A !

L’important pour mettre cette silhouette en valeur va être de mettre l’accent sur le haut de ton corps, afin de lui donner du volume, tout en restant simple en bas, pour harmoniser le tout.

En haut, tu peux…

  • Ne pas hésiter à mettre des hauts à volants, plissés ou jabots, bref : tout ce qui peut apporter du volume.
  • Considérer les manches ballons et les manches raglant comme tes alliées.
  • Balancer les couleurs, les motifs, les imprimés ! Tu peux tout te permettre à ce niveau-là.
  • Booster ton décolleté : que tu l’aimes en V, à encolure bateau, ou très plongeant, tu peux faire ce que tu veux. Les bustiers aussi sont tes grands potes !
  • Privilégier les vestes à épaulettes, afin d’augmenter un peu plus le volume de tes épaules pour qu’il s’équilibre avec celui de tes hanches.
  • Tout te permettre niveau matières. Fluides, texturisées, épaisses, choisis celles que tu préfère !
  • Ne pas hésiter à mettre des gros colliers, des plastrons : ils t’iront très bien.
  • Essayer d’éviter les hauts trop longs/les tuniques, qui ajouteront du volume à tes hanches.

Ensuite, en bas, tu peux…

  • Privilégier les couleurs foncées, et éviter le blanc en bas (le blanc est une couleur qui amplifie les volumes, contrairement au noir).
  • Préférer les coupes droites pour tes pantalons (plutôt que des pantalons « carotte » par exemple), et choisir des jupes/robes droites ou assez évasées. Tu peux également éviter les volumes rajoutés (volants, plis, poches latérales)
  • Privilégier des matières fluides, et celles qui ne sont ni trop bouffantes ni trop près du corps.
  • Éviter les matières épaisses comme le tweed ou le velours, qui vont augmenter le volume. Par contre, elles iront bien en haut !
  • Éviter les ceintures sur les hanches, qui attirent le regard et épaississent la silhouette.
  • Garder un bas assez uni en gardant les motifs pour le haut, et fuir les rayures horizontales qui amplifient les volumes.

Si tu as une silhouette en A, ou en « triangle », sache que tes meilleures amies seront les robes, et surtout la robe empire, car elle met tes épaules ne valeur et est droite en bas, ce qui amincira tes hanches.

La morphologie en V (ou « triangle inversé »)

Tu as des épaules assez larges et/ou une poitrine généreuse, mais des hanches et un bassin assez étroit, et souvent peu de fesses ? Tu es un « V » !

Pour toi, c’est donc l’inverse de la silhouette précédente : il vaut mieux minimiser le volume sur le haut de ton corps, et l’accentuer sur le bas.

En haut, tu peux…

  • Ne pas trop mettre l’accent sur tes épaules, essayer d’éviter les bustiers et les hauts à fines bretelles.
  • Au niveau des décolletés, privilégier les encolures bateau, les décolletés carrés, en V, ou asymétriques ; éviter les décolletés ronds, en cœur, ou trop plongeants.
  • Contrairement à la silhouette en A, il vaut mieux éviter de porter des imprimés, les couleurs vives, les volumes rajoutés (plissés, volants, matières texturées)  en haut : ça t’ira mieux en bas !
  • Les couleurs sombres et les hauts monochromes seront tes alliés.
  • Les tuniques et hauts longs eux aussi seront tes potes : ils apporteront du volume à tes hanches menues pour rééquilibrer ton look !
  • En terme de coupes, les hauts droits t’iront probablement mieux que les hauts cintrés, qui risquent d’accentuer la largeur de tes épaules.

En bas, tu peux…

  • Ne pas hésiter à montrer tes jambes, qui seront souvent un super atout !
  • Niveau jupes, tu peux tout te permettre, mais celles qui t’iront le mieux sont celles qui ajoutent du volume : les jupes à godets, patineuses, ou boules.
  • Tous les pantalons t’iront aussi, qu’ils soient slim, bootcut, flare, boyfriend ou cigarette, mais je te conseille la taille basse !
  • Ceinturer ta taille pour mettre tes hanches fines et tes jambes en avant.
  • Te permettre des folies et ajouter des froufrous, des plissés, bref : tout ce qui peut donner du volume autour de tes hanches.
  • Si tu es du genre fifou, ça tombe bien : en bas, tu pourra mettre ce que tu veux ! Couleurs vives, imprimés, motifs, matières texturées… fais-toi plaisir.

En résumé, toi qui a une silhouette en V, sache que le mieux à faire pour te mettre en valeur est de miser sur le bas de ta silhouette, et rester simple sur le haut.

La morphologie en X (ou « sablier »)

Tu as la taille fine, avec des épaules et des hanches plus larges ? La largeur de tes hanches et celles de tes épaules sont à peu près équivalente ? Tu es un X !

Cette silhouette est considérée comme la plus harmonieuse, car la largeur des épaules et celle des hanches sont égales, et la taille est marquée. Elle est donc la plus facile à mettre en valeur ! Si tu es l’heureuse détentrice d’une silhouette en X, je n’ai pas grand-chose à te conseiller, car tu peux simplement tout mettre !

Mais, en haut, tu peux…

  • Mettre des tops, des gilets et des vestes ajustées et/ou cintrées : vu que tu as la taille marquée, autant jouer dessus ! Tu peux également ajouter des ceintures sur des hauts plus flottants.
  • Miser sur les vestes à épaulettes.
  • Les encolures rondes sont celles qui t’iront le mieux, même si tu peux te permettre ce que tu veux niveau décolleté !
  • Le cache-cœur est ton ami.
  • Si tu es petite, je te conseille d’éviter les manteaux en-dessous du genou en hiver, qui tasseront ta silhouette. Si tu aimes tout de même les manteaux longs, les trenchs qui se nouent à la taille te mettront très bien en valeur !

En bas, tu peux…

  • Mettre ce qui te plaît niveau pantalon : leggings, pantalons chinos, cigarettes, jean slim ou bootcut… Quelle que soit la longueur de tes jambes, tout te va.
  • Les tailles hautes (jupes, pantalons ou short) seront les coupes qui t’iront le mieux, n’hésite donc pas à rentrer ton haut dans ton pantalon/ta jupe taille haute !
  • Les jupes crayon, et toutes les coupes près du corps seront également tes alliées.
  • Si tu as des formes généreuses, je te conseille de choisir un emplacement pour les couleurs vives ou les imprimés : en haut ou en bas, pas forcément partout à la fois. Mais ça dépend de tes goûts !

Détentrice d’une silhouette en X, je te conseille principalement de toujours penser à marquer ta taille, peu importe tes rondeurs (ou ton absence de rondeurs), car elle sera ton principal atout !

La morphologie en H (ou en « rectangle » )

Tu as une silhouette plutôt harmonieuse, les hanches et les épaules au même niveau, mais ta taille n’est pas marquée ? Ne cherche pas plus loin, tu es un H !

Vu que tu as une silhouette assez carrée, je te conseille de « féminiser » ta silhouette en H. Cela peut se faire en choisissant mettre en valeur une des parties de ton corps : ta poitrine ou tes hanches, par exemple.

Pour mettre en valeur et féminiser ta silhouette, tu peux, en haut :

  • Essayer de souligner et de marquer un peu plus ta taille, en portant, par exemple une veste légèrement cintrée, ou un haut cache-cœur.
  • Éviter, par contre, les ceintures sur un top ou une veste : elles attireront le regard sur ta taille a priori pas très marquée.
  • Les hauts longs et les tuniques, en revanche, t’iront très bien, car ils accentuent les hanches et te donneront un peu plus de courbes.
  • Les vestes de tailleur sont celles qui t’iront le mieux.
  • Niveau décolleté, si tu as une petite poitrine, je te conseille les encolures bateau.
  • Enfin, les matières fluides seront tes alliées !

En bas, tu peux…

  • Privilégier les pantalons taille basse aux jupes crayon ou aux pantalons taille très haute.
  • Mettre des imprimés et des couleurs vives en haut comme en bas, mais je te conseille de les privilégier en bas, pour créer du volume et des formes.
  • Montrer tes jambes, si tu aimes les dévoiler ! Tu peux porter des jupes courtes ou longues, droites ou évasées ; le seul conseil que j’ai à te répéter, c’est de les choisir plutôt taille basse.
  • Les matières fluides et pas trop près du corps seront tes alliées.

Bref si tu es un H, tu n’as pas beaucoup de choses à bannir. Je te conseille simplement d’éviter de trop souligner ta taille, et de focaliser l’attention ailleurs.

La morphologie en I

Tu es toute menue, longiligne, tes épaules et tes hanches sont alignées et ta taille peu marquée ? Ta morphologie est en I !

Elle est simplement la version plus étroite de la morphologie en H, mais aura tout de même quelques spécificités. Voici quelques conseils pour rendre cette silhouette un peu moins androgyne.

En haut, tu peux…

  • Oser beaucoup de tenues, même si tu sera mieux mise en valeur avec un col bateau ou un col claudine, quand un grand décolleté t’amaigrira.
  • Éviter les volumes trop larges, surtout si tu es très menue : tu auras l’air de t’y noyer !
  • Éviter les vêtements trop masculins, en tout cas si tu désires sortir du style androgyne.
  • Mettre ta poitrine en avant avec des cache-coeur, qui auront aussi pour effet de marquer doucement ta taille (comme pour la morphologie en H).
  • Éviter les vestes de tailleur ou les vestes trop longues.

En bas, tu peux…

  • Mettre en valeur tes jambes avec des jeans slims, ou simplement en les dévoilant grâce à des jupes et des shorts.
  • En parlant de jupe : tes meilleurs copines seront celles qui apporteront du volume à ta morphologie, comme les jupes boules, patineuses, évasées.
  • En haut comme en bas, les matières brillantes et texturées seront un bon moyen de féminiser ta silhouette, et de lui apporter de l’ampleur si tu es menue.
  • Au niveau imprimés, motifs et autres volumes, tu peux tout te permettre, en haut comme en bas. Et j’ai même envie de te dire : vas-y, fonce !
  • Même chose pour les couleurs, tu peux tout oser, y compris le blanc !

La silhouette en O (ou « ronde »)

Ta silhouette en générale est ronde, tes hanches et tes épaules sont assez larges et ta poitrine est généreuse : tu as une morphologie en O.

Ta silhouette est ici proportionnelle, mais voici quelques conseils pour l’équilibrer !

En haut, tu peux…

  • Mettre en valeur ta poitrine ! Je te conseille pour cela de préférer les décolletés ronds ou carrés aux cols en V.
  • Choisir plutôt des matières fluides : les matières stretch ont un drôle d’effet moulant qui ne te mettra pas forcément en valeur.
  • Privilégier des coupes droites plutôt que des croisés sur le devant (type cache-coeur).
  • Choisir des chemisiers, des tops longs, des tuniques : tout ça t’ira très bien !
  • Éviter de mélanger trop de couleurs vives, et/ou les réserver à une moitié de ton corps.
  • Privilégier les petits imprimés (comme le liberty) plutôt que les gros, qui risquent de tasser ta silhouette.

En bas, tu peux…

  • Pour les pantalons, privilégier les coupes droites ou les bootcut aux slims.
  • Miser sur les robes, si tu aimes ça ! C’est ce qui va le mieux aux morphologies en O. Si tu ne veux pas amplifier ta silhouette, je te conseille toutefois d’éviter les gros apports de volume, comme les froufrous par exemple.
  • Si tu es à l’aise en talons, fais-toi plaisir : ça mettra en valeur tes jambes et tes hanches.
  • Éviter les jupes boules, qui risquent de te tasser. Toutes les autres formes t’iront bien !
  • Éviter, en bas comme en haut, les rayures horizontales, si tu ne veux pas épaissir ta silhouette.
  • Les gros  imprimés type ceux des années 70 ne sont pas ceux qui te mettront le mieux en valeur non plus.

Pour la silhouette en O, mon conseil est l’équilibre, que ce soit au niveau du volume, des motifs ou des couleurs.

Si tu as des questions, rendez-vous sur le forum ! Et bien sûr, garde en tête que l’important, c’est de te sentir bien dans ta peau et dans tes fringues. Si tu es un « O » et que tu voues un amour fou aux imprimés 70’s, aux rayures et aux froufrous, fais-toi plaisir, la fashion police n’aura qu’à bien se tenir !

§

Par :
publié le : 26.06.2014
Titre original : « Le guide des morphologies. »
SOURCE : Madmoizelle.com

Je ne suis pas celui que vous croyez

AdamTransformiste

S’ils appartiennent à la grande catégorie des transgenres, les transformistes sont avant tout des travestis occasionnels, voire professionnels qui se livrent à leur passion dans le cadre de spectacles de la scène et sont à ce titre, membres de la grande famille des artistes.

Ces hommes le plus souvent, mais aussi quelques femmes, se transforment en une ou plusieurs vedettes de la chanson ou du cinéma. Des prestations particulièrement appréciées du grand public, en quête de distractions, d’évasion ou même de rêves fantasmagoriques et qui retrouve, le temps d’un « one man show », ses idoles préférées.

Si à l’instar des grands restaurants, les spectacles du show business ont leurs formules, les transformistes en sont assurément les maîtres queues aux recettes étonnantes. La transformation peut être parfois si parfaite que même des journalistes de la presse people très avertis, peuvent s’y « casser les dents »; comme par exemple avec cette confusion par la chaine américaine CNN qui, à l’occasion d’un hommage à la défunte Withney Houston, avait diffusé des images prises en 2008 aux Reel Awards Show de Las Vegas, soirée consacrée aux imitateurs de stars ! une consécration pour son imitateur, le transformiste allemand IKENNA Benéy Amaechi [Reportage].

AdamTransformiste2

Mais regardons plutôt l’émission, consacré au transformiste Adam, alias Miss Eva , 24 ans au moment du reportage. Après un parcours de footing le long des plages océaniques, une séance de gym en salle, une répétition avec la petite troupe de danseuses qu’il a rassemblée autour de lui, le jeune homme monte sur la scène d’un cabaret et imite entre autres Tina Turner ou Britney Spears. La chaine de télévision NRJ12 a suivi Adam dans sa vie quotidienne, dans sa loge et sur scène ; mais a aussi interviewé les membres de sa famille, ainsi que ses amis et relations pour essayer de comprendre d’où lui était venue cette idée « folle » et quelles étaient ses motivations à se transformer en femme.

§

Par : Lio de France
Extrait du reportage diffusé le 11/07/2013 sur NRJ12
dans le cadre de l’émission « Tellement VRAI. »
SOURCE : YOUTUBE.com

RuPaul‘s Drag Race season 8

Les 6 Reines les plus probables de la compétition des Drag Queen du RuPaul Saison 8

rupaul's drag race season 8

With the release of the official trailer for RuPaul’s Drag Race season 8 (which you can watch below), fans have taken to the internet to sound off about the queens they are most looking forward to seeing on new season.

Drapeau de la France Suite à la présentation de la bande annonce officielle de la compétition des Reines des Queens du RuPaul saison 8 (que vous pouvez observer ci-dessous), les fans se sont mis à donner de la voix sur Internet au sujet des reines qu’ils attendent avec impatience de voir lors de la nouvelle saison.

To create this list of the top 6 most highly anticipated queens, we’ve scoured the web to compile the results of fan polls, social mention trends and social followers to determine which contestants fans are most excited about (so far).

Drapeau de la France Pour créer cette liste des 6 premières reines les plus fortement probables, nous avons scruté le Web pour compiler les résultats des sondages de fans, les tendances des avis populaires et les [opinions des] suiveurs sociaux pour déterminer quels sont des fans de concurrents, les plus enthousiasmés (jusqu’à présent).

6. Acid Betty

AcidBetty

5. Laila McQueen

 LailaMcQueen

4. Derrick Barry

DerrykBarry

3. Naomi Smalls

NaomiSmalls

2. Bob The Drag Queen

BobTheDragQueen

1. Kim Chi

KimChi

Watch the new season trailer below, then vote in our poll to let us know who you are most looking forward to seeing compete.

Drapeau de la France Regardez la nouvelle bande-annonce de la saison [8] ci-dessous, votez ensuite dans notre sondage nous faire savoir qui vous plus êtes impatients de voir entrer en compétition.

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Par : Tim Winfred
Publié le :  20.02.2016
Titre Original : The Six Most Highly Anticipated Queens Of RuPaul’s Drag Race Season 8
Traduction (amateur ) : Lio de France
SOURCE : Qweerty.com
More (encore plus sur le sujet) : IgetsFunnier

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[DG : Alors chers lecteurs, pour quelle Drag Queen voteriez-vous ?

6 – La pyschédélique Acid Betty ?
5 – La gothique Laila Mc Queen ?
4 – L’échevelée Derrick Barry ?
3 – L’androgyne Naomi Smalls ?
2 – La distinguée Bob The Drag Queen ?
1 – La divine Kim Chi ?
0 – Aucune

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Hollande travesti en Mme Landho ?

FrancoiseLandho

Début d’année 2014 (?), rappel d’un moment inoubliable dans l’hémicycle de la très « sérieuse » Assemblée Nationale où selon cette vidéo, le président Claude Bartolone  aurait reçu la députée Françoise Landho, ou peut-être François Hollande travesti en femme ???

D’autre prétendent que ce serait Nicolas Canteloup, le célèbre imitateur qui aurait tenu le rôle de Madame Landho

 Nicolasanteloup
Nicolas Canteloup, nait à Mérignac en Gironde, le 4 novembre 1963. Il est un humoriste et imitateur qui débuta vers 1990 comme animateur puis fit carrière dans des émissions radiophoniques et télévisuelles. Mais, pour ce coup, « ne prête t-on  pas qu’aux riches », selon l’expression consacrée ?

Nous ne manquerons pas de vous faire part du résultat de notre enquête. Bon, pour nous préparer à ce travail qui s’annonce plutôt fastidieux, nous allons commencer par un petit somme dont on espère qu’il sera roboratif 🙂

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Rédaction : Lio de France / Double Genre
Vidéo (01:00) ajoutée le : 02.03.2014 | par : rémy sculpteur
Titre original : « Canteloup : Hollande à l’assemblée Nationale en femme »
SOURCE : YOUTUBE.com

American Drag Queen

DragQueen1
Titre Original : « Travestis peut-être, mais certainement pas folles.
Des conservateurs en robe à froufrous »

Les travestis hétérosexuels dérangent tout le monde. Les homosexuels, lorsqu’ils ne les méprisent pas, les considèrent avec une incrédulité mêlée de tendresse – un tout petit peu plus que de la tolérance. Les transsexuels les voient comme des hommes qui se contentent de s’habiller en femme parce qu’ils n’ont pas le courage d’assumer leur transsexualité ou considèrent qu’ils sont tellement coincés et homophobes qu’ils préfèrent porter une robe plutôt qu’affronter leur désir homosexuel. La plupart des autres hommes hétérosexuels les trouvent drôles ou tristes ; certains les trouvent exaspérants. Au bout du compte, les travestis ne peuvent compter que sur la compréhension et la sympathie des femmes : la leur, mais plus encore leurs coiffeuses, vendeuses, photographes, esthéticiennes, thérapeutes et amies.

Les drag queens ont bien moins de mal à se faire accepter. Ils incarnent une certaine cohérence entre leur orientation sexuelle, leur apparence et leur tempérament. Ce sont, ni plus ni moins, des homosexuels efféminés qui s’habillent en femmes soit par profession – dans le show-biz ou, moins lucratif, dans la prostitution -, soit pour exprimer leur sens du spectacle et de la féminité.

Les acteurs dont les meilleurs rôles sont des personnages féminins ne déconcertent personne. En se travestissant, Tootsie, Mme Doubtfire ou les garçons de Certains l’aiment chaud s’adaptent simplement à une nécessité vitale, goûtant au passage aux aléas de la féminité et administrant du même coup une leçon sur les usages anodins de l’orgueil masculin.

Les travestis hétérosexuels – des hommes qui éprouvent le désir et le besoin de porter des vêtements et des accessoires féminins – sont marginalisés, autant par la communauté hétérosexuelle masculine que par les autres travestis et minorités sexuelles, et ne sont parfaitement admis que par les fétichistes, prêts à recevoir dans leur giron quiconque prétend être comme eux. Ils ne sont accueillis à bras ouverts ni par les gays, ni par les hétéros, pas même lors de la Fantasy Fair de Provincetown (Massachusetts), grand raout annuel des travestis, où très peu de participants estiment avoir des points communs avec ces gens-là.

Bon nombre de travestis hétérosexuels ne se déclarent jamais, pas même à leur épouse. D’autres en parlent à leur femme au bout de vingt ou trente ans de mariage, parfois parce qu’ils ont été pris la main dans la garde-robe de madame ou parce qu’ils ont laissé traîné leur corset ou leur soutien-gorge. (L’anecdote la plus courante parmi les travestis qui racontent leur outing est la découverte par l’épouse que l‘ “autre femme” est en fait le mari lui-même.) Ces hommes passent le plus clair de leur vie d’adulte à commander sur catalogue des robes de soirée taille 48 et à se déguiser en secret, avec leur miroir pour toute compagnie.

Beaucoup, cependant, poussés par la solitude, le narcissisme frustré (une si belle robe et personne pour me voir dedans !) ou le goût du risque (pour quelle autre raison un ancien marine de 45 ans et 120 kilos irait-il parader au Mall of America [immense centre commercial, dans le Minnesota] vêtu de pied en cap en drag queen ?), ont envie de sortir du placard. Ils sont ingénieurs, comptables, camionneurs, programmeurs informatiques ou, plus souvent, militaires à la retraite. Presque tous chrétiens et conservateurs (on trouve beaucoup plus de républicains modérés que de démocrates de gauche), ils se réunissent aux quatre coins de l’Amérique du Nord. Ils sortent par deux dans les centres commerciaux ou par petits groupes dans les bars gays tolérants ; à Beverly (Massachusetts), ils font leurs courses dans les boutiques de prêt-à-porter spécial tailles fortes ; à Houston, on les croise chez Criss-Cross Consultants, une agence qui offre des promotions avec shopping, maquillage et dîner en ville. Ils se retrouvent par six, dix ou vingt à des réunions hebdomadaires ou mensuelles dans les petites villes de la Bible Belt [Ceinture de la Bible, région du sud et de l’ouest du pays où prévaut le protestantisme fondamentaliste]. S’ils ont envie d’être vus, ils peuvent aller aux festivals de Fantasia Fair ou de Fall Harvest, dans le Midwest, ou partir en croisière sur l’une des lignes qui accueillent des groupes de travestis et leurs épouses parmi des milliers de passagers qui se rendent sur l’île de Santa Catalina [au large de la Californie] ou ailleurs. Il arrive que les épouses souhaitent accompagner leur mari, pour le soutenir et profiter du voyage ou pour retrouver les autres épouses, comme les veuves de guerre, au golf. Certaines viennent parce que le mari a besoin d’elles. “Ça ne me dérange pas, mais, franchement, s’il apprenait à se maquiller et à agrafer son soutien-gorge tout seul, je préférerais rester à la maison”, m’avoue l’une d’elles. L’idéal, bien entendu, ce sont les épouses heureuses. Mais, qu’elles soient heureuses ou piégées, enthousiastes ou résignées, lors de ces événements, elles jouent les potiches pendant que ces messieurs s’amusent. Car l’univers des travestis est essentiellement un univers d’hommes conservateurs, de couples traditionnels et de vérités rentrées.

Combien sont ces travestis hétérosexuels ? Difficile à dire, car beaucoup ne se déclarent pas. J’ai posé la question à Ray Blanchard, directeur du service de sexologie clinique au Centre canadien pour les comportements compulsifs et la santé mentale, un homme qui se décrit volontiers comme “clinicien traditionnel” et qui étudie la sexualité depuis trente ans. “Personne ne sait, m’a-t-il répondu. J’ai consulté plusieurs collègues, et le consensus est que nous n’avons aucune donnée épidémiologique exploitable. Point final.”

Je suis alors allée voir “Jane Ellen” Fairfax et son épouse, Frances, responsables de Tri-Ess, l’Association pour l’autre moi, qui se définit comme un “groupe international de soutien des travestis hétérosexuels, de leurs épouses, compagnes, enfants et amis”. Au dernier recensement, les 30 sections américaines de l’association comptaient 1 100 travestis et 320 épouses, mais les Fairfax ne savent pas davantage combien il y a de travestis hétéros. “Peut-être 3 ou 4 millions”, risque Jane Ellen, qui, dans le civil, est médecin et père de trois garçons. “Disons 3 à 5 % des hommes adultes. Certains gonflent ce chiffre pour faire paraître la minorité plus importante qu’elle ne l’est ; d’autres le minimisent parce qu’ils ont honte.” Si Ray Blanchard trouve cette proportion réaliste, il n’est d’accord avec les Fairfax que sur deux autres points : personne ne sait vraiment combien il y a de travestis hétérosexuels ; et tous ces hommes en robe qui clament leur hétérosexualité – parfois au point d’être exaspérants – sont bel et bien hétéros.

PlusSeTaire
Dirigée par le couple Fairfax et fondée en 1976 à partir de la fusion de plusieurs associations, Tri-Ess est pour beaucoup de travestis ce que l’émeute de Stonewall* fut aux homosexuels américains : la fin de la honte, à cette différence près que les travestis protègent jalousement leur anonymat. Jane Ellen, le président de l’association, est un homme investi d’une mission : sauver les travestis de leurs pires travers et préserver leurs couples. Depuis 1988, Frances, ferme et discrète, compétente et aimable, l’épaule en tant que secrétaire du conseil d’administration. L’un des principes fondamentaux de Tri-Ess est que le travestisme est un “don”. S’habiller en femme est à la fois relaxant et l’expression d’un moi féminin enrichissant et doux. Et il peut consolider un couple si l’épouse est assez intelligente pour le comprendre et assez forte pour canaliser une habitude qui, de l’aveu même de Jane Ellen, peut relever du narcissisme et de la complaisance. Comme l’explique le site Internet de l’association :

“La plupart des travestis sont des hommes ordinaires qui se sont découvert un côté féminin et souhaitent dépasser les stéréotypes étriqués dictés par la société conventionnelle. Ils vivent bien leur virilité et ont simplement découvert un ‘don’ féminin et décidé de le développer. Chacun présente un certain nombre de potentiels qui font partie intégrante de sa personnalité légitime, mais que la société qualifie de ‘féminins’ et lui enjoint d’étouffer. Les travestis ont pris conscience de ces potentiels, dont l’expression leur procure une satisfaction. En les intégrant à leur personnalité, ils réussissent à aplanir certains traits machistes dus à leur éducation et deviennent des individus beaucoup plus sains.

Lorsqu’une épouse ou une compagne comprend que son partenaire ne la quitte pas pour un autre homme, pour refaire sa vie en femme ou qu’il ne risque de compromettre ni la famille ni sa situation financière, le couple peut chercher une solution équilibrée. Bon nombre des traits de caractère que l’épouse apprécie – sensibilité, gentillesse, appréciation de la beauté, etc. – peuvent désormais être perçus comme des éléments constitutifs de ‘la femme qui est en lui’.”

Si les Fairfax tiennent à ce que les travestis hétéros sortent du placard, ce n’est pas pour défier ou bouleverser la société, mais parce qu’ils sont persuadés que, si la société comprenait que le travestisme est un comportement normal – un divertissement qui n’a rien de plus étrange que le golf -, les réticences qu’il suscite disparaîtraient. Et, s’il est un vocabulaire qu’ils ne veulent plus entendre, c’est celui de Ray Blanchard, qui parle de “fétichisme”, de “manifestation de la dysphorie sexuelle”, de “narcissisme”, de “repli sur soi érotique”. Ils ne supportent plus que l’on assimile le travestisme à un comportement sexuel ou inhabituel (tout en sachant qu’il EST inhabituel), car, en fait, les travestis correspondent exactement au modèle que prône et réclame George W. Bush : des chrétiens, bons pères de famille et texans de surcroît. Ils voudraient en fait que l’on ne voie dans un travesti qu’un homme qui se repose dans une robe. “C’est grotesque, rétorque Ray Blanchard. Entre les talons aiguilles, le corset, le maquillage et la perruque, ça n’a rien de reposant, et aucune femme ne trouverait cela reposant. On se repose en jogging et en baskets. Les travestis voudraient que le travestisme soit perçu comme un mode normal de détente et d’expression de soi. D’aucuns prétendent que, sans tous ces stéréotypes, il n’y aurait pas de travestis. C’est ridicule. Le travestisme n’est pas une affaire de chiffons, mais de conflit intérieur.”

Nos catégories et nos définitions sont en effet si étroites et défensives que nous ne disposons d’aucun terme pour désigner ce besoin impérieux de se travestir, d’aucun vocabulaire pour décrire ce mélange d’attirance et de désir qui pousse souvent ces hommes à coucher avec des femmes avec la sensation d’être des “lesbiens” masculins. Selon un prospectus publié pour la Fantasy Fair de 1986, le travestisme “n’est pas une maladie, mais le comportement d’un individu qui exprime une face cachée de sa personnalité et retire un plaisir affectif et physique de cette transformation. Ce n’est pas un loisir, mais un besoin, et, quand on se travestit, c’est pour la vie.”

Voilà qui me semble être au coeur du dilemme du travesti. Puisque le travestisme n’est pas une maladie, mais un besoin irrépressible, l’homme n’a pas le choix et toute bonne épouse doit tolérer son comportement – chose d’autant plus aisée qu’il s’agit d’un “don”. Or ce besoin, qui relève du jeu et du plaisir, terrifie tellement les hommes et leurs épouses que leur volonté de le banaliser et de le définir comme une préférence et un don est tout à fait compréhensible.

Travestis2

“Les hommes ont encore beaucoup de chemin à faire, me confie Jane Ellen. Comme le disait Virginia Prince [fondatrice de Tri-Ess et l’une des marraines du travestisme], ‘ils essaient toujours de devenir ce que les femmes sont satisfaites d’être’.” Je lui demande de préciser sa pensée… “Elles savent s’accorder un moment de répit, quand et comment s’arrêter, elles peuvent se relâcher et être elles-mêmes”, explique-t-il. Bien entendu. Dans sa vision idéalisée et rétrograde des femmes, celles-ci sont comme des océans, des champs ou des chevaux, tandis que les hommes sont des marins, des cultivateurs, des cow-boys. C’est là la malédiction des hommes et la bénédiction des femmes, qui n’en sont même pas conscientes. Plus je discute avec les Fairfax, moins leur républicanisme centriste me surprend.

Je me suis embarquée pour une croisière à destination de l’île Santa Catalina à bord du Holiday, où je m’apprête à rencontrer 25 travestis et leurs épouses, fondus dans une foule de quelque 1 400 autres passagers. Je cherche une tenue pour la petite fête de bienvenue que donnent mes hôtes, Mel et Peggy Rudd. Peggy, auteur de plusieurs ouvrages sur les travestis, a également dirigé une association affiliée à Tri-Ess regroupant les femmes et les compagnes d‘ “hommes hétéros ordinaires présentant une dimension féminine supplémentaire”. J’opte enfin pour un pantalon de soie, un débardeur et des sandales. En me voyant arriver, les Rudd m’étreignent et me présentent : “Amy, la journaliste.” Certains hommes tiquent, bien que Rudd ait averti tout le monde de ma présence.

Je me mêle aux couples invités. Les hommes n’ont rien de commun avec les drag queens, avec les transformistes de Las Vegas et moins encore avec les androgynes. Ils ressemblent davantage à ma plantureuse institutrice de primaire, une femme impressionnante aux fesses en traversin, avec deux énormes poteaux plantés dans des escarpins tout fins, des cheveux teints au henné et deux ronds de rouge sur les joues. Comme Jane Ellen Fairfax, ils ont tous cette allure de matrone si courante chez les travestis hétérosexuels. A l’origine, je pensais qu’ils cherchaient à reproduire l’image de la première femme de leur vie – leur mère. D’où l’épais fond de teint, le Rimmel bleu, le gros bouton de perle aux oreilles. Mais je n’y crois plus. En fait, ils ressemblent tout simplement à leurs épouses, des femmes d’un certain âge totalement insensibles à l’évolution de la mode. Ces hommes ne lisent ni Elle, ni Vogue, ni même Ladies’Home Journal [l’équivalent de Modes et travaux].
Au dîner, je suis placée à droite de Felicity et de son épouse. Felicity est un grand bonhomme un peu voûté, au maquillage très classique et un peu trop étudié. Il fait penser à une bibliothécaire ou à une épouse acariâtre de pasteur. En fait, il est pasteur baptiste et exerce son ministère au coeur de la Bible Belt. “Alors, c’est vous la journaliste, me lance-t-il. Eh bien, vous passez presque inaperçue.” Je souris, ignorant la pique. Il s’éclaircit la voix et toise mon pantalon de soie : “Vous, les filles, vous vous travestissez tout le temps et personne ne dit jamais rien.” Il semble furieux que la vie soit si facile pour moi et si difficile pour lui, mais, étant pasteur, il ne peut pas se permettre d’être direct ou en colère. Il doit essayer de transmettre une féminité sereine et gracieuse, sans laisser paraître ses états d’âme. Son épouse, lèvres et poings serrés, a du mal à faire bonne figure malgré tous ses efforts. Mais c’est une bonne chrétienne, qui fait son devoir.

Felicity et Merrie, un grand homme gentil installé de l’autre côté de la table, monopolisent tour à tour la conversation. Ils voudraient tous les deux me faire comprendre beaucoup de choses, et ils me sont aussi reconnaissants, douloureusement reconnaissants, de mon attention, du fait que je pense simplement à eux sans répulsion. Je commence à comprendre pourquoi tant de femmes considèrent les travestis d’un oeil attendri : les femmes sont élevées pour défendre et protéger les plus faibles, et il y a quelque chose de sympathique, d’inattendu et de puissant dans le fait d’être une femme et de témoigner de la compassion à un homme non pas parce qu’il en a besoin, mais simplement parce que vous avez vraiment pitié de lui, de sa jalousie paralysante, de sa peur d’être découvert et de son sentiment d’impuissance à vivre comme il le voudrait.

Quelques jours plus tard, je fais la connaissance de Harry, qui est toujours plus ou moins travesti (en jeans et baskets de femmes), mais jamais de façon voyante. Il est efféminé mais ne s’encombre pas d’un prénom féminin et, contrairement à tant d’autres, il ne semble pas avoir besoin d’en rajouter. Je pensais qu’il devait être moins difficile à gérer pour une épouse qu’un homme qui se fait appeler Lulu, s’enferme des heures dans la salle de bains pour se maquiller et se pavane en robe de tulle lavande et en escarpins assortis. Je me trompais. “Je l’aime, me confie sa femme, mais je ne veux pas d’un homme dont le fantasme est d’être une femme. Nous avons deux enfants, c’est un bon père, il gagne bien sa vie, mais je veux un homme qui soit bien dans sa virilité. Je n’ai aucune envie que nous devenions soeurs… ou lesbiennes. Si j’avais voulu une femme, j’en aurais trouvé une depuis longtemps. Mais… il y a des compensations.” Harry avoue plein de tristesse : “C’est la personne qui me soutient le plus au monde. Et, pour elle, c’est affreux. Nous y travaillons, nous luttons.” Il attend ma réaction, prépare sa défense. Pendant toute la croisière, il regarde avec condescendance les hommes affublés d’un prénom féminin, ceux qui se maquillent outrageusement, car lui se considère “évolué”, affranchi des pièges et des compulsions du travestisme. “Tous les couples se disputent, finit-il par ajouter. Que ce soit pour l’argent, pour le sexe, vous ne me direz pas le contraire. Ce n’est pas très différent.” Son regard se perd sur l’horizon. “En fait, si, c’est différent. Je le sais bien, mais je ne veux pas que cela fiche notre vie en l’air.”

Chaque jour, le maître d’hôtel en rajoute dans l’obséquiosité : ces gens laissent de gros pourboires, boivent modérément, respectent le personnel et sont très polis. Au troisième soir, Felicity descend dîner “en décontracté”, comme ils disent. Il ressemble un peu plus à ce qu’il est – un pasteur baptiste qui a travaillé dans le bâtiment lorsqu’il était jeune. Le maître d’hôtel remet un bouquet de roses à son épouse sous les applaudissements des quatre tables. Felicity pose sa grosse main sur celle de sa femme et la serre. Il porte un toast à leurs trente ans de mariage, à la grandeur d’âme de sa femme et à son soutien. Il commence à s’enflammer ; elle reste aussi froide et distante que de coutume. Elle n’est pas ravie qu’il ait remis ses vêtements d’homme pour elle ce soir. Elle n’est pas enchantée qu’il lui soit si reconnaissant de faire semblant de croire qu’il ne peut être pleinement lui-même en pantalon. Elle n’est surtout pas ravie de se retrouver parmi cette assemblée d’hommes maquillés et en robe, grotesques ou discrets, parfois passables, généralement pas, et certainement pas ravie qu’il ait le culot d’appeler cela un anniversaire de mariage. Plus tard, ils viennent me parler et, lorsque Felicity confie que sa vocation serait peut-être celle de pasteur pour transsexuels, sa femme réprime mal un hoquet et ajoute calmement : “Le Seigneur nous indiquera la voie.” Et, dans son esprit, la voie n’est certainement pas celle-là. Le Seigneur ne peut vouloir faire d’elle l’épouse d’un travesti qui prêche à des transsexuels.

Après la croisière, je me rends compte que j’en ai bien plus à raconter que je ne le pensais et plus de scrupules à le dire. Je ne voulais ni diaboliser ni “pathologiser” le moindre comportement sexuel qui ne fait de mal à personne. Je ne voulais pas me moquer des fétichistes. Maintenant que notre culture a commencé à évoluer vers la notion qu’aucun amour mûr et réciproque entre deux personnes – du même sexe ou de sexe opposé – n’est une maladie, je ne voulais pas consigner tous ceux qui ne sont ni homos ni hétéros dans la catégorie fourre-tout des DSM [Diagnostic and Statistical Manuel of Mental Disorders, le répertoire officiel des troubles mentaux]. Je voulais me concentrer sur des gens comme Steve et Sue, un couple heureux depuis plus de trente ans et qu’on prend souvent pour un couple de lesbiennes. Ou comme ce policier du Montana bien adapté, dont l’allure à la John Wayne, la démarche et le clin d’oeil n’ont jamais changé, même lorsqu’il était en robe de soirée en dentelle noire, même quand sa jolie femme était assise sur ses genoux et l’embrassait en me disant : “C’est exactement lui : une personne amusante, communicative, et je pense que le travestissement fait partie intégrante de tout cela.” La plupart des hommes que j’ai rencontrés étaient corrects, gentils, intelligents et très ouverts – tout comme leurs épouses, qui doivent en outre s’adapter du mieux qu’elles le peuvent à une vie de couple qu’elles n’avaient pas envisagé et qu’elles n’auraient pas choisi. Je suis cependant convaincue que la passion pour une personne, ou la capacité d’aimer, est différente d’une pulsion sexuelle pour un objet particulier, laquelle est plus forte que tout désir de l’autre. (Et, contrairement à une idée reçue, je ne pense pas que tout désir axé sur un objet ou un comportement relève du fétichisme.) Ce qui gêne chez les travestis, c’est qu’ils portent leur fétiche dans la petite lueur qui illumine leur regard. Même si le temps ou l’habitude l’a un peu atténuée, l’indéniable satisfaction du plaisir assouvi ou en train de s’assouvir en votre présence, voire par votre présence, est exaspérante. L’angoisse et l’excitation du travesti mêlées à notre angoisse et à notre malaise sont, pour la plupart d’entre nous, difficilement supportables.

Les travestis de Tri-Ess soulignent que le travestisme n’a rien à voir avec la sexualité et qu’il ne s’agit donc pas de sexe. Ils ont raison sur le premier point, et il est temps d’arrêter d’assimiler tout homme en robe à un homosexuel. Ils se trompent en revanche sur le second point, et l’insistance défensive avec laquelle ils affirment que le travestisme est leur expression créative des deux sexes à la fois est déstabilisante, parce que tout dans leur comportement, leur nature et leur couple la contredit. Ces hommes sont à peu près aussi féministes que George W. soi-même. “Pendant vingt ans, pestait une épouse, il a été infichu de m’aider à faire la vaisselle parce qu’il regardait la télé. Maintenant, il ne peut pas m’aider non plus parce qu’il se fait les ongles. Je ne vois pas la différence…” Effectivement, lorsque les hommes révèlent la femme qui est en eux, c’est davantage la version Maybelline [une marque de cosmétiques] que la version mère Teresa qui ressort. Ils n’ont aucune conscience innée de l’amitié féminine, du désir féminin de nouer des relations étroites ou de la tradition qui veut que les femmes soient prêtes à soutenir leur partenaire et à se plier à tous ses caprices pour privilégier la relation amoureuse. S’ils possédaient ces notions, au lieu de passer leur temps entre les boutiques d’accessoires et les cours de maintien sur vidéo, ces hommes ne pourraient pas imposer à leur femme de partager cette vie de travesti – et ils le savent aussi bien que leurs épouses. Ils savent aussi que, s’il prenait à leur épouse la lubie de porter des costumes trois pièces ou des tenues de base-ball en public, de ne plus s’épiler et de porter des suspensoirs pour enrichir leur vie sexuelle, les maris ne se précipiteraient pas pour adhérer aux associations de soutien des époux, ni ne laisseraient passer l’argent du ménage dans des chemises sur mesure et des fausses barbes. Le couple ne tiendrait pas.

Pratiquement, tout ce que Tri-Ess dit de ses adhérents est vrai : ce sont des hommes hétérosexuels et traditionnels, qui aiment leur femme et portent des robes. Ces chrétiens républicains conservateurs ont beaucoup plus de points communs avec les autres chrétiens républicains conservateurs que n’importe qui d’autre. Leurs épouses ne sont pas des femmes actives qui gagnent leur vie et ont un métier. Ils ne font pas partie de ces gens de la jet-set qui dénoncent les frasques de leurs partenaires, éclaboussant leurs enfants au passage. Ils s’efforcent de maintenir leur couple à flot et, si la contrepartie d’un homme correct qui gagne bien sa vie est une vie sexuelle ralentie et une dose de souffrance permanente, cela n’a rien de très original. Leurs épouses ne sont pas forcément obèses, maternelles et dénuées de tout amour-propre ou, du moins, pas plus que n’importe quelle autre catégorie de femmes de la classe moyenne mariées jeunes à des hommes traditionnels et dominateurs, dévouées à leur foyer et à leur famille, et n’ayant pas fait d’études supérieures. Comme les autres couples, les travestis et leurs femmes jonglent avec un capital limité de temps, d’argent et de plaisir, cherchant un équilibre entre domination et crainte, fantasme et amour, égoïsme et désespoir. Ils ont aussi géré une différence importante : le comportement compulsif du mari. Mais, à part cela, comme ils n’ont cessé de me le répéter, ce sont en effet des gens comme tout le monde.

Par : Amy Bloom
Publié le : 01.10.2003 – 11h15
SOURCE : CourrierInternational.com
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Les hommes dans les métiers féminins

Pour nous aider à comprendre les problématiques du genre liés aux personnes transgenres et/ou travesties , nous vous proposons d’étudier ensemble le cas des danseurs professionnels qui exercent un métier réputé très féminin au point que l’on soupçonne systématiquement les danseurs d’efféminisation et/ou d’homosexualité.

Pour illustrer le propos, nous vous proposons en premier lieu :

  • un extrait d’une étude universitaire qui aborde aussi les cas des fleuristes, coiffeurs, enseignants, agents d’entretien, employés administratifs de la fonction publique, aides à domicile et aides ménagères, aides-soignants, secrétaires, infirmiers, hommes pratiquants le métier de sages-femme, assistants maternelles, employés administratifs d’entreprise, vendeurs de magasins d’articles féminin …etc.

  • un reportage vidéo de danseurs peu communs… (dont la photo à la une de Stephan M. Photography© est extrait).

Extrait de l’étude :

…Les “masculinités” à l’épreuve des métiers “féminins”

Marie Buscatto et Bernard Fusulier
For our readers of English language : Presentation. “Masculinities” Challenged in Light of “Feminine” Occupations. Go to chapter IV n° [29]

Discutons le cas plus précis des danseurs italiens étudiés par Chiara Bassetti dans ce numéro [de Revue.org]. Dans le choix de cette pratique, les danseurs sont sans cesse confrontés à la double stigmatisation d’efféminisation et d’ho­mosexualité traversant la pratique de la danse pour les hommes dans les sociétés contemporaines depuis la fin du XIXème siècle.

Ce double soupçon est si lourd à porter socialement qu’il affecte la possibilité même de danser pour les garçons aux plus jeunes âges (confer le film de Stephen Daldry, “Billy Elliot”) : la plupart des danseurs professionnels rencontrés ont commencé à la fin de l’adolescence et le font le plus souvent de manière “involontaire”, en lien avec une autre pratique (théâtrale par exem­ple) ou une incitation extérieure (des “potes” dansant du hip hop). Les rares danseurs précoces évoquent d’ailleurs des moqueries incessantes et un dénigrement constant…

Ces danseurs n’en vont pas moins accepter de s’impliquer dans la danse et de devenir des professionnels en s’appuyant notamment sur des “antidotes” afin d’assumer, individuellement et collectivement, une pratique fort transgressive.

Une première stratégie, collectivement construite, consiste à valoriser le caractère “masculin” de la pratique. D’une part, la danse au masculin tend à être définie comme une pratique artistique, fondée sur la créativité, la virtuosité et l’excellence des danseurs, qualités qui permettraient de dépasser ainsi les stéréotypes féminins stigmatisants.

[Une seconde stratégie]. D’autre part, la danse tend aussi à être définie par certains sur le registre de la pratique sportive, les danseurs valorisant alors le caractère athlétique des gestes et le nécessaire auto-contrôle que son exercice suppose. La danse est ainsi “masculinisée” dans ses traits principaux afin d’éliminer au mieux les stigmates “féminins” faisant de celle-ci une pratique gracieuse et élégante.

Une troisième stratégie, plus individuelle, consiste pour le danseur à pratiquer dans des styles plus “masculins” – hip hop par exemple –, ou plus mixtes – danse contemporaine par exemple –, ou de “choisir” des tenues de scène, ou de mettre en place des gestes chorégraphiés “masculins” afin de se dissocier au mieux du caractère “féminin” de la danse incarnée par la ballerine classique en tutu rose.

Par : Marie Buscatto et Bernard Fusulier
Marie Buscatto, Professeure des Universités en sociologie ; I.D.H.E., Université Paris 1 Panthéon Sorbonne – Cnrs.
Droits d’auteur © Recherches sociologiques et anthropologiques
SOURCE : Revue.org

Double Genre : Si ce type d’article vous intéresse, faits le nous savoir en laissant un message en commentaire (en bas de page).
Pour illustrer cet article, nous avons trouvé cet article très original sur le net :

L’homme qui dansait parfaitement avec des talons !

Yanis Marshall est un danseur, chorégraphe et reconnu comme le meilleur professeur de danse en talons. Il a intégré plusieurs troupes de comédie musicale, dont le « Roi soleil » (à l’âge de 16 ans) et « Les Dix Commandements ». Mais il est surtout reconnu pour développer le Street Jazz à l’américaine en France suite à sa rencontre avec son homologue américaine Sheryl Murakami au Broadway Dance Center à New York City.
Il a participé à l’émission télévisée Britain’s Got Talent accompagné de Arnaud Boursain et Mehdi Mamine où il finira à la 11ème place.

Leur excellente danse en talons aiguilles sur un medley de Beyoncé.

en répétition :


ou ici

Yanis Marshall danse

Leur passage à Britain’s Got Talent :

beyonce Yanis Marshall

Le medley Spice Girls dans les rues de Paris

 

Publié le 20 juin 2014 à 13:14
Par : Max //
SOURCE : Tuxboard.com

L’homme a toujours porté la jupe

Titre original :
« L’homme et la jupe »

Pas plus tard que cette saison, Zara Homme commercialisait deux pièces inhabituelles dans sa collection : un pantalon-jupe et un bermuda aux allures de pagne. Pas de quoi se pâmer, penseront certain(e)s, même si les dérivés de la jupe se font rares aux rayons « messieurs ». Peut-on y lire une volonté de démocratiser la jupe ? Sans doute ! Ces deux habits tombent à pic : on n’a jamais autant parlé des genres que ces derniers mois. On ne peut que se réjouir de l’intérêt des grandes marques pour la mixité vestimentaire. Je n’irai pas jusqu’à parler « d’évolution », cela dit, puisque la jupe pour homme est loin d’être une nouveauté.

Les origines du mâle

La rhingrave, la redingote, le chiton ou la houppelande sont autant de vêtements « ouverts » que portaient nos ancêtres. Par ancêtres, je n’entends pas nos arrière-grands-mères et plus loin encore mais nos aïeux au masculin. Cela surprend parfois les enfants devant leur premier péplum, mais généralement, il est assez convenu que les peuples méditerranéens – et pas seulement ! – portaient un vêtement ouvert, principalement pour le confort. L’imaginaire collectif est universel à ce sujet : on n’imagine pas l’Empereur César avec un costume de Président de la République en lieu et place de sa toge. Lorsque les Phocéens débarquaient dans la calanque du Lacydon, il est fort probable qu’ils portaient un himation, en rien comparable aux jeans Japan Rags des promeneurs du Vieux-Port…

00/05/2000. FILM
Gladiator de Ridley Scott (2000). Photo de Karine Weinberger/Gamma-Rapho via Getty Images.

Les livres d’histoire sont pleins d’hommes en jupe. Mais au-delà des manuels scolaires, les premiers ouvrages de nos jeunes pousses en regorgent également : Tintin enfile un kilt pour parcourir l’Île Noire, Alix est vêtu d’une élégante tunique vermillon et Iznogoud porte la fustanelle. Au-delà des œuvres historiques, la fiction nous donne aussi à voir des hommes aux vêtements ouverts, j’en veux pour preuve les Sith et les Jedi, souvent vêtus de très longues robes. Link, le célèbre Hylien de Miyamoto, n’a par ailleurs jamais porté autre chose qu’une tunique verte et son collant blanc, ce qui ne l’a jamais empêché d’être un héros de légende qui triomphe absolument toujours du mal.

Dans The Legend of Zelda: Ocarina of Time, Link porte une tunique verte (et courte !) tandis que (massive spoiler !) la princesse Zelda se travestit en homme.
Zelda no Densetsu: Toki no Ocarina 3D de Greezo (2011). Dans The Legend of Zelda: Ocarina of Time, Link porte une tunique verte (et courte !) tandis que (massive spoiler !) la princesse Zelda se travestit en homme.

La jupe a disparu !

Entendons-nous : la jupe pour homme n’a pas subitement disparu de la surface de la Terre, loin de là. Des hommes aussi influents que l’étaient ce bon vieux Roi-Soleil ou l’illustre Jean-Paul II avaient l’habitude des brises du matin caressant le siège, si je puis dire. Ce dernier exemple est volontairement provocateur puisque le Deutéronome (VIIIe – VIe siècle avant Jésus-Christ) interdit le travestissement, sacré Moïse. C’est ainsi que la différenciation entre les genres féminin et masculin s’est aiguisée au fil des siècles avec comme principe religieux qu’un homme ne doit pas s’accoutrer comme une femme et vice-versa. Le 16 brumaire an IX (ou le 7 novembre 1800), la préfecture de police de Paris interdisait même le port du pantalon aux femmes, loi qui n’a plus aucune valeur juridique de nos jours, selon le ministère des Droits des femmes. De fil en aiguille, certains effets sont devenus l’exclusivité des femmes ou des hommes comme, respectivement, la jupe ou le pantalon.

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Henri IV le bien aimé de Daniel Colas (2010). Jean-François Balmer dans le rôle du « roi préféré des Français ». La photographie provient de 20h59.

D’ailleurs, pendant des décennies, les femmes se sont battues pour avoir le droit de porter le pantalon que l’on assimile à l’homme, au sexe fort, à la domination. Elles l’ont depuis largement adopté, à tel point que dans certains collèges de France, les élèves n’ont plus le droit de porter la jupe, justement, à moins qu’elle ne tombe au-dessous des genoux. Le plus regrettable, c’est que bien peu d’hommes se battent pour le droit de porter la jupe, même chez les travestis. Hélas, le port d’un vêtement féminin reste un véritable tabou pour beaucoup, comme s’il y avait quelque chose de honteux ou de dégradant à porter une robe, des ballerines ou, pour en revenir à nos moutons, une jupe.

Collection Rock Your Jeans de Blanco Denim (2011). Les jeans, les grosses voitures et le bras de fer ne sont pas réservés aux hommes.
Collection Rock Your Jeans de Blanco Denim (2011). Les jeans, les grosses voitures rouges et le bras de fer ne sont pas réservés aux hommes.

Que se cache-t-il sous le kilt d’un homme ?

Aujourd’hui, il est assez cocasse de voir que certains vêtements considérés comme « féminins » et anti-virils sont en fin de compte issus du dressing des hommes. La marinière, les cavalières ou les combinaisons ont en commun d’être des vêtements particulièrement masculins puisque issus, par exemple, d’uniformes militaires ou de tenues de travail. Dans le même genre, le kilt est un it d’une tenue féminine de gothique pour citer un exemple contemporain. Pourtant, dans les Highlands, il s’agit d’une pièce absolument masculine portée comme un smoking pour les grandes occasions. S’il est l’habit traditionnel de l’Écosse, il continue à évoluer dans la mode et se répand de plus en plus dans le monde du travail et comme vêtement de ville. Il est assez intéressant de constater que petit à petit, les femmes s’y mettent aussi, malgré la charge de virilité contenue dans ce vêtement.

Sean Connery en kilt écossais (2001). Le célèbre acteur britannique a importé le kilt à Washington.
Sean Connery en kilt écossais (2001). Le célèbre acteur britannique a importé le kilt à Washington.

L’Écosse n’est pas le seul territoire au monde où l’homme porte un vêtement ouvert, fort heureusement. Ce n’est peut-être pas le bon exemple en termes d’égalité des sexes, j’en conviens, mais les Émirs portent la dishdash aux Émirats-Arabes-Unis, tout comme la djellaba est très répandue au Maghreb. Ce ne sont pas des jupes à proprement parler, mais l’une et l’autre s’apparentent à une longue robe tout ce qu’il y a de plus confortable. En Asie du Sud-Est, le sarong est aussi largement répandu chez les hommes : en Indonésie et particulièrement à Bali, en Malaisie et même au Bangladesh. Il s’agit d’une jupe à motifs en forme d’étui cylindrique qui tombe généralement sur les chevilles, très répandu dans les populations musulmanes.

Keretapi Sarong
Sarong fun (2012). Environ cinq-cent personnes participaient au flashmob « Keretapi Sarong » à Kuala Lumpur en Malaisie.

Une garde-robe pour deux

En France, les hommes n’ont pas la chance de porter un vêtement aussi confortable, même si des générations de Rois de France l’adoptaient sans complexe, de François Ier à Louis XV en passant par Henri IV. Il faut attendre les années 60 du XXe et l’imagination de certains créateurs pour que l’espoir d’une jupe à la taille renaisse chez les garçons occidentaux : Prada, Vivienne Westwood, Dolce & Gabanna, Kenzo ou Agnès b. en proposent dans leurs collections, sans succès commercial. Jean-Paul Gaultier, qui a l’art et la manière de jouer de l’ambiguïté, signait même en 1985 la collection « Une garde-robe pour deux ».

fashion week 2012
Fashion Week de Paris (2012). De gauche à droite : Ann Demeulemeester, Givenchy et Jean-Paul Gaultier.

En cinquante ans, les podiums ont beaucoup évolué et il devient même assez courant que des jupes pour hommes s’affichent, sans que la « street » ne les adopte réellement. Marc Jacobs a beau s’afficher en jupe, la barrière entre la grande couture et le prêt-à-porter existe bel et bien. Quelques célébrités n’ont pas froid aux yeux et se laissent tenter par la jupe, notamment David Beckham ou Djibril Cissé, souvent victime de la bêtise des médias. Mais elle reste un accessoire de mode très pointu, souvent vendu à des prix exorbitants. Que ce soit un kilt traditionnel ou une jupe de Givenchy, il faut souvent débourser plusieurs centaines d’euros, quand le millier n’est pas dépassé. H&M proposait en 2010 sa propre jupe pour homme pour une cinquantaine d’euros environ, mais l’opération n’a jamais été reproduite, alors même que l’introduction d’une telle pièce dans sa collection « Men » avait fait couler beaucoup d’encre.

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6 of Marc Jacobs’ Best Looks à voir sur Wonderland.

Les Hommes en Jupe existent !

Dans les années 2000, au-delà des travestis qui portent plus volontiers une mini qu’un treillis, des hommes ont adopté la jupe pour parfaire leurs tenues : les sympathisants du mouvement gothique en sont une parfaite illustration. Il faut dire que c’est un courant de contre-culture. Il a néanmoins ouvert de nombreuses brèches dans le clivage bétonné entre l’homme et la femme : cette mode a apporté aux hommes le retour du maquillage, par exemple, ou des mèches colorées dans les cheveux. Qu’on aime ou pas, il faut bien admettre que ces pièces sont loin d’être féminines et réservées à ces dames et qu’elles ont inspiré de grands créateurs. D’ailleurs, on en trouve couramment dans l’animation japonaise et dans le jeu vidéo ; comme de nombreux otakus imitent le style de leurs héros préférés pendant les conventions de cosplay, ces vêtements de fiction finissent par exister dans le monde réel.

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Voici la preuve qu’il existe un marché pour ce genre de pièces : ce kilt n’est plus disponible sur le site de Pentagramme !

Une association française s’attache enfin à promouvoir la jupe au masculin depuis 2007, il s’agit de l’Association HEJ (pour hommes en jupe), née sous l’impulsion de Jérôme Salomé. Nous avions déjà discuté sur ce blog de cette association qui revient systématiquement dans les débats concernant la jupe pour homme. Les Hommes en Jupe ne se revendiquent absolument et clairement pas travestis et ne souhaitent que la liberté vestimentaire et l’égalité des sexes. Par leurs actions (une gazette mensuelle, des conférences, la Journée Mondiale des Hommes en Jupe, etc.), ils gagnent petit à petit du terrain et ont même fait l’objet de l’éditorial de ELLE ou l’objet d’un dossier de trois pages dans Grazia.

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Parce que les Hommes en Jupe n’ont pas froid aux yeux (ni aux mollets) et parce qu’ils s’affichent sans complexe, ils arrivent à faire parler de leur mouvement dans les médias généralistes. Ici, un dossier dans le numéro 192 de Grazia.

Un magasin de jupes pour homme à Nîmes

L’antique commune gardoise n’est pas à un paradoxe près : face à la Maison Carrée siège le Carré d’art, une bibliothèque et un musée d’art contemporain des plus modernes. Que dire du magasin Hiatus, véritable précurseur dans la création et la vente de jupes pour hommes, alors même que Nîmes est le berceau du jeans, grâce à la célèbre toile portant son nom. Jennifer Marano et Jean-Guy Béal sont deux créateurs en rupture avec les circuits de vente traditionnels. Ils suivent ainsi une logique de développement durable tout en profitant d’une liberté de création et d’expression rares dans l’industrie du prêt-à-porter. Tout à fait disponible pour nous expliquer leur démarche, Jennifer Marano a accepté de répondre à nos questions pour expliquer les enjeux de leur action !

Jean-Guy Béal et Jennifer Marano ont à cœur de rendre ses titres de noblesse à la jupe pour homme !
Jean-Guy Béal et Jennifer Marano ont à cœur de rendre ses titres de noblesse à la jupe pour homme !

Julien d’Andromède : pourriez-vous nous décrire en quelques mots Hiatus et sa particularité ?

Jennifer Marano : Hiatus, marque de prêt-à-porter masculin made in France, est distribuée exclusivement via la boutique en ligne Hiatus-Shop et saisonnièrement dans des boutiques de créateurs ou des concepts stores. Cette volonté de distribuer en circuit court nous permet avant tout de faire de la vente directe et de travailler sans contrainte de saison ou de tendance, mais aussi de proposer des jupes à 100€ en moyenne. C’est pour nous une réelle liberté, nous permettant de créer de nouveaux modèles quand « l’inspiration » se présente et non en fonction des diktats de saisonnalité et de renouvellement perpétuel. Nos collections deviennent des basiques, les modèles sont pérennes, nos clients habitués peuvent ainsi retrouver les modèles d’années en années, un peu comme chez un jeanneur, par exemple. Ce n’est pas faute d’avoir sollicité de nombreux multi-marques d’avant-garde ou dits « underground » mais très peu de gérants sautent le pas, ils restent encore très frileux, de peur que la marchandise leur reste sur les bras, ils se réfugient vers des valeurs sûres et sans risques. Au départ, cela était assez frustrant mais, finalement, le fait de distribuer en exclusivité sous notre propre nom a de nombreux avantages, notamment une très grande proximité avec nos clients. Chacun est libre de nous appeler pour des conseils de tenues, prendre rendez-vous au showroom pour essayer les modèles dans l’atelier de création !

Jupe sushi
La jupe Sushi existe en noir et au marron au prix de 85€.

J. A. : comment l’idée de fabriquer des jupes pour hommes vous est-elle venue ?

J. M. : dès 2008, nous avons développé un bureau d’étude en stylisme et modélisme. Notre cœur de métier est le patronage industriel. Nous concevons ainsi au cours de l’année des collections bien différentes des nôtres dans des univers tels que le vêtement pour enfant, les habits canins ou encore des polos de golfs !

Mais dès le début de notre collaboration, l’envie nous démangeait de créer nos propres collections. Nous avions envie d’apporter quelque chose de nouveau, un produit de niche et peu développé mais qui réponde à un besoin… La jupe pour homme s’est présentée comme une évidence et tout s’est enchaîné, une belle rencontre avec les membres de l’association HEJ nous a permis de mieux cerner ce besoin et d’y répondre de manière pragmatique et créative.

Pour nous et comme l’indique notre nom (hiatus : déchirure ou ouverture qui pose problème mais qui amène aussi une solution), la jupe masculine est tout simplement un vêtement ouvert à l’entrejambe, il n’a aucune connotation féminine à la base, les jambes sont en contact au lieu d’être séparées par deux tubes, c’est complètement naturel et plus ergonomique si je puis dire !

La jupe Ninja existe en violet, kaki et noir au prix de 125€.
La jupe Ninja existe en violet, kaki et noir au prix de 125€.

J.A. : aujourd’hui, quelle est votre clientèle ?

J.M. : notre clientèle évolue. Au départ, les hommes avec pour référence le kilt écossais étaient majoritaires… C’est-à-dire plutôt la génération de nos parents ; aujourd’hui, notamment avec les jupes inspirées de l’Asie comme la Ninja et la Kendo (arts martiaux), ou encore un de nos bests sellers de l’été la Sushi (origami), beaucoup de jeunes attirés par le manga, le Japon ou encore des quadragénaires adeptes des médecines douces ou des sports de haut-niveau achètent les jupes masculines Hiatus pour tous les jours.

Sinon, pour parler genre ou en tout cas orientation sexuelle, la majorité des porteurs de jupes Hiatus sont hétéros, cela peut s’expliquer en partie parce que nous avons ce positionnement au niveau des « repères » inscrits dans nos modèles (braguette, passants de ceintures, poches, etc.), je dirais que les homosexuels aiment beaucoup plus la mode et vont donc plutôt suivre les tendances du moment, quant aux transsexuelles, et bien, je pense qu’elles chercheraient plutôt au rayon femme.

Au delà du genre, notre clientèle regroupe simplement des personnes qui ont envie de faire varier leur apparence vestimentaire et qui souvent trouvent trop limitées les propositions des boutiques de prêt-à-porter conventionnelles.

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Le défilé Hiatus au cours du Festival Japanîmes de 2012.

J.A. : pensez-vous que la jupe pour homme se démocratise et quels sont vos projets pour son essor ?

J.M. : depuis quelques mois, nous assistons à travers les médias à un réel questionnement sur le genre masculin/féminin. Doit-on encore éduquer les jeunes dans un repère très tranché entre ce que doivent être l’homme et la femme, dans leur comportements, leurs choix vestimentaires, leurs attitudes ?

Il est vrai que la jupe pour homme est au cœur des médias depuis quelques années, mais trop souvent de manière épisodique et parfois cynique. Jusqu’à présent nous avions l’impression d’être considérés comme un phénomène plutôt que comme une nouvelle valeur. Aujourd’hui, et peut-être est-ce aussi la crise qui est passée par là, les gens se comportent différemment, ils s’ouvrent aux alternatives, sont plus tolérants dans le cercle amis/famille ; ont une meilleure connaissance d’autres cultures (Asie, Maghreb, cultures britanniques, etc.).

Ce que nous souhaiterions évidemment est que les magazines de mode masculine montrent l’exemple, en insérant progressivement de plus en plus de vêtements ouverts (tuniques longues, robes, jupes à bretelles, sarouels, etc.) dans leurs shootings photos. Plus la jupe sera vue comme un élément anodin et plus elle (et le vestiaire masculin en général) aura l’opportunité d’être acceptée par la société commune.

C’est en tout cas le parti-pris de notre futur clip, « Hiatus, des hommes, des jupes », film impactant et « tout public » ! C’est notre projet phare pour cette année : porter à l’écran à la manière d’un spot publicitaire des portraits d’hommes porteurs de la jupe pour homme au quotidien. Nous pensons, en faisant le pari d’une diffusion nationale, démocratiser nous-même, en tant que designers, le port de la jupe. D’ailleurs vous pouvez retrouver tous les détails sur le site de financement participatif Kiss Kiss Bank Bank, vous pouvez participer au financement du clip jusqu’au 4 juin 2014 (3185€ à ce jour).

Notre projet est bien sûr de continuer à enrichir le vestiaire masculin en proposant toujours davantage de vêtements ouverts dans nos collections.

Il reste 25 jours pour aider Hiatus à réaliser son clip sur le port de la jupe pour homme ! Mobilisez-vous !
Il rest[ait] 25 jours pour aider Hiatus à réaliser son clip sur le port de la jupe pour homme ! Mobilisez-vous !

J.A. : merci beaucoup pour vos réponses, je vous souhaite beaucoup de réussite dans ce beau projet à la fois original et citoyen !

L’homme du futur

Si le passé est cruel avec le travestissement, parce que les religions le considèrent comme un pêché, il se montre beaucoup plus clément avec le port de la jupe pour homme… Tout du moins, avant que la jupe ne devienne un accessoire « typiquement » féminin. En fin de compte, c’est aussi vrai pour de nombreux éléments de l’aspect féminin, comme le maquillage qui était avant tout un outil de guerre. L’avenir pourrait se montrer clément avec les hommes en jupe :  si la société n’est pas encore prête à l’introduire dans la vie quotidienne, il faut reconnaître que l’acceptation du vêtement progresse avec le concours de l’association HEJ. Ces hommes-là sont un bel exemple à suivre pour notre communauté : ils s’affichent. Si les travestis s’exposaient positivement au grand public, la mode et la cosmétique pourraient devenir unisexes. Vous savez ce qu’il vous reste à faire : porter la jupe et l’assumer !

jupe julien

 

Publié par Julien d’Andromèdehttp://juca.me/
Chargé de comm’, webmaster, hardcore gamer, entrepreneur, travesti et surtout lui-même !

La femme et le travesti, de Chantal Aubry

FemmeEtTravestiAubry

[Selon l’auteure ] : « L’acteur travesti vient du fond des âges. Il apparait très tôt, dans toutes les cultures. Parce que l’homme a interdit l’espace public à la femme, il a été amené historiquement, en Occident comme en Orient, à prendre sa place. »

Chantal Aubry puise à des exemples particulièrement représentatifs au fil des siècles et des continents pour interroger les mécanismes de cette éviction et de cette sublimation jusqu’à son renversement par une revendication transgenre généralisée dont le monde du spectacle vivant est avec celui de la mode, l’une des pointes avancées.

Le livre s’articule en trois parties :

l’univers de l’acteur travesti à travers le Japon des onnagatas, l’opéra chinois, la danse chakri du Rajasthan, le théâtre élisabéthain, l’Italie des castrats mais aussi les mondes de Pirandello ou de Jean Genêt ;

le travestissement des femmes comme stratégie d’émancipation : Jeanne d’Arc, Louise Labbé, Jeanne Baré (femme marin), Calamity Jane, Isabelle Eberhardt, Colette, Claude Cahun, etc ;

le travesti comme subversion : le butô japonais des années 1960, le théâtre argentin du Paris des années 1970, les metteurs en scène et chorégraphes d’aujourd’hui, sans oublier la mode, la pop, etc.

Editions Rouergue
Ouvrage relié, 191 pages, textes en Français

Source : DessinOriginal.com

§

2° ARTICLE

La femme et le travesti, Chantal Aubry questionne l’identité sexuelle dans la représentation théâtrale

Pile ou face, homme ou femme, artifice du déguisement ou mise à nu identitaire, l’acteur travesti transgresse et trouble de tout son corps opportunément érotique et ambigu. Il choque, aimante en jouant d’une confusion sexuelle propre à susciter fantasme et interrogations.

Depuis ses origines, le théâtre, lieu de la métamorphose trompeuse par excellence, permet à l’acteur d’emprunter nombre d’identités factices qui le conduisent parfois à changer de sexe, par nécessité ou par délice du jeu, et ce, depuis le fond des âges.

Dans « La Femme et le travesti », un livre passionnant et érudit, un rien provocateur et féministe, la journaliste et écrivain Chantal Aubry s’attache à traverser l’histoire humaine et artistique pour délivrer les différents sens que peut prendre l’acte du travestissement au carrefour des genres artistiques (théâtre, danse, opéra, performance…) et des territoires géographies, de l’Occident à l’Orient.

Longtemps, l’acteur mâle occupe seul le plateau d’où la femme est évincée. Il est Clytemnestre ou Médée puis Juliette et Ophélie. Mais avant l’antiquité gréco-romaine et le théâtre élisabéthain, il est aussi le danseur- vedette des cérémonies religieuses ritualisées en Chine ou en Inde.

C’est au XVIIe siècle que les femmes prennent la parole sur les planches et se travestissent elles-aussi, ce qui redouble les possibilités de jouer sur le genre et pimenter les intrigues de Marivaux ou même de Racine au théâtre tandis que les cantatrices s’emparent des rôles de Chérubin à l’opéra.

Puis, le XIXe siècle voit Sarah Bernhardt prendre la culotte d’Hamlet et de Lorenzaccio, tandis qu’au XXe, la naissance des cabarets à Berlin, capitale centrale pour la visibilité homosexuelle avant la montée du nazisme, l’explosion subversive des artistes dada new-yorkais et de la pop culture underground volontiers libératrice et pourquoi pas revendicatrice des années 60, et enfin, l’exubérance baroque, trash et mélancolique des hommes de théâtres contemporains comme des chorégraphes et performeurs, diversifient et émancipent le travestissement comme un acte artistique fort, autant contestataire, militant que proprement poétique et sublime.

Progressivement affranchie de la morale et de la bien-pensance religieuse qui, soupçonneuses de quelconque dérèglement des mœurs, condamnent à tout va, la représentation théâtrale créée par bonheur le désordre et la confusion, casse les codes, bouscule les acquis, ouvre de nouvelles voies d’interprétation. Les nombreuses gravures et photographies de productions scéniques de tous les temps sont parfaitement éloquentes encore que le point faible du livre soit l’absence d’analyse et de commentaires sur les spectacles.

En revanche, Chantal Aubry porte un regard aigu, politique et sociétal sur l’évolution du travestissement au théâtre et insiste sur la répercussion du clivage maladif et tenace entre le masculin et le féminin dans les sociétés régies par les hommes provoquant une valorisation de la force et un culte de la virilité qui débouchent sur une inégalité des sexes.

Militant, le livre parle de la condition féminine et explique comment grâce au travestissement, la femme existe davantage. Car en revêtant les habits de l’homme, elle gagne en indépendance, en autorité. A l’inverse, l’homme déguisé en femme suscite une réception partagée. Attaqué, réprimé, car jugé inconvenant, flirtant avec le tabou, l’interdit, le dévergondage et la licence, le travesti est également voué au culte et fait fantasmer le public, car il sublime l’objet qu’il mime. Le castrat, ange à la voix cristalline de soprano fait tomber en pâmoison le public féminin amateur d’art lyrique et de beauté juvénile.

D’une nécessité scénique qui apparaît comme pure convention théâtrale, le travestissement progresse comme un art jubilatoire de la transgression qui sous-entend de manière paradoxale la mise à nu de l’artiste, car sous le fard, il donne à voir une profonde vérité de l’être.

ParChristophe Candoni
Publié le :
25 janvier 2013
Liens: La Femme et le travesti aux Editions Le Rouergue
SOURCE : TouteLaCulture.com
§

Carnaval : interdit à UN Elsa de Disney

School Principal Orders Boy To Remove Costume After Dressing as Elsa On Disney Day –

Le directeur de l’école ordonne à un jeune garçon de retirer son costume d’Elsa alors qu’il venait de le mettre pour le [carnaval du] « Jour de Disney ».

austin lacey

Austin Lacey, an eighth-grade student at Ethan Chase Middle School in Menifee, California, found himself in hot water for dressing like a Frozen princess for the school’s “Disney Day.” School officials deemed it “inappropriate” and confiscated the costume.

Austin Lacey, un élève de 8ème [13/14 ans] au collège Ethan Chase de Menifee en Californie, s’est retrouvé dans le pétrin pour s’être habillé en [Elsa] Reine des Neiges pour le « Jour de Disney » de l’école. Les responsables de l’école ont considéré [son travestissement] « inapproprié » et lui ont confisqué le costume.

“This action was taken in accordance with district policies. At no time was there an indication that the student was expressing any particular message. The Principal’s action was based upon the need to stop a general disruption to the school environment,” Romoland School District Superintendent Dr. Julie Vitale said in a statement released to the media.

« Cette action a été prise conformément à la politique du collège. À aucun moment il n’y a eu une indication selon laquelle l’étudiant aurait exprimé un quelconque message spécifique. L’action du Principal a été basée sur le besoin d’arrêter une perturbation générale à l’environnement scolaire ». [C’est ce qu’a dit :] le Surveillant du Secteur scolaire Romoland, [mme] le docteur Julie Vitale, dans une déclaration aux médias.

Lacey and his mother disagree. He says his costume was popular with fellow students until the principal forced him to remove the blue dress and long blonde wig.

Lacey et sa mère ne sont pas d’accord. Il a dit que son costume était populaire auprès de ses camarades d’étude, jusqu’à ce que le principal l’ait forcé à enlever la robe bleue et la longue perruque blonde.

“[Lacey] was later informed that the principal does not believe that boys should be dressed like girls,” his mother Brooke Francev told reporters. “I can’t believe that there are still people out there that hold those beliefs, especially on a day when it was all intended in good fun. It really shouldn’t have been an issue.”

« [Lacey] a été informé ultérieurement que le principal ne pensait pas que les garçons dussent être habillés comme des filles » ; sa mère Brooke Francev a dit aux journalistes : « Je ne peux pas croire qu’il y ait encore des gens là-bas qui aient de telles idées, particulièrement le jour où tout est destiné à un bon amusement. Vraiment, cela ne devrait pas être un problème. »

“My son, personally, he’s not a transgender student,” she said. “But through this, he’s really taken a stand on just the rights that all people have.”

« A titre personnel, mon fils n’est pas un élève transgenre, » a dit la mère. « Mais au-delà de ceci, il n’a vraiment adopté qu’une attitude conforme aux droits qu’ont tous les gens. »

Dr. Vitale said in her statement that the school district “prides itself on having policies and practices that support all students regardless of gender identity or gender expression.”

[Mme] le docteur Vitale a dit dans sa déclaration que le secteur scolaire « est lui-même fier de sa politique et de ses pratiques qui apportent un soutien à tous les étudiants, indépendamment de l’identité de genre ou l’expression de genre. »

Watch below as Los Angeles TV station KTLA interviews Lacey and his mother.

Pour visionner l’interview de Lacey et de sa mère, par la chaine de télévision californienne KTLA, cliquez sur le lien ci-dessous :

Boy Ordered to Remove Costume After Dressing as Elsa on Disney Day at a Menifee Middle School
Par Bil Browning | le 09.02.2016
Traduction (amateur) : Lio de France
Source : Queerty.com

Le prince de Savoie travesti en Dalida

Morandini Zap: Le Prince Emmanuel-Philibert de Savoie se transforme en Dalida pour « Un air de star »

 

Hier, à 20h50, M6 lançait son nouveau divertissement  » Un air de star « , présenté par Karine Le Marchand. Parmi les huit célébrités qui se sont transformées, il y avait le Prince Emmanuel-Philibert de Savoie.

PrinceDeSavoieDalida

L’époux de Clotilde Courau est devenu Dalida le temps du prime et a interprété, sur le plateau, « Laissez-moi danser ».

Regardez (Cliquez sur le lien ci-dessous)



Vidéo M6 | Un air de star | 15 mai 2013
émission présentée par : JeanMarcMorandini

Vu que le candidat est un « prince » qui cherche sa voie, les journalistes ne semblent pas souhaiter parler de travesti. C’est sûr que vous n’aurez pas un commentaire dans le style : « Wesch, mais c’est un truc de ouf : sérieux, comment trop qu’il s’la raconte ! eh t’as vu c’gonze qui fait le travlo ! y veut p’têtre qu’on se mélange avec lui comme avec une meuf. » Alors ils écrivent plus académiquement (surligné en rouge):

Ozap.com commente : « Pour la première de la nouvelle émission de M6, Emmanuel-Philibert de Savoie n’a pas hésité à se grimer en une Dalida très masculine.

« Hier soir, lors du premier prime de « Un air de star » sur M6, le prince Emmanuel-Philibert de Savoie a fait sensation en apparaissant déguisé en Dalida. »
Source : Ozap.com

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Allo News titre : « Emmanuel Philibert de Savoie se transforme en Dalida » […] et poursuit : « Le mari de Clotilde Courau est devenu Dalida … »
Source : AlloNews.fr

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M6 poétise : « Emmanuel-Philibert de Savoie se métamorphose en Dalida. Sans aucun complexe, Emmanuel arrive sur scène dans une magnifique robe décolletée. Perruque blonde et chaussures à talons,… »
Source : (lien dans le mot) M6

§

Jean Jacques Morandini écrit :  » …huit célébrités qui se sont transformées, il y avait le Prince EmmanuelPhilibert de Savoie. L’époux de Clotilde Courau est devenu Dalida … »
Source : (lien dans le nom) Jean Jacques Morandini.

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