Pour échapper à guerre, il se travestit

NosAnneesFolles

Les tranchées de 14-18. L’horreur. Le bruit. Ou alors un silence qui fait encore plus peur. Paul n’en peut plus. Il se cache avec la complicité de sa femme, Louise, dans une chambre secrète où il étouffe… Qui a l’idée en premier ? Elle : une idée biscornue, extravagante… Et si Paul se travestissait ? Perruqué, maquillé, corseté, Paul devient Suzanne. Et passées la gêne et la maladresse, contrairement à toute attente, à toute logique, devenir femme lui plaît assez. Et même beaucoup. Trop. A la fin de la guerre, Paul, une fois amnistié comme déserteur, continue à séduire dans des soirées chic. Et à se prostituer au bois de Boulogne pour assurer les besoins du ménage. Il devient même le héros d’un spectacle où il joue son propre rôle…

L’aventure – vraie – de Paul Grappe a donné lieu à un essai des historiens Danièle Voldman et Fabrice Virgili, La Garçonne et l’assassin (Payot), et à une bande dessinée de Chloé Cruchaudet, Mauvais genre (Delcourt).

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Par : delitdimages.org
Publié le : 15.06.2017
Film : NOS ANNÉES FOLLES – Bande-annonce officielle
Réalisateur : André Téchiné, sélection officielle au Festival de Cannes
Mise en page : Lio de France pour Double Genre.

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Trans, femme, robot : couple à trois ?

Martine Rothblatt figure de proue du transhumanisme
Martine Rothblatt figure de proue du transhumanismeDR

Elle a fait fortune deux fois. D’abord en tant qu’homme et, depuis 1994, comme femme. Mais au-delà de son salaire faramineux et de sa transformation, Martine Rothblatt est une figure de proue du transhumanisme qui promet une forme d’immortalité. Parlez-en à son épouse. Mieux, au robot de son épouse…

Dès l’enfance, Martin Rothblatt se sent différent. La faute, pense-t-il, à sa famille juive implantée dans un quartier totalement hispanique de la banlieue de San Diego. Il ne trouve pas sa place, passe sa vie dans les livres et la tête dans les nuages. Après des études de droit, il se passionne pour l’espace et les télécommunications. Au point de créer une société spécialisée dans l’exploitation des satellites et d’avoir une idée de génie : la radio terrestre de papa où l’on perd la fréquence à mesure que l’on s’éloigne de l’émetteur a vécu. Grâce aux satellites, une radio permanente est possible. Sirius entre en Bourse et met à l’abri du besoin Martin Rothblatt et ses deux enfants.

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Martin Rothblatt à 22 ans (en médaillon, à droite) et, aujourd’hui, Martine (au centre) avec sa fille Jenesis et sa femme Bina, en bas, sa représentation robotique, Bina48.© DR

Et sa femme Bina, la grande passion de sa vie, rencontrée en 1979. « C’est mon âme soeur », dit-il. Tant mieux, car il faut au moins ça pour ne pas broncher lorsque Martin lui annonce en 1994 qu’il veut… changer de sexe. « Je t’aime pour ton âme, lui répond-elle, pas pour ta peau. » Au cours du long processus très encadré comprenant visites chez un psychologue et traitement aux hormones, Martin(e) et sa femme apprennent que leur fille de 7 ans, Jenesis, est atteinte d’une maladie rare, l’hypertension artérielle pulmonaire, fatale dans les deux ans.

« Après notre mort, nous vivrons sous la forme d’êtres digitaux. C’est technologiquement inéluctable »

Le seul remède est un traitement très contraignant avec une pompe portative. Pas une solution pour Martine Rothblatt qui n’est pas du genre à faire les choses à moitié. Elle crée sa propre société pharmaceutique, United Therapeutics, engage le découvreur du seul traitement disponible et le met au travail pour trouver encore mieux. Au passage, Martine (désormais officiellement) se rédige un contrat alignant son salaire sur le prix de l’action. Introduite à 12 dollars, elle en vaut aujourd’hui 112, lui permettant de percevoir un salaire de 38 millions de dollars. De quoi assouvir sa passion, le transhumanisme : l’école de pensée affirmant que l’humanité devra son salut à son imbrication totale avec l’intelligence artificielle. « Notre corps disparaîtra, mais il n’y a aucune raison logique à ce qu’il en soit de même de notre personnalité que l’on pourra conserver sous forme digitale. Et, dans un futur proche, des programmes aussi faciles et accessibles qu’iTunes par exemple permettront de faire revivre une personne d’une autre façon. » Sous une forme unisexe, n’en doutons pas.

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Bina48 (comme le visage du robot à l’effigie de sa femme, Bina, et 48 pour 48 « exaflops » à la seconde, la vitesse d’exécution de ce droïde) est une création de Terasem, le mouvement transhumaniste de Rothblatt visant à mettre en pratique sa théorie selon laquelle toute personne pourra être un jour réincarnée dans un monde artifi ciel. Conçu en 2010 et constamment amélioré par Hanson Robotics, Bina48 interagit avec son interlocuteur sur la base de centaines d’heures d’entretiens réalisés avec la vraie Bina, afi n de capturer numériquement sa personnalité à travers ses souvenirs, ses émotions, ses croyances (voir dialogue ci-dessous)… Elle est capable de reproduire 64 expressions du visage. La femme robot est l’avenir de l’homme. R.C.

Texte

COURTE BiOGRAPHiE de Martine Rothblatt

1954
Naissance à Chicago
1982
Epouse Bina
1990
Fonde Sirius, opérateur de communications par satellite
1994
Change de sexe
1995
Publie « L’apartheid des sexes »
2004
Lance son mouvement transhumaniste Terasem

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ParRomain Clergeat
Publié le : 09.11.2014 à 15:06
Titre Original : « 
LE PDG LE MIEUX PAYÉ D’AMÉRIQUE – Martine Rothblatt, transgenre et transhumaniste. »
Source : Paris Match.com
Edité et publié par : Lio de France sur DG

La femme parfaite est-elle une connasse ?

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Moi qui étais gonflée à bloc et motivée comme jamais pour tenir mes bonnes résolutions pour cette nouvelle année, honnêtement, on peut dire que c’est raté ! Pendant de longs mois je passais le plus clair de mon temps à enchaîner les livres, et récemment, j’ai perdu la main. Je voulais donc me rattraper en janvier, et pour commencer en beauté, j’ai pris un bouquin de mon énorme pile complètement au hasard et je suis allée m’installer dans un coin. Ce n’était ni le plus épais, ni le plus court, mais j’ai finalement compris qu’il s’agissait d’une très belle découverte et d’une petite pépite. Pour celles et ceux que ça intéresse, je vous ai fait mon compte-rendu juste ici. Je l’ai fini en quelques heures seulement, à une semaine même pas de la publication de l’article dont je vous ai parlé au début, censé me rebooster. Trois jours après j’en ai débuté un second. Malheureusement, j’ai fait tomber mon marque-pages et j’ai instantanément perdu tout mon courage pour retrouver la page. Suite à cette absence de motivation, j’ai opté pour un plan B : mon challenge séries. Et dans ce cas précis, on peut dire que ça va. J’ai attaqué ce défi le 13 de ce mois et j’en suis déjà à cinq séries vues et finies, quasiment six. Hallucinant. J’ai décidé de faire une courte pause et j’en profite pour me rattraper sur mon autre objectif, la lecture. Aujourd’hui, donc, je vais vous présenter une sorte de guide, le premier tome de « la femme parfaite est une connasse » !

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RésuméCe livre est le guide pour toutes les femmes imparfaites (il peut également être lu par les hommes qui auraient envie de combler certaines lacunes..). Vous y découvrirez notamment des théories comme la jurisprudence de la frange, la théorie du pot de cacahuètes, ou encore le concept universel du foutu pour foutu. Mais vous apprendrez aussi comment garder sa dignité quand on est complètement bourrée, comment réagir devant un bébé laid, ou les questions qu’il ne faut pas poser à un homme si on ne veut pas entendre les réponses.

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Mon avisC’est quand il a vu mes yeux de chat botté dans le rayon lecture que mon boyfriend s’est résolu à m’offrir ce petit livre, il y a un moment déjà. En rentrant à son appartement, j’ai filé au fond du lit pour le lire et le dévorer d’une traite. Je me souviens avoir beaucoup apprécié la mise en page, je me souviens également avoir ri. Et en l’apercevant au fond du placard tout à l’heure (le livre pas mon mec, vous suivez ?) j’ai décidé de le reprendre et de recommencer ma lecture. C’est rapide, léger, sympathique, drôle et frais. Sur ces quelques 160 pages, on pourra reconnaître tantôt nos copines, tantôt ces femmes que l’on ne supporte pas, et tantôt.. nous-même. Eh oui, parfois vous réaliserez que c’est peut-être vous, la connasse ! Attention, celle dont parle ce bouquin n’est pas la nana détestable que l’on a envie de frapper à coups de pelle entre les deux yeux (quoique). Il s’agit simplement d’une personne en laquelle tout le monde et n’importe qui peut se reconnaître. C’est un livre qui n’est pas à prendre au sérieux, loin de là, mais l’avoir en sa possession permet de passer un moment calme et tranquille. Pour certains ce sera juste un bouquin rempli de clichés exagérés et énervants, pour d’autres comme moi ce sera l’occasion d’avoir une lecture changeante et différente par rapport à d’habitude. À lire si vous êtes intrigués !

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Voilà, cet article est à présent terminé. Pour celles et ceux qui ont déjà eu l’occasion de se plonger dans ce petit livre, n’hésitez pas à me dire en commentaire ce que vous en avez pensé. Belle journée !

Trans, notre tort est-il d’exister ?

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En introduction à ce sujet, voici une vidéo de l’émission d’InfraRouge qui donner la parole à des hommes et des femmes transgenres, victimes de transphobie, afin de recueillir leurs témoignages et bousculer nos a priori : c’est : « Trans, c’est mon genre. »

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Commentaires des internautes et de Lio de France

Lamatriss  1. Lamatriss (il y a 3 mois)

C’est bien de donner la parole aux personnes trans, la transphobie est un fléau et il est plus qu’essentiel d’ouvrir le débat.

2. Taline Imaginarium (il y a 2 mois)

@Lamatrisse : Je trouve pas qu’il y est de débat à ouvrir …ce sont des gens …comme les autres et qui devraient avoir exactement les mêmes droits que les autres, sans que la justice ne vienne fourrer son nez dans les cuisses de la populace  …

Little Potatoes  4. Little Potatoes (il y a 3 mois)
Il est magnifique ce reportage. J’ai été touchée par ces témoignages. Une tolérance incroyable de celle qui accepte que ses filles ne la voient plus, si ça les aide à faire le deuil de leur père ; ou de celle qui voit son homme devenir femme… Du père qui soutient pendant la transition aussi ! J’ai aimé le principe du filtre à con, c’est vrai que ça doit faire du ménage !! Et dans tout les cas, un vrai courage parce que ça ressemble vraiment au parcours du combattant !

Eithne dé danann  5. Eithne dé danann (il y a 2 mois)
Je trouve les trans tellement incroyables, je suis admirative…

Shékiinä  9. Shékiinä (il y a 2 mois)
PS : Morgan est trop beau ! il a des yeux magnifiques et une belle voix.

Caribay Rynkiewicz-Pasquini  10. Caribay Rynkiewicz-Pasquini (il y a 3 mois)

Je ne comprends pas le personnel médical qui fait des commentaires…. Je ne suis pas trans ni quoique se soit mais j’ai eu des jugements sur la prise d’une pilule du lendemain… Des regards pleins de mépris… Je ne dis pas que c’est vraiment pareil mais ça reste intolérable dans tout les cas !

Johanna Lopez  11. Johanna Lopez (il y a 1 mois)
C’est pareil, c’est de l’intolérance.

Shékiinä  12. Shékiinä (il y a 2 mois)
J’admire les trans, ils assument leur différence. J’aime les gens qui s’assument et qui s’en foutent du qu’en dira-t-on. Dans le futur, j’espère qu’on ne mettra plus les gens dans des cases, les êtres humains sont beaucoup trop complexes pour qu’on puisse les ranger dans des cases, une personne peut être une chose et son contraire (et je sais de quoi je parle).

amelia giuliani  13. amelia giuliani (il y a 3 mois)
Piouf !!! respect, je ne peux pas imaginer cette souffrance, ces personnes sont pleines de dignité et de pudeur , et j’ai eu le privilège de voir une histoire d’amour merveilleuse avec Marie et sa compagne …et finalement la vie est dure pour tous, mais je ne peux pas m’empêcher d’envier cet amour.

MA MAMA  14. MA MAMA (il y a 3 mois)
CE REPORTAGE CONFOND LES TRANSGENRES HERMAPHODITE ET LES TRANSEXUELS POURQUOI ? ce n’est pas la même chose et votre confusion va affecter la vie des gens, un transgenre, c’est un hermaphodite ; ils naissent avec des caractéristiques des deux sexes , ca n’a rien a voir avec les transsexuel qui eux ont problème psychologique.
Lio de France : je crois bien qu’il n’a rien compris au film, et  devrait consulter les articles de ce blog.

NB Transler 15. NB Transler (il y a 3 semaines)
Alors déjà, pour les êtres humains on dit « intersexe » (car hermaphrodite c’est pour les animaux) , et une personne transgenre n’est pas intersexe ;  ça n’a rien avoir (revois la définition de transgenre : personne dont le genre est différent de celui qu’on lui a assigné à la naissance ) ..Transexuel(le) est un terme péjoratif, car ça ramène directement au sexe (notre sexe ne regarde personne), on préfère le terme transgenre, qu’on soit opéré(e) ou pas, car ça parle de genre et c’est ce qui est correct ; peut importe notre sexe, ça ne définit pas notre genre. Les personnes trans n’ont pas de problème psychologique. Si on a des problèmes avec nous-même, c’est parce que vous venez nous faire ch…, nous juger … etc et non pas sur le fait d’être trans en soi .

Showclax  16. Showclax (il y a 5 jours)
Sundown oui, lol comme tu dis, il a voulu faire sont connaisseur, mais mdr 😂

Johanna Lopez  17. Johanna Lopez (il y a 1 mois)
Même si on est pas d’accord, même si on aime pas ça , comment est-il possible d’en arriver à une telle haine ? Comment peut-on dire à un être humain ce genre d’atrocité ? Ceci n’est pas de la transphobie, mais de la haine, et ceci est extrêmement dangereux, ces individus sont emplis de haine et de frustration.

Mari aa  18. Mari aa (il y a 2 mois)
Chacun d’entre eux ont un manque, un mal-être intérieur qu’il essayent de combler par le changement de sexe. Les juger n’arrange rien ; ils ont besoin d’aide. Sachez que leurs transitions ne leurs donnent pas le bonheur qu’ils recherchent, car ils ont des traces de leur ancienne vie. Le vide qui essayent de combler par la transition ne peut être comblé que par Jésus Christ. La transition peut redonner le sourire, mais Jésus Christ redonne le bonheur, le bien-être. Il suffit seulement de déclarer : « Jésus révèle toi à moi. »

Little Panda  20. Little Panda (il y a 1 semaine)
Je suis une femme cis avec un style très masculin, autant sur l’allure que le comportement et même en ne voulant pas changer de sexe (je suis hétéro et bien avec mon corps de femme) l’état et l’administration remet en cause mon genre de naissance, quand je prend des rendez-vous on m’appelle « Madame » et dès lors que je me lève, c’est « Oh pardon monsieur, il doit y avoir une erreur sur nos papiers » j’ai beau dire et redire que non je suis bel et bien une femme depuis le début de ma vie les gens ne me croient pas, ou insinuent entre eux de manière pas du tout discrète « Ah bah ! c’est une lesbienne » ou encore « Elle pourrait faire un effort pour qu’on voient que c’est une fille. » Les gens ont une vision très limité, rien que dans les magasins je m’habille très souvent au rayon « Homme », mais ça ne veux pas dire que j’en suis un ; ce ne sont que des bouts de tissus, ça ne définit rien à mes yeux , c’est une autre forme de discrimination du genre, où dès lors que je ne ressemble pas au « portait-robot » d’une femme, je ne peux pas être considéré(e) comme telle. J’ai aussi un ami qui lui est en parcours FTM [Female To Male] et qui rencontre les mêmes problèmes que les personnes dans la vidéo ; on l’appelle Madame malgré le physique qui ne laisse aucun doute comparer au mien (je ressemble quand même à une fille, ce qui est normal) sauf que pour lui, les gens prennent presque un plaisir sadique à lui rappeler qu’il n’a pas le droit (pour eux du moins) d’être celui qu’il veux. Et c’est là que je blâme la France ; si une personne vous dit « Non ! c’est Monsieur » ou « Non ! c’est Madame » n’insistez pas, on sait qui on est, on sait mieux que vous. Une femme peut avoir un pénis et un homme peut avoir un vagin ! Le sexe n’a rien a voir avec ce que l’on est « mentalement », si je puis dire. C’est assez démonstratif du manque d’ouverture d’esprit français.

Thierry carlou  21. Thierry carlou (il y a 1 mois)
Magnifique reportage, il en faut du courage !

Les vainqueurs écrivent l'Histoire  22. Les vainqueurs écrivent l’Histoire (il y a 2 semaines)
ignoble propagande !

sarah leblanc  23. sarah leblanc (il y a 2 mois)
Pfff ! les psys, ce sont eux qui te foute la déprime et qui t’empêchent de vivre. GROSSES M…. de BLOUSES BLANCHES !

Antonio Gomes  24. Antonio Gomes (il y a 1 semaine)

Que de bonnes personnes, sensibles et intelligentes. Ils méritent bien d’être heureux.

Man hattan  25. Man hattan (il y a 3 semaines)
Je savais pas que les gens pouvaient être aussi mauvais et sans cœur !! respect à ces personnes pour leur courage.

sarah leblanc  26. sarah leblanc (il y a 1 mois)
Hey, Vikken ! au secours, aide moi !

On voit le mal être, et le réduire à une simple question d’etre un homme ou une femme est juste hallucinant. La féminité ou la masculinité est un don qu’offre la nature. Vous pouvez très bien changer de sexe ou même ne plus en avoir du tout mais la question du mal être n’en sera pas mieux réglée. On distingue parfaitement qui est homme ou femme dans l’ensemble des témoignages, donc qu’ont-ils fait a part du camouflage ? Aidons-les plutot à assumer qui ils sont plutôt de les encourager à se perdre…. Bientôt nous ne serons ni homme ni femme, mais des êtres tout simplement, sur terre le fait d’être un homme ou une femme est une résonance de ce qu’on est vraiment au fond de soi.

Jean-Porte  28. Jean-Porte (il y a 2 semaines)
L
a féminité et la masculinité ne sont pas naturelles, mais sont des constructions sociales.

ShemJawn  29. ShemJawn (il y a 1 semaine)
Transphobie, le retour… Les personnes que tu as vues dans cette émission s’assument puisqu’elles ont choisi de faire une transition (ou non). Ils n’ont pas besoin de ton avis. C’est leur identité de genre et leur corps, pas les tiens.

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Ajouté sur : YOUTUBE, le 21.11.2016
Source : InfraRouge
Titre original : »Trans, c’est mon genre. »
Commentaires, correction des « fôtes d’ortograffes » 😉 : Lio de France

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Le scoutisme anglais est unisexe

LES GIRL GUIDES, SCOUTS ANGLAISES, ACCUEILLENT TOUTE PERSONNE QUI «S’IDENTIFIE EN TANT QUE FILLE OU JEUNE FEMME».

Les Girl Guides, scouts anglaises, accueillent toute personne qui «s’identifie en tant que fille ou jeune femme».
Download PDF

 

«Accueillir et aider toutes les filles», quel que soit leur sexe ?

Les Girl Guides, la plus grande association unisexe de scouts anglaises (un demi-million de membres), dont la présidente d’honneur n’est d’autre que [la reine d’Angleterre] Elizabeth II, a décidé de mettre à jour sa charte : désormais, sera fille qui veut.

«Si un enfant ou une jeune personne s’identifie en tant que fille ou que jeune femme, alors cette personne est en mesure de rejoindre notre association dans la section appropriée à son âge», a précisé l’association dimanche.

Elle indique aussi que, conformément à la loi, les parents ne seront pas informés si leur enfant fréquente un groupe qui a un leader ou des membres transsexuels.

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Par : Délit d’Images
Publié le : 27.01.2017

Claire Lombard, la travestie bourgeoise

Claire Lombard :  » Les doux-dingues sont mille fois plus intéressants »

Claire Lombard remue toujours ! Tantôt bourgeoise, tantôt travelo déjanté, dans son one-woman show, marrainé par Sylvie Joly (excusez du peu) CitéGay a eu le coup de foudre et le lui a dit . Confidences …

Tof : Hello Claire, tout d’abord, peux-tu me parler de ton itinéraire ?
Claire Lombard : En fait j’ai été longtemps créative en agence de pub . Je me suis spécialisée après dans la production sonore et la création radio, j’ai dirigé la section de production dans une agence . Et puis quand j’ai fait le tour de la publicité, j’ai eu envie de création un petit peu plus personnelle …

Tof : Et tu as rencontré Sylvie Joly …
Claire Lombard : Oui, avec qui j’ai fait beaucoup d’ improvisation . A l’époque, elle avait mis en scène un spectacle qui s’appelait Chansons et Bla-bla , que j’ai joué dans différentes salles, dont le Point Virgule et pour lequel j’avais écrit des chansons décalées . Elle a aussi chanté une de mes chansons dans un spectacle de revue musicale, qu’elle a fait à Mogador . Et puis, elle a participé comme voix off à Stars On Line, notre association de spectacles . Ensuite, je suis partie en Afrique et c’est en rentrant que j’ai décidé d’écrire ce One – Woman Show . Là elle marraine ce spectacle . Il y avait longtemps que je pensais à un one, j’ai donc décidé de l’écrire l’année dernière . Je l’ai tourné 3 mois, William Pasquier en est le metteur en scène, et Sylvie la marraine . Elle m’a beaucoup appris, notamment que la base, c’était la sincérité .

Tof : D’ailleurs, vous avez un air de famille, toutes les deux, autant physiquement que dans le style …
Claire Lombard : Oui, on a un peu la même origine bourgeoise . Pour ma part, je viens d’une famille de médecins . Je suis un peu l’exception …

Tof : As-tu des comptes à régler avec cette bourgeoisie ?
Claire Lombard : Pas vraiment . On ne peut pas dire que j’ai été élevée dans une bourgeoisie étroite d’esprit, réductrice . Mon père était un homme très ouvert d’esprit, et ma mère est psy . Dans ce spectacle, je me suis surtout plue à dénoncer l’hypocrisie de ce milieu, avec ce personnage, très bourgeois, qui par ailleurs peut se métamorphoser en un travelo d’origine un peu mixte, comme moi (ma mère étant juive russe et mon père auvergnat) .

Tof : On a l’impression que le travesti a plus les pieds sur terre que la bourgeoise ?
Claire Lombard : Le principe c’est un peu ça . La bourgeoise est tellement prise dans son univers bourgeois qu’elle est finalement toujours à côté de la plaque . Le travesti, qui appartient à un univers beaucoup plus décalé, véhicule plus un message de concret et de réalisme .

Tof : C’est assez nouveau, et même assez culotté, le fait de parler de séropositivité, dans un spectacle humoristique …
Claire Lombard : Ce que je voulais c’était aborder un peu tous les sujets un peu tabous, dont on parle jamais . En fait j’habite près de la Porte Dauphine, donc tous les soirs quand je rentre je croise fatalement des gamines de quatorze ans, en conflit avec des prostituées déjà plus installées .
C’est un milieu dont on ne parle jamais en Humour . Et j’ai eu un peu la même démarche avec la séropositivité, pour laquelle il existe maintenant des traitements, même si ce n’est toujours pas la panacée . D’une manière générale, on peut dire que j’aime aborder les sujets graves de façon décalée .

Tof : On a l’impression que tu as vraiment observé des prostituées . Plus que de les avoir simplement croisées furtivement le soir …
Claire Lombard : Je ne peux pas dire vraiment que j’ai eu des ami(e)s prostitué(e)s, mais j’ai connu plusieurs personnes : des jeunes qui se sont prostitués occasionnellement . Là on est à Pigalle, il y a par exemple une prostituée, Valérie que je cite dans le spectacle, et avec qui on va souvent prendre un café . C’est un univers qui a piqué ma curiosité et je trouve qu’on ne le connaît pas finalement . On a l’impression que ce ne sont pas des gens qui existent vraiment en tant qu’êtres humains et c’est dommage .

Tof : Tu sembles particulièrement sensibilisée à la prévention .
Claire Lombard : Oui, il y a un passage dans le spectacle, sur le préservatif féminin, d’ailleurs on est en train de voir si on peut en avoir, par le ministère de la Santé et le CGL, histoire de faire une distribution l’air de rien . C’est intéressant parce que ce sont des préservatifs de plus en plus utilisés par la population Homme du fait que la matière est beaucoup moins allergisante . J’aimerais vraiment en profiter pour enfoncer le clou sur la prévention . Effectivement, je suis assez sensibilisée à ce problème, car en tant que publicitaire j’avais eu à travailler sur des campagnes de prévention qui disaient par exemple il n’y a pas de population à risques, mais bien des comportements à risques …

Tof : De manière générale, qu’est-ce qui t’intéresse chez les gens ?
Claire Lombard : C’est sûr que les doux-dingues sont mille fois plus intéressants que les gens très insérés qui souvent sont finalement largement aussi malades et plus dangereux .

Tof : Par exemple, la bourgeoisie aurait-elle besoin de plus de poppers pour se décoincer (référence au spectacle) ?
Claire Lombard : Je pense surtout que dans les milieux bourgeois, il y a beaucoup de ça mais sous une hypocrisie énorme . Tout le monde sait que les clubs échangistes concernent plutôt les gens qui ont de l’argent . Je suis très frappée par le fait que personne ne dit avoir eu affaire aux prostituées alors que celles-ci ont beaucoup de clients . On peut se poser la question de savoir qui est consommateur finalement . Sur un autre plan je trouve qu’on a fait un grand pas en avant lorsque Bertrand Delanoé n’a pas eu peur de dire les choses . C’est une belle façon de combattre l’hypocrisie .

Tof : Tu trouves donc qu’il faudrait que les personnes connues rendent publique leur homosexualité ?
Claire Lombard : Bon, après il y a un choix personnel, c’est vrai . D’ailleurs l’initiative de Bertrand Delanoé ne lui a pas forcément réussi .C’est vrai que quand un homme important reconnaît son appartenance à une certaine marginalité, il enlève des kilos de plomb des épaules de gens qui se trouvent dans de petites positions et très malheureux de leur condition . Donc, c’est courageux de le faire .

Tof : Tu crois qu’on peut vraiment parler de l’existence d’une culture Gay ?
Claire Lombard : Oui tout à fait . Elle réside surtout dans tout ce qui est spectacle et amusements, peut-être parce que les gay sortent plus, sont plus ouverts, intéressés à beaucoup de choses, et ils ont du temps , alors que le carcan traditionnel permet peut-être de sortir moins .

Tof : En faisant ton spectacle tu as eu aussi envie de combler la demande d’une population qui ne se retrouve pas forcément dans ce qu’on lui propose ?
Claire Lombard : Oui, finalement depuis Elie Kakou, qui avait bien décapé sur ce plan, il n’y a pas eu de spectacles qui parle un peu de cet univers là et qui veuille le toucher . Sans que ce soit limitatif et que ça veuille enfermer la chose dans un ghetto .

Tof : Qu’est-ce qui t’a donné envie de faire tout ça ?
Claire Lombard : J’aime faire rire . C’est une des plus belles émotions . L’humour est vraiment le seul moyen de ne pas devenir fou dans cet univers de distances .

Tof : Le travestissement n’est-il pas une manière de se révéler de manière plus authentique . ?
Claire Lombard : Oui tout à fait, mon travesti a un côté un peu paysan dans ses réflexions . Il dit des réalités qu’on ne dit jamais .

Tof : Tu aimes l’univers de la bédé ?
Claire Lombard : Ah, tu me poses cette question à cause du côté très rythmé du spectacle, un peu comme pour un zapping . J’ai vraiment voulu sortir du traditionnel en fait . Et puis j’aime les formats courts, peut-être un reste de mon passé de publicitaire . Et puis, ça va bien avec le côté schizophrène de mon personnage .

Tof : Quels sont tes projets ?
Claire Lombard : Le spectacle dure jusqu’en Février mais devrait être prolongé jusqu’en Juin . Ca semble acquis . Ensuite, j’aimerais emmener ce spectacle en province . Et j’ai aussi écrit un spectacle pour enfants, sur le thème des différences, c’ histoire futuriste de la rencontre de deux êtres antagonistes que tout oppose, une lionne et un ours, qui finissent par s’aimer, et décident de rester ensemble . Une pièce très interactive qui aborde les sujets du racisme, de l’ austrassisme, de l’homophobie .

Tof : Selon toi, qu’est-ce qui résumerait au mieux « La Bourgeoise remue toujours ? » ?
Claire Lombard : C’est un spectacle sur l’amour, la tolérance, l’absence de tabous et de cloisonnements . Et en fait c’est la seule partie intéressante de la vie . Courez-y !!!

Et bien c’est tout à fait ce que nous avons ressenti à CitéGay . C’est un spectacle rafraîchissant, original et on ne s’ennuie pas … Merci de cet entretien Claire, et chapeau pour tes prises de position !

La Bourgeoise Remue Toujours – Tous les Jeudi à 22h15 – Le Bout, 6 Rue Frochot – Paris 9ème – M° Pigalle

:TARIF PREFERENTIEL CITEGAY.COM :
En Décembre : 9 euros la place au lieu de 14 – RESERVATION IMPERATIVE AU 01 42 85 11 88 –

Publié le 08/11/2002 | Interview : Tof
Source : SiteGay.fr

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Marseille, mauvaise passe des travestis algériens

A Marseille, le difficile parcours des travestis algériens

« Comme au bled, des personnes nous agressent parce que nous sommes homosexuels et différents, lance Rayane (*). On nous jette des cannettes, on nous insulte, on nous roue de coups. » Rayane a quitté Annaba, une ville de l’est de l’Algérie pour rejoindre Marseille au milieu des années 1980.

C’était à une époque où les Algériens pouvaient facilement obtenir un visa touristique d’une durée de trois mois pour la France. « C’est à cette période, comme l’observe le sociologue Laurent Gaissad, auteur d’une étude sur la prostitution algérienne à Marseille, que la plupart ont décidé de tenter leur chance en se prostituant de l’autre côté de la Méditerranée. »

Issus des milieux populaires, ils venaient de la métropole portuaire d’Annaba et de son arrière-pays, mais aussi d’autres grandes villes côtières comme Oran, Mostaganem ou Skikda. Mais, à la différence de Rayane, les Algériens allaient à Marseille pour se constituer un pécule et repartaient ensuite au pays. « Pour beaucoup, la prostitution n’était qu’une étape pour un commerce en Algérie, acheter une voiture ou un appartement », explique Laurent Gaissad.

« L’étape du mariage »

La situation est devenue plus difficile avec le début de la guerre civile en Algérie en 1991, et l’instauration de la loi Pasqua en 1993 pour renforcer les mesures contre l’immigration clandestine. Les déplacements sont rendus compliqués, voire quasi impossibles pour les Algériens ayant fait l’objet d’une mesure d’expulsion en France. « L’étape du mariage est soudain devenue un enjeu collectif pour ces personnes qui souhaitaient rester et qui craignaient de retourner dans leur pays où les homosexuels étaient menacés », souligne Laurent Gaissad.

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Abords gare St Charles/rue de la Grande Armée/rue de la Rotonde/Place Labadié

Depuis 1995, l’association Autres Regards organise des tournées dans les quartiers de la cité phocéenne dans un objectif de prévention, de réduction des risques sexuels et de lutte contre toutes les formes de violences à l’égard des prostitués. Parmi eux, les travestis, qui sont victimes au quotidien d’agressions physiques et verbales. Dans les locaux de l’association, on s’inquiète du rétablissement du délit de racolage passif, voté par le Sénat fin mars, et de la suppression de la pénalisation des clients. « Avec le rétablissement de ce délit, on fragilise et on vulnérabilise ces personnes au lieu de les protéger », s’insurge Jean-Régis Ploton, directeur d’Autres Regards.

 

Djamel (*) fait partie de ces prostitués algériens qui ont choisi de se marier pour assurer leur sécurité. Dans les années 1990, il a épousé une Française d’origine algérienne pour avoir la nationalité. « Elle était lesbienne et j’étais homosexuel. Ce mariage m’a permis d’avoir des papiers et de préserver l’honneur de nos deux familles. »

A 49 ans, Djamel continue de se prostituer aux abords de l’avenue du Prado à Marseille. « Quand je suis arrivé en 1985 à Paris, j’ai fait la connaissance de prostitués algérois qui s’habillaient en femme. Comme j’avais besoin d’argent, j’ai commencé cette activité. Au bout d’une semaine, je suis redescendue à Marseille et j’ai continué à vendre mes charmes du côté de la gare Saint-Charles », se souvient-il.

« Les clients nous préfèrent en femme »

A cette époque, les prostitués algériens arpentaient les rues de ce quartier de drague masculine, dont la proximité avec la gare et l’autoroute A7 en direction d’Aix-en Provence et d’Avignon en faisait un lieu très fréquenté.

Aujourd’hui, les prostitués maghrébins ont pris possession d’autres quartiers : rue de la Bibliothèque, rue Adolphe-Thiers, rue de la Rotonde, avenue du Prado… Si ces hommes ont choisi de s’habiller en femme, c’est avant tout par nécessité économique et pour conserver un certain anonymat. « La prostitution en homme ne marche pas. Les clients nous préfèrent en femme. C’est également mieux pour moi. Dans la journée, je suis en garçon, je passe inaperçu et je peux mener ma vie librement », raconte Djamel. Aujourd’hui, les nouveaux arrivants se font rares. Seuls restent à Marseille les prostitués algériens venus dans les années 1980 qui, malgré les années, et les distances parcourues, vivent encore avec le poids du secret.

(*) Les prénoms ont été modifiés

1° Publication sur D.G. le : 29.05.2015 à 16h46
Par : Stéphanie Plasse (contributrice Le Monde Afrique, à Marseille)
Source : LeMonde.fr

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Travesti prostitué, vie en danger

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1° Article : La mort d’Eva, le travesti de Montpellier, enfin élucidée

[Avant Propos de Double Genre :

Notre blog évoque souvent les aspects apparemment libres, parfois extravagants de la vie que mènent les travestis. Rôles flamboyants au théâtre ou au cinéma, strass et paillettes chez Michou, plaisirs innocents du travestissement de salon, première sortie « en fille » … mais à fréquenter des hommes inconnus ou même bien connus, n’est pas sans risque.

Bien sûr nous direz-vous, en Europe, le travesti n’a pas choisi son « métier » sous la contrainte et dans l’exemple ci-dessous, notre joueur de rugby aurait très bien pu se transformer en coach sportif quitte à exercer ses talents à la troisième mi-temps. Mais si les destinées sont imprévisibles, et les avenirs impénétrables, les corps humains, eux le sont…

Parce qu’à la chanson de Michel Sardou « Et mourir de plaisir » ne vaut-il pas mieux « … mourir de mort lente« , comme le chantait Brassens ?

… à suivre.]

§

Le crime avait été d’une sauvagerie extrême et l’enquête semblait au point mort. Mais l’ADN a parlé.

C'est le travail de la police scientifique qui a permis de remonter jusqu'au meurtrier présumé

C’est le travail de la police scientifique qui a permis de remonter jusqu’au meurtrier présumé MaxPPP

Pendant vingt ans, sa silhouette était familière, la nuit, sur les trottoirs de Montpellier. Il faut dire qu’elle ne passait pas inaperçue, Eva : escarpins, bas résilles, une carrure imposante et des perruques blondes… De quoi attirer les regards, et aussi cet autre surnom qui circulait chez les noctambules locaux : Le Bison. Car Eva, pour l’état-civil, c’était Roger, 59 ans, un ancien rugbyman originaire de Pau (Pyrénées-Atlantiques) et que les cahots de la vie, alliés à une consommation de drogue et d’alcool excessive, avaient poussé vers la prostitution. « C’était quelqu’un de très gentil, de très croyant et qui aimait beaucoup les animaux », raconte un de ses proches. Chez lui, dans son studio situé au deuxième étage du quartier de Figuerolles, il avait des oiseaux, un chat et un chien.

ADN retrouvé

Dans la nuit du 24 au 25 août 2006, ses voisins décident d’appeler Police-Secours. Les bruits qui s’échappent du studio d’Eva sont inquiétants : « Arrête ! Arrête ! ça fait mal ! » Quand la patrouille arrive, le calme est revenu. Tout ce qu’on entend depuis le couloir, c’est le bruit d’une douche qui coule. Mais personne ne répond aux appels des policiers qui décident d’enfoncer la porte : ils aperçoivent une silhouette qui saute par la fenêtre. Et puis il y a Eva. Couchée sur le dos, en escarpins et bas résille, son cadavre supplicié. Le travesti a été égorgé avec une telle violence qu’il est presque décapité. Son corps n’est plus qu’une plaie : son meurtrier s’est acharné, lui infligeant des dizaines de coups de couteau. Le médecin légiste, à l’autopsie, en comptera plus de cent.

Pendant des heures, les techniciens de la police scientifique vont passer tout le studio au peigne fin, à la recherche d’indices pour confondre le coupable. Avec succès : les analyses des prélèvements vont permettre d’isoler l’ADN d’un homme, retrouvé mêlé au sang de la victime, ainsi que sur le pommeau de la douche. Comme si le tueur, après avoir commis ce massacre, avait pris soin de se laver. Parallèlement, l’enquête de voisinage ou dans l’entourage d’Eva ne donne rien : « Il faisait le tapin depuis vingt ans sans poser de souci », explique-t-on à la brigade des mœurs. Rien n’a été volé dans le studio, ce qui exclue la piste crapuleuse. Reste la piste d’un pervers ou d’un client peu observateur, furieux de découvrir, au dernier moment, qu’Eva était un homme.

Fichier national des empreintes génétiques

A la PJ de Montpellier, tous les espoirs reposent donc sur ce profil ADN du suspect, qui est intégré au fichier national des empreintes génétiques (FNAEG). Pendant près de cinq ans, ce fichier reste muet. Jusqu’à l’automne dernier, où les ordinateurs font un rapprochement entre ce profil et celui d’un homme placé en garde à vue. Il s’agit d’un Turc de 31 ans, qui vit lui aussi à Montpellier, visé par une procédure déclenchée après une plainte pour violences conjugales déposée par sa femme. Mais le temps que les expertises soient effectuées et que le fichier livre son verdict, il a déjà pris la poudre d’escampette. Interrogée, sa femme se souvient de ce soir d’été, quatre ans plus tôt, où il est rentré blessé à la main, tard dans la nuit. Et de cette histoire invraisemblable qu’il lui avait alors racontée, de ces deux hommes qui l’auraient séquestré dans un appartement. « Il m’avait dit qu’il avait dû en tuer un pour se libérer », précise-t-elle aux policiers.

Après avoir été traqué en Allemagne et en Turquie, c’est finalement en Belgique, fin avril, qu’il est repéré et arrêté à Anvers. La semaine dernière, il a été transféré devant un juge d’instruction de Montpellier, qui l’a mis en examen pour meurtre. Près de cinq ans après la mort de Roger, ce travesti qui voulait être Eva, mais que tout le monde appelait Le Bison…

Publié : en 2014

Par Pierre Kaya, correspondant France Soir à Montpellier

Source : Archive.FranceSoir.fr

§

2° Article : Montpellier : le « bison », un travesti, avait été tué de 80 coups de couteau

Montpellier : le "bison", un travesti, avait été tué de 80 coups de couteau
J.-M. M.

En plein centre de Montpellier (Hérault) où il faisait le trottoir, le quadragénaire a été retrouvé massacré à son domicile, le 25 août 2006, non loin du cours Gambetta.

Certains l’appelaient “Le Bison “, en rapport à sa carrure d’ex-pilier de rugby. Guy Labarrière, lui, avait choisi le pseudo d’Eva pour ses activités de travesti. Le 25 août 2006, non loin du cours Gambetta, en plein centre de Montpellier où il faisait le trottoir, le quadragénaire a été retrouvé massacré à son domicile : le médecin légiste a relevé sur le corps, simplement vêtu d’une paire d’escarpins et de bas résille, au moins 80 coups de couteau portés au visage (il a été égorgé) et à l’abdomen.

Un ADN suspect dans l’appartement d’Eva

À partir de ce jeudi 9 octobre, Hasan Demir, 35 ans, répond devant la cour d’assises de l’Hérault du meurtre de Guy Labarrière. Le procès intervient plus de huit ans après les faits parce que l’accusé a été pendant cinq ans en cavale. Le Turc, ancien champion d’haltérophilie, a été interpellé le 30 avril 2011 à Anvers grâce à la coopération entre les polices françaises et belges. Mais la brigade criminelle de la PJ le traquait depuis des mois. Au lendemain de la découverte du cadavre, les enquêteurs ont relevé un ADN suspect dans l’appartement d’Eva, mais ils n’avaient pas de nom correspondant. Jusqu’à ce qu’en septembre 2010, l’ex-compagne de Demir, jusqu’alors silencieuse en raison de la crainte de représailles contre sa famille en Turquie, se confie à un policier.

« Pourquoi un tel déchaînement de violence totalement gratuite ? »

Elle a raconté que son mari était rentré blessé à la main cette nuit du 25 août 2006 : il lui a affirmé avoir été agressé dans la rue et forcé à entrer dans un appartement où le travesti aurait voulu lui imposer des relations sexuelles. Craignant pour sa vie, il se serait défendu avec un couteau avant de s’enfuir. C’est en grande partie ce qu’il a répété après son interpellation. « Cet homme reconnaît les faits mais il a la conviction qu’il se trouvait dans une situation de risque vital confirment Me Abratkiewicz et Me Figueroa, les avocats du mis en cause. Sa version des faits apparaît crédible car rien dans sa personnalité ne peut expliquer un tel passage à l’acte, si ce n’est la peur de mourir ».

Mais pour l’accusation, le scénario livré par le trentenaire n’est pas le bon. Notamment parce que le voisinage direct a entendu à plusieurs reprises Guy Labarrière appeler au secours et demander à ce que la police soit appelée. « Et pourquoi s’est-il enfui s’il a failli être violé ? Non, la légitime défense est totalement invraisemblable tempête Me Rolfo, l’avocate des frères et sœurs de la victime. S’il a été agressé, et ça ne correspond pas du tout au profil de Mr Labarrière qui n’a jamais fait de mal à personne, il y avait forcément d’autres solutions que de donner cent coups de couteau ! Pourquoi un tel déchaînement de violence totalement gratuite ? Pourquoi égorger quelqu’un ? La famille attend une clarification ».

Publié par : Yanick Philipponat
Source : MidiLibre.fr

Talons Aiguilles de Pedro Almodovar

LetalTalonsAiguilles
Tacones lejanos, Película de Pedro Almódovar

Avec sa couleur rouge omniprésente, ce film transpire d’une passion presque suffocante. Puis il y aussi tous ces regards intenses et ces gros plans sur les acteurs qui achèvent de créer une ambiance des plus électrique, suggérant ainsi une multitude de sentiments refoulés.

Titre original / français / anglais Tacones lejanos / Talons Aiguilles / High Heels
Réalisation, scénario et production Pedro Almodóvar
Dirigé par / Musique de J. François FonluptRyuichi Sakamoto
Photographie / Montage / Décors
Acteurs et actrices principaux Victoria Abril / Marisa Paredes / Miguel Bosé /
Genre Mélodramatique et policier
Producteurs Agustin Almodóvar, el Deseo SA, Ciby 2000
Récompense César 1993 du meilleur film étranger

Ce film, sorti en Espagne Drapeau de l'Espagne le 23 octobre 1991 et en France Drapeau de la France le 15 janvier 1992, Talons Aiguilles appartient déjà au panthéon des films cultes du travestisme et a obtenu le prestigieux  César 1993 du meilleur film étranger.

Ici, nous ne parlerons pas de la merveilleuse actrice Victoria Abril (Rebeca), ni de Marisa Paredes (Becky del Paramo), d’autres l’ont fait avant nous et de belles façon, mais évoquerons ce qui est le sujet principal de notre blog Double Genre : le travesti, remarquablement interprété par Miguel Bosé (en V.F. avec la voix d’ Emmanuel Jacomy) qui est à la fois le méthodique juge Domínguez, l’indicateur de police Hugo et la sublime Letal, un travesti et transformiste qui rend hommage à son idole Becky del Paramo, en se produisant dans une boite de nuit madrilène.

Marisa Paredes, interprète Becky Del Paramo, célèbre chanteuse pop des années 60 qui se sachant atteinte d’une grave maladie de cœur, souhaite avant de mourir, rentrer à Madrid, sa ville natale et donner un concert d’adieu. Elle espère surtout se réconcilier avec sa fille Rebeca (Abril), négligée depuis sa plus tendre enfance et qu’elle retrouve mariée à Manuel, l’un de ses anciens amants, un égoïste et sans scrupule qui dirige une chaine de TV, trompe sa femme avec Isabel, l’une de ses présentatrices et lui propose de même de reprendre leur ancienne relation. Mais une nuit, Manuel est assassiné…

Bande originale de Talons Aiguilles : en V.O. c’est si bon 😉

Miguel Bosé, alias le juge Dominguez, se dit que tout cet imbroglio à de quoi donner des envies de meurtre ? Oui, mais à qui ? Becky, Isabel ou Rebeca … ? L’intrigue tourne autour de l’identité de l’assassin, traitée de manière tragicomique, entre le milieu de la Justice et du petit monde des travestis où Miguel Bosé, le travesti Letal, est à notre avis, l’acteur qui parvient le mieux à tirer son épingle du jeu, aidé il est vrai en cela, par son rôle plutôt ambivalent.

 » Au-delà de l’aspect mélo, sentimental et policier, Almodovar est et reste un provocateur. Depuis la fameuse motte de beurre dans Le Dernier Tango à Paris [film de Bernardo Bertolucci et Marlon Brando], on n’avait pas vu une scène d’amour aussi originale et suggestive. Rebecca accroché à une barre de traction pendant que Letal se livre à un cunnilingus ; il fallait y penser et savoir le filmer sans vulgarité et avec une pointe d’humour ! Émouvant sans tomber dans la mièvrerie, Talons Aiguilles est l’un des films les plus aboutis du réalisateur espagnol » – écrit Laurence Seguy.

La prestation de Hetal (Miguel Bosé) en imitatrice de la chanteuse Becky del Paramo est époustouflante. Hetal porte une perruque dont la hauteur compense bien celle de son visage et dont la couleur or/platine fait ressortir son teint. Son ample chemisier dans les tons de rouge, cache mieux ses larges épaules, sa courte jupe pailletée met en valeur de belles jambes gainées de nylon et ses hauts talons aiguilles parachèvent le personnage.

Dans la petite loge d’artiste de la boite de nuit, le travesti ne craint pas de révéler non seulement ses artifices à Rebeca (Victoria Abril) : corset, faux seins, coussinets … mais aussi la réalité de d’un désir purement masculin, pour cette vraie femme qui même si elle n’a pas fait « ça » depuis quatre mois, n’en boude pas pour autant son plaisir. Hétal met ainsi en évidence l’antinomie entre sa tricherie vestimentaire et la révélation d’autentiques sentiments par une vraie déclaration d’amour pour le moins originale … regardons plutôt cette scène plutôt torride :

La scène dans la loge de la boite de nuit

Tacones Lejanos, ce titre original en espagnol qui signifie « talons aiguilles » ou littéralement « talons éloignés », illustre bien le rapport d’éloignement de la mère (Becky) et de sa fille (Rebeca) et fait référence à cette scène où Rebeca raconte qu’enfant, elle entendait le bruit des pas de sa mère, quand celle dernière rentrait à la nuit : en fait le seul souvenir qu’elle avait gardé de sa mère. A l’instar du clin d’oeil que fait Almodovar dans ce film à celui du cinéaste Bergman, dans Sonate d’Automne, ces talons aiguilles n’en sont-ils pas aussi un autre à l’une des scènes du film plutôt fétichiste de Truffaut : « L’homme qui aimait les femmes » interprété par l’innoubliable Charles Denner ?

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Musique
: C’est le compositeur et acteur japonais Ryūichi Sakamoto qui a réalisé la bande originale du film à l’exception de deux  titres : Un Año De Amor, composé par Nino Ferrer ;

Mais c’est surtout le second, le nostalgique « Piensa en mí », chanson mexicaine de 1937, composée par Agustín Lara et interprétée par la merveilleuse voix de Luz Casal qui nous a séduit ainsi que de très nombreux spectateurs.

Piensa en mi de Luz Casal sur fond d’images du film :

Drapeau de l'Espagne
Si tienes un hondo penar, piensa en mí.
si tienes ganas de llorar, piensa en mí.
Ya ves que venero tu imagen divina,
tu párvula boca que siendo tan niña
me enseño a pecarPiensa en mí
cuando sufras, cuando llores
también piensa en mí,
cuando quieras quitarme la vida,
no la quiero para nada,
para nada me sirve sín tí.Piensa en mí
cuando sufras, cuando llores,
también piensa en mí, cuando quieras
quitarme la vida, no la quiero para nada,
para nada me sirve sin tí.

Drapeau de la France

Si tu as une profonde peine, pense à moi
Si tu as envie de pleurer, pense à moi
Tu vois que je vénère ton image divine
Ta petite bouche, qui, si enfantine
M’a appris à pécher
Pense à moi, quand tu souffriras
Quand tu pleureras, aussi, pense à moi
Quand tu voudras m’enlever la vie
Je n’en veux pas, à rien
A rien, elle ne me sert sans toi
Pense à moi, quand tu souffriras
Quand tu pleureras, aussi, pense à moi
Quand tu voudras m’enlever la vie
Je n’en veux pas, à rien.

§

Et pour nos amis espagnols, la version originale de la scène dans la loge de la boite de nuit, más emotiva 🙂

Lio de France / Double genre
qui vous remercie de laisser un commentaire 🙂

TECHNIQUE G+A

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Travesti, livre de David Dumortier

Livres : Travesti par DUMORTIER David

En se travestissant, David Dumortier a exploré la face cachée de centaines d’hommes. Que dit un homme quand il est nu ? Que dissimule-t-il derrière ses vêtements et ses autres masques ? Ce récit autobiographique nous invite à regarder en face notre humanité.

Résumé

David Dumortier est poète, mystique et travesti. Lyrique en diable et salope au lit, entre plume, téléphone et cierge à la Vierge, « Sophia » module sa vie entre sexe solidaire et suave sainteté, cache-sexe et scapulaire.

Tout commença violemment, un jour, à l’élevage familial. Le père pèse, cogne, voit son fils en charcutier puis finit par partir ; la mère souffre, maltraitée puis délaissée. L’enfant, lui, se pare parmi les porcs et s’empare en rêve du corps des journaliers qui travaillent à la ferme. Interne au lycée, un temps serveur, il gagne Paris …

…où il s’épanouit enfin dans l’art du travestisme. «Tout (son) corps appelle les hommes », un art que David reçoit de Michel que le HIV emportera, un art de fard et d’amour qu’il exerce au contact de corps intenses, ceux de Mourad, Ali, Adib, Karim. Livreur enamouré, conditionnel à la lourde hallebarde, étudiants, chauffeurs de bus, vigiles, ouvriers sans papiers, Français, Africains, Syriens. Valse de noms, ronde musclée pour passants violents ou attendris.

Mais paradoxalement dans la plus totale liberté : « Je ne veux pas de propriétaire… je suis la poussière de la tourbe, un buisson qui s’habille d’un paquet d’air. » Par instants, l’aventure s’épice de drôlerie : David se fait écrivain public pour les amoureux de la Saint- Valentin, critique littéraire émirati, conférencier scolaire. D’avoir reçu en bouche tant de passants, langue affûtée et palais de soie, d’avoir tant prié au nom du Fils et parlé au bout du fil, d’« être allé à la déchéance », que reste-t-il à l’auteur de Travesti : la certitude extatique que « le sexe d’un pauvre est sacré » et que « si vous désirez vous venger du mal que l’on a pu vous faire, prostituez-vous ». Dont acte.

Par Jean-Pascal Dubost, Poezibao, 27 février 2012

Écouter David Dumortier sur France Inter

CLIQUER ICI (jusqu’en juillet 2016)

Presse

Rencontre poétique à Tramayes Le JSL

Le poète « sulfureux » David Dumortier face aux enfants Le Berry Républicain

Ce n’est pas un livre anodin, ni son sujet, ni la tendresse ou les longs cris qui le traversent ne le sont. On en sort un peu abasourdi, pas honteux comme le bourgeois qu’un mot de travers effraie, mais assez bouleversé pour ce qu’il fait toucher du doigt : la proximité des corps et leurs entremêlements même, surtout dans la confusion des genres, révèlent beaucoup de ce qui fait l’être humain.
Amélie Bruneau, Parutions.com, 16 avril 2012


Mondes Interlopes

Travesti, récit autobiographique d’une étonnante liberté, drôle, féroce, subtilement salace, parfois touchant  (…) Il tire de siinguliers portraits, entre tendresse et noirceur, d’une plume toujours allègre.
Jean-Marie Gavalda, Midi-Libre, 6 avril 2012

Coup de cœur de Raphaël Sorin pour le récit Travesti de David Dumortier
Émission La Dispute, France Culture, 6 avril 2012, à partir de la 56e minute (de 21h à 22h)

Les âmes sensibles ne trouveront dans ce récit signé David Dumortier qu’un ingrédient, le seul digne d’exister en littérature pour Julien Green: l’intolérable vérité « Travesti » s’impose avec éclat contre ceux qui pensent qu’il existe de bons et de mauvais sujets en littérature. Le jour, David est poète et auteur de livres pour la jeunesse. La nuit, il enfile ses résilles et ses bottines en cuir pour, hop !, devenir Sophia. De poète à pute, il n’y a qu’un pas, celui que passent Fouad, Rachid, Thierry et les autres chaque nuit, pour se « vider les couilles ». Avec un sujet on ne peut plus racoleur, David Dumortier invente un beau livre bizarre où s’entremêlent les descriptions ardentes de passes – entre les «tricks» de Renaud Camus et les meilleures pages de Guibert – et la peinture saisissante d’une enfance campagnarde. S’ils dévorent les cadavres d’enfants non désirés, les porcs se révèlent plus sains que le père de l’auteur, en guerre immémoriale contre la féminité précoce de son fils. Quelque part, la nature est bien faite. Et la littérature aussi, lorsque les putains s’en chargent.
Arthur Dreyfus, Technikart, Avril 2012

Le Travesti vous regarde.  Travesti est de ces textes que l’on attend pas et que l’on se prend en plein figure. Dans une langue qui fait souvent du bien et dit beaucoup de mal, David Dumortier, poète dans le civil, habitué des salles de classe grâce à ses publications jeunesse, dévoile, en une confession tour à tour rageuse et bouleversante, sa vie de travesti.
Librairie Les Cordeliers, 03-04-2012

Ce livre courageusement autobiographique raconte la vie d’un homme mal aimé dans son enfance campagnarde et rude, devenu poète et écrivain le jour, travesti la nuit (…) De mots crus en images hard, du cynisme le plus abrupt aux vacheries les plus cinglantes, le narrateur ne recule devant aucune vérité, aucune dureté, aucune noirceur. Mais ne dévie jamais de son extraordianire talent, mélange détonnant de rigueur, de poésie et d’une certaine forme de mysticisme.

Gilles Chenaille, Marie-Claire, avril 2012

Un récit brut et autobiographique, sans fard, sans travestissement, justement (cela soutenu par l’image de couverture d’une carte à jouer, la reine de cœur Sophia, le roi de pique David). Le récit alterne trois personnalités du narrateur, l’enfant, qui reconsidère en adulte des instants d’enfance, l’écrivain de jour, qui se raconte lors des tournées où il fait l’écrivain dans les écoles, Sophia, qui goûte le plaisir de se raconter et, dévoiler. Je l’ai dit, et réaffirme, ce récit, cru dans son dire, ne cherche pas la provocation salace facile en vogue (…) il cherche à faire preuve de sincérité semi-autobiographique (car rien ne dit que le travestissement n’est pas narratif, non plus), il se joue de la double personnalité du narrateur-narratrice, il livre le témoignage d’un réceptacle du désarroi humain, pas le sien, mais celui des clients. L’auteur, en poète, joue dans ce texte sur la question du « je est un autre »

Actualités

David Dumortier invité de Charles Dantzig sur France Culture
Pour écouter David Dumortier, auteur de Travesti, invité de Charles Dantzig dans « Secret Professionnel » sur France Culture, dimanche 18 novembre 2012 , cliquez ICI

SOURCE : LeDilettante.com

Genre : Récit(s)
ISBN : 978-2-84263-700-2
Date de parution : 07/03/2012
Nombre de pages : 256
Couverture : Le Dilettante
Prix : 17,00 €
Exemplaire du tirage de tête : 68,00 €

–  Pour obtenir le tirage de tête

Plus d’informations

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Auteur

DUMORTIER David

DUMORTIER David
© le dilettante

Biographie

David Dumortier est né en 1967. Arabisant, diplômé de l’Inalco
(Institut national des langues et civilisations orientales), a séjourné au Proche-Orient. Vit à Paris.
Nombreuses publications : poésie, jeunesse, récits.

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Bibliographie

Travesti, 07/03/2012.

Chez d’autres éditeurs :

Poésie
Au milieu d’Amman, éd. Al-Manar, 2008
Lettres à un homme noir qui dort, éd. L’Atelier du Colophon, 2007
Croquis de métro, éd. Le Temps des cerises, 2005
Une femme de ferme, éd. Cheyne, 2004

Jeunesse
Des oranges pour ma mère, éd. Cheyne, 2012
20 poèmes au nez pointu, éd. Sarbacane, 2012
Les bateaux qui parlent, éd. Cheyne, 2010
Ma famille nombreuse 76 poèmes et un éléphant, éd. Rue du monde, 2009
Cligne-musette, éd. Cheyne, 2008
Yi et Yo, éd. Møtus, 2008
Mehdi met du rouge à lèvres, éd. Cheyne, 2006
Ces gens qui sont des arbres, éd. Cheyne, 2003
La Clarisse, éd. Cheyne, 2000

Récit
La Pioche de Salah, éd. Paris-Méditerranée, 2001

 

Travestis et transgenres, sites Internet


TahitiTrans2

ANGLAIS

TsRoadMap, site très complet, dans la langue de Shakespeare

BELGE

InfoTransgenre, site issu de Transgender Infopunt Identité – soins + vie quotidienne

FRANÇAIS

Agora, forum de convivialité pour ceux qui vivent leur féminité

DoubleGenre, blog des Transgenres et des Travestis qui ont ici leurs Lettres de Noblesses

EsterMarie, blog regroupe un nombre important de blogs transgenre

HommeFleur.net – site avec galerie + infos + photos + tchat

HommeFleur.fr (ce n’est pas le même site)

I-trans.net et son Forum + Le Petit Chat de Nad  (Tchat entre trans, travs…)

TXY, blog incontournable du Net

XXY, site + forum de la communauté d’un autre genre

HOLLANDAIS

Estermarie.free, blog offrant une grande liste de liens internationaux.

MEXIQUAINS

CrossMe : site de belles photos de travestis

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Responsables de blogs, sites, éditeurs, webmestres, internautes …etc, envoyez-nous vos coordonnées pour compléter ce début de liste.

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Le travesti dans le théâtre du XIXe siècle

 TeatreXIXs

Le travesti dans le théâtre du XIXe siècle : une distribution à contre-genre ?

Résumé

Quelques unes des actrices les plus célèbres du XIXe siècle ont laissé à la postérité le souvenir de leurs rôles travestis. C’est notamment le cas de Virginie Déjazet – au point que le déjazet est rapidement devenu synonyme de rôle travesti – ou encore de Sarah Bernhardt. Le travesti est alors un spectacle commun sur les scènes académiques françaises – tandis que certains rôles sont écrits pour être joués en travesti, de grandes actrices s’emparent de rôles masculins pour confronter leur génie à d’autres types de personnages. Cependant, l’aisance avec laquelle les travestis arpentent les scènes semble paradoxale dans un siècle où la distribution, régie par des règles strictes, se fonde essentiellement sur la vraisemblance. Certains auteurs choisissent au cours du siècle de proposer des distributions dites à « contre-emploi », allant ainsi à l’encontre des règles de la vraisemblance mais aussi de la tradition d’interprétation du rôle. Le « contre-emploi » est alors un outil de subversion des normes qui régissent l’économie de la distribution. Peut-on considérer le travesti comme une sous-catégorie du contre-emploi, une sorte de distribution à « contre-genre » qui ne remettrait pas seulement en question l’emploi traditionnel du personnage et de l’acteur, mais aussi son genre ? Dans quelle mesure l’utilisation du travesti est-il un choix de distribution subversif pour l’époque ?

Abstract

Some of the most famous actresses of the 19th century have gone down in history due to their cross-dressing. This is the case with Virginie Déjazet – déjazet has become a synonymous with cross-dressing in the theatre – as well as Sarah Bernhardt. Cross-dressing is extremely common on the French academic stage – some roles are written to be played by a cross-dresser but several great actresses, in pursuit of acting challenges, have also played male roles. Nevertheless, the ease cross-dressers on the stage appears paradoxical in a century when casting, governed by strict rules, is essentially based on credibility. During the 19th century some authors chose to put forward a certain kind of casting known as “contre-emploi”, thus going against rules of plausibility and the traditional interpretation of these roles. The “contre-emploi” became a subversive tool to undermine the economy of casting norms. Can we consider cross-dressing as a sub-category of “contre-emploi”, a kind of “counter-gender” casting which would not only question the traditional “emploi” of the character and actor, but also his gender? How subversive is the choice of casting a cross-dressser in this era ?

1 Avant le XIXe siècle, le travesti féminin n’avait jamais été aussi populaire. Certaines actrices comme Mlle Dancourt au XVIIe siècle et Mlle Dangeville au XVIIIe s’étaient déjà rendues célèbres dans les rôles travestis, mais c’est bien à Virginie Déjazet que le travesti féminin au théâtre doit ses lettres de noblesse. C’est ce que nomme sans détour la notice qui lui est consacrée dans Le Panthéon des comédiens.

A Virginie Déjazet revenait la gloire d’édifier, sur des bases solides, « la Femme-homme ». Avant elle, on n’avait recours que très peu souvent aux grâces féminines pour mettre à la scène un tout jeune garçon dans le genre de Chérubin, ou du Duc d’York dans Les Enfants d’Edouard. Déjazet érigea en principe l’art de reproduire la jeunesse de tous les héros d’amour, de gloire ou de piquantes aventures. Elle fut successivement Richelieu et Lauzun, Bonaparte et Voltaire, Conti et Gentil-Bernard, Vert-Vert et Létorières, Lulli et le sergent Frédéric, Figaro et Garat.1

2C’est en travesti que Virginie Déjazet lance sa carrière. En 1821, elle rentre au théâtre du Gymnase et connait un énorme succès dans un rôle de jeune premier. Puis elle joue Léon, un jeune lycéen dans La Petite Sœur, et le rôle d’Octave, dans Le Mariage enfantin. Même après avoir laissé sa jeunesse derrière elle, elle s’illustre encore en jouant des personnages masculins, et elle interprète brillamment le rôle d’un chanteur dans Monsieur Garat de Victorien Sardou. Elle est alors âgée de soixante-deux ans. Sa notoriété et la gloire dont elle embellit ces rôles lui permettent alors de donner son nom aux rôles travestis qui sont ainsi nommés les « déjazets ».

3C’est bien dans la lignée initiée par Déjazet que se situe Sarah Bernhardt dont les rôles travestis qu’elle interprète dans la seconde moitié du siècle fondent la renommée. C’est dans le rôle de Zanetto, jeune chanteur florentin qu’elle se fait connaître en 1869 dans Le Passant de François Coppée.  En 1873 elle évince l’actrice interprétant Suzanne avec son Chérubin dans le Mariage de Figaro. Comme pour Déjazet, l’âge ne l’arrête pas, et c’est à cinquante-six ans qu’elle interprète le rôle d’Hamlet, qui marque encore les mémoires.

4Si la popularité du travesti féminin sur les scènes théâtrales est indéniable, elle peut cependant étonner, autant du point de vue des mœurs sociales que des normes propres à l’économie des théâtres. En effet, c’est au XIXe siècle que la différenciation entre costumes masculins et costumes féminins devient la plus marquée dans l’histoire de la mode, et un arrêté napoléonien interdit même aux femmes de « porter la culotte ». Dès lors, comment tolérer le pouvoir subversif d’une femme qui s’exhibe habillée en homme publiquement, sur une scène de théâtre ? L’aisance avec laquelle les travestis arpentent les scènes semble également paradoxale dans un siècle où la distribution, régie par des règles strictes, se fonde essentiellement sur la vraisemblance.

Emploi, contre-emploi, contre-genre

5Dans le dictionnaire de théâtre qu’il rédige à la fin du XIXe siècle, Arthur Pougin définit l’emploi en ces termes :

On appelle emploi  toute une catégorie de rôles se rattachant à un genre spécial, et exigeant, du point de vue de la voix, du physique, du jeu scénique, certaines aptitudes, certaines facultés qui sont le propre de tel ou tel individu et qui le rendent particulièrement apte à remplir cet emploi. De même qu’un vieillard ne saurait jouer les amoureuses et qu’une jeune fille ne saurait jouer les pères nobles, de même certains acteurs, nés pour le genre comique, seraient dans l’impossibilité de remplir un rôle sérieux et vice versa. Il a donc bien fallu, pour établir avec autant de précision qu’il est possible de le faire en pareille matière, la part de chacun, former des séries de rôles analogues et constituer ce qu’on appelle des emplois.2

6Ce système fonctionne alors à double sens : il permet de classer les acteurs en fonction de leurs caractéristiques physiques, sexuelles, vocales et du genre dramatique (comédie, tragédie, mélodrame etc.) dans lequel ils excellent pour leur associer une catégorie de rôles regroupés en fonction de la qualité des personnages. Pougin est clair : ces associations relèvent de la nécessité : les acteurs seraient incapables de jouer correctement d’autres rôles que ceux correspondant à l’emploi dans lequel ils s’inscrivent.

7L’emploi ne répond pas seulement à un impératif de vraisemblance, il met également en évidence le poids de la tradition dans l’interprétation des personnages : si l’on peut faire correspondre le physique d’un acteur au physique d’un personnage, c’est que celui-ci est déjà plus ou moins défini par une lecture normative conservée à chaque reprise du rôle. De la même manière que l’interprétation des personnages reste conventionnelle, le système de distribution l’est lui aussi. L’identification physique entre le personnage et son interprète tolère alors certains écarts à la vraisemblance : l’écart d’âge entre le personnage et son interprète fait partie des écarts acceptés par convention et fréquemment constaté dans la distribution, notamment pour les grands acteurs. Sarah Bernhardt a par exemple  joué des rôles de jeune première jusqu’à un âge avancé.

8Le contre emploi est alors un choix de distribution qui travaille sur des écarts non conventionnels. C’est à l’époque romantique qu’apparaissent les premières distributions à contre-emploi : le mélange des genres et des registres revendiqué dans la poétique du drame romantique résonne dans la distribution. Ainsi, lorsque Victor Hugo monte Ruy Blas au Théâtre de la Renaissance en 1838,  il confie à Frédérick Lemaître, connu pour son succès dans le mélodrame, le rôle titre. Ce personnage, amoureux de la reine, porteur du lyrisme et des valeurs politiques du romantisme, n’est alors pas incarné par un jeune premier,mais par un comédien de 38 ans aux allures de voyou. En effet, Frédérick Lemaître est alors connu pour son interprétation du rôle de Robert Macaire, bandit cynique qui bouleverse les valeurs en place et se donne des airs seigneuriaux malgré sa piètre condition. Ce rôle ayant marqué les esprits, le ton séditieux de Robert Macaire sédimente le rôle dont Frédérick Lemaître s’empare pour mélanger les registres et rendre le rôle de Ruy Blas plus équivoque. Le rôle titre acquiert des accents comiques et certains choix du héros sont alors éclairés sous un jour nouveau : la décision de participer au plan de Don Salluste par exemple serait peut-être une machination du valet plutôt que de la simple naïveté.

9Repartant de cet exemple, la notion de contre-emploi trouve une définition plus claire. Tout d’abord, le contre-emploi n’est pas une distribution aléatoire, créant des effets d’écart inattendus qui brouilleraient totalement les repères du spectateur. Il s’agit au contraire d’un choix de distribution signifiant, supposé éclairer un rôle sous un jour nouveau. L’écart que creuse le contre-emploi est celui du registre et du genre (au sens littéraire du terme –  genre comique, tragique, sérieux etc.). La distribution fait jouer les réflexes interprétatifs du spectateur qui reçoit le rôle à l’aune de l’emploi traditionnellement associé à l’interprète du rôle distribué à contre-emploi et se fait signifiante par l’angle neuf depuis lequel elle permet d’envisager le personnage.

10D’après la définition qu’en donne Arthur Pougin, le registre et le genre ne sont pas les seuls éléments de définition de l’emploi qui excluraient tout écart dans le système de distribution. Il semble également que la coïncidence entre le genre du personnage (au sens de gender) et celui de l’acteur relève également de la nécessité. En effet, l’emploi mobilise et conforte le genre. Lorsqu’Arthur Pougin affirme « qu’une jeune fille ne saurait jouer les pères nobles », ce n’est pas l’écart entre le sexe de l’acteur et celui du personnage qui constitue le cœur du problème mais l’écart entre leur genre respectif. Les représentations du corps que l’on peut associer au père noble sont celle de la virilité attendue d’un homme dont l’assise sociale repose à la fois sur ses biens et sur son statut familial – une fois père, sa fortune et son rang peuvent devenir patrimoine. Dès lors, sa virilité n’est pas militaire mais plutôt de celles nourries par la supériorité sociale et l’aisance qu’elle lui confère. Tout le contraire d’une jeune fille, sans biens propres et réputée naïve.

11Si l’emploi ne tolère aucun écart dans le rapport entre le genre du personnage et celui de l’interprète, la présence du travesti3 sur les scènes académiques pose alors question. Dans la dramaturgie contemporaine, le travestissement connait souvent un usage subversif, visant à brouiller les normes de genres ou à les déconstruire. Or, le « rôle travesti » compte parmi les emplois traditionnels, laissant ainsi entendre que le travesti ne remet pas en question le genre de ces personnages. Suffit-il que le sexe de l’acteur soit différent de celui du personnage pour sortir de la tradition d’interprétation du rôle ? Il faut alors distinguer distribution à contre-genre et distribution à contre-sexe – tandis que le contre-sexe ferait parti des écarts acceptables par convention, une distribution à contre-genre quant à elle, impliquerait que le genre de l’acteur influence la réception du genre du personnage. Savoir si le « rôle travesti » s’effectue à contre-genre nécessite alors au préalable de questionner le genre des personnages regroupés dans cette catégorie.

Genre et rôle travesti

Ce sont des rôles qui représentent des personnages d’hommes joués par des femmes, ou des personnages de femmes joués par des hommes. Dans le premier cas, il arrive qu’un auteur ayant à mettre en scène un adolescent, presque un enfant, le fait jouer par une femme pour lui donner plus de grâce et de naturel. C’est ce que fit Beaumarchais pour le Chérubin du Mariage de Figaro, qui rentre dans l’emploi des ingénuités ; ou bien on fait jouer à une femme un rôle tout spécial d’amoureux passionné, pour sauver ce que certaines situations pourraient présenter d’un peu excessif et d’un peu dangereux à la scène : c’est ainsi que l’on a pris l’habitude de confier à une femme le rôle d’Amour dans Psyché, bien que ce rôle ait été établi d’origine par Baron.4

12C’est ainsi qu’Arthur Pougin définit les « rôles travestis ». Selon ces termes, seuls certains types de rôles sont réservés au travesti féminin dans le système des emplois – les adolescents et les amoureux. Les critères de classement de ces deux types de rôles sont très différents : dans un cas, la prérogative est donnée à l’âge ; dans l’autre, c’est l’excès d’un caractère psychologique à l’intérieur de l’intrigue.

13Il s’avère cependant que l’opposition entre l’amoureux passionné et l’adolescent dans les pièces qui présentent des rôles travestis n’est pas si tranchée que ce qu’en dit Pougin.

14L’étude des rôles travestis dans les deux pièces qui servent d’exemple à Pougin5,  auxquels on peut ajouter Le Passant de François Coppé6, dialogue lyrique entre Zanetto, jeune troubadour florentin joué en travesti et Silvia – permet de dévoiler la perméabilité des catégories élaborées par Pougin. Ces trois pièces ont toutes été écrites dans des siècles différents, par des auteurs différents et ces rôles n’ont pas tous été écrits en vue d’être interprétés en travesti : la catégorie des rôles travestis a donc bien été établie a posteriori, selon les règles de distribution propres au XIXe siècle.

15Les personnages qui entrent dans l’emploi du travesti féminin présentent en effet un certain nombre de caractéristiques communes. Ce sont tous de jeunes hommes, à l’âge généralement assez indéterminé. Zanetto a seize ans, il le dit lui-même, mais l’âge de Chérubin ou d’Amour est beaucoup plus difficile à définir. Ils sont souvent présentés comme des enfantspar les personnages qui les entourent. Suzanne comme Sylvia parlent respectivement de Chérubin et de Zanetto comme des êtres juvéniles7. En cela, leur attitude envers eux est presque maternelle et elles pardonnent leur tempérament passionné qu’elles attribuent à la fougue immodérée et déraisonnable de la jeunesse. Cependant, on insiste dans l’écriture du rôle sur l’aspect juvénile de ces personnages qui sont certes des enfants, mais à une étape transitionnelle de la vie, entre enfance et âge adulte. Le trouble quant à leur âge est souvent très marqué. La description que donne Beaumarchais de l’évolution du costume de Chérubin en est une des manifestations :

Son riche vêtement, aux premier et second actes, est celui d’un page de cour espagnol, blanc et brodé d’argent ; le léger manteau bleu sur l’épaule, et un chapeau chargé de plumes. Au quatrième acte, il a le corset, la jupe et la toque des paysannes qui l’amènent. Au cinquième acte, un habit uniforme d’officier, une cocarde et une épée.8

16Le passage du costume blanc de page à celui d’officier muni d’une épée marque la sortie de l’enfant et l’entrée dans le monde viril des hommes, et a fortiori, du soldat. De même, dans la mythologie, Amour reste avant tout fils de ; le lien filial se voit d’ailleurs renforcé par la soumission d’Amour aux ordres de sa mère qui fait de sa progéniture l’instrument de ses manigances. Dans l’écriture du personnage, Molière met clairement en évidence la dimension émancipatrice de l’enlèvement de Psyché :

Il est temps de sortir de cette longue enfance

qui fatigue ma patience,

Il est temps désormais que je devienne grand9

17Ainsi ces personnages, ni tout à fait des enfants, ni tout à fait des adultes, présentent des caractères propres aux deux âges de la vie. Ils ont souvent le tempérament passionné et impétueux de la jeunesse sans tomber définitivement dans le caprice, et savent se montrer responsables lorsqu’il le faut. L’hybridité de ces personnages crée chez eux une ambiguïté quant à leur maturité sexuelle. Les femmes qui les entourent rappellent sans cesse l’ingénuité de leur état enfantin, mais ces jeunes garçons sont perçus comme une menace par les hommes. Le cas de Chérubin est en ce sens assez révélateur de l’ambiguïté créée par l’incertitude de son âge. Le Comte Almaviva le considère dès le premier acte comme un potentiel rival et l’exile du château tandis que les femmes s’offusquent de cette décision, regrettent son départ comme l’on regrette l’enfant qui quitte le premier le foyer familial. Cette attitude quasi maternelle vis-à-vis de Chérubin n’empêche pas une relation sensuelle entre Chérubin et Suzanne ou Chérubin et la Comtesse, notamment autour de l’affaire du ruban dérobé. L’équivocité planant autour du personnage de Chérubin quant à sa maturité sexuelle est redoublée par la construction dramatique de la pièce qui place à plusieurs reprises Chérubin et le Comte dans des situations similaires ou inverses. Chérubin se cache à l’acte I (scène 8) derrière un fauteuil, place habituellement dédiée à l’amant que l’on dissimule, et il sera remplacé une scène plus tard par le Comte qui se jette derrière le même fauteuil. Chérubin change alors de place et quitte l’arrière du fauteuil pour aller se blottir dessus, caché par un pan de tissu. A la scène 9, le Comte et Chérubin sont donc cachés tous les deux, de part et d’autre d’un fauteuil, tous deux à la place de l’amant, scéniquement disposés comme de potentiels rivaux. Le même type de situation se reproduit tout au long de la pièce jusqu’à l’acte V où il retrouve la Comtesse, déguisée en Suzanne, derrière un bosquet à l’endroit où le Comte, qui observe l’échange, devait retrouver Suzanne. Ce parallèle avec le Comte dans les situations scéniques donne à Chérubin certaines caractéristiques viriles. Le personnage de Chérubin, comme ceux de Zanetto et Amour, sont des figures sans âge, à la fois sexuées et asexuées, enfantines et adultes, mais aussi masculines et féminines.

18La distinction que pose Pougin entre deux types de rôle correspond moins, en définitive, à deux types distincts de personnages qu’à deux facettes d’une même figure. En effet, les personnages interprétés en travesti sont tout à la fois des enfants et des amoureux passionnés, des figures juvéniles pourtant porteurs d’une passion effrénée, voire excessive – et sexuée. Or, l’idée d’une sexualité enfantine est, dans la seconde moitié du XIXe siècle, encore loin des esprits. Dans l’ère pré-freudienne, l’enfant a conservé l’innocence qui lui avait été conféré au XVIIe siècle : l’enfant doit être protégé de la sexualité et rester une figure pure et virginale. On pourrait alors s’étonner de voir Chérubin ou Zanetto considérés comme des enfants. Cependant, la classe de l’enfance était bien moins clairement définie qu’elle ne l’est aujourd’hui. D’après Philippe Ariès, un trouble persiste à l’époque entre « enfance et adolescence d’une part, et cette catégorie qu’on appelait jeunesse »10. Le trouble vient de la difficulté à établir une limite d’âge précise entre ces deux moments de la vie, la puberté n’étant pas encore un critère déterminant. La définition de l’enfance donnée par le Littré montre bien l’imprécision de cette période de la vie, puisqu’elle énonce que l’enfance peut être étendue jusqu’à treize ou quatorze ans. C’est alors plutôt pendant la jeunesse, dont l’icône est le conscrit, que s’affirme la virilité du jeune homme. Le personnage de Chérubin, qui parait à la fin de la pièce en costume d’officier, se situe alors justement à cette époque de la vie qui est l’intermède entre enfance et jeunesse. Ariès affirme d’ailleurs qu’ « avec Chérubin domine l’ambiguïté de la puberté, et l’accent est mis sur le côté efféminé d’un jeune garçon qui sort de l’enfance »11. Quant au rôle d’Amour, l’androgynie et le trouble dans l’identité sexuelle du personnage tiennent à la représentation canonique du personnage mythologique Amour ou Eros qui, souvent dépeint avec des ailes blanches, se rapproche de la représentation de l’ange. Le corps de l’ange est bien souvent représenté comme celui d’un jeune homme efféminé, au sortir de l’enfance. Nu, il ne présente aucune caractéristique virile, son visage est rond et ses joues rosées. Le tableau de François-Edouard Picot L’Amour et Psyché, peint en 1817 nous confirme cette association d’Amour et de l’ange. Il peint un Amour chaste, presque dos à une Psyché allongée et alanguie, les bras d’Amour tendus vers le ciel dans un geste de fuite tandis qu’il jette un dernier regard au corps sensuel de son aimée endormie. L’accent est alors mis sur l’innocence d’Amour comme figure de chaste amoureux plutôt que sur sa beauté virile.

19Les âges de l’enfance et de l’adolescence sont non seulement difficiles à distinguer, mais  leur délimitation tient en grande partie à l’importance accordée à chaque âge de la vie selon l’époque. Comme le fait remarquer Philippe Ariès : « Tout se passe comme si, à chaque époque, correspondait un âge privilégié et une périodisation particulière de la vie humaine : la « jeunesse » est l’âge privilégié du XVII e siècle, l’enfance, du XIX e , l’adolescence, du XX e . » 12 Dans un siècle qui place l’enfance au premier plan s’éclaire la volonté de faire de ces personnages des figures plus puériles que viriles.

Les rôles travestis : l’adéquation par la différence

20Le choix du travesti pour interpréter ces rôles met au jour le fait que la vraisemblance dans la distribution n’est pas naturalisante. Le travesti tient bien, en partie, à une volonté de vraisemblance : les actrices étaient recrutées plus jeunes que les hommes. Les plus frêles d’entre elles se voyaient toutes désignées pour jouer un rôle travesti : leur silhouette – jugée androgyne pour l’époque, leur permettait de tromper sur leur sexe tandis que leurs visage ronds et imberbes tout comme la tessiture de leur voix étaient tout indiqués pour un rôle d’enfant.

21Cependant, le travesti se voit également justifié par des arguments dramaturgiques appuyés sur la question du genre : les rôles travestis regroupent des personnages au genre trouble – à la fois masculins et féminins –  et pour lesquels la bienséance ne tolèrerait pas qu’ils soient sexualisés. Dès lors, c’est bien à une femme que l’on confie le rôle, non pas pour accentuer la féminité des personnages mais pour neutraliser la sexualité de ces personnages. Au XIXe siècle, comme le montre Alain Corbin, le corps le plus sexualisé n’est pas le corps de la femme.

 Si la femme est de nos jours le corps considéré comme érotique, la société phallocratique du XIXème érige le corps masculin comme le corps sexualisé parexcellence. La sexualité masculine est affirmée dans un paradigme de puissance. De même que l’homme se projette, projette son action et impose sa marque dans le temps et dans l’espace, le sexe masculin est aussi l’organe projeté au devant du corps. Dès lors, c’est l’homme qui, par la projection constante et affirmée de sa sexualité, est le sexe le plus sexualisé. La femme, au contraire, est certes un objet de désir, mais un objet désirant. L’homme se représente la femme comme en éternelle attente de l’organe masculin supposé la posséder et la combler entièrement. La femme, passive et en attente, se transforme dans le regard de l’homme comme un objet de chair à posséder. Le corps masculin en lui-même n’est pas érotique, si ce n’est le pénis qui est élevé comme l’objet unique de désir de la femme, ce qui fait de l’homme l’être le plus sexualisé en opposition avec le sentimentalisme platonique féminin.13

22Malgré la distinction des sexes, le rôle travesti joue bien sur la collusion des genres. Le choix d’une distribution en travesti prend en compte non seulement la vraisemblance physique et vocale mais aussi les représentations sociales de la femme et de l’enfant. Plus que les représentations, la distribution en travesti pour ces rôles fait également coïncider les rôles sociaux. L’appellation d’enfant est en effet utilisée pour qualifier un statut de dépendance sociale sans distinction d’âge. Dès lors, la femme, et notamment la femme bourgeoise à qui s’adresse ce théâtre, déresponsabilisée, dépendante financièrement de son père puis de son mari, est également cet enfant dépendant, passif et à éduquer.

23Travestissement et contre-genre ne sont pas synonymes. En effet, le travestissement n’est in fine qu’une pratique scénique – le fait de jouer dans le costume de l’autre sexe. Ce sont les contextes d’utilisation et les effets de juxtaposition ou d’écart qui lient inexorablement travestissement et contre-genre. Dans les rails posés par le théâtre académique au XIXe, il s’agit plutôt de chercher dans les rôles travestis les points de rapprochement entre ces rôles et le vivier d’acteur que fournit le Conservatoire.

Constellation des travestis

24Il faut néanmoins préciser que ce qui est vrai pour les rôles travestis n’est pas vrai pour toutes les occurrences du travestissement féminin dans le théâtre académique. En effet, le travestissement de Sarah Bernhardt jouant Hamlet, Lorenzaccio ou l’Aiglon ne recoupe pas entièrement cette analyse.

25Arthur Pougin évoque dans l’article sur les rôles travestis la multiplication de ce type de rôle dans le répertoire consécutive au succès de Virginie Déjazet en costume d’homme. Les rôles qu’endosse Virginie Déjazet, qui est notamment connue pour son personnage de Napoléon, ne semblent pas correspondre aux critères rassemblant les rôles travestis. L’évocation de Virginie Déjazet arrive en effet comme une digression dans l’entreprise de catégorisation de l’auteur du dictionnaire. Dans un article sur le travesti en scène, Jean-Marc Leveratto démontre que son travesti était moins apprécié pour la qualité du rôle que pour la dimension spectaculaire du travesti qui devient un show érotique14. L’actrice y dévoile ses jambes moulées dans les collants du costume masculin, alors que la mode et les mœurs de l’époque lui imposent normalement de les cacher sous de très longues robes. L’érotisation de l’acteur n’est pas un dommage collatéral au travestissement, il est recherché par l’actrice qui l’encourage dans des postures et œillades équivoques. Pour ce type de travesti, la notion de contre-genre ne s’applique pas : le travesti est ici simplement au service de l’érotisation du corps de l’actrice en scène.

26 A contrario, les rôles masculins dans lesquels s’est illustrée Sarah Bernhardt mobilisent la notion. Hamlet et Lorenzaccio sont des rôles masculins du répertoire, même si la pièce de Musset n’a pas été représentée avant que Sarah Bernhardt ne s’empare du rôle titre. L’Aiglon est certes écrit par Edmond Rostand en vue d’être interprété par l’actrice, mais il est repris par la suite par des hommes, notamment par Édouard de Max à la fin du siècle. Ces trois rôles ne correspondent pas aux critères de définition de Pougin : il ne s’agit ni d’enfants ni d’amoureux passionnés. Il s’agit de rôles titres : l’emploi traditionnel aurait voulu qu’ils soient interprétés par un jeune premier ou par une des vedettes du genre tragique. Si Sarah Bernhardt s’empare de ces rôles, ce n’est pas pour démontrer que son talent lui permet d’abolir les limites de l’emploi. Sarah Bernhardt tient d’ailleurs un discours plutôt conservateur à ce sujet et persiste, à l’aube du XXe siècle, à soutenir l’emploi. Dès lors, c’est sur un argument dramaturgique qu’elle justifie le choix d’interpréter ces personnages, et un argument a fortiori lié au genre. Pour l’actrice, ces trois personnages sont bien des hommes, mais dévirilisés, des hommes « au corps débile »15, dont l’âme enflammée a brûlé le corps. L’interprétation de ces personnages nécessite pour l’actrice de construire la masculinité du personnage, mettant ainsi en avant la performativité du genre qui sera conceptualisée par Judith Butler presque un siècle plus tard. Gaston Jollivet relate en effet qu’elle « voulut prendre l’habitude […] de jouer son rôle d’homme en homme, inconsciemment, et sans se souvenir qu’elle eût jamais porté corset et jupes. À cet effet, elle eut le courage que n’ont pas suffisamment les femmes destinées à jouer en travesti, de porter ses uniformes longtemps avant la représentation de manière à s’y faire. »16. La critique loue l’interprétation de Sarah Bernhardt pour les nuances novatrices qu’elle apporte au rôle : elle aurait fait de ces personnages des êtres plus noirs et torturés que furieux. Certains critiques établissent un parallèle entre le choix du travesti et les caractéristiques des travestis traditionnels. Fasquet énonce ainsi à propos de son interprétation d’Hamlet :

Quant à la question de savoir si Hamlet peut être joué par une femme, elle est résolue. De quelque manière qu’on la prenne, on est amené à reconnaître que Hamlet, faible, violent, rusé, indécis et toujours au seuil de l’égarement est un caractère féminin dans le corps d’un jeune homme, que le texte permet de prendre pour un adolescent…17

27Tandis qu’un autre, à propos de Lorenzaccio écrit :

Je ne vois pas bien quel acteur aurait pu nous rendre avec une aussi prodigieuse vérité ces rages d’enfant débile sans arriver tout de suite au rugissement excessif.18

28On sent bien que l’esprit des commentateurs n’est pas seulement marqué par la vision de l’actrice travestie, mais également par le réflexe interprétatif qui lie le rôle travesti à celui d’un très jeune homme dont l’âge influence l’action. Dès lors, Hamlet et Lorenzaccio sont moins perçus comme des hommes efféminés que comme des hommes-enfants dont les rages ne suffisent pas à imposer leur volonté au réel.

29Ainsi, le travesti est loin d’être utilisé comme outil de subversion. Cependant, il est saisissant que constater que c’est à l’intérieur du système des emplois que s’élabore discrètement un proto-genre. En effet, même si le rôle travesti joue sur une représentation rétrograde de la femme-enfant, il n’en reste pas moins que l’élaboration de la catégorie des rôles travestis s’effectue sur des critères liés au genre. Dès lors si le travesti n’est pas transgressif sur les scènes du théâtre académique, il permet de mettre en place des outils qui, sur des scènes plus populaires ou ultérieurement dans les théâtres, associeront travesti et contre-genre.

Notes

1  PERICAUT, Louis, Le Panthéon des comédiens. Paris, Eugène Fasquelle éditeur, 1922, p. 107.

2  POUGIN, Arthur, Dictionnaire historique et pittoresque du théâtre et des arts qui s’y rattachent, Paris, Firmin Didot, 1885, « Emploi théâtral », p. 326.

3  J’emploierai le terme « travesti », terme d’époque pour désigner la figure de l’acteur travesti, dans la plupart des cas et réserverai l’utilisation du terme « travestissement », plus contemporain, pour désigner l’acte de se travestir

4  Pougin, Arthur, Opus cité, « Rôles travestis », p. 660.

5  Il s’agit du Chérubin de Beaumarchais dans le Mariage de Figaro et d’Amour dans la Tragédie-Ballet Psyché de Molière

6  Coppé, François, Le Passant, comédie en un acte, Edition Alphonse Lemerre, Paris, 1869

7  On peut penser à la réplique de Suzanne (I, 7) « Comme il est familier ! Si ce n’était pas un morveux sans conséquences… » et on peut remarquer que les dix occurrences du mot « enfant » dans Le Passant  sont des vocatifs utilisés par Sylvia pour désigner Zanetto, et ce malgré son trouble apparent concernant cette vision de l’amour.

8  Beaumarchais, Le Mariage de Figaro, « Caractère et habillement de la pièce », Éditions Gallimard, Paris, 1973, p. 47.

9  Molière, Psyché, tragédie-Ballet en 5 actes, Gustave Barba, Libraire Editeur, 1851.

10  Ariès, Philippe, L’Enfant et la Vie familiale sous l’Ancien Régime, Librairie Plon, Paris, 1960, p. 18.

11  Idem.

12  Ariès, Philippe, Ibid,  p. 21.

13  Alain Corbin, L’histoire de la virilité T2, Le triomphe de la virilité, « La nécessaire manifestation de l’énergie sexuelle », p. 126-154

14  LEVERATTO, Jean-Marc, « Le sexe en scène: l’emploi de travesti féminin dans le théâtre français au XIXème siècle », in Isabelle Moindrot et Olivier Goetz (dir.) Le spectaculaire dans les arts de la scène, CNRS éditions, Paris, 2006

15  Sarah Bernhardt, L’art du Théâtre, la voix le geste la prononciation, Ed. Nilsson, Paris 1923. p. 143-144.

16  Gaston Jollivet, Le Théâtre, 15 mars 1900, p. 8.

17  E. Fasquet, « Revue dramatique », cité par Gustave Geffroy, in Revue Encyclopédique, juin 1899, p. 491.

18  H. F-G, « Lorenzaccio », in Journal des débats politiques et littéraire, 5 décembre 1896.

Pour citer ce document

Camille Khoury, «Le travesti dans le théâtre du XIXe siècle : une distribution à contre-genre ?», Agôn [En ligne], (2015) N°7 : La Distribution, Dossiers, Distribution, rôles et processus de création : du point de vue des acteurs et des metteurs en scène, mis à jour le : 06/11/2015, URL : http://agon.ens-lyon.fr/index.php?id=3448.

Par :

Camille Khoury.

N’hésitez pas à consulter la :
Source de l’article : Agôn, revue des arts de la scène

Que pense la moitié d’un travesti ?

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Extraits de l’article
« Femme de travesti. »

Beaucoup de travestis se demandent s’il est possible de vivre son travestisme et mener une vie de couple épanouie.

Je pense qu’un travesti va avoir de grandes difficultés à trouver l’âme sœur sans cacher sa double identité. Mais d’un autre côté, difficile ne signifie pas impossible : un travesti peut tout à fait fonder une relation saine avec la femme qu’il aime, même si cela impose quelques règles. J’ai eu l’occasion de rencontrer des compagnes de travestis lors de ma sortie avec [l’association] TXY .

J’ai parlé à des femmes aimantes, compréhensives, mais en même temps pleines d’interrogations et de doutes. De mon côté, je vous livre le témoignage de ma compagne [un travesti ]. J’espère que [cela] permettra à des femmes comme à des hommes de trouver les mots pour comprendre, comme pour exprimer une nature qui sommeille en nous [eux].

Comme Maéva me l’a demandé (plusieurs fois déjà), je vais tenter d’expliquer comment je vis le fait qu’il aime à se travestir.

Vivre avec quelqu’un qui se travestit n’est pas une chose évidente. Je pense qu’il faut savoir faire preuve d’une grande force de caractère, pour la personne qui l’apprend et une grande confiance envers l’autre, pour celui qui décide de se « dévoiler » véritablement.

Le soir où il me l’a annoncé par téléphone, j’étais chez moi assise par terre et progressivement je me suis allongée, sentant un énorme poids sur mes épaules. Progressivement les larmes sont venues. Non pas de honte, mais de bonheur, de fierté envers lui (qui avait osé me le dire), mais aussi de malaise. Malaise parce que je sentais que s’il faisait ça, c’était parce qu’il était mal dans sa peau d’homme, qu’il avait besoin d’autre chose pour s’affirmer complètement. Au téléphone avant de raccrocher, il m’a dit : « Là pour l’instant, je suis changée, si tu veux venir ». Je n’ai pas réfléchi longtemps. Je me suis rhabillée (il avait une fâcheuse tendance à appeler tard) et je suis allée chez lui.

Quand je suis rentrée dans l’appartement, il (elle) était assis sur la baignoire. Elle semblait triste, mal. De mon côté, je l’ai trouvée superbe. C’est d’ailleurs toujours la réflexion que je me fais quand Maéva apparaît. Je sais que tous les travestis n’ont pas cette chance, de réussir leur transformation en femme.

Elle a cette faculté à se transformer [de telle sorte] qu’à côté d’elle, je me sens toute petite (et pas seulement par la taille), pas sexy pour deux sous, ridicule. En fait, quand Maéva apparaît, j’ai l’impression de disparaître. Alors je me transforme en appareil photo pour son plus grand plaisir (et le mien). Psychologiquement, il est très difficile de se dire que la personne qui se trouve face à soi derrière l’objectif est l’homme que l’on aime, mais il faut juste admettre qu’être un travesti, c’est une partie de lui. Que si on lui enlève ça, il sera « bancal », il lui manquera quelque chose. Être femme, c’est une partie de mon homme, on n’y peut rien, et personne n’y peut rien.

Parfois, il va même réagir comme une femme. Il s’ « imagine » que je pense ça ou ça. Souvent il me dit que je n’aime pas qu’il se change, mais ce n’est pas ça. C’est juste que parfois, quand nous sommes tous les deux, j’ai envie d’avoir mon homme et pas forcément de passer ma journée avec Maéva. Il s’imagine parfois que c’est parce que je n’aime pas quand il se change. Cela n’a rien à voir.

Ce que je voudrais qu’il comprenne, c’est que quand il est bien (parce que je sais que quand les travestis se changent de la sorte, ils se sentent bien), moi j’ai l’impression de ne plus exister. C’est pour ça que je l’aide à se changer, à se maquiller, à s’épiler, que je le photographie. […]

Pour moi, il ne suffit pas d’être ouverte d’esprit pour partager un tel secret, il faut aussi être forte. Forte parce que parfois, je ne m’investirai pas autant que d’habitude dans sa préparation et alors il s’en voudra et voudra tout balancer, tout arrêter. Mais quand il réagit comme ça, je sais que c’est parce qu’il est mal et qu’il essaie d’évacuer sa haine d’une certaine façon. Je crois qu’il faut savoir qu’être un travesti est un poids, parce que la société ne laisse aucune place aux différents, aux « anormaux ».

Nous avons passé, Maéva et moi, des moments merveilleux. […] J’aimerai que beaucoup de travestis connaissent ce plaisir : être avec leur compagne et se dévoiler sans retenue, ni pudeur, ni honte, ni mensonge. […]

Certains penseront peut-être que s’aimer de la sorte n’est pas « normal », mais qu’est-ce que la normalité ? Pour moi, c’est trouver un équilibre dans sa vie et peu de gens y arrivent vraiment. Par le fait de vous changer en fille parfois, vous avez ouvert la porte de votre normalité.

Je sais que trop souvent, il me reproche de ne pas assez m’investir dans cette partie de lui et ce genre de réflexion me fait du mal car j’aime qu’il se sente bien et malgré ce qu’il peut penser, ça ne me dérange pas que nous en parlions.

Il faut juste que vous [les travestis] gardiez une chose en tête, lorsque vous parlez de votre travestisme avec des gens, c’est que les autres, même s’ils partagent vos idées, ne sont pas aussi impliqués que vous.

Non par peur ou par dégoût, mais tout simplement parce que ce n’est pas une partie d’eux. Vous vivez avec cette [personne qui a une] double personnalité, c’est votre quotidien, mais ce n’est pas celui de [madame] tout le monde.

le Site : fantasme-travesti.com

P.S. Comme dans tous nos articles, les mots entre [crochets], le sont du fait de Double Genre.

Un reporter de guerre devient madame

JeanPierreDaudet

– « C’est une souffrance permanente » : le témoignage poignant d’un transsexuel. –

(Cliquez sur le lien vidéo ci-dessous)

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ARTICLE :

Il y a six ans, Jean-Pierre est devenu Mathilde. Cet ancien reporter de guerre a changé de sexe à la suite d’une opération en Thaïlande et évoque son parcours face aux caméras de Sept à Huit. Entretien.

Difficile de se dire que Mathilde était un homme… il y a six ans à peine. Depuis son enfance, Jean-Pierre, père de famille et ancien reporter de guerre, se sentait comme un homme emprisonné dans un corps de femme. « Je suis née femme dans un corps d’homme » lâche le transsexuel face aux caméras de Sept à Huit. « On a le sentiment d’être piégé dans ce corps » ajoute Mathilde avec émotion. En grandissant, Jean-Pierre va mener la vie de tout homme : enfants, relations amoureuses avec des femmes. Il continue à se sentir emprisonné dans son corps d’homme. « C’est une souffrance permanente » se souvient-il. A l’âge de 60 ans, ce papa de quatre enfants décide de partir en Thaïlande pour subir une opération afin de changer de sexe et d’être reconnue en tant que femme à part entière. Pendant sept heures, une équipe de médecins l’aide à changer d’identité en lui coupant la verge et lui enlevant les testicules. Jean-Pierre a également subi une vaginoplasie afin de pouvoir connaitre l’orgasme féminin. Depuis, l’ancien reporter qui se fait appeler Mathilde prend un traitement hormonal.

Face à Thierry Demaizière, le transsexuel explique la manière dont il a appris à ses enfants qu’il était devenu une femme. « Quand je l’ai dit à mes enfants j’avais peur que l’émotion m’empêche de parler j’avais écrit une lettre. Et puis, j’étais même pas capable de lire la lettre je l’ai donnée à mon fils qui était avec ma belle-fille. A la fin de la lettre (…) ils m’ont dit : « On t’aime qu’est-ce que ça peut faire ? »

Vidéo publiée le 01/02/2016 à 11h10

 

 

Témoignage de Sophie, travesti

La vraie histoire de Sophie –
témoignage d’un(e) travesti(e)

femme-amour-du-collantCoucou,

Je m’appelle Sophie, j’ai 39 ans, je suis né(e) garçon et j’adore porter des vêtements de femme. Oui, comme la société nomme un tel cas, je suis un(e) travesti(e). De nos jours, il y a de nombreuses études sur ce domaine et comme plusieurs milliers de gens peuvent se demander comment une personne devient travesti, je vous raconte mon histoire.

Je peux dire qu’il n’y a rien de particulier dans ma famille, mes parents ne sont pas divorcés, j’ai grandi dans une famille en harmonie. Mon père, ma mère et ma grand-mère [maternelle].

Déjà très tôt dans ma vie, j’ai senti une affection aux collants en nylon. Je me souviens très clairement qu’à l’âge de 4 ans, quand mes parents m’ont [amené] à l’école maternelle, dans le tram j’ai regardé les jambes « nylonnées » des femmes et j’y ai pensé avant de m’endormir. Puis, à l’âge de 5-6 ans, j’ai eu une aventure. La fille des voisins est venue chez nous avec sa famille – elle était 4 ans plus âgée que moi – et elle m’a demandé d’ajuster son collant sur ses pieds. J’ai considéré cela comme mon premier souvenir par rapport à mon affection aux collants nylon.

Puis, comme je grandissais, cette affection n’a pas disparu. J’ai essayé les collants de ma mère en cachette. Plus tard, à la puberté, cela est devenue une image dans mes fantaisies sexuelles, quand j’ai connu les plaisirs de l’onanisme. A partir de là, le collant est souvent apparu dans mes fantaisies sexuelles. Quand je voyais une fille, je désirais toujours porter la même tenue qu’elle portait. Y compris tout. Collant, jupe, talons, maquillage. Et encore, je n’ai jamais compris pourquoi j’avais cette affection aux collants. J’ai cru que c’était dû à mon aventure avec la fille des voisins.

La liberté m’a rendu une visite quand je suis devenue étudiante et [que] j’habitais dans un appartement loué. Là, j’ai pu acheter mes propres collants, puis pas seulement des collants. Je me suis acheté ma première jupe et soutien-gorge et je les ai essayés. J’adorais les porter. Je  me suis sentie vraiment femme, encore sans savoir les causes de mon affection. J’avais des copines et je les ai enviées d’avoir la possibilité de porter de jolis collants nylon, j’aurais voulu tellement les porter. Le simple fait que ma copine pouvait porter un collant nylon m’était tellement désagréable que j’avais toujours peur avant de la rencontrer (sachant qu’elle porterait un collant et que ça [me] serait très désagréable, voire pénible). Oui, cette sensation s’est intensifiée jusqu’à la peur ! J’avais très très peur de la voir en collant nylon sachant que ce serait impossible pour moi ! Et je souligne : sans en savoir les causes.

Puis, j’ai connu une fille qui est devenue d’abord ma fiancé, puis ma femme. Je lui ai dit mon affection aux collants. Je n’ai pas osé lui dire pour mon travestissement, car je n’ai pas osé me l’avouer à moi même. Je n’ai pas osé utiliser ce mot. Elle m’a demandé de le dire aussi à une amie que nous avons connue tous les deux [et] qui est devenue ma confidente. Elle voulait avoir l’avis de quelqu’un d’autre. Cette amie a insisté pour que je rencontre un psychologue. J’en ai trouvé un dans une autre ville, à 200 km de mon domicile. Je suis allée chez elle et elle a commencé à m’interroger sur mes souvenirs d’enfance.

Je lui ai raconté l’aventure avec la fille des voisins à mon âge de 5 ans. Elle m’a répondu : « remontons encore un peu dans votre passé, vers votre plus jeune âge. » J’étais extrêmement étonnée. J’avais des souvenirs de mon plus jeune âge auxquels je n’avais pas attribué une grande importance.

Auparavant, j’avais su que mon grand-père (le père de ma mère) s’était suicidé. Je l’ai su avant l’an 2000. Ma mère m’avait dit qu’elle ne voulait pas que j’entre dans le nouveau millénium sans le savoir.

Alors, remontons à ce premier souvenir d’enfance, à l’âge de 2 ans. Ma mère avait une très bonne amie, une amie d’enfance qui habitait à côté de chez nous. Quand j’avais 2 ans, elles m’ont habillé en fille, une petite robe, un ruban rose dans mes cheveux. Je connaissais cet événement, mais je n’y avais pas attribué une grande importance. J’en avais vu même les photos : moi, portant une robe avec un ruban rose et une coiffure pour filles. J’étais très étonnée de la question suivante de ma psychologue : « Comment savez-vous que ça vous est arrivé une seule fois ? »

Et à ce point là, j’ai commencé à reconnaître la mosaïque. Je dois ajouter qu’il y avait d’autres choses auxquelles je n’avais pas attribué une grande importance. Pendant mon enfance, j’ai souvent entendu ma grand-mère dire : « si ton grand-père avait eu un tel fils comme toi, comme il aurait été heureux ! Mais il n’avait qu’une fille. Quand ta mère est née, il a téléphoné à l’hôpital et quand il a su qu’il avait eu une fille, il a même oublié de payer pour le téléphone. »

Alors, j’ai commencé à comprendre que tout comme mon grand-père n’avait pas accepté ma mère comme fille, ma mère, à son tour ne m’avait pas accepté comme garçon. Et si vous pensez que c’est fini, vous avez tort. Jusqu’à l’âge de 3 ans (quand j’ai dû aller à l’école maternelle) j’avais des cheveux longs. L’explication de ma mère : les bouts de mes cheveux étaient frisés et ça lui plaisait tellement. Et elle dit encore aujourd’hui que c’était le docteur qui lui avait conseillé de me faire couper les cheveux, et elle le dit avec une grande fierté.

Je me souviens très clairement que ma mère me disait souvent : « donne-moi ta culotte, je vais la laver ». Et je me souviens mon père répondre : « Hé, ce garçon n’a pas de culotte, il a un caleçon ! »

Et ce qui est plus choquant : quand j’étais petit, c’était ma mère qui me lavait les cheveux. Et elle me les séchait tandis que j’étais assis dans la baignoire pleine d’eau. L’explication de ma psychologue : c’était le subconscient freudien ; sans vraiment savoir, elle voulait me tuer. Parce qu’elle n’a pas pu accepter un fils, elle voulait une fille. Bien sûr, seulement au subconscient. D’ailleurs elle m’aimait beaucoup et elle a voulu me donner tout ce qui était possible. Sauf m’accepter comme garçon.

L’histoire ne finit pas encore. J’ai grandi donc, la famille était en harmonie, ma vie interne pas tellement et je ne savais pas pourquoi. Nous habitions un petit deux pièces, et jusqu’à l’âge d’aller à l’université, je dormais dans la même chambre que ma grand-mère. Une solution pas saine, mais il n’y en avait pas d’autre.

Et ma mère n’a pas fini ma féminisation non plus. Elle m’a donné un autre choc, elle ne sait même pas combien c’était grave. Quand j’avais 12 ans, on a appris qu’il y avait une possibilité d’apprendre à patiner sur glace. Mes parents m’y ont inscrit et j’ai appris à patiner. A la fin de l’enseignement on nous a dit qu’il y avait une possibilité de jouer dans l’équipe de hockey sur glace et j’ai commencé à fréquenter les entraînements. Je suis allé à un camp d’entraînement d’été, à la fin duquel, mon entraîneur et moi, nous nous sommes mis d’accord pour continuer en septembre. Je dois avouer, j’avais beaucoup de respect pour mon entraîneur. Il était marrant.

Et en septembre, ma mère m’a interdit de fréquenter les entraînement de hockey. Selon son explication, c’était parce que j’ai eu deux mauvaises notes en mathématiques. C’était le choc-même. Je dois expliquer pourquoi. Retenons donc, que c’était à l’âge  de 12 ans, c’est-à-dire au début de la puberté. Je me souviens clairement de cette époque-là. Chaque soir, avant de m’endormir, je souhaitais être une fille parce que les filles pouvaient  porter des collants nylon. (Ma couleur préférée était la couleur chair, celle quand il est presque impossible de dire si une fille porte un collant ou pas.) Moi, je désirais avoir la même chance. Je pensais toujours combien les filles avaient de la chance et combien je voulais, moi aussi porter un collant en nylon. J’ai réussi à réconcilier ces désirs d’une seule façon : en disant qu’il est tellement bon d’être garçon, parce que comme ça, je peux jouer au hockey sur glace. Et ma mère a coupé tous mes rêves et avec ça, la présence de la masculinité dans ma vie. (Retenons qu’à cette époque-là le hockey était pratiqué uniquement par des garçons. Aujourd’hui, le monde a changé, il y a aussi des équipes pour les filles dans beaucoup de pays). Pour moi, le hockey sur glace représentait la masculinité. J’ai respecté mon entraîneur et brusquement c’était coupé.

Alors, qu’est-ce qui est resté pour moi ? Ce désir incompréhensible pour le collant nylon. Incompréhensible jusqu’à ce que j’ai [consulté] ma psychologue et la mosaïque est devenue visible. Comme j’ai déjà dit, je me suis achetée toutes sortes de vêtements quand j’étais étudiante.

Je me souviens [quand] j’ai mis mon premier soutien-gorge, pour la première fois dans ma vie. Comment était cette sensation ? Excitante. Oui, excitante, mais pas sexuellement comme pour un fétichiste. Excitant comme pour une fille adolescente qui met un soutien-gorge pour la première fois dans sa vie.

Et comment je [ressens] la sensation de porter un soutien-gorge aujourd’hui ? Je vais vous étonner. NATURELLE. Tout à fait. Pour moi, porter un soutien-gorge, un collant nylon, une jupe ou talons, me maquiller, c’est quelque chose qui appartient à moi, qui est tout à fait naturel. Pourquoi ? pourriez-vous demander, sans connaître mon histoire. Mais après l’avoir connue, vous pouvez comprendre qu’à [l’intérieur], je me sens femme.

Comment ça se manifeste dans la vie quotidienne ? Quand j’ai l’occasion de porter des vêtements féminins, c’est agréable. Le problème, c’est que je n’en ai pas l’occasion très souvent. Et quand c’est le cas, c’est la douleur. Bien que je porte des collants nylon en hiver, voir mes collègues en jupe, les voir se maquiller, c’est la peine. Et tout ça, c’est grâce à ma mère. Par là, je ne veux pas dire que j’ai eu une mauvaise mère, mais elle a certainement rendu ma vie plus compliquée.

Comme femme, je me suis choisie le prénom de Sophie. Je ne sais pas pourquoi. C’était peut-être mon actrice préférée, Sophie Marceau, qui m’a influencé.

Sophie

P.S . Dans la vie quotidienne, en tant que homme je vis dans une famille en harmonie avec ma femme et avec nos filles. Ma femme connaît mes désirs pour les vêtements de femme. Elle n’en est pas heureuse, mais elle le supporte. Elle m’est fidèle, elle fait des sacrifices. Nous avons tous les deux nos propres difficultés. Elle porte rarement la jupe pour rendre les choses plus acceptable pour moi. Nous voudrions porter des vêtements plus féminins plus souvent, nous cherchons l’harmonie dans ce domaine.

Première publication sur D.G. : 31.01.16
Source : TXY.fr/blog

Discriminé, ce transgenre chinois riZ jaune

PlusSeTaire

Rejet de la plainte d’un transgenre chinois pour discrimination.

Un comité d’arbitrage chinois a rejeté la plainte d’un transgenre. Ce dernier accusait son employeur de l’avoir licencié par pure discrimination, a indiqué mercredi son avocat. L’affaire semble être la première de ce type dans le pays.

Le plaignant est né femme, mais s’identifie au sexe masculin et s’habille généralement en homme. Il avait été licencié huit jours seulement après son recrutement par une clinique dans la province du Guizhou (sud-est), selon des médias locaux.

Un comité d’arbitrage chargé d’examiner les conflits du travail a décidé d’écarter un enregistrement audio compromettant. Le patron concerné y expliquait s’être séparé de son salarié en raison de son statut de transgenre, a rapporté son avocat Huang Sha.

Le comité a également rejeté les requêtes du plaignant réclamant un mois de salaire comme compensation et des excuses écrites, a ajouté M. Huang. Les arbitres ont estimé que l’homme n’avait « pas les compétences adéquates » pour son poste de commercial.

La clinique a simplement été enjointe de verser à son ex-employé quelque 400 yuans (environ 60 francs suisses). La rémunération couvre la semaine de sa période d’essai.

« Son apparence ne correspondait vraiment pas à nos standards », avait déclaré de son côté un responsable du Centre médical Ciming, selon des propos rapportés par le journal local Guiyang Evening News.

« Nous sommes extrêmement déçus »

« Nous sommes extrêmement déçus », a commenté Huang Sha. L’avocat espérait obtenir une victoire inédite. Selon plusieurs médias, c’était la première fois en Chine où était examinée une plainte concernant un licenciement pour discrimination supposée à l’encontre d’une personne transgenre.

La communauté chinoise LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels et transsexuels) bénéficie d’une acceptation croissante, en particulier auprès de la jeunesse urbaine. Mais les attitudes conservatrices persistent.

Des activistes LGBT chinois n’hésitent plus à combattre les discriminations devant la justice, mais avec des succès mitigés. Un tribunal de Changsha (centre) a ainsi débouté en avril deux hommes désirant se marier.

En revanche, en 2014, un tribunal pékinois avait condamné une clinique à indemniser un jeune homme pour lui avoir infligé un douloureux traitement par électrochocs. Le traitement était censé « guérir » son homosexualité.

Pékin a certes dépénalisé l’homosexualité en 1997 et l’a retirée de sa liste des maladies mentales en 2001. Les homosexuels font pourtant encore l’objet d’une très forte pression familiale et sociale.

Par : Romandie.com
Via : @Bouesso 11.05.2016 à 8:11
Source : Romandie.com

Humour, 6 hommes politiques travestis

Images d’archives de l’I.N.A. … ah que de souvenirs !

20 février 1986
Le célèbre magazine féminin Marie Claire s’est amusé à créer une mode pour chaque famille politique à l’aide d’un montage photo de leurs leaders politiques.

Détails, plan par plan :

  • Vidéo-montage introduit par la photo du journaliste Paul AMAR
  • Commenté par la journaliste de mode France ROCHE (en voix off)
  • Photo de la première de couverture de Marie Claire.

Avec dans l’ordre d’apparition à l’écran :

  • Jacques CHIRAC, pour le R.P.R.
  • Georges MARCHAIS, pour le P.C.F.
  • Laurent FABIUS, pour le P.S.
  • Michel ROCARD, pour le P.S.U.
  • Raymond BARRE, pour l’U.D.F.
  • Valéry GISCARD, pour l’U.D.F.

  • Clin d’oeil final avec la photo du journaliste Claude SÉRILLON

C’était autour des années 80 – En février 1986, pour les factuels 😉
Peut-on imaginer une présentation aussi irrévérencieuse en 2016 ?

Par : Lio de France
Première publication sur D.G. le : 30.01.2016

 

Jenny Savalette, dite « tante barbe »

Monsieur Charles-Pierre-Paul de Savalette de Lange

1745 – naissance à Tours, de Charles-Pierre-Paul baron de Lange, marquis de Salvalette.
1756 – à 11 ans, il reçoit la charge héréditaire de gardien du Trésor Royal et la détiendra sous les règnes successifs des rois de France Louis XV et Louis XVI.
1766 – à 21 ans, nommé conseiller au Parlement, il est aussi une très haute personnalité de la franc-maçonnerie française dont il fondera plusieurs loges.

Mademoiselle Henriette-Jenny Savalette de Lange

1786 – (ou plus tôt en 1780) est l’année présumée de la naissance de Jenny Savalette de Lange, fils tout aussi présumé de Charles-Pierre-Paul Savalette de Langes, âgé de 35 (ou 41 ans). Jenny serait ainsi l’enfant né hors mariage de Charles Savalette, lequel ne l’aurait pas reconnue. L’enfant aurait alors « été placé dans un château éloigné où il était secrètement élevé sous des habits de fille. Ce travestissement lui aurait été conservé pendant la révolution, comme moyen de salut pour éloigner toute défiance et éloigner tout soupçon de la part de ceux qui auraient pu le trahir ou le dénoncer. L’habitude étant devenue chez lui une seconde nature, et la nécessité de se cacher continuant à subsister, au moment où arrivait le temps de la conscription ou de la réquisition pour le service militaire, on comprend qu’il ait alors persisté à se faire passer pour demoiselle et continué à porter des vêtements féminins » Cet argument n’est pas convaincant – vu l’âge de Jenny durant la révolution, soit pour la période comprise entre 1789 et 1799, entre 3 et  9 ans ! (ou au pire, entre 9 et 15 ans) – fut pourtant gobé par nombre de ses contemporains.

1793 – Le marquis de Langes part en émigration. Mlle Jenny, son fils présumé, aurait eu alors 7 (ou 13) ans. Un certain Hérail* rapporte qu’à cette époque, le marquis était bien accompagné « d’une véritable Mademoiselle de Lange et que celle-ci étant venue à mourir, notre personnage se serait emparé de ses titres et papiers ; ensuite [ce dernier] serait rentré en France à cette heureuse époque où Napoléon 1er arrivait providentiellement enfin. »

1797 – Décès du Marquis de Savalette.

1800 – A partir de cette période, feu le Marquis ne pouvant lui porter la contradiction, Jenny de Savalette eut toute liberté de forger le récit d’une naissance et d’une enfance malheureuse, ce qui – tout autant qu’un réseau d’amis compatissants, voire complaisants – lui permettra d’intégrer la Cour de France, de percevoir de  confortables pensions de la part de Louis XVIII, comme de Charles X, lequel qui lui fournira rien de moins qu’un pied à terre au palais de Versailles, logement qu’elle occupera jusqu’à ce que le palais soit transformé en musée historique ; comme nous le verrons plus loin, les successeurs de ces monarques ne seront pas en reste de générosité à son égard.

1817 – Selon l’une de ses lettres, Jenny, 31 (ou 37) ans, habitait à Versailles, rue de l’Orangerie et peut-être est-ce de cette époque ou plus tardivement, que date son surnom de  » Tante Barbe  » qui lui aurait été donné par les enfants de son quartier, intrigués par un soupçon de moustache sur sa lèvre supérieure ? Aussi adopta t-elle très tôt le port d’une voilette dont la gaze noire masquait aisément ses traits masculins, augmentant avec l’âge.

1819 – Jenny changeait constamment de domicile et fut, entre autres, pensionnaire au couvent de l’Abbaye-aux-bois à Paris où elle prétend avoir eu une entrevue avec François-René de Chateaubriand. Plus tard elle émigrera dans un autre couvent, près des Dames hospitalières de Saint Thomas de Villeneuve ; ce qui ne l’empêchera pas de fortifier son réseau de relations mondaines qui l’aideront à percevoir de nombreuses subsides de hauts personnages comme le roi de Suède, père de Napoléon III ; d’être nommée officiellement Receveur en Chef de la Poste de Villejuif ; et de recevoir de nombreuses et avantageuses demandes en mariages qu’elle provoquait sciemment; mais que pour des raisons naturelles aisée à comprendre aujourd’hui,  elle ne pouvait pas accepter.

1820 – 7 .11, Pressée par une dame dont le fils s’était vu refuser la concrétisation de ce qu’il tenait pour des promesses d’épousailles, Jenny de Savalette fait produire par sept « excellents notables de Paris », un témoignage valant acte de naissance en date de 1786. Il est à noter que le document notarié ne mentionne aucune sorte de mère.

1858 – à 72 (ou 78) ans, Jenny décède. Lors de sa toilette mortuaire effectuée par sa nièce et l’une de ses voisines de quartier, les deux femmes constatent qu’en fait de demoiselle : Oh ! il s’agit d’un homme qui se serait travesti toute sa vie, ce qui lui vaudra désormais le surnom de « L’homme-femme ».

Cet homme, en fait cette dame, qui paraissait extrêmement cultivée, surtout parce qu’elle abordait tous les sujets de façon plutôt superficielle, fut réellement fort courtisée. Elle qui aurait été apprécié comme poétesse dans sa jeunesse … selon ses dires, n’en était pas moins une correspondancière prolifique en relation épistolaire avec de nombreux nobles et lettrés : au-delà de ses soixante-dix ans, elle avait continué inlassablement et essentiellement pour des raisons de survie financière, à tromper tous ses contemporains. Jenny de Lange, aura ainsi emporté dans la tombe le mystère de sa  vie.

Madame de Lange aimait, c’est certain s’entourer de mystère et la preuve la plus flagrante en sont les armoiries qu’elles s’était attribuées : « une [forme] de mystérieux sphinx [en fait, une sorte de sinonchalante bylle offrant à tous vents, sa longue chevelure éparse et une forte poitrine découverte], accompagnée d’une étoile inconnue, figurant sur champ d’azur. »

Avec le temps, toutes sortes de crédules spéculèrent sur sa véritable identité, jusqu’à voir en elle le malheureux Louis XVII, fils de la reine Marie Antoinette et de Louis XVI dont l’Histoire officielle rapporte qu’il est mort en prison. La vie de Jenny reste toujours un épais mystère, aussi insoluble que fascinant, dont deux siècles de conjectures n’ont toujours pas apporté de solution.

1859 – Un an après son décès, le dénommé Hérail* écrivit la première biographie connue. Son éditeur précise que le « petit livre au sujet jugé sulfureux par les gens de son époque, obligea l’auteur à déclarer d’emblée que les recettes de son ouvrage iraient au profit des bonnes oeuvres [des pauvres vieillards, femmes et enfants perdus de la Maison de Providence, 63 rue des Chantiers à Versailles, aidé en cela par 1 500 souscripteurs annoncés.]

2016 – Remarques sur Hérail* : Google n’ayant pas permis de trouver une seule occurrence d’une personne se nommant « Hérail, écrivain du XIX° siècle », excepté celle du livre cité ci-dessus ; qu’il nous soit permis d’émettre l’hypothèse comme quoi ce nom est en fait le seul anagramme possible de « Hilare » ; vocable particulièrement bien choisi pour décrire l’état émotionnel dans lequel on se trouve après avoir pris connaissance de tous les détails de cette rocambolesque affaire.

Notre opinion pencherait donc pour la version d’un administrateur de l’hospice de la Maison de Providence qui pour une raison inconnue – peut-être que l’un de ses pensionnaires était un protagoniste de cette affaire – aurait « hérité » de documents concernant la fausse Jenny Savalette de Lange et en aurait tiré profit pour l’oeuvre dont il avait la charge. Il a pu penser que puisque Jenny de Savalette s’était si facilement procuré de l’argent en niaisant ses contemporains ; un an après son décès, la place étant tout chaude, il pouvait aisément continuer, car comme dit le proverbe favori des commerciaux de notre monde mercantile : « tous les matins, nait une poire. »

Par : Lio de France
Première publication sur D.G. le : 30.01.2016
Source : Livre, écrit par un certain « Hérail »,
Sur l’homme-femme connu sous le nom de Mademoiselle Savalette de Lange – Destin extraordinaire d’un des plus mystérieux travestis de l’histoire de France.
Préface de : Frédéric Prot
ISBN : 2-916275-09-6
Autre source : Google Books

 

Mon homme aime trop les talons !

«Mon chum* aime s’habiller en femme»

* ami, copain – c’est du canadien 😉

Sophie est amoureuse de Maxime, un homme formidable dont le seul défaut est d’aimer un peu trop les talons hauts.

chum aime s'habiller en femme
Photos : Istockphoto.com-J’ai rencontré Maxime grâce à un vêtement. J’assistais à un vernissage et je portais un pantalon à motifs qu’on ne pouvait pas ne pas remarquer. Je travaille dans le milieu de la mode et je m’affiche souvent avec des trucs complètement éclatés que je couds moi-même. À un moment donné, j’ai croisé le regard d’un homme qui m’observait de l’autre côté de la salle. Il m’a souri. Plus tard, il est venu me parler. Il avait décidé de faire la connaissance de «la fille au curieux pantalon». Je n’ai pas du tout pensé qu’il était gai ou efféminé. Il avait une tête qui me rappelait vaguement celle d’un de mes ex, que j’avais toujours trouvé beau. Grand, élancé, les cheveux mi-longs, un air d’intello : il semblait plus sophistiqué que la moyenne des ours, c’est tout. Je suis plutôt timide au premier abord mais, avec Maxime, je me suis tout de suite sentie à l’aise. En le quittant, j’avais déjà envie de le revoir. Dès le lendemain, il est entré en contact avec moi par Facebook. J’en ai profité pour regarder son profil et lire son blogue personnel. J’ai découvert que nous avions plein de choses en commun.Il adorait la mode et il s’intéressait à la politique, comme moi. Il était drôle, brillant, il avait de la répartie, il écrivait comme un dieu… La liste de ses qualités était longue. J’ai commencé à rédiger des commentaires par-ci par-là sur sa page, de sorte qu’un dialogue s’est établi entre nous. Au bout d’un moment, j’ai pris mon courage à deux mains et je lui ai écrit un message disant que, la prochaine fois qu’il visiterait un restaurant ou une boutique pour en parler sur son blogue, je voulais être là. C’était une façon claire de lui demander de m’inviter. Exactement 4 minutes et 30 secondes après que j’ai eu cliqué sur «envoyer», mon téléphone a sonné. C’était lui!

Quelques jours plus tard, nous avions rendez-vous dans un bar. J’étais hyper nerveuse. Je n’en revenais pas de ma chance! Un mec attirant, intéressant, cultivé, heureux dans son travail… et célibataire. Qui plus est, à 30 ans! Un âge où la plupart des gars sont casés depuis longtemps et déjà en train de planifier l’arrivée du petit deuxième. J’ai pensé: «Soit je viens de trouver la perle rare, soit il y a quelque chose qui cloche.» Pendant la soirée, le sujet a vite été mis sur le tapis. «Ça m’étonne que tu sois célibataire, ai-je lancé à Maxime.
– J’ai un peu abandonné l’idée de tomber amoureux.
– Pourquoi?
– Tu n’as rien remarqué? Je croyais que c’était clair.»

À cet instant, une lumière rouge s’est mise à clignoter dans ma tête. J’ai eu chaud. Et j’ai repensé à deux choses que j’avais vues sur son blogue. La première était une photo de lui portant un jean et un t-shirt… à col baveux, étrangement féminin. La deuxième était un passage dans lequel il parlait d’un salon de maquillage où il était allé. «Tout le monde a besoin d’un peu de cache-cernes…», commençait le texte. Sur le coup, je m’étais dit: «Bah, c’est un gars urbain des années 2000!» et je n’y avais rien vu de plus. De toute évidence, j’étais passée à côté d’un truc important… «Parfois, j’aime m’habiller en femme», m’a avoué Maxime sans détour. J’ai eu un moment d’intense déception. Je me suis dit que ma date était finie. Mais ça n’a été qu’une pensée fugace. Après tout, ce mec m’intéressait vraiment. Il y avait une réelle «connexion» entre nous. Et si je fermais la porte tout de suite, qui sait à côté de quel beau roman d’amour j’allais passer? Alors, j’ai décidé de me laisser aller. Je suis comme ça: j’adore être emportée par la vie. Juste pour voir où elle va m’amener. Après tout, notre histoire pouvait être magnifique quand même!

Nous avons parlé de son orientation sexuelle et des raisons qui le poussaient à se travestir. Il n’était pas gai ni bisexuel, m’a-t-il confié. Il avait déjà essayé d’être avec des hommes, et ça ne l’avait pas du tout allumé. Il était hétéro, mais il ne pouvait pas s’empêcher de mettre des vêtements de femme. Et il savait que, peu importe le nombre de fois qu’il jetterait ses talons hauts à la poubelle, le besoin serait toujours là, viscéral. À ses yeux, son histoire familiale était à l’origine de ce penchant. Il m’a décrit une enfance difficile, vécue entre un père abusif et autoritaire, et une mère complice qu’il adorait. Dans son esprit de petit garçon, la masculinité s’était associée à la violence, tandis que la féminité évoquait la protection, la douceur. Je résume la situation, mais disons que c’est la conclusion à laquelle il était parvenu au bout de plusieurs années de thérapie. De mon côté, je crois que Maxime a toujours été plus féminin que la majorité des hommes. Je blague souvent en disant qu’il doit avoir des chromosomes X super costauds et des Y tout faibles, atrophiés…

Au début de notre relation amoureuse, il ne voulait pas se travestir devant moi. En ce qui me concernait, je ne me sentais pas prête à le voir comme ça non plus. Un jour, en utilisant son ordinateur, je suis tombée sur des photos de lui complètement maquillé, en robe. J’ai eu un choc. Je crois même que j’ai un peu pleuré. Mais c’est vite passé. Une semaine plus tard, c’est moi qui ai demandé à le voir, ou plutôt, à la voir. Son alter ego féminin. Cette fois, je n’ai pas du tout ressenti la même peur. Je me suis rendu compte que ça ne changeait rien à la personne qu’il était, ni à la complicité qu’il y avait entre nous. J’avais déjà commencé à m’habituer, à apprivoiser cette version féminine de lui. Il faut dire que Maxime n’a rien d’une drag-queen flamboyante. Il porte des vêtements sobres, mais il ne les choisit pas dans le rayon des hommes. Et puis, il se maquille, il se coiffe, il s’épile, il collectionne les produits de beauté… Il est cent fois plus girly que moi! Étrangement, il est très masculin en même temps. Il est protecteur, galant… et il ne veut absolument pas s’occuper de cuisine! Les petits pots, oui, mais les grandes casseroles, non merci!

Quand il s’habille en femme – quasiment tous les jours -, notre rapport change, bien sûr. C’est un peu comme si j’entretenais une relation distincte avec chaque côté de sa personnalité. Quand il est en homme, c’est mon chum. Lorsqu’il est en femme, c’est comme si j’étais avec une amie très proche. Je me sens bien avec elle, mais c’est Maxime que j’aime. Depuis un an que nous sommes ensemble, nous avons trouvé un équilibre entre ces deux pôles. Il travaille dans une entreprise très ouverte, qui accepte qu’un employé vienne au bureau vêtu en femme. De neuf à cinq, il est donc Mimi, comme il se surnomme avec humour. Le soir, il rentre à la maison, il se démaquille, il change de vêtements… Il redevient Maxime, mon chum et mon amant. Aussi délicat, sensible et à l’écoute au lit que dans la vie. Je crois qu’il est heureux comme ça. Je pense même que, s’il n’y avait pas sa mère, à qui il a toujours évité de révéler son côté «Ed Wood» pour ne pas la heurter, il irait peut-être plus loin dans l’exploration de sa féminité. Pour moi, toutes les amours ne sont pas forcément éternelles. Je n’ai jamais été du genre à planifier ma vie sentimentale et à décider que, d’ici deux ans, j’aurais un chum, un enfant, un condo [appartement en copropriété au Canada – Ndle] et un abri Tempo… Je trouve ça absurde. Pas l’abri Tempo, mais le fait de croire que les gens ne changent pas. Qu’est-ce qui nous dit qu’on sera toujours la même personne dans deux ans? qu’on ressentira encore la même chose? Alors, je vis notre relation au jour le jour. Peut-être qu’à un certain moment Maxime décidera d’aller jusqu’au bout: de changer de sexe ou d’essayer de nouveau d’être avec un homme. Au début, j’avais très peur de cette possibilité. Plus maintenant, parce que je sais que ce ne sera pas la fin de nous deux. Ce sera simplement le début de quelque chose d’autre. Je ne pourrais pas être en couple avec une femme, mais ça ne signifie pas que je ne serai pas là pour Maxime d’une autre façon.

Une chose est claire pour moi : j’aime Maxime et je veux qu’il vive ce qu’il a à vivre. Je ne veux pas devenir un obstacle pour lui. Je suis prête à le perdre éventuellement… à condition qu’il se trouve.

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Par : Martina Djogo
Première publication sur D.G. le : 02.02.2016
Source : ElleQuebec.com

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Une femme qui adore les travestis

J’ai bien le plaisir de vous présenter Olga,
Cette jolie jeune femme qui rie et vit
Adore sortir avec son mari travesti.
Une présentation agréable, fraîche et légère
Qui me fait oublier les minables, rêches et mégères 🙂

Par : Olga
Première publication sur D.G. le : 29.01.2016
Source : Youtube

Je suis femme

En révisant les pages de mon blog, j’ai trouvé ce commentaire très intéressant qui s’était perdu dans les méandres des fichiers informatiques. Le voici tel quel :

Amataï

Bonjour,
tout d’abord bravo et merci pour ce (très beau) site
et ses articles très intéressants:)

Pour ma part dans les lonnnnnngues années qui ont précédées ma transition, j’en suis arrivée à une autre façon de me définir : « Je suis femme » (et non pas « Je suis UNE femme » ou « je veux devenir une femme »).

Cette petite nuance paraît sans doute insignifiante à prime abord, mais en fait tout au contraire, pas du tout !

Je m’explique : en le disant ainsi, j’affirme mon identité, mon ressenti de femme en faisant fi du corps que j’ai.

Bien sur que je ne suis pas UNE femme, penser le contraire serait en effet une pensée délirante puisque je suis née avec un corps de garçon.

Pareillement, dire « je veux devenir une femme » sous entend également que dans l’état actuel, je ne suis ni une femme dans mon corps, ni même psychologiquement (pourquoi changer alors de sexe si c’est pour foncer la tête droit dans le mur d’une souffrance transidentaire inversée et le regretter après ?).

Vouloir devenir une femme est donc d’une certaine manière un fantasme qui nécessite tout autre chose qu’une transition immédiate mais sans doute un temps de réflexion supplémentaire en se posant les bonnes questions sur soi même.

Par contre le « je suis femme », affirme mon identité et mon ressenti féminin, me laissant libre de recourir ou non à une transition, à une chirurgie ou non, etc…
Je n’ai pas « la conviction d’être une femme » mais donc plutôt de me ressentir femme.

Pour ma part je suis allée au bout (hormonothérapie, chirurgie) et j’en suis très heureuse et enfin épanouie.

Si j’ai choisi la totale, c’est parce que mon identité intérieure était suffisamment forte est basée pour sentir cette nécessité de l’exprimer socialement à l’extérieur.

D’ailleurs je pense que la souffrance identitaire est le résultat d’une non expression sociale de soi (à travers le corps, le vestimentaire, etc…) de la même façon que n’importe qui puisse souffrir, si on l’empêche de s’exprimer (interdiction de parler, obligation de s’habiller comme il/elle ne lui convient pas, etc…).

Je pense que l’interdit social crée cette frustration et souffrance, qui grandit au fil des années jusqu’à en arriver jusqu’à un dégoût de son propre corps.

Alors, du coup, question : s’il m’avait été permise de vivre socialement qui j’étais au fond de moi (donc d’exprimer librement mon identité), serais je allée jusqu’à l’opération chirurgicale ?

Question ouverte, je n’en sais rien du tout !

Par : @ Chloé A.
Publié le : 21.04.2016
Commentaire : Lio de France / D.G.
Source : Commentaire reçu sur Double Genre.

Au secours, mon mari est un travesti !

Extraits du Forum d’un journal féminin.
Des femmes internautes répondent à la question de l’une d’entre elles.
Les dialogues sont dans leur « jus » : nous n’avons modifié que les prénoms
et corrigé les inévitables fautes d’orthographe 😉
N’hésitez pas à laisser vos commentaires …

 

We Will Live

Mon mari a une double vie : il est travesti
(Question d’Aurélie, une internaute en 2005)

We Will Live   Aurélie

Après 10 ans de mariage, j’ai découvert que mon mari est travesti. Il mène une double vie. Le soir, il se déguise en femme. A la maison, il met uniquement des collants féminins.
J’ai peur pour l’équilibre psychologique de nos enfants (2 et 5 ans). Pour l’instant je n’ai pas encore demandé le divorce, car à la maison je suis le garde fou de Mr, pour éviter les dérapage devant les enfants. Mais que se passera t-il quand il les aura en garde ? Je suis un peu perdue. Je ne sais quelle décision prendre. Dois-je aller voir le juge des enfants ? Quelles sont les procédures à suivre dans ce cas ?
Merci pour vos réponses – Aurélie.

Réponses des internautes :

We Will Live Annie

Je suis perplexe…

…qu’un psy t’ait dit que le comportement de ton mari pouvait être déstabilisant pour tes enfants. Nous sommes au 21ème siècle, des couples homos adoptent des enfants, des couples de lesbiennes font des enfants par don de sperme, des tribunaux acceptent ces adoptions, alors j’ai du mal à capter cette réaction d’un psy ?
Bien sur que lorsque tu laisseras tes enfants à leur père, tu auras peur qu’il se montre en vêtements féminins. Mais ne fait pas l’amalgame entre sa sexualité (refoulée?) et la relation entre eux. Moi aussi je serai inquiète et je te comprends ! j’ai moi aussi divorcé d’un homme alcoolique et j’avais peur qu’il boive quand il y avait les enfants. Seulement je n’avais pas le droit de priver les enfants et le papa du droit de visite. Ce sont des situations pas faciles à vivre et je suis désolée de ce qui t’arrive ; mais comme je le disais fait en sorte que votre séparation se passe le mieux du monde pour épargner les enfants. Bon courage.

We Will Live Jacky

@Annie, Aurélie

Bien d’accord, on est au vingt unième siècle, mais des gens sont encore au moyen age, y compris dans le milieu médical et judiciaire.

Je comprend parfaitement les craintes d’Aurélie devant un mari qui n’est pas très clair sur ses motivations, sinon ça s’arrêterait à la chambre à coucher, au couple et ne s’étendrait pas aux enfants…. Une « fantaisie » qui se vivrait alors sans drame.

Facile de dire que c’est insignifiant , tant que ça se passe chez les autres et qu’on en assume pas directement les conséquences et la responsabilité.

Aurélie a le mérite d’en parler avec son mari, à un psy et sur un forum, alors qu’elle n’a qu’à demander le divorce pour ce motif et le JAF [Juge au Affaires Familiales] lui donnera raison, il ne va jamais prendre la responsabilité que son mari poursuive ses « fantasmes » avec ses enfants et il perdra son droit de visite !

ça peut être un drame pour les enfants et pour le père. Aussi je ne comprend pas pourquoi le père devant un telle attitude ouverte de son épouse ne fasse pas le point sur ses problèmes :

– simple fantaisie
– « perversité » due à d’autres raisons et qui se soigne.
– homosexualité refoulée
– transsexualité pas facile à avouer à sa famille.

Il, se trouve que j’ai une amie transsexuelle et je sais ce qu’elle a vécue dans une situation identique. C’est une personne extra. Tout se passe bien avec ses enfants aujourd’hui, mais on a du mal à croire qu’on est au 21ème siècle.

La condamner d’emblée aurait été une erreur pour les enfants qui s’interrogeraient toute leur vie, pour l’épouse aussi et, pour gérer la séparation du couple dans les meilleures conditions pour les enfants.

Je ne condamne pas le mari d’Audrey, au contraire, parce qu’il y a des choses qui ne sont pas faciles à avouer même à un psy. – Jacky.

We Will Live Nathalie
@Jacky
 

« Je comprend parfaitement les craintes d’Aurélie devant un mari qui n’est pas très clair sur ses motivations, sinon ça s’arrêterait à la chambre à coucher, au couple et ne s’étendrait pas aux enfants…. Une « fantaisie » qui se vivrait alors sans drame »

==>Il se peut qu’il y ait eu incompréhension de ma part concernant les tenants du premier message, mais je me demande comment on peut passer de cachotteries complètes pendant 10 ans, au point que la conjointe ne puisse s’en apercevoir, au « défilé féminin » devant les enfants…

Par ailleurs :

– Le travestisme n’est pas une « perversité ».
-Il n’est pas non plus un signe d’homosexualité refoulée…(image d’Epinal qui agace profondément les intéressés)
-Le transsexualisme, c’est encore autre chose, la personne s’habillant conformément au genre auquel elle se sent profondément appartenir. Il n’y a donc pas de « travestisme » à proprement parler… excepté dans le regard de l’autre

« Facile de dire que c’est insignifiant, tant que ça se passe chez les autres et qu’on en assume pas directement les conséquences et la responsabilité »

==> Je me suis déjà trouvée dans une telle situation… J’ai expliqué aux enfants que cette personne aimait s’habiller ainsi… Avec quelques explications simplifiées sur l’historique des codes sociaux vestimentaires. Tout simplement. Tout dépend de la façon dont les situations sont expliquées aux enfants. Tout dépend de notre propre regard en tant qu’adulte et du message que nous faisons passer… Les enfants, après éclaircissements, sont en général moins coincés que les psys

Ceci étant dit, il est vrai que le post d’origine ne nous donne pas de réels éclaircissements sur les éventuels « débordements » du papa et sur les explications qu’il a pu donner à son épouse concernant son choix vestimentaire « visible ».

We Will Live Jacky

@ Nathalie

Je pense qu’on est bien d’accord sur l’ensemble, y compris sur l’attitude que l’entourage doit avoir quelle que soit la motivation des personnes qui transgressent les règles vestimentaires de notre société et sur les enfants impliqués dans ce problème.

C’est certain la société a évoluée, en général ! Mais ce n’est pas le cas de la justice et de beaucoup trop de gens, mais aussi pour l’entourage confronté à ce problème ça reste souvent un choc…

J’ai une idée « précise » en fonction de mon expérience de la vie, mais elle est totalement subjective et personnelle… et je peux me tromper.

Cette population de gens « hors normes sociales !  » que j’ai largement côtoyée parce que ces personnes sont souvent plus intéressantes et plus « humaines » que les « bipèdes » qui peuplent notre planète, est tellement diverse et, parfois d’avis si opposés, qu’il est difficile pour une personne avertie de s’y retrouver…. Aussi j’ai quelques divergences avec les classifications que tu présentes. Elles ne sont pas fausses, mais la réalité est pleine de nuances….

Cette curiosité humaine et pas du tout journalistique me laisse comme conclusion que c’est trop souvent un drame humain avec des issues heureuses trop minoritaires…

Très amicalement et au plaisir de te lire encore – Jacky

We Will LiveNathalie

Travestisme…

Le travestisme est un fantasme…qui ne mène pas obligatoirement au divorce

On peut aimer porter des sous-vêtements féminins tout en étant très bien dans sa peau d’homme, rassure-toi… Cela gêne-t-il à ce point les sentiments que tu avais pour lui ?

Je suppose que puisque tu n’as découvert le « pot-au-rose » qu’après 10 ans de mariage, il restera donc assez discret pour ne pas « déraper » devant vos enfants.

Pas d’affolement. Tente d’en discuter paisiblement avec lui en lui exposant ta surprise et tes craintes vis-à-vis des enfants sans porter de jugement.

Ses fantasmes n’appartiennent qu’à lui mais il n’en demeure pas moins un mari et un père.

We Will Live Jacky

Le besoin de se travestir…

…peut aller de la perversité (je ne pense pas que ce soit le cas, puisqu’il a assumé) en passant par l’homosexualité refoulée (non plus) ou un trouble de l’identité sexuelle, la simple frustration de ne pas oser affirmer sa sensibilité plus féminine, une frustration, jusqu’au transsexualisme complètement refoulé, à cause des pressions de la société.

Seul un psychiatre compétent peut l’aider à comprendre son besoin impérieux.

Je comprend ton choc et tes craintes pour tes enfants, mais ne jette pas tout avant qu’il ait fait le point avec un psy, ne serait ce que pour tes enfants.

Un JAF [Juge aux Affaires Familiales] n’est pas compétent dans ce domaine, cela nécessite de passer par un psy, peu importe lequel ensuite il devrait l’aiguiller vers les personnes compétentes, te recevoir.

Je connais bien ce sujet. C’est une belle attitude que tu arrives à en parler sur un forum –
Jacky.

 We Will Live Aurélie
@Jacky

besoin de se travestir

Vous avez l’air de bien connaître le sujet ce qui me rassure. Mon mari refuse d’aller voir un psy. Il pense que ses agissements sont normaux. je l’ai obligé après cette découverte d’aller consulter un psy il m’a fait croire qu’il y allait mais c’était faux. Je l’ai menacé de le quitter alors il a du faire 3 séances puis il a arrêté. Je n’ai pas insisté car la démarche doit venir de lui même. Par contre, moi j’y suis allée il y a 1 semaine pour essayer de comprendre et savoir quels dégâts psychologiques son comportement pouvait avoir sur nos enfants. Car de lui même, il ne se limite pas à faire ce travestissement en privé. Par exemple, il porte des collants féminins devant les enfants. Je ne pense pas qu’il est allé plus loin, car je suis là pour faire le garde fou. Mais si je divorce (ce que je souhaite, car je ne l’aime plus et ne le supporte plus, ainsi que tout ses mensonges : on se dispute sans cesse) lorsqu’il gardera les enfants le weekend par exemple, que se passera t-il ? ça me fait peur. Le psy m’a dit que ça pouvait être très déstabilisant pour des jeunes enfants de voir leur père ainsi et que si mon mari n’arrive pas à faire la différence entre sa sexualité qui doit être privé, sa vie d’homme et son rôle de père il fallait faire intervenir la loi et le juge des enfants.
Qu’en pensez-vous ? Merci de votre soutient – Aurélie.

We Will Live Fifi

Pauvre Aurélie !

Ta découverte doit être difficile et pour les enfants, je suis d’accord avec toi, tu dois les protéger, car psychologiquement parlant ce n’est pas normal !! je crois que tu devrais aller vers un organisme qui pourrait te guider, pour savoir les démarches à suivre dans ce cas de figure ; à mon avis tu ne dois pas être la seule dans ce cas ! mais une chose qui est sûre, c’est que lui doit être content que ce soit toi qui ait constaté et qu’il n’a pas du [tout] t’expliquer ! très bonne chance à toi.

We Will Live Annie

Ne panique pas !

Déjà ton mari aurait pu nier quand tu as découvert qu’il est travesti. Maintenant il te faut savoir au plus profond de toi si tu es capable de l’accepter comme il est ou si tu veux vraiment te séparer de lui. Ta peur de l’équilibre psychologique de tes enfants est légitime, mais avec une bonne aide, ils comprendront que leur papa n’est pas un papa comme les autres, mais qu’il les aime malgré tout et malgré le regard de la société. Ce n’est pas un malade, il est courageux de montrer sa différence !
Votre mariage est peut-être fini, mais faut faire en sorte de limiter les dégâts pour les enfants et savoir se séparer intelligemment.
Bon courage.

1° Publication sur DG le : 27.01.2016

Madame Sue, président de Lancôme

YoucefNabi

Youcef Nabi, alias Sue, 47 ans : fut, jusqu’en 2013, l’un(e) des dirigeant(e)s atypique de l’Oréal. Personnage ambigu, il a relativement bien assumé son changement de genre.

Interviewé en 2013, à l’époque de son départ, il précise :

« Je suis libre, je pars au top du top. Je ne pars pas parce qu’un concurrent est venu me proposer trois fois plus d’argent – je n’ai jamais couru après le fric. Je suis ma bonne étoile. Cette démission est sans doute la chose la plus rationnelle de ma vie. J’ai donné vingt ans de ma vie à ce premier job, j’ai envie de faire autre chose. »

« Je ne pars pas parce que je veux un autre job dans le groupe. J’ai dirigé, dans la cosmétique, le numéro un des produits grand public et le numéro un du luxe. Je veux me confronter à quelque chose de plus grand, de plus étonnant. J’ai plein d’idées. »

Sue a beaucoup d’amis dans l’univers de la mode et des cosmétiques, comme Karl Lagerfeld, Inès de la Fressange, Riccardo Tisci (Givenchy) ou encore Alber Elbaz, (Lanvin).

« Personne n’a fait gagner autant d’argent que moi à L’Oréal Paris et Lancôme. » C’est lui qui,, non seulement a imposé l’actrice Jane Fonda comme première senior des publicités L’Oréal, mais aussi recruté une autre actrice, Julia Roberts, pour incarner l’image de Lancôme. Il a su imposer des produits cosmétiques comme le sérum Visionnaire et peut revendiquer le succès de La Vie Est Belle, parfum best-seller, sur le marché international, là où L’Oréal n’avait pas réussi à implanter une seule fragrance depuis vingt ans.

TRANSGENRE

« J’ai fait des choix durs, longs, difficiles à accepter. Je me suis imposé par mon honnêteté, ma fidélité à moi-même, mon intégrité ». « Je n’ai jamais ressenti de problème chez L’Oréal ».

Il aurait cependant demandé à ses parents: « Parlez de moi au masculin. » et déclaré ne pas vouloir militer, ni être considéré comme une égérie des transgenres.

BIOGRAPHIE

Youcef Nabi est né en 1968 à Alger, sa mère enseignait le français, tandis que son père peintre à ses heures perdues, après avoir été l’un des plus jeunes patrons de la compagnie nationale compagnie des pétroles algériens, préfet, conseiller du président de la République, a terminé sa carrière comme ministre (1979 et 1988) de l’énergie et de l’économie.

Youcef Nabi passe son bac à 17 ans et part à Grenoble pour deux années de classes préparatoires. Il étudie ensuite la biologie à l’Ecole Nationale d’Agronomie de Grignon et suit un cycle de marketing à l’Essec.

Il souhaite alors entrer chez l’Oréal, mais sa première candidature est refusée. La seconde, appuyée par Christophe Girard, alors chez Yves Saint Laurent, sera la bonne. En mai 1993, le jeune embauché se formate à l’« école l’oréalienne », en arpentant pendant six mois les hypermarchés du sud-ouest de la France, avant de rejoindre le siège parisien. Il travaille d’abord pour les marques de cosmétiques Mennen et Gemey [Maybelline].

Son mentor, Patrick Rabain, vice-PDG de la division produits grand public, lui fait gravir toutes les marches de cette division et lui confie les rênes de Maybelline. Lindsay Owen Jones, le PDG du groupe, ne lui donnera qu’un mot en guise de feuille de route pour L’Oréal Paris : « Il faut en faire une pépite. » Mission rapidement accomplie par Youcef Nabi avant qu’on ne lui confie le redressement de Lancôme.

Après 20 ans passé dans le groupe l’Oréal dont trois à la direction générale de Paris (jusqu’en 2009), puis quatre à la présidence de Lancôme, Sue a décidé de tourner la page en ce mois de juin 2013.

« UNE VALEUR : LA BIENVEILLANCE

Youcef Nabi a désormais du temps à consacrer à ses passions, la politique et la génétique. Il rêve, pour l’heure, de faire un cours pour les étudiants d’école de commerce sur la bienveillance. Une valeur trop oubliée, dit-il, par un monde qui court frénétiquement après le pouvoir ou l’argent. »

Par : Nicole Vulser, journaliste au journal Le Monde.
Publié le : 10.06.2013
Publié (pour la 1° fois sur DG) : 27.01.2016
Rewrité par : Lio de france / [DG]
Source : LeMonde.fr

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Edward Kynaston, beauté de scène

Edward_Kynaston

« La beauté n’est jamais, ce me semble, qu’une promesse de bonheur »
(Stendhal, Rome, Naples et Florence, t. 1, 1817, p. 46)

BIOGRAPHIE

Edward Kynaston est un célèbre comédien né en Angleterre en 1640 et décédé en 1706, à l’âge de 66 ans. Il vécut sous six gouvernements successifs, trois rois, une reine et une république :
– Charles 1er d’Angleterre (destitué, jugé et exécuté en 1649),
Commonwealth d’Angleterre, république dirigée par Oliver Cromwell, jusqu’en 1660,
– Charles II, décédé en 1685, (lire Le Vicomte de Bragelonne, roman d’Alexandre Dumas),
– Jacques II (James Stuart), destitué lors de la «Glorieuse Révolution» de 1688,
Guillaume III, prince de la Maison d’Orange-Nassau, mort en 1702,
– Anne d’Angleterre, décédée en 1714.

Alors que les acteurs du théâtre de la politique jouaient leurs drames en plusieurs actes,  Edward Kynaston, sur les planches, fut l’un des derniers artistes de scène de cette période à avoir incarné des rôles de femmes, dans la tradition élisabéthaine.

CARRIÈRE D’ACTRICE

Témoignage de Samuel Peppy – Kynaston était plutôt agréable à regarder et faisait une femme convaincante : Samuel Pepys l’a appelé « la dame la plus charmante que je n’ai jamais vu dans ma vie » après qu’il l’ait vu(e) dans une production de John Fletcher « Le Sujet Loyal à la Cabine » (The Loyal Subject at the Cockpit-in-Court*), et regrette seulement « qu’elle [sic] n’ait pas une voix très appropriée. » Il (ou elle) a aussi joué le rôle principal d’Epicoene de Ben Jonson. Samuel Pepys peut être considéré comme un témoin fiable, car nous savons que le 18 août 1660, il dinait avec Kynaston après cette représentation.
* Cockpit-in-Court : à Londres, enclave dans White Hall, immense palais royal (de plus de 1 500 pièces), presque entièrement détruit par l’incendie de 1698. Kynaston a été membre de la « Rhodes company » qui jouait au « Cockpit Theatre. »

Témoignage de Colley Cibber – La sexualité ambiguë de Kynaston peut expliquer en partie son attractivité. Le dramaturge anglais Colley Cibber (1671-1757) entré en 1690 comme acteur au Théâtre Royal de Drury Lane, nous rapporte une annecdote au sujet de Kynaston que [même sur le tard : il devait avoir la cinquantaine] « les dames de qualité étaient fières de le prendre avec elles dans leurs calèches en direction de Hyde Park, alors qu’il était en costume [féminin] de théâtre, après qu’il y eut joué. » Le même Cibber a aussi rapporté une confidence selon laquelle, la représentation d’une tragédie, en présence du roi d’Angleterre Charles II, avait été retardée parce que Kynaston, qui jouait le rôle de la Reine, « n’était pas encore rasé. » Dans les chroniques Samuel Pepys, Kynaston y est décrit(e) comme « la plus jolie femme de toute la maison » (the prettiest woman in the whole house) et « le plus bel homme », la rumeur du temps l’avait épinglé comme acteur de rôles féminins. Alors qu’il était trentenaire, circulaient quantité de libelles qui le désignaient comme l’amant de George Villiers, deuxième Duc de Buckingham.

Dès les années [16]60, le roi Charles II avait autorisé les femmes à apparaître sur scène et à contrario, les acteurs masculins jouant des rôles féminins furent fortement découragés. Seul Kynaston, grâce à sa grande renommée, put perdurer et tenir ses derniers rôles féminins :
– notamment dans le personnage de « Evadne », dans la pièce Beaumont,
– puis en 1661, dans la tragédie « La servante de Fletcher », jouée par la « Compagnie du Roi » et dirigée par Thomas Killigrew.

Kynaston a continué à faire une carrière réussie dans des rôles masculins et a été apprécié pour sa représentation d’Henry IV de Shakespeare. En 1699, à l’âge de 59 ans, il se serait retiré définitivement de la scène.

KYNASTON INTERPRÉTÉ AU CINÉMA

2004 – Billy Crudup incarne le personnage de Kynaston dans Stage Beauty, (Beauté de Scène) film de 2004, réalisé par Richard Eyre et tiré de la pièce de théâtre « Compleat Female Stage Beauty ». Dans le film, Edward Kynaston est représenté comme un dandy bisexuel qui révèle lentement plus de complexité dans sa personnalité et sa sexualité.

bande annonce du film Stage Beauty
Version en allemand (piratée ?)
Extrait en italien (durée : 8’02)
Extrait en anglais (durée : 4,22)

KYNASTON JOUÉ AU THÉÂTRE

Edward Kynaston a aussi inspiré l’auteur anglais Jeffrey Hatcher qui en a tiré une pièce de théâtre, Compleat Female Stage Beauty , dont l’influence est prégnante dans le film Stage Beauty de Richard Eyre.

2012 – le Houston Grand Opera a annoncé « Prince of Players », la nouvelle oeuvre du compositeur américain Carlisle Floyd, dirigée par Patrick Summers, mise en scène par Michael Gieleta, avec Ben Edquist dans le rôle d’Eward Kynaston.

2015 – Kynaston apparait aussi comme un personnage de la production « Nell Gwynn* », jouée par Greg Haiste en 2015. Gwynn ou Gwynne, née Eleanor (1650-1687) est une actrice anglaise, certainement la plus célèbre des nombreuses maîtresses du roi Charles II d’Angleterre.

Par : Lio de France
1° publication (sur DG) : 21.01.2016

Y a t-il une Danish Girl en VOus ?


Lili Elbe
est née Einar Wegener le 28 décembre 1882 et elle morte le 13 septembre 1931,. Elle est une artiste danoise connue pour être la première personne à avoir subi une chirurgie de réattribution sexuelle en 1930. Selon certains auteurs, elle était une personne intersexuée.

Biographie

 Lili Elbe en 1920.

Lili Elbe fait la connaissance de Gerda Gottlieb qui devient son épouse en 1904, alors qu’elle a dix-neuf ans et travaille aussi comme illustratrice.

Lili Elbe en 1926.

Pour servir de modèle à son épouse Einar Wegener accepte de s’habiller en femme, et c’est à cet instant que serait né Lili Elbe qui apparaîtra de plus en plus en tant que femme, tandis que Gerda la présente comme la sœur d’Einar.

1930, Lili part en Allemagne afin de subir une série de cinq opérations de réattribution sexuelle en deux ans. La première opération, qui consiste à retirer les testicules (orchiectomie) se fait sous la supervision du sexologue Magnus Hirschfeld à Berlin. Les autres opérations ont lieu à  Dresde. Lors de la deuxième opération, son pénis est retiré et des ovaires lui sont transplantés, mais qui, à cause de complications, seront retirés lors des deux opérations suivantes. La dernière opération consiste à lui transplanter un utérus. Elbe voulait devenir mère.

Il est possible que Lili Elbe ait été intersexe, car à la naissance, elle avait déjà une apparence plus féminine que masculine.

1930, en octobre, le roi du Danemark Christian X fait annuler le mariage. Wegener fait alors changer son identité et reçoit un passeport au nom de Lili Elbe.

1931,  Lilli meurt des suites de sa dernière opération, une greffe d’utérus, qui a eu lieu trois mois plutôt, sans doute à cause d’un rejet de la greffe.

2001, l’américain David Ebershoff, publie un roman inspiré de sa vie, The Danish Girl.

2015, sortie d’un film adapté du roman d’Ebershoff et réalisé par Tom Hooper avec Eddie Redmayne dans le rôle titre. Après avoir été bien accueilli par la Mostra de Venise en septembre, ce long métrage a cependant reçu des critiques  dus au fait que le rôle de Lili Elbe ait été attribué à un homme hétérosexuel. Reproche injustifié au vu de l’interprétation magistrale de Redmayne dont les tendances sexuelles n’ont que peu d’influence dans son registre d’acteur. Faut-il être un gangster pour jouer le rôle d’Al Capone ?

1° publication sur DG : 22.01.2016

Madeleine Pelletier, psychiatre travestie

Femme travestie en homme et morte il y a 75 ans, Madeleine Pelletier était la première interne en psychiatrie

FÉMINISME – « Un chapeau melon, un costume d’homme et une canne, qui lui donnent un faux air d’Olivier Hardy ». Ce n’est pas un homme d’affaires que décrit Hélène Soumet dans son livre Les travesties de l’histoire, mais une femme qui, il y a 75 ans, le 19 décembre 1939*, mourrait dans l’indifférence, internée dans un asile après avoir été accusée de pratiquer des avortements. Cette femme, travestie comme l’indique le titre de ce livre, était pourtant loin d’être méconnue à son époque. Et pour cause, elle était la première femme interne en psychiatrie.

« Si elle n’a pas eu de procès lorsqu’on a découvert qu’elle pratiquait des avortements, c’est parce qu’elle était très connue », explique Hélène Soumet, professeur de philosophie et de culture générale, que Le HuffPost a contacté. A l’époque, celle qu’on appelait les « faiseuses d’ange » étaient en effet guillotinées.

Fille d’un père cocher et d’une mère marchande de légumes, Madeleine Pelletier naît le 18 mai 1874 « dans la crasse et les odeurs nauséabondes d’une pauvre échoppe de fruits et légumes des Halles » à Paris. Son enfance est synonyme de calvaire, elle grandit dans une maison dégoûtante avec une mère qui la maltraite. « Elle avait un milieu social abominable, ne faisait pas du tout partie du milieu de la bourgeoisie », nous précise Hélène Soumet. De cette jeunesse, elle en ressortira avec un profond dégoût du corps humain. « L’idée même d’avoir ‘été dans le ventre de madame Pierrot (sa mère, ndlr) mêlée aux boyaux et au caca’ lui est insupportable », raconte Hélène Soumet reprenant les propos de Madeleine dans son autobiographie La Femme vierge, publiée en 1933.

madeleine pelletier

[Portraits de Madeleine Pelletier ©Wikimedia Commons]

« Elle prend alors conscience de la situation de la femme, éternelle mineure, étranglée dans son corset, vouée au mariage, véritable esclave sexuelle de l’homme. »

Elle quitte l’école à 12 ans. Brillante, elle saura pourtant s’éduquer seule, passant des journées entières dans les bibliothèques. Vers 1887, un livre la marquera à tout jamais: Fédora la nihiliste, ou l’histoire d’une femme qui se révoltait. « Elle prend alors conscience de la situation de la femme, éternelle mineure, étranglée dans son corset, vouée au mariage, véritable esclave sexuelle de l’homme. Pour échapper à ce destin servile, elle commence à porter des tenues masculines », écrit Hélène Soumet.

A savoir, elle commence à porter le pantalon sans – quelle offense! – en demander l’autorisation au préfet auparavant, ce qui était obligatoire à l’époque. L’ordonnance du 16 brumaire an IX (7 novembre 1800), ou “ordonnance concernant le travestissement des femmes”, abrogée seulement le 31 janvier 2013, exigeait notamment que :

2 – Toute femme, désirant s’habiller en homme, devra se présenter à la Préfecture de Police pour en obtenir l’autorisation.

3 – Cette autorisation ne sera donnée que sur le certificat d’un officier de santé, dont la signature sera dûment légalisée, et en outre, sur l’attestation des maires ou commissaires de police, portant les noms et prénoms, profession et demeure de la requérante.

4 – Toute femme trouvée travestie, qui ne se sera pas conformée aux dispositions des articles précédents, sera arrêtée et conduite à la préfecture de police.

En 1896, Madeleine réussit son bac. Un an plus tard, elle obtient une bourse d’études par le conseil de Paris. Dans la foulée, elle prépare un certificat d’études en physique et chimie, puis s’inscrit en médecine en 1899. Elle réussira le cursus en 5 ans, avant de vouloir poursuivre ses études en demandant un internat en psychiatrie.

« L’internat lui est refusé car elle est une femme et ne jouit donc pas de droits politiques – exactement comme un prisonnier ou un apatride. »

C’est là que les choses se compliquent pour elle. « En 1903, l’internat lui est refusé car elle est une femme et ne jouit donc pas de droits politiques – exactement comme un prisonnier ou un apatride -, c’est le prétexte qu’on lui avance pour l’exclure », lit-on dans Les Travesties de l’histoire. Les femmes sont acceptées en internat dans les hôpitaux depuis 1885, mais pas encore dans les asiles.

Heureusement, elle est aidée par Marguerite Durand, dirigeante du journal féministe La Fronde, qui lance une campagne de presse contre cette injustice.

La même année, elle devient la première femme interne des asiles. A ce moment-là, elle porte des robes et a encore les cheveux longs. Mais cela ne suffira pas à faire d’elle une interne normale. Parce qu’elle est une femme, ses confrères « lui mènent la vie dure ». « Le monde n’aime pas les femmes qui se distinguent du troupeau, les hommes les rabaissent, les femmes les détestent », écrit-elle à son amie Arria Ly.

Extrême – pour l’époque – dans ses idées, elle décide de ne pas y aller par quatre chemins. En 1905, elle se coupe les cheveux et adopte définitivement les vêtements pour homme.

Malgré tout, elle ne réussit pas à devenir psychiatre. « Après avoir insisté pour passer le concours, elle le rate », précise Hélène Soumet. « Elle est alors nommée médecin des Postes. La première femme à devenir psychiatre est Constance Pascal« .

madeleine pelletier

« Je montrerai les miens [seins] dès que les hommes commenceront à s’habiller avec une sorte de pantalon qui montre leur… »

« Il existe plusieurs formes de travestissement », tient à nous préciser Hélène Soumet. « Certaines femmes se travestissent car elles veulent séduire d’autres femmes, les ‘queer‘ qui, dans la lignée des écrits de Judith Butler, soutiennent que le genre n’est pas fixe, et le travestissement « émancipationniste », celui de Madeleine Pelletier. »

Avant-gardiste, Madeleine a un avis bien tranché sur les injonctions faites aux femmes. « Pour elle, c’est une réelle perte de temps de s’habiller aux normes de l’époque. Les corsets sont tellement serrés qu’on ne peut rien faire », précise Hélène Soumet. Mais plus encore, son costume d’homme est un vrai symbole d’une lutte pour l’égalité des sexes. « Mon costume dit à l’homme, je suis ton égale », écrit-elle en 1919. Ou encore, « Je montrerai les miens [seins] dès que les hommes commenceront à s’habiller avec une sorte de pantalon qui montre leur… »

Néanmoins, elle ne sera pas soutenue par les féministes de l’époque, qui estiment que son travestissement est une trahison envers les femmes. Preuve de ce profond rejet, Madeleine Pelletier n’aura d’ailleurs que très peu de patients durant toute sa vie, la plupart étant des prostituées.

« Le voyage à Lesbos ne me tente pas plus que le voyage à Cythère »

Pourtant, le travestissement n’était pas la seule carte féministe qu’elle avait entre les mains. Très impliquée en politique et militante (elle était membre de la SFIO), elle conseille aux femmes de pratiquer l’autodéfense. Elle entend également faire voler en éclats les conceptions de la famille et de la sexualité. Pour elle, la cellule familiale est un lieu d’oppression de la femme. Quant à la sexualité, elle l’a toujours rejetée par conviction. « Elle refusait tout acte sexuel, nous explique Hélène Soumet, car elle estimait qu’on devenait dépendant de l’autre, sa chose. C’était hors de question pour elle d’être contrôlée! » Elle est également accusée de lesbianisme. Mais à ces accusations, elle botte en touche: « Le voyage à Lesbos ne me tente pas plus que le voyage à Cythère » (Lesbos, île de naissance de Sappho d’où vient le mot saphisme; et Cythère, l’île de tous les plaisirs), a-t-elle écrit .

Mais surtout, Madeleine Pelletier défend le droit à l’avortement, et le pratique. En 1913, elle ose d’ailleurs publier Le droit à l’avortement. « Son féminisme était vraiment radical. Elle voulait soulager les femmes », nous indique Hélène Soumet. Pendant des années, elle aidera ces femmes en détresse, certainement des prostituées pour la plupart.

Ce n’est qu’en 1937 qu’elle se fait dénoncer. Par un homme qui avait violé l’une de ses patientes âgée de 14 ans. Cet homme était le frère de la jeune fille.

Connue pour son engagement politique, l’aide fournie à la Croix rouge pendant la première Guerre mondiale, et parce que la confrérie des médecins est sacrée, elle est inculpée puis relaxée.

A la place de la prison, elle a donc eu le droit à l’asile. Ayant été victime d’un accident vasculaire cérébral la même année, la déclarer folle et plus en possession de tous ses moyens fut d’une extrême facilité. Elle meurt désespérée sept mois plus tard. Il faut attendre des années pour que ses combats soient évalués à leur juste valeur. Mais elle le disait elle-même: « Je suis née plusieurs siècles trop tôt ».

* Les avis divergent quant à la date exacte de son décès, il se pourrait qu’il s’agisse du 29 décembre et non pas du 19.

 

1° publication sur DG : 19.01.2016

Qui est Guillaume Gallienne ?

GallienneGuillaume1

En attendant, l’écriture complète et les commentaires circonstanciés, nous ne pouvons pas attendre de vous proposer la bande annonce du film jubilatoire écrit et interprété par Guillaume Gallienne : « Les Garçons et Guillaume à Table »

Biographie

Guillaume Gallienne est né le 08. 02.1972 à Neuilly-sur Seine ; il est un acteur, scénariste et réalisateur français, sociétaire de la Comédie-Française.

Guillaume Gallienne a reçu de multiples récompenses dont deux Molières en 2010 et 2011 puis quatre Césars en 2014.

La majorité de ses récompenses sont dues à son spectacle, puis son film autobiographique, Les Garçons et Guillaume, à table !. Guillaume Gallienne y joue son propre rôle, ainsi que celui de sa mère, remportant à l’occasion de cette double performance le César du meilleur acteur.

Jeunesse

Fils d’un père français et d’une mère issue de l’aristocratie russo-géorgienne à la personnalité extravagante, Guillaume Gallienne est le troisième garçon d’une fratrie de quatre enfants ; il passe sa jeunesse dans le 16° arrdt de Paris. Durant son enfance et son adolescence, il est complexé par sa faiblesse physique. Sa mère le distinguant de ses frères, il en arrive à considérer ne pas être un garçon comme eux et adopte des attitudes féminines. Lui-même explique, par la suite : « J’ai décidé d’imiter les femmes et en particulier ma maman. Je jouais la fille dans ma chambre mais c’était surtout dans ma tête. Même encore maintenant, il y a des moments où je réagis comme une femme. On me prenait pour un efféminé, pour un homosexuel,, mais moi je me prenais pour une fille ». Cela le conduit, à l’âge de douze ans, à tomber en dépression. Il parvient à en sortir en « trouvant sa voix » grâce à un phoniatre et en consultant un psychanalyste. Cet aspect de sa biographie fournit plus tard la matière de son show Les Garçons et Guillaume, à table !, qu’il adapte ensuite au cinéma.

Formation

Guillaume Gallienne suit d’abord une scolarité en hypokhâgne au lycée Jean-Pierre Vernant à Sèvres puis obtient une maîtrise d’histoire. Il découvre sa vocation de comédien à l’âge de 18 ans, à la suite du décès d’une cousine à laquelle il était très attaché : « Sa mort, un 24 décembre, m’a réveillé : si je peux crever demain, alors je veux faire du théâtre ». Il est élève au Cours Florent pendant quatre ans (cycle de formation et Classe libre) ; il étudie ensuite au Conservatoire national supérieur d’art dramatique dans les classes de Dominique Valadié, Stéphane Braunschweig et Daniel Mesguich.

 

Les Garçons et Guillaume, à table ! est une adaptation de son spectacle de 2008, où il incarnait déjà sa mère. Le film égale le record de nominations aux César du cinéma en étant présent dans 10 catégories.

Alors que l’attention des médias se porte sur ce film, Guillaume Gallienne y est revenu, dans l’émission Sept à Huit, pour y confier les similitudes avec sa propre jeunesse : il indique par exemple qu’il « a été obligé d’admettre très tôt qu’il ne pourrait jamais correspondre aux critères de masculinité qu’il y avait dans sa famille », et qu’il a été confronté à l’homophobie dès l’âge de 10 ans. Lui-même précise être bisexuel : « Dans la vie, j’ai toujours aimé les deux. J’étais tombé amoureux d’autres femmes avant et d’autres hommes. J’aurais pu faire la bonne rencontre avec un homme, il se trouve que ça s’est fait avec une femme. (…) Sexuellement, je peux aller partout, no limit, mais dans mon coeur, oui, il se trouve que vraiment j’aime ma femme ».

En 2014, Les Garçons et Guillaume, à table !, remporte cinq Césars : meilleur film, meilleur acteur, meilleur premier film, meilleur montage et meilleure adaptation.

Guillaume Gallienne est marié et père d’un enfant, né en 2007.
Lui et son épouse sont Russes orthodoxes.

Commentaires sur Les Garçons et Guillaume à Table ! (à venir)

Par : Lio de France / [DG]
Publié initialement le : 21.01.2016

Que suis-je, homme ou femme ?

PostedePelotagePhoto : dans ce poste de « pelotage » combien y a t-il d’homme ?  😉

QUE SUIS-JE … HOMME OU FEMME ?

À celles et ceux qui se posent des questions existentielles du style :
– Oui, j’ai vu que vous aimiez les robes ; seriez-vous un travesti ?

  • Ah non ! je ne me travestis point, je m’habille en femme … nuance !

À 99 % les travestis sont (ou ont) des tendances homosexuelles, alors qu’en ce qui me concerne,  je suis labellisé « 100% hétéro ». De plus, je ne prétends aucunement être une femme. Peut-être même, suis-je quelqu’un qui me vêt comme elles, parce que je les admire ; une sorte d’hommage à l’éternel féminin …

… mais pas au point de vouloir leur abandonner de bonne grâce, tout ce qu’elles nous ont confisqué au fil des siècles : maquillage, poudre, perruques, chemises brodées, robes, bas, chaussures à talons hauts. A titre de seul exemple, dans la Chine ancienne, les talons hauts étaient réservés … aux hommes.

LouisXIV

A la cour du Roi Soleil, les jeunes garçons, jusqu’à l’âge de 14 ans, voire plus, étaient très souvent habillés comme les filles, en robe : à l’instar de Philippe de France (ou d’Orléans), dit Monsieur, frère du roi Louis XIV, ou encore son complice, l’abbé de Choisy, alias la Comtesse de Barres.

Si vous observez le célèbre portrait portrait de Louis XIV, vous remarquerez qu’il porte : perruque frisée, chemise de dentelle, bas de soie avec jarretelles, de mignons escarpins blancs à rubans de couleur  et à brides ouvertes sur des talons … rouges.

Ceci dit, rassurez-vous, car comme le chante Michel Polnareff* :
« je suis un homme, je suis un homme, quoi de plus naturel en somme … et le tout Paris, pourra juger de mon anatomie. »

  • Encore une question : pourquoi aimez-vous vous habiller en femme ?

  • Ma plus simple réponse : parce que ça me plait ! Maintenant, si vous souhaitez que je détaille : j’aime les tissus féminins, l’infinie palette des couleurs disponibles, l’incomparable profusion des matières et des formes, la légèreté des vêtements, l’aisance des mouvements (sauf peut-être en jupe crayon), le choix très diversifié …

… et puis, je ne fais de mal à personne, sauf aux jalouses qui croient que j’essaye de les imiter et qui peut-être, se trouvent moins belles que moi, ah, ah, ah !

  • PAROLES de « Je suis un homme », par Michel Polnareff

La société ayant renoncé
A me transformer
A me déguiser
Pour lui ressembler
Les gens qui me voient passer dans la rue
Me traitent de pédé
Mais les femmes qui le croient
N’ont qu’à m’essayer.

Je suis un homme
Je suis un homme
Quoi de plus naturel en somme
Au lit mon style correspond bien
A mon état civil
Je suis un homme
Je suis un homme
Comme on en voit dans les muséums
Un Jules, un vrai
Un boute-en-train, toujours prêt, toujours gai.

A mon procès
Moi, j’ai fait citer
Une foule de témoins
Toutes les filles du coin
Qui m’ connaissaient bien
Quand le président m’a interrogé
J’ai prêté serment
J’ai pris ma plus belle voix
Et j’ai déclaré :

Je suis un homme
Je suis un homme
Quoi de plus naturel en somme
Au lit mon style correspond bien
A mon état civil
Je suis un homme
Je suis un homme
Pas besoin d’un référendum
Ni d’un expert pour constater
Qu’elles sont en nombre pair

En soixante dix
il n’est pas question
Ce serait du vice
De marcher tout nu
Sur les avenues.
Mais c’est pour demain
Et un de ces jours
Quand je chanterai
Aussi nu qu’un tambour
Vous verrez bien que :

Je suis un homme
Je suis un homme
Et de là-haut
Sur mon podium
J’éblouirai le tout Paris
De mon anatomie
Je suis un homme
Je suis un homme
Quoi de plus naturel en somme
Au lit mon style
Correspond bien à mon état civil.

Je suis un homme
Je suis un homme
Et de là-haut
Sur mon podium
J’éblouirai le tout Paris
De mon anatomie
Je suis un homme
Je suis un homme
Quoi de plus naturel en somme
Au lit mon style
Correspond bien à mon état civil.

Je suis un homme, Je suis un homme La la la la la la la
Je suis un homme, Je suis un homme La la la la la la la
Je suis un homme, Je suis un homme La la la la la la la

Par : Lio de France
Publié le : 21.01.2016

Sarah Bernardt et ses rôles travestis

«Je puis dire que j’ai eu la chance rare, et je crois unique, de jouer trois Hamlet : le noir Hamlet de Shakespeare, l’Hamlet blanc de Rostand, l’Aiglon, et l’Hamlet florentin d’Alfred de Musset, Lorenzaccio.»

Hamlet – 1886 et 1899 au théâtre, puis 1900 au cinéma

«On m’a souvent demandé pourquoi j’aime tant à représenter des rôles d’hommes et en particulier pourquoi j’ai préféré celui d’Hamlet à celui d’Ophelia. En réalité, je ne préfère pas les rôles d’hommes, mais les cerveaux d’hommes, et parmi tous les caractères, celui d’Hamlet m’a tentée entre tous parce qu’il est le plus original, le plus subtil, le plus torturé et cependant le plus simple pour l’unité de son rêve.

Cet être d’apparence si complexe n’a qu’une idée : venger son père. Cette idée, il est vrai, se décompose en deux parties : d’abord est-il certain que la mort du père soit le fait d’un crime ? Ensuite n’y a-t-il point dans ce drame et les circonstances qui l’entourent une part d’invention du Malin ? […]

C’est certainement une grande joie pour un artiste de pouvoir interpréter un caractère aussi complexe. J’ai eu cependant de longues années le désir de jouer Hamlet, et je ne me suis décidée que lorsque j’eus lu l’admirable traduction de Marcel Schwob. J’avais joué Ophelia dans l’Hamlet de Cressonnois, mais Ophelia ne m’apportait rien de nouveau, comme étude de caractère.

Un Anglais très érudit, très épris de Shakespeare, me demandait qui m’avait initiée à ce mystérieux Hamlet :

– Mais… lui-même ! lui répondis-je. Chaque fois qu’Hamlet se trouve seul et dévoile le fond de son âme mystérieuse.

Les rôles d’hommes sont en général plus intellectuels que les rôles de femmes. Voilà le secret de mon amour. Il n’est pas de caractère féminin qui ait ouvert un champ aussi large pour les recherches des sensations et des douleurs humaines que l’a fait celui d’Hamlet. Phèdre, seule, m’a donné le charme de fouiller un coeur vraiment angoissé.»

Clément Maurice – Le duel d’Hamlet (1900) – Avec Pierre Magnier (Laertes) et Sarah Bernhardt (Hamlet)

Sarah Bernhardt et Pierre Magnier
Cinémathèque Française/Gaumont Pathé Archives


Création du rôle-titre de Lorenzaccio, 1896 et 1912

«Hamlet et le duc de Reichstadt ont l’âme désemparée par une mère indigne. La civilisation a mis une sourdine aux revendications du fils de Napoléon. Comme Hamlet ironise avec Horatio, l’Aiglon ironise avec son professeur :

– Prisonnier ? non pas, mais…

Dans les deux Hamlet, le noir et le blanc, même scène entre la mère et le fils. Scène brutale dans Shakespeare, mais effrayante de vérité et de sauvagerie. Dans Rostand, les mots sont choisis, la civilisation a modéré la colère, la courtoisie enveloppe le sarcasme : mais la douleur reste la même. J’ai aimé passionnément ces deux Hamlet.

Le troisième, Lorenzaccio, est moins pur. Les moyens dont il se sert pour arriver à son but sont déshonorants, mais cela se passe sous la Renaissance… L’Hamlet de Shakespeare se débat contre les poignards, les pièges et les poisons. L’Hamlet de Rostand est ligoté par les fils invisibles de la politique : plus il essaie de s’en défaire, plus ils l’enserrent.

L’Hamlet de Musset est noyé dans les intrigues, les orgies et la somptueuse luxure ; mais il a, dans le fond de son âme, la petite flamme qui illumine par moments tout son être. Ce n’est pas un père assassiné, un père déchiré et trahi qu’il a à venger : c’est une mère égorgée, et cette mère, c’est la Patrie. Il se laisse bafouer et traiter de lâche pour arriver à ses fins. Il dévoile la véritable nature de son âme à Philippe Strozzi, le plus honnête homme des honnêtes hommes. Les écluses de son coeur meurtri, il les ouvre dans une magnifique envolée. Et ce plaidoyer est d’une puissance incomparable. Je me sens frissonner dans tout mon être quand je deviens l’interprète du poète. Dans aucun caractère de femme je ne retrouve une telle variété de sentiments, une telle puissance évocatrice.»


Création du rôle-titre de L’Aiglon, 1900

Enregistrement audio d’une tirade de l’Aiglon (V, 5) dans la plaine de Wagram – 1910

«A l’étranger, j’ai vu jouer Hamlet par plusieurs tragédiens et j’ai toujours eu la sensation d’un désaccord entre la pensée dévorante et la plastique de celui que je voyais agir. Ces tragédiens me semblaient en trop belle santé, en muscles trop solides pour exprimer tant d’insomnies désespérées, tant de combats intérieurs. La peine qui dévore ce malheureux Hamlet ne peut lui laisser les beaux mollets, l’estomac bombé, la belle carrure. Je sais bien que grâce au blanc, le teint est pâle ; que grâce au noir, l’oeil est cerné, mais la belle apparence de santé de tout le reste du corps jette un défi à cette mine défaite.

Hamlet, l’Aiglon, Lorenzaccio, sont des cerveaux hantés par le doute et la désespérance, des coeurs battant toujours plus fort et sans cesse torturés par leurs rêves évocateurs. L’âme brûle le corps. Il faut en voyant et en entendant agir ces Hamlet, il faut qu’on ait la sensation que le contenu va faire éclater le contenant. Il faut que l’artiste soit dépouillé de virilité. Il nous fait voir un fantôme amalgamé des atomes de la vie et des déchéances qui conduisent à la mort. C’est un cerveau sans cesse en lutte avec la vérité des choses. C’est une âme qui veut s’échapper de son enlacis charnel. C’est pourquoi je prétends que ces rôles gagneront toujours à être joués par des femmes intellectuelles qui seules peuvent conserver leur caractère d’êtres insexués, et leur parfum de mystère.

Si j’avais été un homme, il me semble que j’aurais eu une si belle carrière ! Toujours au théâtre, la part faite aux hommes est la plus belle. Et c’est cependant le seul art où les femmes peuvent parfois être supérieures aux hommes.»


Extraits de : Sarah Bernhardt – L’art du théâtre,
Souvenirs de scène
, éd. Sauret, Monaco, 1993, pp.135-140.
Première publication (sur Double Genre) : 04.02.2016
SOURCE : lettresvolees.fr

Transgenres, handicapés, même combat ?

Une femme née sans bras ni jambes
réalise de magnifiques peintures

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Zuly Sanguino est une artiste et conférencière colombienne de 25 ans. Née sans bras ni jambes, elle nous prouve que la vie sans ces membres est tout sauf limitée.

Sanguino souffre d’une maladie génétique rare, le syndrome de tétra-amélie. La majorité des gens atteints meurent avant la naissance, ou peu après. Contre toute attente, Sanguino a survécu et est aujourd’hui une adulte accomplie et pleine de vie.

Dans une vidéo vue plus de quatre millions de fois, Sanguino révèle qu’elle a été victime d’intimidation et d’abus sexuel quand elle était enfant. Elle s’inspire de ces événements et de sa vie sans membres pour guider d’autres personnes. Elle gagne aussi sa vie en vendant ses peintures.

« Je témoigne auprès d’enfants victimes d’intimidation, ou qui ont des handicaps, afin de leur prouver que ces barrière physiques ou mentales ne doivent pas les retenir », raconte-t-elle au Daily Mail. « Je veux prouver à tout le monde qu’on peut accomplir n’importe quoi si on y met du cœur. »

Sa mère lui a appris comment faire son lit et se brosser les dents. Sanguino a été élevée en sachant qu’elle était capable d’accomplir les mêmes tâches que ses cinq frères et sœurs.

« J’ai demandé à ma mère pourquoi j’étais différente. Elle m’a répondu que je n’étais pas plus différente que d’autres personnes et que ça ne devait pas me retenir », dit-elle.

Après une tentative de suicide lorsqu’elle avait 15 ans, sa mère lui a dit qu’elle « continuerait briller et à montrer aux gens qu’on peut vivre une vie normale et heureuse avec un handicap. »

Et c’est exactement ce qu’elle fait. Elle aide à motiver d’autres jeunes personnes avec des handicaps à vivre de meilleures vies possibles. Sanguino désire se marier et avoir des enfants, en plus d’ouvrir un orphelinat et, dans le futur, de prononcer des conférences ailleurs dans le monde.

« Je suis la preuve vivante qu’on ne doit pas laisser les handicaps nous retenir », explique-t-elle.

Par : Nancy Flanders de LiveActionNews
Traduit par :  Campagne Québec-Vie
Publié le : 13.04.2016 | 21:47
Titre original : « Une femme née sans bras
ni jambes réalise de magnifiques peintures. »
Commentaires par : Lio de France / [DG]
Source : cqv.qc.ca

L’empereur Élagabal était-il un pervers ?

Il était une fois, il y a 1 800 ans, dans la ville d’Émèse, l’ancienne Homs de la Syrie actuelle de Bachar al Assad, une jeune personne que l’on avait fait passé pour le descendant d’un empereur ; il épousa diverses femmes dont il ne semblait pas particulièrement avoir apprécié les relations, et à 14 ans, il entama la carrière d’un empereur fastueux qui après avoir entretenu une kyrielle de gitons, célébré  moultes orgies phalliques, finira massacré dans les gogues de son palais. Voila bien un destin hors du commun !

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The Roses of Heliogabalus – 1880 par Sir Lawrence Alma-Tadema

ARTICLE 1/4

Élagabal, alias Héliogabale, né Varius Avitus Bassianus, puis Marcus Aurelius Antoninus.

Né vers 204, Élagabal s’appelait en réalité Varius Avitus Bassianus. Son arrière grand-père maternel Julius Bassianus, qui était aussi le beau-père de l’empereur Septime Sévère et prince de la ville syrienne d’Émèse (aujourd’hui Homs en Syrie), lui avait légué les fonctions de grand prêtre du Dieu solaire El Gabal, ou Héliogabale, vénéré dans sa ville… Ce qui explique le sobriquet malveillant que donneront plus tard à cet empereur des historiens latins forts critiques (c’est le moins qu’on puisse dire) à son égard. Notre Varius Élagabal était donc à la fois prince syrien, citoyen romain, prêtre du Soleil et petit cousin de Caracalla.

Après le meurtre de cet empereur (8 avril 217), toutes les femmes de la branche syrienne de la famille impériale, chassées de Rome, se replièrent dans leur fief d’Émèse. Il y avait là : Julia Moesa, grand-mère d’Élagabal, Julia Soaemia, sa mère et Julia Mammaea, sa tante et mère du futur empereur Alexandre Sévère. Et toutes de comploter à qui mieux mieux contre Macrin, l’assassin présumé et successeur de leur bon parent Caracalla.

Or, les hasards de la génétique avaient voulu que les traits du petit Varius Élagabal ne fussent pas sans rappeler ceux de son impérial cousin assassiné. Une telle coïncidence ne pouvait être qu’un signe du destin dont il fallait impérativement tirer parti ! Ces dames d’Émèse, mère d’Élagabal comprise, firent donc courir la rumeur qu’en fait, le petit Varius était bien le fils légitime de Caracalla.

C’était un très gros mensonge… Mais comme ni Caracalla, ni le vrai père d’Élagabal, un patricien romain nommé Sextus Varius Avitus, mort quelques années après la naissance de son fils, n’étaient plus en mesure de rétablir la vérité, les anciens soldats de l’empereur assassiné mordirent à l’hameçon, comme un seul poisson ! « Si la mère d’Élagabal elle-même confessait son adultère et la bâtardise de son rejeton, c’est qu’il devait y avoir anguille sous roche », pensèrent-ils. Et puis surtout, les légionnaires avaient tellement envie d’accréditer cette fable… L’empereur Macrin commençait sérieusement à leur pomper l’air, lui qui vivait dans le luxe, le calme, la volupté et la débauche à Antioche tandis qu’eux croupissaient sous de pauvres tentes, parqués comme des bêtes de somme aux confins du désert syrien ! Et comble du comble, ce civil, qui ne connaissait guère l’armée que par ouï-dire, avait le culot d’exiger une discipline de fer… des contraintes inhumaines auxquelles il aurait bien été incapable de se plier lui-même !

La fiction de la naissance illustre du petit Varius Élagabal était donc la bienvenue ; elle permettrait à l’armée de se débarrasser du tyran en sauvegardant les apparences de la légalité. Et les soldats, en masse, d’abandonner les infâmes campements où les cantonnait Macrin pour venir, sous les murs d’Émèse, voir, entendre, applaudir et complimenter ce petit Élagabal, qui ressemblait tant à leur cher imperator Caracalla …

Macrin tenta bien de réagir, mais les quelques maigres troupes qu’il parvint péniblement à rassembler pour affronter son jeune rival désertèrent sur le champ de bataille. L’assassin de Caracalla, abandonné de tous, s’enfuit et fut exécuté peu après, ainsi que son fils Diaduménien, qu’il avait déjà présomptueusement désigné pour lui succéder.

Au mois de juin 218, le jeune Varius, qui avait repris le nom de Marc Aurèle (Marcus Aurelius Antoninus) déjà abusivement porté [par] son père supposé Caracalla, se retrouvait le seul maître de tout l’Empire romain. Il avait quatorze ans.

Bien sûr, l’historien grec Hérodien (V, 6 : 1) indique bien qu’au début de son règne, Élagabal « envoya à la mort un très grand nombre de personnages célèbres et riches, accusés auprès de lui, d’avoir désapprouvé et raillé son comportement ». Mais il y a tout lieu de croire qu’il ne s’agissait là que de la très classique « épuration politique » qui marquait toujours la réussite du coup d’état d’un prétendant à l’Empire romain [cf. épuration à la Libération, France 1945 😉 ndle]. Car, si l’on examine soigneusement les récits, souvent ébouriffants, rapportés par les historiens antiques, on en arrivera à la conclusion qu’Élagabal fut, en réalité, plus dispendieux que cruel et plus extravagant que vraiment méchant.

Ses biographes, partiaux, ont en effet fortement exagéré les vices de celui qui n’était, finalement, qu’un « sale gamin », ivre de son pouvoir soi-disant absolu.

Citons, en guise d’exemple : « Il proposait à ses invités une sorte de sujet de concours consistant à trouver de nouvelles recettes pour relever le goût des mets et celui dont il appréciait le plus la trouvaille se voyait offrir une récompense magnifique (…). En revanche, si l’un d’entre eux avait inventé un condiment qui lui déplaisait, il l’obligeait à continuer d’en manger jusqu’à ce qu’il en ait trouvé un meilleur. »

Il n’y a pas là de quoi fouetter un chat, mais ses biographes antiques ont monté en épingle ce genre d’anecdote pour faire de ce gamin un tyran sanguinaire, alors qu’en fait, ce soi-disant despote sanguinaire tremblait comme une feuille devant l’armée, si menaçante, et devant sa propre famille, véritable nid de vipères intrigantes.

Ces écrivains antiques, en racontant la vie Élagabal, se montrèrent en l’occurrence plus moralistes qu’historiens. Par des descriptions violemment contrastées, ils opposèrent un empereur qu’ils voulaient totalement pervers à son cousin et successeur, Alexandre Sévère, qu’ils présentaient (avec tout autant d’exagération) comme le parangon de toutes les vertus.

Soaemias

Dans la réalité des faits, Élagabal, fastueuse marionnette, laissa les rênes du gouvernement à sa grand-mère, Julia Moesa et à sa mère, Julia Soaemias.
Ce furent cette emprise féminine, la superstition de l’empereur, ses caprices enfantins, ses dépenses inconsidérées, ses mariages homosexuels, et non son tempérament cruel ou sanguinaire, qui horripilèrent les « vieux Romains » et précipitèrent sa chute.

Cependant, après cinq années de règne, Élagabal bénéficiait toujours du soutien de l’armée. Il le perdit par maladresse.

La grand-mère d’Élagabal, Julia Moesa, pressentant que les vices de son petit-fils finiraient par le perdre, lui et sa famille, le convainquit d’adopter son cousin, Sévère Alexandre et de l’associer au pouvoir au titre de « César ». Ce jeune homme était la parfaite antithèse d’Élagabal : sévère, Alexandre l’était plutôt deux fois qu’une ! Avisé, vertueux, patient et sage, il parvint à se rendre populaire auprès de la seule force qui comptât réellement dans l’Empire : l’armée.

Aussi, quand les soldats apprirent qu’Élagabal cherchait à se débarrasser de son cousin et associé, ils commencèrent à murmurer contre leur bougre d’empereur. C’était sans doute une rumeur non fondée car, à ce moment, il semble bien qu’Élagabal avait accepté de bon cœur le partage du pouvoir que lui avait proposé sa grand-mère et qui prévoyait qu’il se consacrerait uniquement à ses activités religieuses tandis que son cousin assumerait les contraintes politiques et militaires du pouvoir.

Moesa

Mais quoi qu’il en soit, Élagabal, à ce moment, commit la plus incroyable des boulettes. Confronté à une armée de plus en plus hostile, au lieu de calmer le jeu, il fit courir le bruit de la mort d’Alexandre, sans doute pour mieux évaluer la popularité de son cousin. Ce fut l’émeute : peuple, Sénat et surtout l’armée se massèrent devant le palais pour demander des comptes à l’empereur (impératrice – prêtre(sse).

Heureusement, pour sauver sa tête, l’empereur put exhiber au balcon un Alexandre bien vivant. La foule se calma un peu et commença même à se disperser. Mais le rancunier Élagabal, dans un ultime caprice enfantin, voulut faire arrêter les meneurs de la manifestation et les condamner pour crime de lèse-majesté.

Alors, la foule furibarde envahit le palais, et ce fut le carnage… Les favoris et les mignons de l’empereur furent d’abord littéralement dépecés, émasculés, empalés (« afin que leur mort fût en conformité avec leur vie », dit le chroniqueur). Ce fut ensuite le tour de l’empereur qui fut massacré dans les latrines du palais. Son corps fut traîné à travers les rues de Rome, puis la populace tenta de jeter le cadavre aux égouts, mais, comme les conduits étaient trop étroits, l’impérial cadavre fut finalement balancé dans le Tibre (11 mars 222).

Les historiens, anciens modernes, considèrent qu’Élagabal fut, à l’instar de Néron, Domitien et Commode, un empereur dément, un « César fou ». Il se trouve pourtant un aspect de son règne moins incohérent que les autres : il s’agit de sa politique religieuse.

Le jeune empereur se considérait, avant tout, comme le grand-prêtre de son dieu solaire El Gabal. À ce titre, il aurait voulu que le soleil d’Émèse domine, et à terme supplante, toutes les autres divinités.[…]

Dès lors, quoiqu’on puisse ironiser sur le ridicule mariage qu’Élagabal célébra entre deux cailloux, l’un représentant son dieu solaire d’Émèse et l’autre la divinité lunaire, acheminée à grands frais de Carthage, en matière de politique religieuse, le jeune empereur eut donc le grand tort d’avoir raison trop tôt.

Malgré son souci de promouvoir le culte solaire, l’empereur Élagabal laissa les Chrétiens en paix. Le rédacteur, anonyme et tardif (Ve siècle), de l’Histoire Auguste prétend bien qu’il aurait eu l’intention de transférer dans son temple du Soleil de Rome « les religions des Juifs, des samaritains et les rites chrétiens, afin que le clergé d’Héliogabale détienne les mystères de tous les cultes ». Cette affirmation relève sans doute uniquement de l’imagination débridée de l’auteur de l’Histoire Auguste. Cependant, il n’en est pas moins fort vraisemblable qu’Élagabal avait entendu parler de la religion chrétienne : les Chrétiens étaient nombreux en Syrie et Anicet, pape de 155 à 166, était, comme lui, originaire d’Émèse.

Nous noterons aussi qu’après l’assassinat d’Élagabal, la populace, qui venait de dépecer son empereur se livra à un violent pogrom anti-chrétien où le pape Calixte perdit la vie : écharpé par la foule, on lui attacha une pierre au cou et, en visant bien, on le jeta d’une haute fenêtre dans un puits profond.

Ce massacre tendrait à prouver que les Chrétiens de Rome étaient, pour le moins, considérés comme des amis et des alliés de l’empereur-grand-prêtre Élagabal.

Par : ?
Publié le : ?
Titre original : « Élagabal. »
Source : Empereurs-Romains.net
Note : Excellent site, à visiter absolument,
notamment pour sa bibliographie extraordinaire.

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ARTICLE 2/4 – LES ÉPOUSES D’ÉLAGABAL (218-222)

Proclamé empereur à Émèse en Syrie en mai 218, Élagabal n’arriva dans la capitale qu’en septembre 219, en paradant plus en grand-prêtre oriental qu’en empereur romain, comme il se conduira d’ailleurs pendant tout son règne. Alors peu après, dans l’effort d’améliorer les relations entre l’empereur et le Sénat réticent, et dans le but d’avoir un héritier, il épousait Julia Cornelia Paula, « la femme la plus noble des Romains » (selon Hérodien V 6-1), belle et cultivée, mais âgée d’environ 10 ans de plus (d’après ses portraits) que son époux, né en 203/204. On a voulu en faire la fille du célèbre juriste Julius Paulus qui fut exilé avec son collègue Domitius
Ulpianus, sous Élagabal.

Le mariage fut célébré par des largesses, des banquets, des combats de gladiateurs et le massacre d’animaux dont un éléphant et 51 tigres (selon Dion Cassius). Elle sera Augusta et sur les monnaies elle est nommée Julia Paula (le nom de Cornelia n’apparaît pas).

Malheureusement le couple resta stérile et, au bout de même pas un an de mariage, Julia Paula était répudiée pour le motif qu’elle avait une tâche sur le corps. Elle est renvoyée à la vie privée avec perte du titre d’Augusta et des privilèges afférents.

Élagabal jeta alors son dévolu sur une jolie vestale, âgée d’environ 25 ans, Julia Aquilia Severa, peut-être la fille d’un C. Julius Severus, descendant de famille royale asiatique, qui deviendra préfet de la Ville en 224, ou d’un sénateur Q. Aquilius. A la suite de ce rapt, le mariage eut lieu à la grande consternation des prêtres et du peuple de Rome, le scandale étant qu’une vestale, consacrée à la Déesse Vesta et à l’entretien de son feu, devait rester vierge pendant 30 ans. Caracalla (211-217) avait même mis à mort des Vestales sous ce prétexte. Alors, pour se justifier, l’empereur [qui ne manquait pas d’imagination, le bougre, Ndle] écrivit au Sénat pour proclamer que, non seulement il est tombé amoureux d’elle, mais que l’union d’un grand prêtre et d’une Vestale vierge donnerait des enfants divins.

Il n’en fut rien et, à l’été suivant en 221, il divorçait pour épouser cette fois Annia Aurelia Faustina, l’arrière petite fille de Marc Aurèle, dont on avait pris soin, sous prétexte d’opposition à l’empereur, de faire exécuter, même pas deux ans auparavant, le mari Pomponius Bassus, consul en 211 et légat de Mésie Inférieure en 217, dont elle n’avait pas encore fini de pleurer la disparition brutale. On constate sur les monnaies qu’Annia Faustina ne porte pas comme les princesses syriennes et les deux précédentes épouses d’Elagabal, le nom de Julia […]

Ce mariage dépareillé, Faustine devait avoir près de 20 ans de plus que son impérial époux, permettait de rattacher le « Faux Antonin » (comme l’appelle Dion Cassius) – le nom officiel de l’empereur étant Marcus Aurelius Antoninus – à la véritable lignée de Marc Aurèle. Il est d’ailleurs probable que ce mariage, comme celui de Julia Paula, ait été arrangé par la grand-mère du jeune empereur, Julia Maesa, inquiète des répercussions du mariage avec la Vestale. Mais, dès l’automne 221, Élagabal se séparait de Faustina.

Dion Cassius nous dit alors que l’empereur se serait uni à deux autres femmes. Ces « épouses » de quelques jours n’eurent ni le titre d’Augusta, ni monnaies à leur effigie. Au bout du compte, avant la fin de l’année 221, Élagabal avait repris Julia Aquilia Severa avec laquelle il resta jusqu’à son assassinat en mars 222. On ignore si Élagabal eut de vrais sentiments envers Severa ou s’il a davantage été concerné par le symbolisme du mariage. En tout cas il apparaît évident qu’Élagabal, prenant à cœur tout ce qu’il y avait de plus scabreux dans les religions orientales, eut une vie sexuelle pour le moins perturbée qui l’empêcha d’avoir des enfants.

Aurelius Victor et « l’Histoire Auguste » affirment même qu’il aurait sacrifié sa virilité en imitation des prêtres de Cybèle. Il est probable qu’Élagabal, circoncis, y songea, mais que, dans son désir d’avoir des héritiers, il se soit plutôt fait momentanément ligaturer les parties génitales. D’autre part on apprend qu’il aimait jouer à l’homme et surtout à la femme avec Hiéroclès. On raconte aussi qu’Élagabal aurait acheté 100.000 sesterces une courtisane de renom à laquelle il ne toucha pas. Difficile dans ces conditions d’avoir une descendance.

Sur Elagabal, signalons trois ouvrages en français :
– « Héliogabale le César fou » de Roland Villeneuve – Pierre Amiot 1957
– « Héliogabale ou l’anarchiste couronné » d’Antonin Artaud – Gallimard 1979
– « Héliogabale et le sacre du soleil » de Robert Turcan – Albin Michel 1985

En Bandes Dessinées, chez Glénat, Gilles Chaillet a bien réussi à reconstituer l’atmosphère du règne d’Elagabal dans la série « La dernière prophétie » en particulier le tome II « Les Dames d’Emèse » 2003 et le tome III « Sous le signe de Ba’al » – 2004 Voir le site

Par : Gricca
Publié le : 18.12.2005
Titre original : « LES EPOUSES D’ELAGABAL (218-222). »
Source : Empereurs-Romains.net

ARTICLE 3/4

La religion du sexe avec 1800 ans d’avance

Une pierre antique vient à notre secours, et nous donne l’explication des cérémonies phalliques. C’est une cornaline gravée, qui représente la pompe phallique. Un char triomphal porte une espèce d’autel, sur lequel repose le Phallus, d’une grandeur colossale. Un génie s’élève au-dessus du simulacre et tient sur lui une couronne suspendue. Le char, ainsi que la figure du génie, sont entièrement abrités par un dais ou vaste draperie carrée, soutenue aux quatre coins par des piques, dont chacune est portée par une femme à demi nue. Ce char est traîné par des boucs et des taureaux, sur lesquels sont montés des enfants ailés. Il est précédé par un groupe de femmes sonnant de la trompette. Plus avant, et en face du char, est une forme caractéristique du sexe féminin, représentant le Sinus veneris. Cette forme, proportionnée au Phallus élevé sur le char, est maintenue par deux génies qui semblent indiquer au Phallus la place qu’il doit occuper.

Cette cérémonie terminée, les dames romaines reconduisaient dévotement le Phallus dans sa chapelle, qui devint célèbre, dans la suite, par l’édifice que fit élever dans le voisinage l’empereur Héliogabale, où il établit un sénat de femmes, chargées de décider sur des questions de galanteries et de débauches ; et ces assemblées se tenaient à l’occasion de la fête du Phallus.

Les fêtes d’automne, consacrées à Bacchus, étaient appelées Bacchanales ; elles duraient depuis le 23 jusqu’au 29 octobre. On y voyait à peu près toutes les cérémonies pratiquées par les Grecs dans leurs Dionysiaques.

Lors des premiers temps de cette institution à Rome, les femmes seules présidaient à cette solennité ; les hommes y furent admis ensuite, et les mystères nocturnes de Bacchus dégénérèrent en débauches affreuses. Outre tous les excès du libertinage, on y commettait même des assassinats, des empoisonnements. Les initiés formaient une grande portion de la population de Rome ; l’ordre public était menacé, et le sénat, l’an 564 de la fondation de cette ville, abolit les Bacchanales. Mais dans la suite, du temps des empereurs, elles reparurent avec une licence égale à celle des Dionysiaques de la Grèce.

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ARTICLE 4/4

An 219 – Héliogabale prend la route de Rome avec une procession qui transporte une pierre noire tombée du ciel [celle du Mouhammad de l’islam ? ndle] sur un char d’or tiré par des chevaux blancs, qu’il conduit à reculons jusqu’au Palatin atteint durant l’été 219. « Il fit construire et consacra à Héliogabale un temple sur le mont Palatin auprès du palais impérial ; il y fit transporter tous les objets de la vénération des Romains : la statue de Junon, le feu de Vesta, le Palladium et les boucliers sacrés. […] Il disait en outre que les religions des Juifs et des Samaritains, ainsi que le culte du Christ, seraient transportés en ce lieu, pour que les mystères de toutes les croyances fussent réunis dans le sacerdoce d’Héliogabale. » Les religions nouvelles d’Isis, de Sérapis, ou de Cybèle, de Mithra ou des Chrétiens avaient leurs adorateurs à Rome, sans menacer pour autant le vieux panthéon romain. Mais Héliogabale semble vouloir imposer son dieu comme unique, au-delà de son assimilation à Jupiter. Les Romains furent scandalisés lorsqu’il enleva la grande Vestale Aquilia Severa pour l’épouser, en désir de syncrétisme symbolique, « pour que naissent des enfants divins », dira-t-il au Sénat. Mais, peu porté sur la gent féminine, Héliogabale ne la touchera jamais et s’en séparera rapidement.

Mariages homosexuels

Ensuite, ses « mariages » homosexuels, notamment avec deux « colosses » grecs prénommés Hiéroclès et Zotikos, vont choquer les historiens romains. La fin de son règne le verra tout occupé à célébrer publiquement des orgies homosexuelles avec des prostitués mâles (exolètes) recrutés pour l’occasion, à en croire l’Histoire Auguste et Aurélius Victor.

Orgies et démagogie

Prodigue et démagogue, Héliogabal offrit des fêtes au cirque et des combats d’animaux, il jeta au peuple des objets précieux. Il recevait, au milieu des histrions et des gitons, des convives à qui il offrait des raffinements de table dignes de Cléopâtre, parfois agrémentés de surprises redoutables, quand les convives se réveillaient de l’orgie dans une cage avec des lions ou des ours (apprivoisés, donc inoffensifs).[Ah, ah, il faut bien rire 🙂 ndle.]

Après trois années de règne, Héliogabale bénéficie encore du soutien de l’armée. Il le perd par maladresse. En juillet 221, sa grand-mère, Julia Maesa, pressentant que les vices de son petit-fils finiraient de les perdre lui et sa famille, le convainc d’adopter son cousin Alexianus Bassanius, sous le nom de Sévère Alexandre, et de l’associer au pouvoir avec le titre de « césar ». Ce jeune homme est l’antithèse d’Héliogabale : sévère, avisé, vertueux, patient et sage. Il parvient à se rendre populaire auprès de la seule force qui compte réellement dans l’Empire, l’armée.

Aussi, quand les soldats apprennent qu’Héliogabale cherche à se débarrasser de son cousin et associé, ils commencent à murmurer contre lui. Héliogabale veut faire arrêter les meneurs mais une foule furieuse envahit le palais impérial et massacre l’empereur. Son corps est traîné à travers les rues de Rome, puis la populace tente de jeter le cadavre aux égouts, mais, comme les conduits sont trop étroits, le cadavre de l’empereur est finalement jeté dans le Tibre depuis le pont Æmilius (11 mars 222).

Son cousin, Sévère Alexandre, devient empereur, et la pierre noire retourne à Emèse [puis à la Mecque ? ndle].

Politique religieuse

Par son souci de promouvoir un culte unique – en l’occurrence le culte solaire – à un moment où il était nécessaire de restaurer l’unité de l’empire, la politique religieuse d’Héliogabale peut se rapprocher du « césaropapisme », qui est ensuite celle des empereurs païens puis chrétiens du Bas-Empire. D’ailleurs, cinquante ans après, l’empereur Aurélien vise à peu près le même objectif en instituant Sol Invictus [Le Soleil Invaincu, 25 décembre. Ndle] comme divinité de l’Empire.

L’empereur Héliogabale laissa les Chrétiens en paix. Il est en effet fort vraisemblable qu’il ait entendu parler de la religion chrétienne dont les disciples étaient nombreux en Syrie ; Anicet, pape de 155 à 166, était comme lui originaire d’Émèse (Homs).

On peut noter qu’à l’époque de l’assassinat d’Héliogabale, une émeute populaire antichrétienne est rapportée à Rome, au cours de laquelle l’évêque de Rome Calixte aurait perdu la vie, selon la tradition : écharpé par la foule, il aurait été défenestré, jeté dans un puits puis lapidé.

Représentations d’Héliogabal

Bien que subissant la damnatio memoriae, Élagabal dont les statues ont été renversées et les dédicaces martelées, est connu par un ensemble de représentations ou de dédicaces qui ont échappé à cette entreprise d’effacement de la mémoire :

À Lugdunum

Bien que court, son règne est marqué par la dédicace que les habitants de Lugdunum (aujourd’hui Lyon) lui accordent dans le Sanctuaire fédéral des Trois Gaules. Un bloc de pierre, retrouvé lors de la destruction du pont de la Guillotière à Lyon, mesurant 57 cm x 180 cm x 55 cm, donne une inscription restituée par les archéologues Amable Audin et Pierre Wuilleumier :

«[I]mp(eratori) Caes(ari), div[i] / Antonioni Magn[i / fi]l(io), divi Sever(i) n[ep(oti), / [M(arco)] Aurel(io) Anton[i/no] / Pio Felici, Aug(usto), / [pont]if(ici) max(imo), trib(unicia) p[ot(estate) / I[II, co(n)s(uli) III; proco(n)s(uli), pa/tri patriae, / [c] ives RomaniinTri/[b]us Provinci(is)Galli(i)s / [c] onsistentes public(e) / posuerunt, curantib(us / allectis isdemq(ue) sum/[m]is curatoribus Iulio / [S]aturnino prov(inciae) Lugud(unensis) / […]ilio Sabino provinc(iae / [Belgic]ae, Aventinio Veris/ [simo pr]ovinci(iae) Aquitanic(ae)9. »

« À l’empereur César Marc Aurèle Antonin, fils d’Antonin le Grand divinisé, petit-fils du divin Sévère, pieux, heureux, auguste, grand pontife, revêtu de la 3e puissance tribunitienne, consul pour la 3e fois, proconsul, père de la patrie, les citoyens romains résidant dans les trois provinces de Gaule, ont élevé (cette statue) officiellement, par les soins des allecti et à la fois summi curatores, Julius Saturnius de la province de Lyonnaise, … ilius Sabinus, de la province de Belgique, Aventinius Verissimus, de la province d’Aquitaine. »

Un camée plutôt suggestif

Le cabinet des médailles de Paris possède un camée représentant Héliogabale nu, se présentant dans de « triomphantes dispositions intimes », sur un char tiré par quatre femmes nues et à quatre pattes. L’Histoire Auguste mentionne le fait dont les historiens pensaient qu’il était grandement exagéré. Ce camée donne foi aux rites naturistes et orgiaques qui se déroulaient au cours du culte du Dieu solaire instauré par l’Empereur où les ébats sexuels semblent avoir tenu une grande place.

Par : Wikipédia
Publié le : en cours sur le site
Titre original : « Héliogabale »
SOURCE : Wikipédia.org

Un homme qui prend des hormones féminisantes …

Voici le récit cash d’@Epilé, un blogueur qui raconte les effets des hormones sur son corps d’homme et sur son esprit qui en vient à se féminiser. Est-ce le texte d’un transgenre qui phantasme ou qui délire. C’est à vous de nous le dire avec le sondage en bas de cet article. Je me suis contentée de dénicher cet écrit sur le Net et de vous le présenter brut de décoffrage.

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ARTICLE

Soumis à l’influence de femmes qui s’excitèrent à me féminiser, je raconte dans les chapitres précédents comment j’en vins à prendre des hormones féminisantes. J’y détaille l’intense plaisir ressenti à voir mes seins se développer ainsi que les conséquences sur mon état d’esprit, sans oublier les problèmes de santé qui en découlaient. A la demande de lecteurs souhaitant savoir où j’en suis rendu aujourd’hui, voici une synthèse sur mon état de mâle hormoné depuis deux ans.

Parallèlement à mes compagnes qui me féminisaient, se développa le fantasme d’avoir une belle poitrine de femme et d’en ressentir ses effets. Les seins, haut lieu de la représentation féminine, jouent un rôle érotique prépondérant dans ma psyché. Bien après avoir tété les seins de Maman, j’eu la chance de partager avec d’autres femmes allaitantes la rondeur de leur sein généreux. Cela me laissa à chaque fois le souvenir « d’éjaculations féminines » au goût de miel.

A cette époque, j’ignorais tout des hormones. Je me sentais homme dans ma tête. Hormis une sexualité débridée avec les femmes, ma féminité s’extériorisait uniquement par la passion des petits strings féminins et par mon corps intégralement épilé. Je n’éprouvais aucune attirance particulière à me travestir en femme. Pas question donc de remettre en cause ma nature de mâle. Partagé entre mes propres envies et les délires des femmes qui accompagnaient ma vie, j’hésitais longuement avant de m’engager dans un processus hormonal que beaucoup de spécialistes déconseillent lorsqu’on n’est pas transsexuelle. Mais l’idée d’avoir des seins au contact de ces femmes stimulait tellement ma libido que mon subconscient me poussa à franchir le pas. Sans connaissance précise des hormones, je pensais naïvement développer une généreuse poitrine sans pour autant subir leurs effets secondaires. Il serait toujours temps de faire marche arrière si cela ne me convenait pas.

Or, contrairement à ce que je pensais, je plongeai à corps perdu dans un voyage sans fin qui bouleversa ma conception du genre masculin-féminin. Par la suite, je découvris que ces hormones ne développaient pas seulement les seins, mais féminisaient aussi mon corps et changeaient mon caractère. Associé à ces hormones, l’environnement sexuel dans lequel me maintenaient mes compagnes surpassa ensuite tous les plaisirs que j’avais connus jusqu’à présent.

Coccinelle

Finalement, devenir un homme avec des seins de femme me sembla une démarche normale. Une vision nouvelle de l’identité de genre qui révolutionna mon esprit. De par l’exercice naturel de la bissexualité et grâce aux progrès de la médecine, je ne doute plus aujourd’hui qu’arrivera un jour où le genre sexuel des individus sera le fait de variations hermaphrodites dictées par de subtils dosages hormonaux. Quel bonheur de pouvoir se dire qu’au cours d’une vie, on peut naître homme et renaître en femme au gré de ses fantasmes.

Après plus de deux ans de traitement hormonal, j’ai atteint un point de non-retour. Conséquence de ces hormones, ma nature de mâle s’est profondément modifiée. Impossible de redevenir un mec à 100%. Ma poitrine est bien présente et quoi que je fasse, ses deux protubérances ne disparaîtront plus jamais. Impossible aussi de me passer d’hormones féminisantes. Elles sont devenues ma raison de vivre, une nourriture quotidienne nécessaire à mon équilibre. Oh bien sur, il m’arrive d’y sursoir quelques temps, ne serait-ce que pour retrouver mes références de mâles. Mais très vite ma nature féminine reprend le dessus. Je replonge dedans avec un plaisir effréné jusqu’à sentir à nouveau mes seins redevenir sensibles et mes mamelons bourgeonner. J’ai trouvé le bon rythme à présent et les effets secondaires de ces hormones sur ma santé sont réduits. (…)

D’apparence physique plutôt froide, personne ne se doute de ma véritable personnalité sexuelle, bien qu’on jette parfois un regard interrogateur sur le bombé de ma poitrine et qu’on s’étonne de l’absence de pilosité sur mon corps. Heureusement que les femmes sont pudiques malgré leur curiosité. Cela m’évite de répondre à leurs questions indiscrètes. Quant aux hommes, ils ne font même pas attention car ma transformation s’est faite progressivement sur plusieurs années.

Coté visage, les femmes disent que j’ai changé. Mes traits se sont en effet adoucis et ma chevelure reste volumineuse malgré un âge avancé. Par contre, la barbe est toujours aussi drue. Des poils gris qu’il faut raser chaque jour. Les épiler à la cire est bien trop agressif. Ma voix me joue aussi des tours, moins assurée, plus fluette quelquefois.

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Coté corps, mon allure générale est plus élégante et mes gestes sont devenus gracieux. Je prends soin de moi et je fais attention à porter des vêtements avec goût. Suite à de ruineuses épilations au laser, il ne subsiste qu’une faible pilosité sur mon corps. Ma peau est devenue douce et aussi lisse que celle des femmes. Elle se prête merveilleusement aux caresses. Reste que le sexe et le sillon inter-fessier résistent au laser à cause d’une peau plus foncée à ces endroits. Mon anatomie générale est maintenant enrobée d’une épaisse couche adipeuse. J’adore mes fesses rondes sans ce creux habituel qu’ont les hommes sur les cotés. Mes muscles se sont lissés, plus mous aussi et l’effort physique m’est pénible car ma puissance de mâle a sensiblement diminué. Ce qui m’attriste le plus, ce sont mes abdos. Ils ont laissé place à un ventre proéminant qui déforme ma silhouette. Je compense avec mes seins, une vraie poitrine de femme, objet de toutes mes attentions. Malheureusement elle n’a pas une forme idéale. Elle pointe trop, n’est pas assez ronde et manque de volume à mon goût. Bien qu’on dise que la progestérone les arrondit, ce n’est malheureusement pas le cas pour l’instant. Par contre, avec ses gros mamelons enflés, elle est d’une sensibilité extraordinaire.

Sur le plan psychique, je passe par des états changeants car je déprime facilement aujourd’hui. Mais il suffit d’un peu de soleil et d’une jeune femme qui me sourit pour retrouver le moral. Ma tête est souvent vide, légère comme celle d’une blonde. Beaucoup de difficultés de concentration aussi, ce qui entrainent une analyse moins concise. Cela se ressent particulièrement dans mon travail. Par contre, mon caractère est plus conciliant face aux problèmes de la vie. Je suis plus sensible aussi et les larmes me montent facilement aux yeux. Comme ma perception de l’espace est plus floue, mes gestes sont moins précis. En somme, ma personnalité se féminise. La preuve, je me passionne pour ces petites choses qui font les femmes. Produits de beauté et accessoires féminins meublent ma salle de bain. Et quel régal d’épiler à la pince les quelques poils rebelles sur ma peau lisse ou de choisir dans ma commode la petite culotte ou le minuscule string que j’enfile délicieusement sur mes hanches pour la journée.

Sur le même sujet : Faire grossir sa poitrine naturellement ?

Par : @Epilé
Publié le : 25.10.2013
Titre original : « Des Homones. »
Commentaires par : Lio de France / DG
Source : hommeofeminin.erog.fr (attention, site pour adulte)


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vidéos : 4 transitions homme/femme

Aujourd’hui pas de bla bla sur la transidentité, mais quatre vidéos (dont à notre avis, les images parlent d’elles mêmes) qui montrent les résultats, ô combien étonnants, de ce que la volonté psychique et une prise régulière d’hormones permettent de réaliser.

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VIDÉO 1

3 Años en Hormonas de Hombre a Mujer TRH

3 ans de prises d’hormones TRH
(pour une transition) d’homme à femme.

VIDÉO 2

Increible transformación de hombre a mujer
La más sorprendente de todos los tiempos.

Incroyable transformation d’homme à femme,
la plus surprenante de tous les temps.

VIDÉO 3

Un años en hormonas | d’homme à femme | Kiara Acosta

Une année de prise d’hormones (pour une transition)
d’homme à femme | Kiara Acosta.

VIDÉO 4

5 Años de Transicion de Chico a Chica mtf TRH

Oh oui, sondez-moi, vite !!!

Par : vidéos Youtube
Commentaires : Lio de France / DG
Sources : YOUTUBE

 

Préférons l’originalité au succès

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Bonne et belle vie de femme à toutes !

Comme le disait Winston Churchill
et que je n’ai pu m’empêcher de versifier :

Il vaut mieux rater sa vie
De façon originale
Que de l’avoir réussie
De manière très banale.

Notre vie est notre bien le plus précieux !
Ne laissons personne la pourrir de quelque façon que ce soit.

De quel code, de quelle législation, de quelle constitution, des personnes vous contesteraient-elles le droit de vivre votre vie de femme ?

Ces personnes, « bien intentionnées », viennent elles vous :
– aider dans vos activités, payer vos traites ou vos impôts ?
– border dans votre lit et/ou vous soigner quand vous êtes malades ?
– remonter le moral quand vous avec un méga cafard ?

Non ? alors consacrez votre attention et votre énergie
à celle qui le fait mieux : VOUS !

VieEstCourteTalonsNon
La vie est courte, les talons, NON ! 🙂

Voulez-vous vous habiller et vous maquiller comme vous l’entendez ?

Faites un peu preuve d’imagination ! pour pouvoir porter vos plus belles tenues, plus souvent et à votre guise. Impossible n’est pas franc … travesti !

Exemple n°1 : à mon ex épouse que j’ai quitté, il y a plus de 10 ans pour cause de bi- (voire tri-) polarité au point de me passer des services d’Edf, je lui proposais :

« Chérie ! De même que je te laisse sortir avec tes collègues de travail pour tes soirées « entre filles », je me rends de mon côté à mon petit club de théâtre « entre hommes » et comme il n’y a pas de femme, il faut bien que certains « se dévouent » pour jouer les rôles féminins. Ainsi de même que nous n’avons pas de loge, je m’habille ici (hi hi), à la maison. »

Eh bien, ça a marché ! et elle me demandait même quand est-ce qu’elle allait enfin pouvoir me voir sur scène (hé hé). Après un an d’attente (z’aime pas être dérangé(e) quand je répète !!!), elle a pris l’habitude de me voir habillée en femme et ne m’a plus posé de question.

Moralité : C’est pas beau de mentir, mais Corneille – l’auteur, pas le chanteur 🙂 – n’a t-il pas dit ? : « Qui veut tout pouvoir, doit oser tout enfreindre. »

Exemple n° 2 : inventez-vous un séminaire de travail où vous ne la tromperez-pas avec une autre femme (oh, oh), mais passerez un week-end avec VOUS, dans VOTRE rôle, le tout dans une autre ville : croyez-moi, c’est super ! vous allez VOUS découvrir, découvrir une ville et … des instants de liberté loin des tracas familiaux.

Moralité : c’est comme si vous souscriviez une assurance chez M.M.A. (pub gratuite) ; ainsi pendant 48 heures : Zéro tracas, zéro blabla !

Et puis quand on reprend sa liberté, on l’apprécie vite au point que l’on a plus envie de la perdre et de faire des concessions sans intérêts.

Si votre épouse n’est pas à même de comprendre que vous l’aimez réellement, et que votre besoin de vous épanouir en femme, vous est aussi nécessaire que l’air que vous respirez :
c’est qu’elle ne vous mérite pas. Alors sans regret, changez-en, car … vous le valez bien ! D’ailleurs, ce ne sera pas la peine de vous fatiguer à vous en débarrasser, elle partira toute seule (oumpf !)

Enfin, vous l’avez compris, la vie est courte et rien ne vaut que vous emmiellez l’existence ; car au vu de la disparition progressive des abeilles dont le taux de survivantes était encore « bas hier » 😉 , vous aurez beau enduire de gelée royale sa tartine, votre vie n’en sera ni meilleure, ni plus savoureuse. Enfin, vous pouvez-toujours poster vos commentaires et autres réflexions ci-dessous, j’y répondrais personnellement.

Chaleureusement, Lio.

Par : Lio de France | [DG]
Première publication le : 18.02.2016
Tous droits : Double Genre

Mademoiselle Rosette a une double facette

De même que le méridional Divin Marquis de Sade (1740-1814) fut enfermé, non à cause du scandale de ses actes, mais de celui de ses écrits ; à l’inverse, Pierre-Aymond Dumoret (1678-1725) un habitant de Barèges dans les Hautes Pyréennées, son prédécesseur, fut tout aussi méprisé, non pour ses écrits, mais en raison de ses actes : il s’habillait en femme et vient ainsi ajouter son nom au nombre des persécutés parmi les transgenres du XVII° siècle : il fut en effet le contemporain de Louis XIV, le « Roi Soleil » (1638-1715) et de son petit fils Louis XV (1710-1774) dit le « Bien-Aimé » – en arabe mouhammad. 😉

Barèges Double Genre
Sous la neige, Barèges en région Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées.
Actuellement station de ski de la réserve indigène des U.S.A.
Station thermale encore française, réputée depuis le début du XVIIᵉ siècle.

ARTICLE 1/3

Mademoiselle Rosette, « fille imaginaire »

Pierre-Aymond Dumoret, né en 1678, a toujours été persuadé d’être une fille. Il aimait porter des habits de femme et se faisait appeler « mademoiselle Rosette ». Rien ne l’a fait changer d’avis, ni les dures remontrances de son père, avocat au Parlement de Toulouse, ni les moqueries des enfants, ni la perte, à plusieurs reprises, de son emploi de précepteur. Il s’était fabriqué de faux seins en tissu, s’infligeait des baleines en fer pour affiner sa taille et s’était « cruellement enchaîné » le sexe, au point de défaillir peu avant sa mort, en 1725. L’histoire de Mademoiselle Rosette serait peut-être restée inconnue si sa succession n’avait été l’objet d’une grande querelle juridique. Sa famille a bataillé pour faire casser (pour cause de « démence ») son testament dans lequel il léguait ses biens à un hôpital.

Ce récit est consigné dans le recueil des Causes célèbres de François Gayot de Pitaval, paru en 1741 – une compilation de grandes affaires judiciaires qui connut un succès d’édition immense. Alain Chevrier a décidé de reproduire ce texte qui fait « résonance », dit-il, avec les débats actuels sur le transsexualisme. Auteur de nombreux articles sur l’histoire de la psychiatrie, il a présenté la correspondance des artistes surréalistes Hans Bellmer et Unica Zürn, laquelle a fait de nombreux séjours en hôpital psychiatrique. La couverture du livre consacré à Rosette, une poupée découpée d’après une gravure du XVIIIe siècle, fait irrésistiblement écho à celle de [Hans] Bellmer. (Photo ci-dessous)

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Le « testament cassé d’un homme qui se croyait femme » est un récit tranquille, léger, même dans les moments les plus dramatiques de la vie de Rosette. L’orthographe a été modernisée mais le style et le vocabulaire de l’époque demeurent. Cet « homme travesti en femme » est un « esprit égaré » qui a couru à sa perte. « La fille imaginaire a fait mourir l’homme réel. »

Dans une seconde partie de l’ouvrage, Alain Chevrier commente « le cas de Rosette et sa postérité ». Il rappelle comment, de l’Antiquité jusqu’à nos jours, ont été analysés les phénomènes jugés déviants de l’androgynie, l’hermaphrodisme, le travestisme, l’homosexualité, la transsexualité… En une centaine de pages, le tour d’horizon est forcément rapide, mais nourri de nombreuses références. « La vie de Mademoiselle Rosette nous apparaît à la fois très lointaine et très proche », écrit l’auteur, dans son épilogue.

Livre : Histoire de Mademoiselle Rosette d’Alain Chevrier.
Editeur : Gallimard, « Le cabinet des lettrés », 194 p., 19,90 €.

Par : Clarisse Fabre | LE MONDE DES LIVRES
Publié le : 12.07.2007 | 18:33
Titre Original : « Mademoiselle Rosette,’fille imaginaire' »
Commentaires : Lio de France [DG]
SOURCE : LeMONDE.fr

LeBocalOzoiseaux
Image du blog  les oiseaux dans le bocal (Le bOcal O zOiseaux, Oh, Oh)

ARTICLE 2/3 – clin d’oeil à mes lecteurs japonais

至急フランス語の翻訳をお願いします!
教えてくれた方に500枚差し上げます。

次の文章の和訳を教えてください。

C’est une drôle d’histoire, c’est-à-dire une histoire bizarre et inattendue. Aujourd’hui, elle ferait sourire, mais à l’époque elle a provoqué un véritable scandale. C’était à la fin du ⅩⅦ et au début du ⅩⅧ siècle.
Pierre-Aymond Dumoret appartenait à une famille très respectable : son père etait avocat au Parlement de Toulouse. C’était un garçon, mais dès son plus jeune âge il était persuadé qu’il était une fille ! Ni les remontrances et les punitions de son père, ni les moqueries de ses camarades d’école ne le font changer d’idée.
Sa barbe commence à pousser mais il ne se rase pas : il arrache les poils avec une pince puis se frotte la peau avec une pierre ponce ; il se fait des seins avec du coton ; il porte un corset de fer pour avoir la taille fine. Il se fait appeler « Mademoiselle Rosette ».
Il devient précepteur dans des familles bourgeoises. Pour son travail, il est obligé de porter des vêtements masculins, mais dès qu’il est seul dans sa chambre, il reprend des habits de femme. Plusieurs fois, il est surpris par ses employeurs et il est renvoyé. Alors il décide de ne plus se cacher. Il sort dans les rues, va dans les églises habillé en fille. Il est chassé par les prêtres, poursuivi par les enfants qui se moquent de lui. Puis il voyage.
Un jour, il tombe malade et il est hospitalisé. Les médecins découvrent qu’il s’est attaché le sexe pour le cacher. Ils essaient de le délivrer mais il se met dans une violente colère. Il va mourir. Les médecin flattent sa folie : ils font semblant de croire qu’il est vraiment une fille et lui font signer un testament en faveur des Hospices. Mais après sa mort, sa famille attaque le testament en justice et réussit à le faire casser. C’est grâce à ce procès que l’histoire de Mademoiselle Rosette est parvenue jusqu’à nous.

Par : hyde6661127さん
Publié le : 10.12.2008 | 15:39
SOURCE : Chiebukuro.Yahoo.co.yo

InterneInterne

こんにちは。
最近フランス語に触れる機会がなく、忘れそうだなぁ。。。と不安に思っていたところだったのでチャレンジさせていただきました。
所々おかしな所もあるとは思いますが…だいたいの意味は分かるかと↓
間違っていたら、すみません。

C’est une drôle d’histoire, c’est-à-dire une histoire bizarre et inattendue.
それは笑える話です。へんてこで聞いたこともない話です。
Aujourd’hui, elle ferait sourire, mais à l’époque elle a provoqué un véritable scandale.
今では笑い話だけど、その時代ではその話は本当に大騒ぎをもたらしたのです。
C’était à la fin du ⅩⅦ et au début du ⅩⅧ siècle.
それは12世紀の終わりから13世紀の始めのことでした。
Pierre-Aymond Dumoret appartenait à une famille très respectable
ピエール・エイモンド・ドゥモレはとても尊敬される家族の一員でした。
son père etait avocat au Parlement de Toulouse.
彼の父はトゥルーズの議会の弁護士でした。
C’était un garçon, mais dès son plus jeune âge il était persuadé qu’il était une fille !
まだ子どもだったけれど、青年になるにつれて、彼は自分が女の子だと確信しました。
Ni les remontrances et les punitions de son père, ni les moqueries de ses camarades d’école ne le font changer d’idée.
忠告や彼の父の罰にも、学校の仲間のからかいにもその考えは変わりませんでした。
Sa barbe commence à pousser mais il ne se rase pas
彼はひげが生えはじめても剃らず、
il arrache les poils avec une pince puis se frotte la peau avec une pierre ponce
彼はピンセットで毛を抜き、軽石で体をこすり、
; il se fait des seins avec du coton
布で胸をつくり、
; il porte un corset de fer pour avoir la taille fine.
ウエストを細くするために鉄のコルセットを着ました。
Il se fait appeler « Mademoiselle Rosette ».
彼は『モドモワゼル・ロゼット』(Rosette:ちょうちょむずび)と呼ばれるようになりました。
Il devient précepteur dans des familles bourgeoises.
彼はお金持ちの家の家庭教師になりました。
Pour son travail, il est obligé de porter des vêtements masculins, mais dès qu’il est seul dans sa chambre, il reprend des habits de femme.
仕事の間は男性の服を着なければなりませんでしたが、部屋にもどるとすぐに女性の服に着替えました。
Plusieurs fois, il est surpris par ses employeurs et il est renvoyé.
何度も彼は雇い主から驚かれ、クビになりました。
Alors il décide de ne plus se cacher.
そこで彼はもう隠さないことを決めました。
Il sort dans les rues, va dans les églises habillé en fille.
彼は女性の服を着て道を歩き、教会にも行きました。
Il est chassé par les prêtres, poursuivi par les enfants qui se moquent de lui.
彼は神父達から追い出され、ばかにする子ども達に追い回されました。
Puis il voyage.
そして彼は旅にでました。
Un jour, il tombe malade et il est hospitalisé.
ある日、彼は病気になり入院しました。
Les médecins découvrent qu’il s’est attaché le sexe pour le cacher.
医者は彼が性別を隠すために必死になっていることに気づきました。
Ils essaient de le délivrer mais il se met dans une violente colère.
医者はそれから解放しようと試みましたが、彼はひどく腹を立てました。
Il va mourir.
そして彼は死にました。
Les médecin flattent sa folie
医者は彼のfoilleを美化しました。(ごめんなさい、foilieの意味が分かりません
ils font semblant de croire qu’il est vraiment une fille et lui font signer un testament en faveur des Hospices.
医者は彼が本当に女性であったように思えてきました。そして、彼は命をかけてホスピスのために遺書を書いていました。(ちょっと自信がないです…意味がとおってないですね)
Mais après sa mort, sa famille attaque le testament en justice et réussit à le faire casser.
しかし彼の死後、彼の家族はその遺書について裁判所へ詰め寄り、それを破棄することに成功しました。
C’est grâce à ce procès que l’histoire de Mademoiselle Rosette est parvenue jusqu’à nous.
その裁判のおかげで、マドモワゼル・ロゼットの話は私達の元まで語り継がれているのです。

Par : mlle_pic_chanさん
Publié le : 15.12.2008 | 00:09
SOURCE : Chiebukuro.Yahoo.co.yo

Capitole Toulouse Double Genre
Place du Capitole à Toulouse, où Dumoret fit ses études de Droit.

ARTICLE 3/3

L’histoire de Mademoiselle Rosette (1678-1725)

«M. V.., natif de Barèges en 1678, passa de l’enfance à la mélancolie avec délire. A la folie près de se croire fille, il conservait l’usage de toute sa raison ; l’éducation paternelle ne le changea point. On l’envoya à Toulouse, où il prit le degré de bachelier en droit ; il fuyait ses camarades, vivait dans la retraite, affectait d’être dévôt, et tout cela pour convaincre qu’il était fille.

Il ne fallait à M. V… que des habits de femme; il employa l’argent destiné à sa pension pour en acheter. Il était obligé de se présenter dans le monde, puisqu’il était précepteur. Retiré dans sa chambre, il prenait ses habits favoris. Surpris dans cet état, il ne sa justifia point, et assura qu’il ne portait les habits d’homme que pour obéir à ses parents. Il passa dans une autre maison, et fut renvoyé pour le même motif. Enfin, il quitta Toulouse de dépit, et retourna à Barège pour publier qu’il était fille.

Le père de M. V… voulant le désabuser, l’envoie deux ou trois fois dans les villages voisins pour tenir l’audience. Sa folie lui laisse tout le discernement nécessaire pour bien juger, mais il ne sa désabuse point.

Son père veut lui en imposer et a recours à l’autorité. Les menaces et les appareils de rigueur rendent furieux notre monomaniaque, qui menace les jours de son père; celui-ci meurt peu après; les idées du fils prennent alors plus d’énergie, et il se containt moins.

M. V… paraît en habits de femme dans les rues, dans les églises, quoique chassé, poursuivi, honni partout par les enfants; il change souvent de demeure, et enfin se fixe à la campagne pour ne plus quitter ses vêtements chéris.

A l’âge de quarante ans, il entreprend un grand voyage pour désabuser toutes les personnes qui l’ont vu en habits d’homme, s’accusant de s’être travesti, et d’avoir injurié les femmes en se travestissant en homme. Il se présente partout sous le nom de mademoiselle Rosette. Malgré les désagréments d’un tel voyage, il ne peut se désabuser lui-même.

Pour n’être pas trahi par sa barbe, M. V… l’arrachait avec des pinces et la pierre ponce; il se formait le sein avec des étoupes; il portait un corset garni de fer. Si on lui objectait que sa barbe et son air le démentaient, il répondait que c’était une erreur de la nature, étant vraie fille, sujette aux incommodités périodiques, et il prenait des précautions pour n’être pas démenti par la propreté du linge; son délire est allé jusqu’à se croire enceinte.

A quarante-sept ans le mal ne fit que grandir. M. V. eut des visons; une belle dame lui apparut, lui fit faire vœu de chasteté, et lui promit qu’en vivant de lait et de fruits, le pouvoir de passer pour fille lui serait donné. Alors il commença à dire qu’il n’était pas né fille, mais qu’il l’était devenu en sautant un fossé.

Cette même année, cinq mois avant sa mort, M. V… tomba en syncope. Le médecin et le chirurgien trouvèrent ses organes génitaux enchaînés au travers d’un amas de peaux étrangères arrangées artistement pour donner du corps à la folle idée de Rosette. La figure hideuse d’un sexe détruisait la réalité de l’autre, et le malade eût succombé par l’effet d’une compression trop violente. Pendant qu’on le déliait et le débarrassait, il entra en fureur, voulant mordre et cracher au visage. Il resta en fureur jusqu’au lendemain, et ne redevint calme que lorsqu’il vit le cher objet de sa chimère.

Quelques jours avant sa mort, sa tête se brouilla davantage; il tomba dans un grand affaiblissement; il entrait en fureur quand on lui présentait des habits d’homme. On lui fit signer un testament en flattant sa folie et le laissant avec ses habits chéris.

Le testament, quoique fait en faveur des hospices en 1725, fut cassé : 1° à cause de l’état de démence du testateur; 2° à cause de l’erreur de son propre sexe dans laquelle était le testateur; 3° à cause de la suggestion prouvée par la présomption et par les faits; 4° par d’autres nullités dont fourmillait le testament.»

Bibliographie

  • FAYARD – L’histoire de Dumoret, alias Mademoiselle Rosette a été étudiée par Sylvie Steinberg, dans son ouvrage La confusion des sexes; le travestissement de la Renaissance à la Révolution (Fayard, 2001. Voir le forum La Folie XVIIIème),
  • GALLIMARD – et plus récemment par Alain Chevrier, dans Histoire de Mademoiselle Rosette : Testament cassé d’un homme qui croyait être une fille (Gallimard, Collection «Le cabinet des lettres», 2007.
  • AMAZON – Voir encore la présentation de l’ouvrage et la biographie de l’auteur sur le site Amazon.fr) : l’histoire a été rapportée par le polygraphe François Gayot de Pitaval dans un des volumes de son recueil de Causes célèbres, paru en 1741.

Par : CAPHI
Publié le : 19.10.2011
Titre original : « La transsexualité dans l’Histoire (jusqu’à aujourd’hui) »
SOURCE : Psychiatrie.Histoire.free.fr

Les Travestis et la Loi sur le Travail ?

Encore un exemple de discrimination à l’encontre d’un travesti qui accomplissait bien le travail pour lequel il était payé, mais dont la direction omnipuissante s’est crue autorisée à imposer ses vues sur un aspect strictement privé de son employé. En effet, dans ce cas l’homme en question était habillé avec les vêtements de son sexe d’origine et ne portait des accessoires féminins que de façon quasi invisible. Est-ce que la loi protège les travestis qui comme tous les citoyens du monde, ont droit au travail ?

ARTICLE

Muté car il s’habille en femme

Muté, puis dans l’impossibilité d’accéder à son nouveau poste, Michel dénonce une discrimination

­Le PDG : “Rétrogradé pour des raisons légitimes”
­Près de 1.000 personnes transsexuelles déclarées ­25 % de discrimination à l’emploi en Belgique

BRUXELLES : Michel Demuylder, 41 ans, porte des prothèses mammaires et de la lingerie féminine en dessous de ses vêtements d’homme depuis longtemps sur son lieu de travail, au Grand Optical du Woluwe Shopping Center. L’employé, passionné par son métier. explique :

“Tout a toujours été discret durant deux ans, on ne remarquait rien, et je n’avais aucun problème à discuter de cela avec mes collègues. »

Cependant, un jour, la direction l’appelle dans son bureau et son boss lui annonce en juin 2010 :

“Tu as choqué un collaborateur ; tu n’es plus crédible !”

Par : @Danielle_1959
Publié le : 19/10/2010
Titre original : « Muté car il s’habille en femme. »
Commentaires par : Lio de France / DG
SOURCE : DailyMotion / RTL – TVI

Lavergne Cox Time’s cover girl

Laverne Cox en couverture de Time: encore un effort TRANSAMERICA!

L’Amérique « transitionne ». On la savait accro aux hormones et à la chirurgie esthétique mais volontiers transphobe. Avec la couverture du magazine Time de cette semaine, la Mecque du corps niptucké en fait une affaire politique et lance son plus beau sourire inclusif aux personnes trans. Campée sur ses jambes croisées, talons hauts et robe bleue moulante, musculeuse et affirmative, Laverne Cox, la star de la série Netflix, « Orange is the new black », est propulsée icône de la révolution transgenre.

Time Magazine la caste comme the «America’s next civil rights’s frontier». Sous le papier du Time, il y a la plage, la sueur et les larmes d’un mouvement social et d’une subculture transgenre en marche depuis 20 ans au moins. L’article de Katy Steinmetz est une ode à la politique d’égalité des trans plaquée sur celle des droits des gays et des lesbiennes et des minorités incomprises. Le centre a entendu l’appel des marges (qu’il a créées), la souffrance des trans et leur droit au rêve américain.

A en croire Time Magazine qui parle de «nouvelle transparence», authenticité, visibilité et humanisme, tel serait le bon cocktail de l’intégration des trans. Moralité, c’est parce qu’on ne les connaît pas bien que les trans sont rejetés. Qu’ils racontent leur histoire aux personnes cisgenres et compassion et compréhension suivront. L’embêtant dans l’histoire est que la journaliste du Time fait jouer le truc en playback à Cox en lui collant trois bribes de verbatim à faire pleurer.

Alors laissez-moi vous présenter une autre Laverne Cox. Car Orange is the New Black ne donne qu’une faible idée des violences sexuelles et de la maltraitance médicale et administrative qui sont le lot commun des personnes trans’ de couleur et des femmes dans l’univers carcéral américain.

A peine la saison terminée, Cox lance avec Jac Cares la co-production d’un documentaire indépendant sur l’histoire de Cece Mac Donald, une jeune femme trans de 25 ans incarcérée dans une prison pour hommes (évidemment) pour avoir tué l’un de ses agresseurs lors d’une attaque transphobe et raciste en 2011. Cox a activement soutenu les groupes trans à l’origine de la campagne internationale « Libérez Cece ! » qui ont obtenu sa libération en janvier dernier. A la sortie de prison de Cece, devinez qui était là ?

Ses prises de position contre le complexe industrialo-pénitentiaire déjà dénoncé par Angela Davis et des groups trans et queer comme le Sylvia Riviera Law Project de New York  ou Against Equality de San Francisco en font une actrice activiste trans qu’aucun papier ne pourra glacer et que Time Magazine a surexposée pour mieux la dépolitiser.

Par : Marie-Hélène Bourcier, militante, théoricienne queer
et maître de conférences à l’université de Lille-III
Publié le : 03.06.2014
Source : SLATE

ARTICLE 2 (En anglais … pour l’instant)

LavergneCox

Laverne Cox is an Emmy-nominated actress who can be seen in the Netflix original series Orange is The New Black where she plays the ground breaking role of Sophia Burset. The critically acclaimed show returns for its third season on Netflix June 12. Laverne is the first trans woman of color to have a leading role on a mainstream scripted television show.

Laverne Cox est une actrice nommée aux Emmy Awards que l’on peut voir dans la série originale sur [le réseau] Netflix « Orange is the new black » où elle joue le rôle de Sophia Burset. Ce spectacle encensé par la critique revient pour sa troisième saison sur Netflix le 12 juin [2014]. Laverne est la première femme transgenre de couleur à tenir un rôle principal dans une émission importante de télévision criptée.

Laverne is expanding her presence on the small screen with the CBS pilot Doubt, a legal drama from Grey’s Anatomy producers Joan Rater and Tony Phelan. She will play ‘Cameron Wirth’, a trans Ivy League-educated lawyer who’s both competitive and compassionate.  On the silver screen, Laverne can next be seen as ‘Deathy,’ a supporting role in the Lily Tomlin film Grandma from acclaimed writer and director Paul Weitz. The film premiered at the 2015 Sundance Film Festival where it was acquired by Sony Picture Classics and will show at the 2015 Tribeca Film Festival.

Laverne étend sa présence sur le petit écran avec le [programme] pilote CBS « Doute », un drame policier des producteurs Joan Rater et Tony Phelan de « Grey’s Anatomy ». Elle jouera [le rôle de] « Cameron Wirth », un avocat transgenre qui est aussi performant que compatissant. Enfin, sur le grand écran, on peut voir Laverne en « Deathy », un second rôle dans le film « Grand-mère » de Lily Tomlin et de Paul Weitz, auteur et dirigeant acclamé. Le film a été présenté en avant première au Festival du cinéma Sundance 2015 où il a été acquis par « Sony Picture Classics » et sera présenté au Festival du cinéma Tribeca 2015.

Laverne’s work as an actress and advocate landed her on the cover of TIME Magazine as well as an Emmy nomination for “Outstanding Guest Actress in a Comedy Series.” Laverne continues to break boundaries and make history with accolades including a SAG Award for “Outstanding Performance by an Ensemble in a Comedy Series,” a Critic’s Choice nomination for “Best Supporting Actress,” and a NAACP Image Awards nomination for “Outstanding Supporting Actress in a Comedy Series.”

This past year, Laverne has had stand out appearances on several TV shows including; the hit Fox comedy The Mindy Project, Bravo’s Girlfriend’s Guide to Divorce and MTV’s Faking It. She also appeared as a guest judge on Project Runway All Stars and hosted #GoBold brought to you by Revlon, an empowering web series that celebrates bold, provocative women setting out to accomplish their goals. Her documentary Laverne Cox Presents: The T Word aired on MTV & Logo to impressive ratings. The hour-long documentary explored the lives seven transgender youth from across the country and their determination to lead their lives as the people they are meant to be. Laverne was the host and executive producer of the ground breaking documentary which was nominated for a GLAAD Media Award.

Laverne is also producing another documentary titled Free CeCe in order to heighten visibility and awareness surrounding CeCe McDonald, a transgender woman who was controversially sentenced to 41 months in prison for second degree manslaughter after allegedly defending herself against a racist and transphobic attack. The documentary will focus on McDonald’s case, her experiences while incarcerated in a men’s prison and the larger implications of her case for the transgender community.

In 2013 Laverne won Best Supporting Actress at the Massachusetts Independent Film Festival for her work in the critically acclaimed film Musical Chairs directed by Susan Seidelman (Desperately Seeking Susan).  Laverne’s other acting credits include Law and Order,  Law and Order: SVU, Bored to Death, and the independent films Carla and The Exhibitionists.

Laverne is the first trans woman of color to produce and star in her own television show, VH1’s TRANSForm Me which was nominated for a GLAAD Media Award.  Laverne is also the first trans woman of color to appear on an American reality television program, VH1’s I Wanna Work for Diddy for which she accepted the GLAAD media award for “Outstanding Reality Program.” She also received The Stephen F. Kolzak Award at the 2014 GLAAD Media Awards in Los Angeles.

In addition to her acting, Laverne is a renowned speaker and has taken her empowering message of moving beyond gender expectations to live more authentically all over the country. Her work as an advocate landed her a coveted spot as one of Glamour magazine’s 2014 Women of the Year. She is the recipient of the Dorian Rising Star Award for her work in Orange is the New Black, Courage Award from the Anti-Violence Project, Community Leader Award from the LGBT Center of New York City, Reader’s Choice Award from “Out” Magazine, was named one of The Grio’s 100 Most Influential African Americans, was named one of the Top 50 Trans Icons by the Huffington Post, one of Out magazine’s Out 100, Metro Source magazine’s 55 People We Love and ranked number 5 on the 2014 Root 100 list.

Traduction (amateur) : Lio de France / DG.

Pauline Roland : Le travesti en BD

Voilà une petite bande dessinée bien sympathique : c’est l’histoire d’un certain Claude, agent immobilier de 42 ans qui se transforme depuis quelques temps en Priscilla, pour des raisons qu’il explique à une copine souhaitant lui poser toutes les questions relatives à son changement de statut.

Le scénario représente bien les caractéristiques du parcours classique du travestisme : souvenirs d’enfances, emprunt de ses vêtements à la mère, puis à l’épouse – quand c’est possible 😉 – petit tour de piste en solitaire, du placard au salon, puis premières sorties nocturnes et révélation de tous les champs du possible d’une vie de femme qui ne pourraient être résumés dans une encyclopédie, car travesti ou pas, les destinées humaines ne sont-elles pas infinies ?

ARTICLE

Agenaise, Pauline Roland vient de réaliser un court-métrage. Ce film d’animation de 12 minutes raconte la vie de Claude-Priscilla et s’appuie sur plusieurs témoignages. À voir.

Chérie(e), rends-moi mes collants. » Le titre de ce court-métrage annonce la couleur ou plutôt cache bien son jeu. Écrit et réalisé par Pauline Roland, agenaise qui vient juste de fêter ses 25 ans, ce film de 12 minutes et 6 secondes raconte les tribulations d’un travesti (1).

Inscrit au Off du festival des Rencontres internationales Henri-Langlois de Poitiers, lequel rassemble tous les films de fin d’études, ce court-métrage a manqué d’un cheveu le prix du public.

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« Je suis heureuse, car c’est le résultat de huit mois de travail intensif avec mon ami, Vivien Raynal », savoure Pauline Roland. Elle a fait oeuvre de journalisme avant d’user ce qu’elle aime le plus, c’est-à-dire ses crayons de couleur mélangés à une belle dose d’excentricité, d’humour, d’humeur, de dextérité et de sueur.

Son film d’animation narre le quotidien d’un homme marié, deux enfants, une maison, un chat, un chien et un hamster, mais qui a une double vie. Dans ces douze minutes nourries de témoignages, Claude, agent immobilier, se préfère dans la peau de Priscilla. Tout a commencé, en fait, quand petit, son institutrice pour le punir, plaçait le petit écolier d’alors sous son bureau.

Clandestin, à part entière

« C’est une histoire de schizophrénie d’une extrême sensibilité. Je me suis surtout appuyée sur le témoignage d’un homme qui m’a toujours parlé en tant que femme. Cette personne est double, à la fois Claude et Priscilla, mais jamais en même temps. Nos échanges n’ont été que téléphoniques. »

Mais pourquoi s’intéresser à la vie des travestis ? « C’est dans le cadre de mes études à Poitiers (2), que je viens de terminer. J’ai développé une thématique autour du sexe. Mon premier court-métrage s’intitule  »Les seins de ma mère ». Sinon, le personnage du travesti me fascine. Je veux essayer de comprendre ce qu’il révèle. Le travestissement, c’est aussi l’art du transformisme. »

« Un travesti, c’est quelque part un clandestin, une personne unique à double identité à part entière et double. L’extrême, c’est devenir transsexuel. Là, Claude-Priscilla a une vie banale, mais il garde caché au fond de lui un grand secret. Un non-dit. Il est partagé entre l’appréhension de se faire découvrir et l’envie de le dire. Mais il a peur de tout perdre », commente Pauline Roland.

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Le choix du prénom de Priscilla n’est pas né du hasard. Il fait référence au film australien de 1994 « Priscilla, folle du désert » réalisé par Stephan Elliot. « C’est un film culte. On pourrait aussi parler du film avec Marylin Monroe  »Certains l’aiment chaud » de Billy Wilder », poursuit la jeune agenaise. En France, le film de Bertrand Blier « Tenue de soirée » avec Michel Blanc et Gérard Depardieu avait, en 1986, suscité beaucoup de commentaires, voire créé la polémique.

Un livre pour les enfants

Pauline Roland va tourner la page de Poitiers et part vivre dans l’Aude. « Dans un premier temps, je vais me remettre à l’exclusive à mes dessins. Ça m’a trop manqué. Je vais rester dans le même ton, c’est-à-dire avec mes  »saloperies » tournées vers le rire, la dérision, mais juste à titre perso et pour mes proches. Je suis désormais illustratrice à mon compte, déclarée à la Maison des artistes », sourit-elle.

Et ô bonheur, elle vient d’obtenir un prix pour un livre d’enfants. « Je vais être éditée. Oui, c’est le grand écart ! C’est comme Zep, et sans me comparer à lui, le papa de  »Titeuf ». Je viens de changer tout mon blog (3) », raconte Pauline Roland.

Elle tourne donc la page. Mais elle garde ses crayons.

Voir la Vidéo sur Viméo :

Notes

(1) « Chéri(e), rends-moi mes collants », court-métrage
réalisé par Pauline Roland et Vivien Raynal (Lakolyn)
2) Elle est diplômée de l’École européenne
supérieure de l’image. l’IERESI est à Poitiers.
(3) Le blog : http://thisispolet.daportfolio.com/

Par : Maryan Charruau
Publié le : 29.12.2012 | 06h00
Titre original : « Le travesti me fascine. »
Commentaires : Lio de France / DG
SOURCE : SudOuest.fr

Michou, sept ans de trottoirs d’Abidjan

Coluche nous rappelait* que « Dieu a dit : il y aura des hommes blancs, il y aura des hommes noirs, il y aura des hommes grands, il y aura des hommes petits, il y aura des hommes beaux et il y aura des hommes moches, et tous seront égaux ; mais ça sera pas facile… Et puis il a ajouté : il y en aura même qui seront noirs, petits et moches et pour eux, ce sera très dur ! »

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Eh bien pour les jeunes travestis de la Côte d’Ivoire, c’est un peu pareil. En plus d’avoir été rejeté par leur famille, ils doivent endurer le mépris d’une clientèle qui compte obtenir leurs faveurs de façon non protégée avec quelques francs CFA de plus, des voyous qui les volent, des policiers qui les abusent et l’état qui au nom des « bonnes moeurs » s’en moque éperdument, ne leur adressant qu’une chose : une fin de non recevoir.

Et Coluche de conclure* : « Bob, il dit toujours : si la société nous rejette, c’est parce qu’elle veut oublier que c’est elle qui nous a créé.

  • Le blouson noir, album Coluche : l’intégrale, vol. 2, 1989 chez Carrère.

ARTICLE

ABIDJAN (AFP) – Une démarche aguicheuse dans un pantalon de cuir moulant, un petit haut doré qui scintille sous la lumière blafarde d’un réverbère de la zone 4 à Abidjan. Yasmine attaque sa nuit de travail, comme des centaines de prostituées, à cette exception près que Yasmine est un homme.

A l’instar de ses copines Michou ou Sissi, avec qui elle partage un bout de trottoir dans ce quartier tout à la fois zone commerciale et haut lieu de la nuit abidjanaise, le jeune travesti vit la nuit. Le jour, Yasmine se repose et surtout se terre chez elle, à l’abri des quolibets.

« La nuit, je suis en travelo, la journée en homme. Mais c’est habillé en femme que je me sens le plus à l’aise », explique le travesti de 23 ans qui se prostitue depuis six ans, avant d’ajuster sa perruque façon Naomi Campbell.

« C’est très mal vu ici. On t’insulte à longueur de temps. Souvent, je me demande pourquoi je suis devenu comme ça », poursuit le jeune homme.

Les insultes, les brimades, Yasmine, Flora, Monica les racontent de leurs voix haut perchées avec la monotonie de la banalité.

Mais leurs récits sont aussi peuplés de violences physiques. Les coups de leurs proches parfois, ceux des forces de l’ordre souvent.

« Il arrive que les « corps habillés » (forces de l’ordre) viennent nous voir et nous obligent à nous déshabiller dans la rue », explique Yasmine.

« Les corps habillés s’en prennent très souvent à nous », renchérit Michou, sept années de trottoir. « Ils nous maltraitent, il nous prennent notre argent dans notre sac à main. Parfois, ils nous demandent des faveurs. Et puis, on peut nous mettre au violon pour quatre ou cinq jours », décrit, résigné, celui qui arbore un ruban de taffetas noir en guise de collier.

Répudiés par leurs familles, jetés à la rue, la prostitution est bien souvent leur seul moyen de survie.

« Quand la famille sait ce que tu es, elle te rejette. Tu n’as pas d’autre solution que de réussir », explique Michou avant de nuancer: « tu es rejeté, mais quand tu ramènes de l’argent à la maison, là, il n’y a plus de problème ».

Il est 23H00, encore un peu tôt pour les clients. Une voiture s’engouffre dans la rue et passe à la hauteur du travesti. Des vitres baissées s’échappent une musique de boîte de nuit, des rires francs. Et des insultes.

« Faut pas faire attention. C’est des Libanais. Parfois ils s’amusent à nous lancer des bouteilles », raconte Yasmine, blasée.

Leur clients sont Ivoiriens, européens, Libanais. Les passes se font dans les hôtels du coin. « Mais c’est pas toujours possible. Certains hôtels nous refusent. Alors, on fait ça dans des couloirs discrets ou sur les rails, à l’air libre », raconte Michou.

Travivoirien

Les travestis de la zone 4 ont été il y a peu approchés par une association pour les sensibiliser à l’usage du préservatif, dans un pays déjà durement touché par l’épidémie de VIH-sida, avec officiellement 570.000 séropositifs et un taux de prévalence de 7% selon l’Onusida en 2003.

« On est conscients du risque. Mais les clients demandent très régulièrement des relations sans capote. Ils doublent la mise (de la passe) et pour certains d’entre nous, ça ne se refuse pas, » explique Michou.

« Fatigués », les travestis de la zone 4 soutiennent le projet associatif de deux jeunes homosexuels ivoiriens, Fabrice et Issouf, qui tentent de monter une structure baptisée « Association ivoirienne des lesbiennes, gays, bisexuels et transsexuels » (AIL) afin de réclamer un peu plus de considération et d’obtenir que les commissariats enregistrent leurs plaintes.

Dans un courrier adressé courant mars aux deux membres fondateurs, le ministère de l’Intérieur a rejeté leur demande d’enregistrement, au motif que « ce genre de sexualité est contraire aux bonnes moeurs ».

Par : Atlas Vista Maroc / © AFP Issouf Sanogo
Publié le : 29.04.2006 | 09:09:27 GMT
Titre original : « Les nuits à risque des travestis ivoiriens. »
Commentaires par : Lio de France / DG
SOURCE : AvMaroc.com
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Jessy, transgenre et réfugiée

Nous avons récemment évoqué le cas de Sissa abou Daouh, [Sisa Abu Daooh, en phonétique anglaise] cette égyptienne qui a vécu, vêtu comme un homme son secret de femme pour pouvoir élever sa fille. Aujourd’hui, c’est l’histoire de Jessy, une autre femme transgenre, issue du même milieu islamique, qui après avoir vécu toutes les avanies possibles pour un petit garçon qui se sentait déjà femme, parvient à attérir au coeur de la Suisse.

Jessy, réfugiée trans

Crédit photo: Magali Girardin

Née dans un camp de réfugiés palestiniens au Liban, Jessy a été assignée homme à sa naissance. Exilée en Suisse, elle a lutté chaque instant pour gagner le droit de devenir qui elle est : une femme.

«Nice to meet you!» Elle tend une main aux ongles vernis de rouge, esquisse un sourire et rabat un long pull sur ses épaules: Jessy est coquette et ce matin, elle est venue au rendez-vous revêtue d’une robe malgré le froid. Sa présence attire les regards et des paroles malveillantes, mais elle regarde fièrement l’appareil photo qui saisit son assurance au milieu de la foule. Jessy a choisi d’exister, et ce n’est pas ces quelques commentaires sournois qui la freineront, elle dont la frêle silhouette est debout en dépit d’une histoire inimaginable.

La mort, si près

Cette histoire commence au Liban, dans un de ces camps de réfugiés misérables dans lequel croupissent certains Palestiniens depuis 1948, année de la création de l’Etat d’Israël. Nous sommes en 1991 et une famille accueille son deuxième fils, une fierté dans cette société où la naissance d’un enfant mâle est toujours préférée à celle d’une petite fille. Cet enfant, c’est Jessy. Les années passent. Un jour – elle a cinq ans -, son père la surprend qui se maquille devant un miroir avec les affaires de sa mère. Premiers coups, premières insultes : le calvaire commence pour ce petit garçon qui n’en est pas un, dont l’existence même provoque haine et dégoût. Car Jessy est née dans une société patriarcale où des milices armées font régner leur loi en s’appuyant sur l’islam et le nationalisme palestinien. Dans ce milieu ultra-conservateur, elle devient victime de mille persécutions. Enfermée et torturée par sa famille, abusée sexuellement, déshabillée de force devant tout le quartier, frappée à d’innombrables reprises, Jessy frôle la mort. Elle tente de se suicider. Et survit aux tentatives de meurtre de sa famille, entre un frère qui n’arrive pas à passer à l’acte malgré les pressions et un père au couteau duquel elle échappe de justesse.

Une double épreuve

C’est dire que la présence dans un café de Genève de cette petite femme à la voix douce est un miracle. Le miracle de la volonté, pour être plus exacte, car Jessy n’a pas renoncé un seul jour à l’espoir de devenir la femme qu’elle est. Dans le camp de réfugiés de sa naissance, elle a cherché à entretenir sa féminité envers et contre tout, allant jusqu’à entamer seule un traitement hormonal qui ne se prend que sous surveillance médicale.

Outre sa transition identitaire, Jessy affronte un autre défi: elle est Palestinienne dans une société où ces réfugiés, parqués dans des camps, privés de droits politiques et croupissant dans une misère entretenue par un chômage galopant, sont des citoyens de seconde zone. Certaine que le savoir la sauvera, elle s’accroche désespérément à ses études et décroche son bac, même si elle est exclue de la remise des diplômes. Jessy n’obtiendra jamais le grand certificat calligraphié que les parents palestiniens accrochent fièrement au salon pour montrer la réussite de leurs enfants.

Apprendre malgré tout

Mais elle ne s’arrête pas là. Elle s’inscrit à l’université alors que dans sa famille ou son quartier, personne n’a jamais franchi les portes d’une haute école. Jessy bataille pour être admise, fait des passes la nuit pour pouvoir étudier le jour elle qui, privée de tout soutien, rêve de devenir infirmière. Le jour J, les portes se ferment: il n’y a pas de place dans la salle d’examen pour Jessy. Mise à la porte par le ministre de l’Education auprès duquel elle est venue se plaindre, elle est au désespoir, puis le désir d’apprendre, ce désir qui ne la lâche pas d’une semelle, prend le dessus. Jessy s’inscrit dans une seconde université, y affronte la haine des étudiants dont la violence est encouragée par le corps enseignant… et perd sa bourse d’études, durement acquise, un an avant la fin de son diplôme.

«Je rêve de construire une famille»

Non contente de la persécuter, la famille de Jessy menace maintenant de la livrer à une faction islamiste. Chassée par les habitants de son quartier, elle sent le souffle de la mort plus près que jamais et s’enfuit pour Beyrouth. Là, elle commence à voir apparaître une autre vie. «Grâce à des associations LGBTIQ comme Proud Lebanon, Helem ou Mosaic, j’ai rencontré d’autres personnes transsexuelles, des réfugiés syriens et irakiens notamment. Je me suis aussi engagée dans des campagnes de prévention pour avertir par exemple des dangers de la prise d’hormones sans surveillance médicale», explique Jessy. Et puis, à Beyrouth, elle a connu la tendresse, et la simple évocation de son amoureux illumine son visage, même si, dit-elle, la distance risque de mettre fin à cette relation. «Je ne veux pas me contenter d’être une femme. J’ai besoin d’un homme à mes côtés pour être complète», dit-elle avec passion. Au mot ‘mariage’, ses yeux brillent: «je rêve de construire une famille».

La Suisse comme terre de salut

Hélas, Beyrouth ne peut lui offrir cette nouvelle vie : Jessy doit se prostituer pour survivre et reste victime d’abus et de violences. Convaincue que son salut est ailleurs, elle cherche asile à l’étranger à travers les bureaux du Haut-Commissariat pour les Réfugiés (HCR) et de l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA). Après plusieurs semaines d’attente, elle apprend qu’elle ira en Suisse. Le 27 novembre 2015, avant d’entrer dans l’avion, elle appelle une dernière fois sa mère. «Je lui ai dit maman, je pars en Suisse, un pays dans lequel je serai en sécurité. Elle a pleuré et m’a dit: tu seras toujours mon fils».

«Ici, je me sens vivante»

Le 27 novembre 2015, Jessy atterrit à l’aéroport de Genève. «En descendant de l’avion, j’ai senti que l’oxygène revenait dans mon corps», raconte-t-elle dans un murmure. Un interprète marocain mandaté par la Confédération l’amène à Lausanne, où elle dort cinq nuits dans un hôtel. Jessy vit ensuite quelques semaines dans un centre où elle dispose de sa propre chambre, même si elle est obligée de côtoyer d’autres réfugiés qui ne se privent pas pour faire des commentaires très désobligeants. En revanche, elle loue la gentillesse et le respect des autorités. «On m’a demandé si je préférais être appelée monsieur ou madame, vous vous rendez compte? Ici, je me sens vivante!» A la mi-février, son voeu d’obtenir un appartement individuel a enfin été exaucé et les autorités vont lui chercher un logement dans les prochaines semaines.

«Soyez forts, forts, forts»

Le combat de cette femme au courage extraordinaire n’est cependant pas fini. Jessy souhaite désormais insuffler à d’autres l’énergie qui l’a portée tout au long de ces années. A l’avenir, elle espère reprendre des études pour défendre les droits des personnes transsexuelles au Proche-Orient. «Rencontrer des militants a représenté un tournant dans ma vie et je voudrais donner à d’autres ce que j’ai reçu. Je n’ai qu’une chose à dire aux gens qui vivent la même chose que moi : battez-vous. Ne revenez pas en arrière. N’écoutez personne. Et soyez forts, forts, forts!», conclut-elle, les mains soudain serrées en deux poings.


Une recherche-action pour mieux aider les réfugiés LGBTI

L’accueil de réfugiés comme Jessy est un défi complexe. Ce d’autant que les associations qui s’occupent de la problématique LGBTI et celles qui traitent d’asile sont très peu en contact, ce qui augmente la vulnérabilité de ces personnes déjà stigmatisés.

Pour y remédier, la Coordination asile.ge et la Fédération genevoise des associations LGBTI mènent depuis janvier et jusqu’à décembre 2017 une recherche-action sur les besoins spécifiques des personnes LGBTI relevant du domaine de l’asile à Genève. Il s’agit de les identifier, d’élaborer des actions en leur faveur et de sensibiliser les divers intervenants à leur situation. Les initiateurs du projet souhaitent faire participer les réfugiés LGBTI en leur permettant de s’exprimer et d’évaluer les actions et le projet. L’association EnQuêtes-plateforme d’anthropologie se chargera de la recherche, de la méthodologie, de l’évaluation et de la collaboration avec les institutions cantonales.

La première rencontre entre les acteurs concernés a eu lieu à la mi-février. «Les secteurs de l’interprétariat, de la médecine et de la psychiatrie sont intéressés», se réjouit Anne Avry, coordinatrice du projet.

Contact pour les personnes concernées
– Les jeudis de 14h à 18h, dans les locaux de l’association 360,
36 rue de la Navigation aux Pâquis
– Par téléphone au 076/663 78 29
– Sur le site http://lgbt.asile.ch


par : Aline Jacottet, journaliste
publié le : 03.03.2016
Titre original : « Jessy, réfugiée trans. »
Commentaires par : Lio de France / DG
SOURCE : AlineJaccottet.Wordpress.com
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L’abbé de Choisy, comtesse de Barres

AbbedeChoisy

 » Une dame qui a tout l’esprit du monde a dit que j’avais vécu trois ou quatre vies différentes, homme, femme, toujours dans les extrémités ; abîmé ou dans l’étude ou dans les bagatelles ; estimable par un courage qui mène au bout du monde, méprisable par une coquetterie de petite fille ; et, dans tout ces états différents, toujours gouverné par le plaisir. » – CHOISY, Mémoires (1966), P.25.

« Je regardais avec étonnement un homme dont la vie avait été remplie de si étranges disparates. » – Marquis d’ARGENSON, Mémoires (1857), 1, 74.

François-Timoléon de Choisy est né le 16 août 1644 à Paris, où il meurt le 2 octobre 1724; Il est donc un parfait contemporain de Louis XIV et fut un abbé et un homme de lettres français. Selon Pierre Larousse, dans son article du Grand Larousse du XIX° siècle, « Il reçut une éducation tout à fait efféminée qui devait nécessairement le rendre impropre aux grandes choses et développer en lui ces idées de galanterie et d’élégant libertinage qui nous ont valu tant de madrigaux et de fleurette. Choisy fut donc un abbé de Cour, et même autre chose, une coquette qui avait mille fois plus de goût pour les mouches et les rubans, mille fois plus de désir de plaire que les coquettes de profession… »

On le décrit souvent comme un « travesti, dévoré par la passion du jeu, croqueur d’héritages, voyageur au long cours, prêtre dévot, académicien tout à la fois [Cf. source 1] ». En fait d’habillement, il se vêtit en femme à la demande de sa mère, puis par goût et lorsque ses débordements l’incitèrent à fuir le scandale, il voyagea et délors se réfugia, en homme, dans le jeu. En matière de train de vie, il hérita de sa mère, puis de l’un de ses frères, mort prématurément. Il touchait aussi de confortables pensions royales, tant françaises que polonaises. Il fut certes impécunieux, car il dilapida sa fortune en toilettes, bijoux et réceptions mondaines qu’il aimait à donner pour s’attirer les faveurs et la reconnaissance de son entourage : rien que de banal pour un noble de l’époque du roi Soleil.

« La famille [de Choisy] est de récente noblesse de robe. Il est dernier fils de Jean de Choisy, conseiller d’État, intendant du Languedoc, chancelier de Gaston d’Orléans et de Jeanne-Olympe Hurault de L’Hospital (qui  est une petite-fille de Michel de L’Hospital et surtout une intime de Marie de Gonzague, reine de Pologne).

Le petit Timoléon, très vite orphelin de père, reçoit une éducation singulière. Sa mère joua son rôle chez les « précieuses » du XVIIème [siècle]. Elle est mondaine, élégante, spirituelle, légère et frivole, elle l’habille en fille, le poudre, le farde, le tapisse de « mouches » et de diamants… et ce jusqu’à l’âge de dix-huit ans, pour faire [en sorte qu’il puisse faire] sa cour à la reine Anne d’Autriche et l’introduire dans l’entourage [de « Monsieur », le] jeune frère de Louis XIV. »

En fait, ses frères ainés lui ayant ravi la première et la seconde place en matière de naissance, il ne pouvait donc prétendre aux avantages du droit d’ainesse ou à la condition militaire qui gratifiaient automatiquement et respectivement l’ainé et le cadet de toute famille de bonne noblesse de cette époque. C’est donc de façon très avisée que sa mère, voyant fermées les « portes » royales d’une carrière florissante dans la société aristocratique, trouva la « fenêtre » du subterfuge féminin qui était, en ces temps là, parfaitement admis. On peut admirer, encore aujourd’hui, de nombreux portraits de jeunes mâles nobles, et des plus fameux, vêtus comme leurs soeurs ou leur cousines.

« Le ciel l’a pourvu d’une jolie figure, il joue le jeu. Il s’initie aux joies troubles du travesti[ssement. Ndle]  que partage « Monsieur ». Il étudie avec plus ou moins de passion la théologie en Sorbonne de 18 à 22 ans, étude, au terme desquels il obtient le titre d’abbé et les revenus temporels liés à l’abbaye de Saint-Seine en Bourgogne. Sa mère lui disait : « Écoutez, mon fils ; ne soyez point glorieux, et songez que vous n’êtes qu’un bourgeois. Je sais bien que vos pères, que vos grands-pères ont été maîtres des requêtes, conseillers d’État; mais apprenez de moi qu’en France on ne reconnaît de noblesse que celle d’épée. La nation, toute guerrière, a mis la gloire dans les armes: or, mon fils, pour n’être point glorieux, ne voyez jamais que des gens de qualité ».

Abbé de cour, abbé mondain, il se pare de splendides robes, de diamants et de mouches pour séduire des jeunes personnes [qu’il délure et fait souvent habiller en garçons]. Se faisant appeler « Comtesse de Barre », il est protégé du scandale et des poursuites par son amitié avec le frère du roi. Jusqu’à quel point ? Il ne craint pas de dire « j’avais des amants à qui j’accordais de petites faveurs, fort réservé sur les grandes ». Libre à chacun d’interpréter à sa façon ! Il est fort probable en tous cas que d‘une liaison avec une actrice, il ait eu une progéniture. [Chaque fois que ses « amours » tournent mal, il est re]pris par le démon du jeu. »

De fait, « Monsieur » frère du roi, aimait beaucoup s’habiller en femme, se mirer dans ses miroirs et glaces, paré de beaux bijoux et de robes affriolantes ; il était désespéré de ne pouvoir le faire aussi souvent et aussi ouvertement, à cause des contraintes importantes liées à sa position sociale élevée à la cour du roi Louis XIV. Aussi usait-il d’un subterfuge plutôt courant, à savoir organiser des bals masqués où il pouvait aisément donner libre cours à sa passion et la couvrir des voiles légers de l’amusement ordinaire.

« Dès la mort de sa mère, en 1669, le jeune abbé (il n’a pas encore reçu les ordres) aggrave ses habitudes et transforme sa soutane en toilette de femme à la mode. Il règle rapidement la question d’héritage avec ses trois frères, en se contentant de ses bijoux. Si Louis XIV ne fait pas encore profession d’une dévotion rigide, il lui fait tout de même savoir son mécontentement. Il part alors en Italie où il continue ses turpitudes de plus belle, ce qui ne l’empêche pas, à Rome, d’être le conclaviste du Cardinal de Bouillon quand le Pape Innocent IX est élu ! il se ruine au jeu à Venise et en 1683, trouve son chemin de Damas : à l’approche de la quarantaine, il tombe soudain malade et frôle la mort. Guéri, il est décidé à changer de vie et se retire, un an durant, au séminaire des Missions étrangères, rue du Bac, sur les instances de l’abbé de Dangeau. Il publie alors en 1684 en collaboration avec celui-ci son premier ouvrage : Quatre dialogues sur l’immortalité de l’âme, l’existence de Dieu, la providence, la religion. »

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L’ abbé de Choisy au Siam

La publication de ces pieux ouvrages ne lui suffit pas ! Il veut se montrer ardent propagateur du catholicisme. Il demande alors au Roi de faire partie de l’ambassade de Siam, l’ambassade est pourvue et l’on crée donc pour lui le titre de coadjuteur. Fuyait-il ses créanciers de jeu ? Possible. Possible aussi que dans l’hypothèse de la conversion du Roi Naraï, Louis XIV ait voulu adjoindre à Chaumont une personne ayant quelques connaissances théologiques ?  »

[Hypothèse invalidée par le fait qu’à bord de « L’Oiseau », navire qui le transporta au Siam se trouvait des Jésuites, théologiens de bien plus haut niveau que celui de Choisy, lequel reconnait aisément ses faibles compétences. Non, de Choisy bénéficie seulement des « largesses » du Roi qui le préfère, en fait, à mille milles de la cour, lui épargnant ainsi toutes sortes de scandales. NDLE] […]

« Parti pour d’autres aventures au sein de la fastueuse ambassade du très Chrétien Louis XIV, il est ébloui par l’exotisme de ce lointain royaume, et toujours pris de ferveur religieuse, s’y fait ordonner prêtre par Louis Laneau, évêque de Métellopolis, le 10 décembre 1685.

De tous les mémoires des participants à cette expédition, seul le pétillant texte de Choisy sera un succès de librairie : de 1686 à 1690, de nombreuses éditions à Paris et Amsterdam et une après sa mort en 1741, et toujours encore aujourd’hui. On admire dans son texte l’ironie et le naturel, jamais il ne prend la position d’un membre de l’ambassade où son rôle fut modeste, mais où il a su se créer la fonction de coadjuteur qui n’a jamais existé que pour lui.

Le succès lui ouvre une nouvelle carrière, littéraire celle-là. Dans son cabinet, toujours habillé en femme, il découvre alors le bonheur d’écrire : livres d’histoire, ouvrages édifiants. »

Après « une période voluptueuse, une parenthèse missionnaire, le voilà homme de lettre. »

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« toujours habillé en femme jusqu’à l’âge de quatre-vingts ans, il rédige un certain nombre de travaux historiques et religieux, nous lui devons ainsi :
une Interprétation des Psaumes avec la Vie de David, en 1687,
un Recueil de plusieurs pièces d’éloquence et de poësie présentées à l’Académie française…
une volumineuse Histoire de France …

Sans compter une gigantesque histoire de l’Église en 11 volumes …
la somme en la matière reste l’ « Histoire ecclésiastique » de Fleury.

Comparant les deux ouvrages, une langue de vipère en a dit « l’histoire de Choisy est fleurie, celle de Fleury est choisie. »
Lui même n’est pas dupe, il sait l’art des bons mots  et  écrit à propos de ce pavé :
« Grâce à Dieu,  j’ai terminé mon histoire de l’église, je vais maintenant pouvoir l’étudier ! »
Une autre langue de vipère en a dit :
« le dernier tome se ressent de l’âge avancé dans lequel il l’a écrit ! ».

Il a un [bon] sens de l’humour au second degré  : débiteur à l’égard d’une marquise d’une somme de 50 louis d’or, perdue au pharaon ou au tric trac, il lui envoie les 11 volumes de son histoire « pour la faire patienter ».

Il est élu à l’académie française en 1687. Son discours de réception ne mérite pas d’être rapporté, il n’est qu’un panégyrique de la politique de Louis XIV à l’égard des protestants et un monument de flagornerie. Pas mieux au demeurant que son éloge prononcé par son successeur, un austère magistrat du nom d’Antoine Portail qui n’a laissé aucune trace dans la littérature.

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De Choisy meurt octogénaire, doyen de l’Académie française, en 1724. Au soir de sa vie, il gardait sa bonne humeur et, bravant les tabous, aurait confié à sa plume alerte : Les Aventures de l’abbé de Choisy habillé en femme ; voir ci-dessous de téléchargement [2]. Cet ouvrage posthume lui est attribué à tort ou à raison:

Dans cet ouvrage, l’Abbé de Choisy s’attribue le beau rôle, mais trop beau précisément … pour être véridique. De plus les descriptions de ses toilettes et de ses manies amoureuses ont un côté trop répétitifs pour qu’au final on puisse croire à ses sornettes.

En conclusion on pourra dire que ce personnage extravagant, né aux marches du trône, aimé et estimé de tous, aurait pu parvenir, à une brillante fortune s’il avait eu meilleure conduite. Lui même le précise :

« Dieu ne me l’a pas permis, je me serais perdu dans les grandes élévations et d’ailleurs à la mort, j’aurais eu à en rendre un plus grand compte. Je n’aurai qu’à répondre de moi».

Publié 1° fois / DG, le : 21.01.2016
Rewriting : Lio de France / DG
Source [1] : Alain Bernard en Thailande
Fac similé [2] : « Mémoire de l’Abbé de Choisy habillé en femme » :
L’Abbé de Choisy [3] : Androgyne et mandarin par Dick van der Cruysse

 

Travestie par nécessité

Dans notre tour du monde des transgenres et travestis, voici l’histoire d’une femme qui vit en Egypte. Elle s’est habillée en homme et non pas « déguisée », comme l’écrit la rédactrice de l’article ci-dessous, sûrement plus par ignorance que par méchanceté.

La question est donc de savoir pourquoi cette femme qui était mariée à un homme, a dû s’obliger à revêtir des vêtements masculins dans un pays qui ne laisse que peu de place aux femmes et encore moins à leurs droits, tout du moins selon le point de vue occidental. Parce que si vous demandez à un musulman pourquoi, par exemple, à la mort de ses parents, sa soeur héritera d’une somme égale à la moitié de la sienne ? cet homme vous répondra que c’est normal puisque c’est lui qui aura la charge de la famille et que par conséquent, il aura plus de frais que sa soeur. C’est pourquoi, selon lui, la sourate n° 4 an nisa, du Coran, a instauré cette disposition. A vous de juger.

sourat a°n nisa° /
Les Femmes / n°4, verset 11
yoûSî-koum-l lahou fî a°wla°da-koum
Dieu vous enjoint, pour vos enfants :
li-z zakari miçlou haZZi-l ou°nçayanî
au mâle, l’équivalence d’une part de deux filles.

ARTICLE

Déguisée en homme pendant 43 ans pour travailler et subvenir aux besoins de sa fille !

A la mort de son mari il y a maintenant plusieurs années, Sisa Abu Daooh restée veuve et sans ressources a décidé de défier la culture locale de son pays très conservateur , l’Egypte, qui préconise que la femme ne peut pas travailler. Se faisant passer pour un homme pendant 43 ans, elle a travaillé pour subvenir aux besoins de sa fille.

Travestie pour le bien de sa fille !

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« J’avais 16 ans quand je me suis mariée, mon mari est mort à mes 6 mois de grossesse « , raconte Sisa, aujourd’hui âgée de 65 ans.

Comment subvenir aux besoins de son enfant alors qu’elle n’a aucune source de revenu ? Se remarier ? Non, elle ne veut pas qu’on lui trouve un [autre] mari.

N’ayant personne pour l’aider à 21 ans, elle prend son courage à deux mains et plutôt que de mendier comme le veut la culture pour les femmes veuves , Sisa décide de se déguiser [S’habiller] en homme pour pouvoir travailler. Les cheveux rasés et une « galabeya » ( la tenue traditionnelle masculine) enfilée, elle travaille pendant des années dans la construction, la confection de briques ou encore dans les champs. Elle privilégie les villages où personne ne la connaît.

A cette époque, dans la culture égyptienne, une femme ne peut pas être active, elle est destinée à être femme au foyer attendant que son mari pourvoit aux besoins du foyer. Elle confie : « J’ai fait tout ça pour ma fille. Si c’était un garçon, je ne l’aurais pas fait. Mais j’avais peur qu’elle finisse dans la rue. Alors je l’ai protégée, je l’ai élevée et j’ai pu l’envoyer à l’école jusqu’à ce qu’elle se marie. »

L’histoire ne s’arrête pas là puisqu’elle continuera à travailler quand le mari de sa fille Hoda tombera malade et se retrouvera dans l’incapacité de travailler, elle cirera des chaussures pour aider sa fille et ses petits-enfants.

Encore aujourd’hui, le principe d’égalité des sexes est un concept pour lequel les femmes luttent encore en Egypte… [et ailleurs]. Si bien  que l’histoire de Sisa  qui se déroule dans les années 1970 est une grande leçon de courage. Elle a d’ailleurs été honorée en mars dernier par le gouvernement égyptien, à l’occasion de la fête des mères, le président lui a décerné le titre de « Mère travailleuse exemplaire ».

De plus un documentaire anglo-russe intitulé The Untamed Shrew (la mégère non apprivoisée) a été réalisé sur sa vie. Dans ce documentaire, des hommes sont invités à donner leur avis sur ce que Sisa a fait : « Elle est incroyable », disent certains devant la caméra [bien sûr, parce qu’en privé …], un d’entre eux ajoutera même qu’elle vaut plus qu’une douzaine d’hommes ».

A l’heure actuelle, Sisa possède un petite épicerie dans sa ville natale, les autorités égyptiennes lui ont promis une aide, mais Sisa affirme qu’elle continuera de travailler.  Cette hyperactive a du mal à s’imaginer en femme au foyer : « Je pourrirais si je restais au lit. Je m’ennuierais si je ne faisais que dormir et prier. Lorsque je travaille, mes muscles sont réveillés. Je suis une femme en acier ! »

Son histoire remarquable est un signe de plus pour les progrès qui sont attendus concernant les droits des femmes en Egypte.

Par : Imani Amisi
Publié le : 21.07.2015 |  15h07
Titre original : « Déguisée en homme pendant 43 ans
pour travailler et subvenir aux besoins de sa fille ! »
Commentaires par : Lio de France / DG
SOURCE : BibaMagazine.fr
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Comment bien vivre sa solitude ?

Souvent rejetés, dans un premier temps, par leur conjoint, enfants, famille, amis, collègues de travail, bref par la société en général, les personnes transgenres ont comme principal ennemi à combattre, leur solitude, soit leur Moi qui se retrouve isolé, n’ayant plus à se mesurer qu’à lui-même. Ils sont ainsi condamnés à vivre un célibat forcé pour une période indéterminée.

Au travers de cette plus ou moins longue traversée du désert et sachant que tout ce qui ne nous détruit pas nous renforce, les transgenres – comme toutes les personnes qui passent par de telles épreuves – acquièrent une personnalité bien plus solide et éprouvée face aux difficultés de la vie. Le relativisme s’insère dans leur vision du monde et voilà qu’ils deviennent souvent des gens bien plus compréhensifs et concernés, des malheurs des autres.

Pour illustrer nos propos, nous vous proposons un article signé par Caroline Franc Desages du journal l’Express.fr

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Comment positiver la solitude?

Savoir apprécier sa propre compagnie et s’autoriser le plaisir en solitaire…

Dans une société qui considère souvent la solitude comme un mal honteux, difficile d’assumer, voire de positiver cet état, qu’il soit transitoire ou de longue durée. Savoir être seul permet pourtant de mieux aller vers l’autre.

« La solitude ». Un état présenté la plupart du temps comme une punition, une situation subie, une épreuve, voire une honte. Dans un monde où la popularité et le nombre de followers qui vous suivent sont des critères de réussite, un solitaire est forcément suspect ou malheureux. Pourtant, alors que nous n’avons jamais été aussi connectés, qu’il est pour ainsi dire devenu quasiment impossible d’être injoignable, le sentiment de solitude n’a jamais été aussi prégnant. Selon une enquête Ifop réalisée pour la Fondation de France en juillet 2015, 80% des Français avouent ainsi que la solitude est devenue une préoccupation majeure. Une crainte justifiée puisque selon la même étude, un Français sur huit souffre de solitude.

S’il faut distinguer l’isolement de longue durée des instants de solitude choisis ou sereinement gérés, savoir se contenter de sa propre compagnie est pourtant bénéfique. Loin de n’être qu’une source de souffrance ou de déprime, la solitude peut même être nécessaire à la connaissance de soi et des autres. Elle contribue par ailleurs au développement de la créativité, assure le psychothérapeute Hervé Magnin, auteur de La Positive Solitude (éd. Jouvences). Témoignages et éclairages.

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La Rouvière 2,5 hectares de solitude (à vendre) dans le Var

Pour positiver sa solitude, il faut s’entendre avec soi même

Quatre jours et quatre nuits dans une maison de campagne sans téléphone portable, sans télévision, ni radio, ni même animal de compagnie, ni personne. C’est le régime auquel s’est astreint Hervé Magnin pour pouvoir réfléchir de manière réaliste à la condition solitaire et livrer ses impressions dans La Positive Solitude. « Je comptais m’extraire du monde plus longtemps afin d’écrire ce livre qui était à l’origine une commande de mon éditeur. Finalement, quatre jours ont suffi. Preuve s’il en était que la solitude est propice à la créativité et à une certaine efficacité », raconte le psychothérapeute.

Pointant la différence entre l’isolement, qui serait pour lui la version subie de la solitude et la faculté d’être seul sans ressentir instantanément de la tristesse ou de l’angoisse, Hervé Magnin souligne que pour parvenir à positiver cet état, « il faut avoir une certaine estime de soi« : « Il faut s’entendre avec soi-même, se satisfaire de sa propre compagnie, ce n’est pas toujours facile, cela peut nécessiter un travail sur soi. » « Il faut avoir un regard indulgent et bienveillant sur sa solitude. Travailler à accepter (car on ne sait pas combien de temps cela durera) ce temps de vie sans conjoint, sans amoureux. Travailler à ne pas se sentir paria, pathétique, hors norme », témoigne Cécile, jeune mère séparée.

S’autoriser le plaisir en solitaire

Il faut aussi, poursuit Hervé Magnin, s’affranchir de la culpabilité souvent infligée par une société ayant tendance à trouver suspecte la capacité à prendre du plaisir seul. Il n’y a qu’à voir la perception que l’on a de « l’expression ‘plaisir solitaire’, qui renvoie directement à la masturbation. Une pratique taboue dans notre société, même aujourd’hui ». S’adonner trop souvent à des activités seul est encore parfois jugé comme une forme d’égocentrisme.

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« Pourtant, insiste Hervé Magnin, s’il n’y a pas de ‘recettes toutes faites’ pour positiver la solitude, le maître mot est bien celui-ci: le plaisir. Cela peut passer par l’écriture, la marche en forêt, le voyage, un film, le dessin ou la masturbation. Peu importe tant qu’il y a de l’agrément. »

LIRE AUSSI >>> Voyager seul(e) pour mieux se (re)découvrir?

Un conseil appliqué à la lettre par Juliette, qui dit aimer ses amis, son mari et passer du temps avec eux. Mais, confie-t-elle, « être constamment en société demande une certaine dose d’énergie, être seule me ressource. J’adore être seule pour me lever tôt, quand tout le monde dort encore et profiter du silence, du chant des oiseaux… Pour lire, méditer, faire du sport. Aller au cinéma seule est un plaisir pour une certaine catégorie de films. Je trouve formidable d’être seule et de mieux se connaître. C’est un besoin pour moi, que mon mari -qui lui déteste être seul- ne comprend pas. » Marie quant à elle confie savourer sa nouvelle ‘vie en solo’: « Elle me permet de vivre à mon propre rythme, de méditer et d’écrire tout à loisir, de ne plus m’épuiser en courses et en ménage, je ré-investis mon chez moi, le décore et l’organise différemment, me régale de rencontrer des amis à l’extérieur et de retrouver ensuite le cocon du silence. »

« Dans ce cheminement que je fais pour accepter ma nouvelle situation, je me suis efforcée de définir les activités que j’aime et de les mettre en oeuvre, ajoute Cécile. Ne pas se réfugier derrière la fatigue, la peur de sortir seule, de faire des activités seule. Je fais pas mal de sport. Et surtout, je vais au théâtre, au ciné, au concert seule. Ça n’est pas un cap facile à passer, mais ça évite de me priver de ce que j’aime, à cause de la solitude. »

« A vivre seul on apprend à choisir ses relations »

L’autre bénéfice à retirer d’une solitude bien vécue selon Hervé Magnin, réside dans le fait qu’elle permet de « choisir » les moments où l’on va vers l’autre et de choisir également cet autre. « Par peur d’être seul, on accepte souvent de s’entourer de personnes avec lesquelles finalement on se sent malgré tout seul. Ne plus redouter de ne pas être constamment entouré offre cela, la liberté d’aller vers ceux qui nous apportent quelque chose. »

« A vivre seul, on apprend à choisir ses relations au lieu de les supporter, de s’en accommoder. Sauvage et sociable tout à la fois, l’individu solitaire ne se croit pas obligé d’aller à des repas de famille, de participer à des fêtes dont les convives l’ennuient. Et de cela il ne se sent nullement culpabilisé parce qu’il est en accord avec ce qu’il fait », écrit quant à elle Jacqueline Kelen dans son ouvrage L’esprit de solitude (éd. Albin Michel).

« A vivre seul, au moins quelques années, on apprend à passer du besoin qui ligote au désir et au rêve qui ouvrent grand l’espace en soi et autour de soi », écrit encore Jacqueline Kelen. Et d’ajouter: « Beaucoup s’imaginent que l’amour va mettre fin à leur solitude, alors que c’est la solitude qui permet l’éclosion et la durée de l’amour. »

Un constat approuvé par Céline, 36 ans. « J’ai passé plusieurs années avec mon ancien compagnon alors que je ne l’aimais plus, par crainte uniquement de ne pas savoir être seule. Et puis un jour nous avons décidé de nous séparer. Contrainte et forcée, j’ai dû faire connaissance avec moi-même. Et j’ai découvert que je n’étais pas si désagréable à fréquenter! Aujourd’hui, je viens d’entamer une relation amoureuse, mais je sais que je n’ai pas un besoin vital de vivre à deux. Et curieusement, cela rend cette rencontre bien plus intense, parce que je l’aime pour lui, pas parce qu’il représente une porte de sortie de mon célibat« .

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Accepter aussi la peur d’être seul(e)

Nul besoin d’être célibataire pour goûter la solitude. Anne chérit ainsi « toutes ces journées seule à la maison durant lesquelles je peux créer, dessiner, [lire], peindre et surtout faire une licence d’arts plastiques, rêve de ma vie réalisé à 55 ans. Je suis bien avec moi-même. Et tous les lundis matin je me dis ‘Enfin seule!’. »

Mais attention, tempère Cécile: « c’est très facile d’apprécier sa solitude lorsqu’elle est une parenthèse, un moment pour soi dans une vie de famille et de couple ‘traditionnelle’. C’est lorsque la solitude devient un mode de vie (célibat principalement et garde alternée en sus) qu’il devient fondamental (et difficile) de la transformer en une expérience riche. Un vrai challenge, très compliqué dans notre société où le couple reste la valeur phare. »

Une difficulté que confirme Sandra, 44 ans: « je n’ai jamais vécu en couple et je n’aurai jamais d’enfants, j’en ai désormais fait mon deuil. Alors bien sûr je sais comment tromper la solitude, je suis inscrite à des activités sportives, je pars en vacances via des associations comme Terre d’Aventures qui me permettent de rencontrer des gens. Mais il ne faut pas se voiler la face. C’est difficile. On se demande ‘pourquoi moi’, on a tout le temps l’impression qu’il nous manque quelque chose pour être aimable. Le plus douloureux, ce sont les périodes de fêtes, les anniversaires, tous ces moments que l’on préférerait célébrer à deux. Même si ma vie est remplie, que je suis épanouie professionnellement et que j’ai des aventures, parfois, cette solitude n’est pas la meilleure des compagnes. »

« Pour positiver la solitude, il faut peut-être avant tout en accepter ses corollaires: les moments de blues et de peur », analyse Cécile, qui poursuit sa quête de sérénité après sa séparation. « On ne peut pas y échapper. Multiplier des activités, oui, mais trop en faire est aussi une fuite en avant. Ça évite de se retrouver seule dans son appart. De mon côté, je me rends compte que j’alterne des week-ends ultra remplis, où j’ai tout à fait conscience de faire du remplissage, avec des fins de semaine où je ne vois personne. Je reste à la maison et je me pose, seule avec moi-même. »

Par : Caroline Franc Desages
Publié le : 14.03.2016 | 07:00
Titre original : « Comment positiver la solitude. »
Commentaires de  : Lio de France /DG
SOURCE : LExpress.fr

Monsieur, frère gay de Louis XIV ?

Philippe de France, duc d’Orléans aussi appelé Philippe d’Orléans, est né le 21 septembre 1640 à Saint Germain en Laye  et mort le 9 juin 1701 au château de Saint Cloud. Prince de France, fils de Louis XIII et d’Anne d’Autriche, il est frère cadet de Louis XIV. Il est connu sous son titre de « duc d’Orléans » ou comme « Monsieur ». Marié à la Comtesse Palatine, il eut une nombreuse descendance qui forme la branche cadette des Orléans.

Extraits de l’article :

A Versailles, le frère très gay de Louis XIV

par Bernard Hasquenoph
©Louvre pour tous (6/01/2009)

La figure haute en couleur de Monsieur, frère du Roi, ancêtre de tous les princes actuels européens, vient contredire l’image compassée que certains voudraient donner du Versailles louis-quatorzien.

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Monsieur, école Pierre Mignard © DR

Saint-Simon, dans ses Mémoires, dresse de lui un portrait resté célèbre :

« C’était un petit homme ventru, monté sur des échasses tant ses souliers étaient hauts, toujours paré comme une femme, plein de bagues, de bracelets et de pierreries partout, avec une longue perruque toute étalée devant, noire et poudrée et des rubans partout où il pouvait mettre, plein de sortes de parfums et en toutes choses la propreté même. On l’accusait de mettre imperceptiblement du rouge… ».

Philippe d’Orléans dit Monsieur, frère cadet de Louis-Dieudonné dit Louis XIV, avait alors la cinquantaine.

Le jeune homme qu’il fut avait été des plus minces, fort beau et en tout gracieux. Surtout quand il s’habillait en fille, comme il l’affectionnait dès la plus tendre enfance, pratique encouragée dit-on par Mazarin pour l’éloigner des tentations du pouvoir. [Au vu des portraits des enfants des familles princières, c’était une habitude très conforme aux moeurs de l’époque. Ndle]

Son compagnon de jeu d’alors, le futur abbé de Choisy, travesti Grand Siècle et amateur de jolies filles, tout en étant prêtre et auteur d’une Histoire de l’Église en onze volumes, témoigne :

 » On m’habillait en fille toutes les fois que le petit Monsieur venait au logis, et il y venait au moins deux ou trois fois la semaine. J’avais les oreilles percées, des diamants, des mouches et toutes les autres petites affèteries auxquelles on s’accoutume fort aisément et dont on se défait fort difficilement. Monsieur, qui aimait tout cela, me faisait toujours cents amitiés. Dès qu’il arrivait, suivi des nièces du cardinal Mazarin, et de quelques filles de la Reine, on le mettait à la toilette, on le coiffait (…). On lui ôtait son justaucorps, pour lui mettre des manteaux de femme et des jupes…« .

Jeune homme, le prince conserva l’habitude de se travestir, profitant des bals masqués et autres carnavals pour assouvir son goût en public, ce qui ne troublait pas même sa mère :

« Quand j’arrivai au Louvre, Monsieur était habillé en fille avec les cheveux blonds. La reine me disait qu’il me ressemblait »,

note la Grande Mademoiselle, sa cousine. Il avait dix-huit ans. Sans doute eût-il aimé vivre ainsi le plus souvent mais, selon l’abbé de Choisy,

« il n’osait à cause de sa dignité : les princes sont emprisonnés dans leur grandeur. Mais il mettait le soir des pendants d’oreille et des mouches, et se contemplait dans ses miroirs, encensé par ses amants ».

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La famille de Louis XIV (Monsieur à gauche) par Jean Nocret | Versailles © DR

AU POIL ET À LA PLUME

Bien que ces catégories n’aient eu aucun sens à l’époque, homosexuels, hétérosexuels ou « au poil et à la plume » selon l’expression consacrée, toutes et tous avaient en commun de différencier nettement l’assouvissement de leurs plaisirs particuliers d’avec leur fonction ou leur devoir de procréation dans le cadre strict de mariages toujours arrangés.

Ainsi, Monsieur vécut toute sa vie ouvertement ses amours masculines, « avec le plus grand scandale » selon le prude Saint-Simon, tout en assumant – gardien intransigeant de l’Etiquette – son rang, ses devoirs religieux comme conjugaux. De la même façon, son frère, hétérosexuel de nature, parallèlement à un mariage officiel, enchaîna les maîtresses de plus en plus jeunes, essaimant quelques « bâtards », jusqu’à Madame de Maintenon avec qui il se maria secrètement et qui le convertit sur le tard à la bigoterie.

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La Princesse Palatine par François de Troy (détail) © DR

Monsieur, qui eut six enfants de deux mariages, formait avec sa seconde épouse, Charlotte-Élisabeth de Bavière dite la princesse Palatine, un couple des plus pittoresques et disparates. Elle était presque autant masculine que lui était efféminé. Elle adorait la chasse quand Monsieur ne supportait pas l’idée de tuer un animal, sa forêt de Saint-Cloud étant pour les créatures du Bon Dieu un havre de paix. Madame n’avait aucun goût pour la toilette, le maquillage et les bijoux quand lui en rafollait au point qu’il l’obligeait à se parer pour les grandes occasions. Elle fut contrainte de faire intervenir son confesseur pour qu’il cesse de la « farder de rouge contre [sa] volonté ».

La princesse a laissé suffisamment de lettres – on dit qu’elle en a écrit 60 000 ! – pour qu’on ait une idée de leur intimité. Une fois passée la surprise d’un époux couvert de pierreries et noyé de parfum – lui, en la découvrant, aurait murmuré à ses mignons « Oh ! comment pourrais-je coucher avec elle ? » -, elle accepta ses goûts avec placidité : « Pour ce qui est de Monsieur, j’ai beau faire de mon mieux pour le persuader que je ne veux pas le troubler dans ses divertissements et son amour des hommes, il croit toujours que je veux l’empêcher de donner tout son bien à ses galants… » écrit-elle par exemple à sa tante en 1693. Comment pourrait-elle être choquée de ses moeurs, elle qui y voit un signe de grandeur : « Tous les héros étaient ainsi : Hercule, Thésée, Alexandre, César, tous étaient ainsi et avaient leurs favoris… » Grâce à sa fine analyse, on comprend mieux comment ces messieurs s’arrangeaient de la condamnation de l’Eglise :

« Ceux qui, tout en croyant aux Saintes Écritures n’en sont pas moins entachés de ce vice-là, s’imaginent que ce n’était un péché que tant que le monde n’était pas peuplé. Ils s’en cachent tant qu’ils peuvent pour ne pas blesser le vulgaire, mais entre gens de qualité on en parle ouvertement. Ils estiment que c’est une gentillesse et ne font pas faute de dire que depuis Sodome et Gomorrhe notre Seigneur Dieu n’a plus puni personne pour ce motif… ».

Trente ans de fréquentation de la Cour l’ont rendu experte de la question homosexuelle : « Sur ce chapitre, je suis devenue tellement savante ici en France, que je pourrais écrire des livres là-dessus. » reconnaît-elle en 1701.

CORVÉE CONJUGALE

Sous la plume truculente de La Palatine, Liselotte pour les intimes, les anecdotes savoureuses ne manquent pas. Dans une lettre écrite une fois Monsieur décédé, on apprend ainsi l’usage très particulier qu’il faisait de son chapelet pour l’assister dans le lit conjugal :

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Monsieur, père de famille, près du portrait de sa fille par Mignard (détail) © DR

– [Princesse Palatine] : « Feu Monsieur m’a fait rire une fois de bon coeur. Il apportait toujours au lit un chapelet d’où pendait une quantité de médailles, et qui lui servait à faire ses prières avant de s’endormir. Quand cela était fini, j’entendis un grand cliquetis de médailles, comme s’il les promenait sous la couverture. Je dis : « Dieu me le pardonne, mais je soupçonne que vous faites promener vos reliques et vos images de la Vierge dans un pays qui lui est inconnu ».
– Monsieur répondit : « Taisez-vous, dormez. Vous ne savez ce que vous dites ».
– [PP] : Une nuit je me levai en douceur et je dirigeai la lueur du bougeoir dans le lit comme il promenait ses médailles sous la couverture. Je le saisis par le bras et lui dis en riant : «Pour le coup, vous ne sauriez plus me le nier » .
– Monsieur rit aussi et dit : « Vous qui avez été huguenote, vous ne savez pas le pouvoir des reliques et des images de la Sainte Vierge. Elles garantissent de tout mal les parties qu’on en frotte » .
-[PP] Je répo
ndis : « Je vous demande pardon, Monsieur, mais vous ne me persuaderez point que c’est honorer la Vierge que de promener son image sur les parties destinées à ôter la virginité ».
– Monsieur ne put s’empêcher de rire et dit :  « Je vous prie, ne le dîtes à personne »
.
Raté, trois siècles après, on en rit encore.

Une fois leur descendance assurée, à partir de 1676, Monsieur abandonna son épouse à sa chambre, pour le plus grand bonheur de celle-ci qui connut là la fin de son calvaire :

« Peu après la naissance de ma fille (…), Monsieur a fait lit à part, et le commerce ne me plaisait pas assez pour prier feu Monsieur de revenir dans mon lit. Quand Sa Dilection dormait dans mon lit, je devais me tenir sur le bord, si bien que je suis tombée souvent en dormant du lit, car S.D. ne pouvait souffrir qu’on le touchât, et quand cela m’arrivait en m’endormant d’étendre un pied et de le toucher, il me réveilla et me grondait pendant une demi-heure ».

A compter de ce jour, les époux n’eurent plus aucun rapport sexuel mais conservèrent une estime mutuelle et tendre. En guise de souvenir, Monsieur laissa à Madame une maladie intime, Monsieur savait se montrer généreux. […]

Mais celui qui, à la Cour « y jetait les amusements, l’âme, les plaisirs, et quand il la quittait tout y semblait sans vie et sans action » selon Saint-Simon ne peut se résumer à ce personnage frivole passé à la postérité. De plus, il fut et reste victime de la gêne des historiens devant une homosexualité flamboyante à contretemps d’une morale toujours pesante malgré l’évolution des moeurs.

HÉROS MILITAIRE

En réalité, c’est son propre frère le roi qui le condamna à n’être que ce prince de l’oisiveté. Pour le comprendre, il faut remonter à la guerre de Hollande menée par Louis XIV vers les années 1675. Comme un coup de tonnerre, Monsieur révéla son génie militaire lors de la bataille de Cassel le 11 avril 1677, entouré de ses lieutenants généraux dont le chevalier de Lorraine. A la tête d’une armée de vingt mille hommes, faisant preuve d’un courage indéniable et d’un sens stratégique incroyable, il remporta une victoire éclatante contre Guillaume d’Orange, l’ennemi juré de la France. C’était bien là l’échec de la stratégie d’efféminisation d’un Mazarin puisque, toute folasse qu’il était comme on dirait aujourd’hui dans le Marais, Monsieur se révéla être un grand chef militaire. Puis, se démarquant une fois de plus de l’usage, il interdit ensuite tout pillage et envoya aussitôt médecins et vivres aux blessés des deux armées.

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Louis XIV au siège de tournai en 1668 © DR

Cet événement considérable qui modifia la scène politique européenne fit de lui du jour au lendemain le héros du peuple français. La princesse Palatine écrivit : « Le Roi n’était pas aussi brave que Monsieur ». Plus populaire que son frère à qui jamais une telle victoire n’avait été permise, la gloire éphémère de Monsieur marqua la fin de ses prétentions à servir son pays. Dès lors, humilié, Louis XIV l’écarta du champ politique, lui interdisant tout commandement militaire et pour l’éloigner définitivement des tentations du pouvoir le couvrit d’or afin qu’il s’adonne uniquement à ses passions dans lesquels, sans autre choix, il s’enferma.

Devenu l’être ventripotent un peu ridicule décrit par Saint-Simon, il avait soixante et un ans quand il mourut d’une crise d’apoplexie. […] Avec la disparition de Monsieur, la Cour de Versailles avait perdu si ce n’est son soleil au moins tout son éclat.

Les chansonniers toujours si cruellement proches de la vérité
s’en donnèrent à coeur joie en lui rendant ce dernier hommage :

« Philippe est mort la bouteille à la main ;
Le proverbe est fort incertain
Qui dit que l’homme meurt comme il vit d’ordinaire ;
Il nous montre bien le contraire,
Car s’il fût mort comme il avait vécu
Il serait mort le vit au c*l. »

L’ironie de l’Histoire veut que ce prince hors-norme peut être considéré aujourd’hui, au regard de sa nombreuse descendance, comme le véritable grand-père de l’Europe monarchique, sa postérité s’installant partout, sur les trônes d’Espagne, d’Allemagne ou d’Italie… […]

Bernard Hasquenoph | Louvre pour tous | 6/01/2009
© Louvre pour tous / Interdiction de reproduction sans l’autorisation de son auteur, à l’exception des textes officiels ou sauf mention expresse

BIBLIOGRAPHIE

- Monsieur, frère de Louis XIV par Philippe Erlanger, éd. Perrin, 1981
- Le goût de Monsieur – L’homosexualité masculine au XVIIe siècle par Didier Godard, éd. H&O, 2002
- Madame Palatine par Dirk Van der Cruysse, éd. Fayard, 1988
- Les bûchers de Sodome par Maurice Lever, éd. Fayard, 1985

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Cliquez pour  : Source et article complet

Publication initiale sur Double Genre : 20.01.2016

Transgenres nippons ni mauvais

Bien évidemment, vous avez compris que notre titre est fortement inspiré d’une phrase culte extraite d’un sketch de Didier Bourdon. Elle ne veut qu’exprimer de façon plaisante le fait qu’un transgenre ne peut être ni meilleur ni pire, dans quelque emploi que ce soit. Le fait qu’il soit une personne transgenre n’a que peu d’effet sur son travail, sinon qu’à exciter bêtement la curiosité ou les fantasmes des ses collègues de travail et dans le « cas » présent, peut-être celle des administrés d’un quartier de la capitale du Japon.

 Un transgenre élu à un conseil municipal de Tokyo
KAMIKAWA Aya 2007.JPG

Photo : Kamikawa en 2007
Nom de naissance 上川 あや
Né le 25 janvier 1968 Tokyo, Japon
Nationalité Japonaise
Occupation Politicien

DrapeauAngloSaxon Aya Kamikawa, 上川 あや Kamikawa Aya, born January 25, 1968, is a Tokyo municipal official, the first openly transgender person to seek or win elected office in Japan.

Double Genre Aya Kamikawa, 上川 あや Kamikawa Aya, né le 25 juin 1968, est un(e) membre de la municipalité de Tokyo ; [il est] le premier transgenre déclaré à s’être présenté et à avoir gagné des élections municipales au Japon.

DrapeauAngloSaxon She was elected in April 2003. Kamikawa, then a 35-year-old writer, submitted her election application papers with a blank space for « sex. »

Double Genre Elle a été élue en avril 2003. Kamikawa qui était alors un écrivain âgé de 35 ans, a déposé ses documents de candidature, en laissant un blanc à la mention « sexe ».

DrapeauAngloSaxon She won a four-year term as an independent under huge media attention, placing sixth of 72 candidates running for 52 seats in the Setagaya ward assembly, the most populous district in Tokyo.

Double Genre Elle a remporté un mandat de quatre ans comme indépendante, sous les regards empressé de la presse,

DrapeauAngloSaxon Despite an announcement that the government would continue to consider her male officially, she stated that she would work as a woman. Her platform was to improve rights for women, children, the elderly, the handicapped, and Lesbian, gay, bisexual, and transgender (LGBT) people.

Double Genre Bien que le gouvernement ait déclaré qu’il continuerait à le considérer officiellement comme mâle, elle a déclaré qu’elle travaillerait en tant que femme. La plate-forme [de son programme électoral] vise à améliorer les droits des femmes, des enfants, des personnes âgées, des handicapés, des  lesbiennes, des homosexuels, des bisexuels et des transgenres (LGBT).

DrapeauAngloSaxon In April 2007, she was re-elected to her second term, placing second of 71 candidates running for 52 in the same ward assembly. She is the only openly transgender official in Japan at this point.

Double Genre En avril 2007, elle a été réélue pour un second mandat, classée seconde sur 71 candidats en compétition pour les 52 fauteuils du conseil municipal. A ce jour, elle est la seule transgenre officiellement connue au Japon.

DrapeauAngloSaxon Sources

DrapeauAngloSaxon Liens externes

Par : Wikipédia/anglais
Publié en : 02.2009
Titre original : « Aya Kamikawa, from Wikipedia. »
Commentaires et traduction : Double Genre Lio de France / DG
SOURCE : Wikipédia.org
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8.3 journée des femmes et des trans

Eh oui ! on s’invite dans cette journée dédiée aux femmes et à celles qui souhaitent s’y assimiler, parce que certains hommes sont des femmes comme les autres. 😉

TalonsAiguilles

Une fois n’est pas couture, coutume, parlons un peu de moa, Lio de France, car si je ne pas une vraie femme authentiquement éclose d’une culture in vivo, issue d’un cru biologique d’appellation contrôlée, je suis pour le moins … un Helix aspersa aspersa, un petit gris de Provence, un gastéropode terrestre, bref un escargot ;

non que je bave sur les pages de mon blog, encore que cette sécrétion intempestive n’aurait pas que des inconvénients, puisqu’il est désormais reconnu scientifiquement qu’elle possède la vertu de cicatriser les plaies (de la vie) ;

mais parce que sa particularité est d’être hermaphrodite. En effet, « un même individu est capable de produire des spermatozoïdes et des ovules, mais l’autofécondation étant impossible, il doit s’accoupler avec un partenaire. »

Préliminaires Lorsque deux escargots se rencontrent
et que la saison des amours bat son plein, il commencent par s’embrasser « baveusement »: ce sont les préludes

Après avoir épousé un femme cisgenre, (faut-il le préciser), cette charmante personne m’a quitté façon Petit Prince (de Saint Exupéry). Marie (on l’appellera ainsi), bien que née au pays du haschich, ne fumait (rien) ; fille d’un représentant en vin, elle ne buvait pas  (outre mesure), faisait beaucoup de sport (une athlète complète), mais son capital génétique n’était pas fameux. Aussi la maladie l’a emportée, alors qu’elle était encore une jeune maman, me chargeant de fait de m’occuper seul de notre fille de 7 ans.

Sans réel désir initial de quitter la tranquillité de mon célibat forcé (zéro tracas, zéro bla bla) , j’ai été tout de même été obligé d’adopter rapidement une vie de femme et suis illico devenue :

  • une vraie fée du logis, piégeant la poussière à la Marie-Pierre Casey :

>>  youtube.com/watch?v=fhI1zeDwoI0

  • une chef de cuisine … mais surtout de la pizza au four micro onde,
  • un plongeuse en apnée spécialiste … des vaisselles récalcitrantes,

GrandNettoyage

  • une technicienne de surface expérimentée,
    normal : récurer les viers, ça me connait ( 😦 oupss ! je sors.)
  • une addict des lessives qui lavent plus blanc…

    >>  youtube.com/watch?v=elL2-cdEjZA

  • une championne de la patte mouille, comme jadis une de mes tantes maternelles qui repassait sur le trottoir, devant son échoppe, tellement il y faisait chaud et humide.>

8maiJour2laFemme

–  habilleuse, admiratrice et manager des spectacles de danse de ma « petite » que j’accompagnais les mercredis après midi chez les mères de ses amies pour déguster des cookies, parler chiffons et de « leurs mecs. »

08.03feteFemme

Ajoutez à cela mon envie irrésistible de porter des bas et des talons,
des sous vêtements soyeux et à l’occasion un vrai dirndl bavarois.

Dirndl
Dirndl bavarois
  • ce qui aurait fait sûrement plaisir à ma trisaïeule, l’épouse de Philippe de France, frère gay du Roy Soleil, Madame Palatine avec laquelle je partage :
MadamePalatineDirndl
Madame Palatine
  • le goût immodéré de l’écriture, grande épistolaire reconnue pour les uns, « Commère du Grand Siècle » pour les autres ;
  • un visage aux traits plutôt masculins…
    … et avec tout ça, vous avez une nouvelle dame dans votre club 😉

D’ailleurs mon cas n’est pas unique. Il respecte la règle des 3 D
Décès – Divorce – Déménagement *
* Pas folle la guêpe, elle ne divorce pas de suite,
séparée de corps, et l’esprit tranquille, elle va vivre chez sa mère 🙂

08MarsJourFemme

Dans ces 3 cas prédédents, l’homo sapiens sapiens se retrouve seul dans sa caverne, sa caserne, sa cahute ou encore sa casbah et doit, faute de mourir de soif, de faim, de poussières diverses … assumer le rôle qu’il a, depuis la nuit des temps, dévolu à la femme dont je ne suis pas sûre qu’elle l’ait revendiqué.<


Et POUTINE, qu’est-ce qu’il en dit ?

Congratulation on International Women’s Day
by Vladimir Poutine — da!

Vladimir Putin congratulated Russia’s women on the International Women’s Day holiday.

Vladimir Putin: Dear women,

From all my heart, I congratulate you on International Women’s Day. Russia celebrates this holiday with particular love, probably more so than any other country. It is a holiday filled with gifts and flowers and with our warmest, fondest feelings for our mothers, wives, daughters, colleagues and all the women close to our hearts. After all, it is women who give us life and warm us with their love, support and care. It is women, with their dignity and compassion, who incarnate Russia’s true soul.
I want to say particular words of gratitude today to the women of the wartime generation. Your strength of spirit and your feats taught us to be real men and reach victory in spite of all the obstacles. Today’s women follow in your footsteps, succeeding in every field, in professional and creative careers and public work, and create a happy and comfortable environment for founding families and raising children.
Dear women, you possess a mysterious power: you keep up with everything, juggle a myriad of tasks, and yet remain tender, unforgettable and full of charm. You bring goodness and beauty, hope and light into this world. We are proud of you and we love you.
Once again, let me congratulate you sincerely on this holiday. I wish you days and years filled with joy. I wish you happiness.

Владимир Путин поздравил российских женщин с праздником – Международным женским днём.
В.Путин: Дорогие женщины!
Сердечно поздравляю вас с Международным женским днём. Этот праздник в России отмечают с особой теплотой. Пожалуй, как нигде в мире. Он наполнен подарками и цветами, самыми добрыми чувствами к нашим мамам, жёнам, дочерям, коллегам по работе – ко всем близким нашему сердцу женщинам. Ведь женщины дают нам жизнь, согревают своей любовью, поддержкой и заботой. Именно в женщине, в её достоинстве и милосердии раскрывается истинная душа России.
Особые слова признательности хочется сказать сегодня женщинам военного поколения. Ваша сила духа, ваш подвиг научили нас быть настоящими мужчинами, побеждать вопреки всему. Современные женщины вам под стать. Им всё удаётся: достигать вершин в профессии, в творчестве, в общественной деятельности, создавать радушную, комфортную обстановку в семье, воспитывать детей.
Вы, дорогие наши женщины, обладаете непостижимым секретом: всё успевать, справляться с огромным грузом забот и оставаться нежными, яркими, обаятельными. Вы приносите в этот мир добро и красоту, свет и надежду. Мы гордимся вами и любим вас.
Ещё раз от души поздравляю вас с праздником. Желаю побольше радостных дней и лет. Будьте счастливы.

Attention, biologique ou en transition, la femme 2016 a changé 😉


Par : Lio de France
Publié : ce jour
SOURCE : Double Genre.

Témoignage d’un homme travesti

Je suis un homme, et je me travestis — Témoignage

Bertrand se travestit : son double s’appelle Pénélope, se pomponne pendant plus d’une heure dans la salle de bains et mesure deux mètres talons compris. Et il le vit très bien, merci pour lui !

Je suis un homme, et je me travestis — Témoignage

Je suis un travesti

Je m’appelle Bertrand, j’ai 36 ans, je suis hétérosexuel, je me travestis.

Cet article est une sorte de réponse à celui dans lequel une madmoiZelle racontait ses réactions au travestissement de son mec. Ma réponse vient donc « de l’intérieur », si on veut — et sans jeu de mots graveleux !

Je vais d’abord être très factuel, puis poursuivre en analysant un peu.

Depuis quand est-ce que je me travestis ?

J’ai toujours plus ou moins eu envie de me travestir. Le plus vieux souvenir que j’ai d’avoir eu cette envie, c’était vers mes 19 ans, mais ça remonte sûrement à plus loin. En gros, à la puberté et à la conscience de la différence des sexes et de leurs utilités respectives.

Mais le passage à l’acte n’est arrivé qu’à 33 ans. Grâce au mec d’un pote, qui est danseuse burlesque, à qui j’expliquais que j’avais toujours voulu faire ça et qui m’a dit avec un air de défi « qu’est-ce que tu attends, viens on va t’habiller ». Et j’y ai été.

Pourquoi est-ce que je me travestis ?

C’est difficile pour moi de dire pourquoi ça m’intriguait à l’époque. Je ne m’en souviens pas bien. Ce qui est sûr, c’est que ce que j’y ai trouvé est différent de ce pourquoi ça m’intriguait.

Je crois que j’imaginais à l’époque pouvoir me transformer en femme, au moins visuellement. Et ce qui me motivait, c’était de savoir comment ça se passait dans « la vie d’une femme ».

Comment est-ce que je me travestis, et à quelles occasions ?

En trois ans, j’ai dû me travestir huit fois. Soit dans des environnements gay-friendly ou simplement gay, soit dans en compagnie de gens que je connais, hétéros en majorité. Mais pas dans un endroit hétéro inconnu, à part pour aller d’un point à un autre.

Lorsque je me travestis, j’essaye d’obtenir le résultat le plus réaliste possible.

« Comment c’est, la vie d’une fille ? »

Tout d’abord, et pour lire ce qui suit, il vous faut savoir que le moment de ma vie le plus proche d’une expérience homosexuelle a été un crush que j’ai eu pour un garçon, vers 15 ans, avec qui je faisais du skate, qui était beau à tomber par terre avec ses cheveux longs et ses taches de rousseurs.

En gros, j’avais une attirance esthétique pour lui, sans désir. Il était vraiment très beau, mais n’a pas nourri de rêve humide pour autant. Il aurait fait une fille splendide, dommage !

Cela n’a pas déclenché de « période de doute » chez moi sur mon orientation sexuelle. J’ai toujours eu l’impression d’être hétéro sans vraiment me poser la question. Ceci n’est pas une précaution oratoire, mais juste une description de contexte.

Ce qui m’intéressait dans l’idée de me travestir, c’était de savoir ce qui se jouait dans le camp d’en face. Par empathie, certainement, un peu comme on écoute le calvaire quotidien d’un ami maghrébin qui vous raconte l’enfer du contrôle au faciès, sans vraiment pouvoir le ressentir parce qu’on est blanc et BCBG.

Là où je me fourrais le doigt dans l’oeil, c’est qu’avec mon mètre quatre-vingt-douze, tout fin que j’étais, je ferais une fille bien trop grande pour être crédible, à plus forte raison avec des talons ! J’avais naturellement l’intention d’être la plus « réussie » possible. Cette volonté de crédibilité fut à l’origine de ma première découverte.

L’enfer de la féminité

Être une belle fille, c’est l’enfer. Se raser les jambes. Les aisselles. Porter un string inconfortable. Des collants qui tiennent chaud et qui scient le ventre. Des talons qui font mal. Une robe qui remonte, très légère et sans poche. Pas de poche donc un sac. Robe légère donc un manteau. Manteau et sac dont on sait pas quoi foutre et qu’il faut toujours mettre au vestiaire ou confier aux copines. Maquillage qui gratte la figure mais qu’on ne peut pas toucher sans tout bousiller. Déplacement dangereux en talons dès qu’on croise une plaque d’égout, une grille, du gazon, des dalles avec un interstice un peu trop grand…

Au bas mot 45 minutes de préparation pour une fille qui a l’habitude, 1h30 dans mon cas. Une heure et demie pour apparaître fabuleuse au sortir de la salle de bain et tomber nez à nez avec un connard qui a enfilé un jean et un t-shirt blanc et qui fait la gueule parce qu’on est en retard. Celui qui aurait dit qu’on était fagotée comme un sac si on avait fait la même en 10 minutes. Je sais de quoi je parle, j’ai été ce connard !

Cette découverte-là, depuis que je me travestis, me permet de comprendre et d’apprécier les efforts faits par les femmes dans le vestiaire et la salle de bain.

Ainsi, avant même d’avoir présenté mon double féminin au monde, j’avais déjà compris quelque chose. Si vous êtes un mec, que vous lisez ces lignes et que vous vous dites « oui, bon, ben d’accord, pas besoin de se travestir pour comprendre ça », sachez que vivre quelque chose et se le faire raconter, ça n’est pas pareil.

Bienvenue, Pénélope !

Mon double féminin s’appelle Pénélope, a son propre profil Facebook et vous remarquerez que j’en parle à la troisième personne. J’ai vu le film Tootsie un an après avoir commencé à me travestir. Tout ce qui y est décrit est exactement ce que je ressentais avant d’avoir vu le film. Dustin Hoffman a encore parlé de ce rôle récemment, avec les larmes aux yeux.

Le seul reproche que je ferais à ce film est d’avoir fait de Tootsie un personnage genré mais pas sexué puisqu’il s’agit d’une dame ménopausée. Le même film avec la dimension de séduction homme-femme aurait été plus intéressant ! Permettez-moi donc de combler ce vide (là encore, sans jeu de mot graveleux).

Comme je l’ai expliqué, malheureusement, Pénélope n’est pas une femme et n’est pas perçue comme telle. Deux mètres cinq sur talons, la confusion serait difficile ! Néanmoins, elle est très convaincante et n’a absolument rien de comparable avec les VRP qui enterrent leur vie de célibataire affublés d’une jupette en vinyle, résilles bas de gamme sur jambes poilues, torse velu, et perruque hirsute et bon marché.

Pénélope et les femmes

Ainsi, si Pénélope n’est pas une femme, elle n’est pas non plus un homme. La seconde découverte déroutante est donc la réaction des femmes en présence de Pénélope.

N’étant plus un homme, je suis observé sous toutes les coutures, sans aucune gêne. Tripoté, aussi. On touche mes vraies fesses, mes faux seins, on me fait des compliments. Tellement régulièrement qu’à mon tour, je touche les fesses et les seins de celles qui me manipulent, en essuyant tout au plus des protestations amusées.

Je ne suis plus une menace. En garçon, toutes ces inconnues me colleraient leur main dans la figure, mais Pénélope peut tout se permettre. Elle n’est pas un homme, donc pas un risque.

Je commence donc à comprendre la dimension de prédateur sexuel qu’un homme représente pour certaines femmes. L’incompréhension des hétéros qui ignorent pourquoi « les homos peuvent aller parler à n’importe quelle nana et s’en faire une copine en trois minutes » alors qu’eux sont refoulés à la première phrase d’approche m’apparaît évidente. Pénélope n’est pas refoulée. Pénélope n’est pas le prédateur que je semble être.

« Mais pourquoi tu fais ça si t’es hétéro ? »

Pour autant, les femmes que cela intrigue posent des questions sur mon orientation sexuelle, car je ne cherche pas à transformer ma voix. Lorsque je réponds que je suis hétéro, elles demandent généralement « mais alors pourquoi tu fais ça ? » et se contentent du « pour voir ce que ça fait » que je leur réponds. Rares sont les femmes qui creusent plus que ça. En général, ma réponse est suivie d’un sourire et d’une variante de « ah, ok, c’est cool ! ».

En revanche, pour les mecs, c’est une autre histoire. Une infime minorité de mecs acceptent l’idée que je sois hétéro sans plus de questions.

    Dans Breakfast on Pluto, Cillian Murphy incarne un travesti homosexuel.

Pénélope et les hommes

Certains jouent la carte de « non mais pour faire ça, tu dois quand même pas être clair ». D’autres cachent leur gêne en poussant des hauts cris façon grande folle, certainement en croyant m’encourager à leur manière et en se rendant plus ridicules que moi, l’homme vêtu en femme. Certains me tripotent avec plus ou moins de second degré, en m’imposant, sûrement malgré eux, leur nature de prédateur et ma nouvelle nature supposée de proie sexuelle. D’autres encore refusent en bloc la démarche, comme si ça mettait en péril une sorte d’équilibre cosmique où les cochons seraient bien gardés.

Lorsque l’on creuse, la plupart de ces mecs prennent des précautions oratoires du genre « je ne suis pas homo, mais... » qui me semblent illustrer leur insécurité sexuelle. L’hétérosexualité étant l’orientation par défaut, il y a finalement assez peu d’hétéros qui ont vraiment réfléchi à leur orientation sexuelle.

Ainsi, à l’occasion de la naissance de Pénélope, je me suis retrouvé dans des situations où j’aurais pu avoir des expériences homosexuelles assez simplement si le désir s’était présenté. J’ai eu une attirance pour une ravissante créature dont le physique me plaisait beaucoup, mais c’est bien son apparence féminine qui m’attirait et pas son sexe biologique. À priori, je suis très hétéro, pour l’instant.

Pénélope, ma petite part de folie

Enfin, Pénélope m’apporte autre chose. Elle m’apporte la possibilité de porter un masque sans mentir. Pénélope est outrancière, provocante et fait des choses que je ne me permettrais pas forcément « en garçon ».

Personne n’est dupe sur la réalité de Pénélope, et pour autant, elle a tout de même sa petite existence. Si je me déguisais en milliardaire argentin pour sortir, que je prenais un accent et des lunettes extravagantes, tout le monde me croirait fou et mythomane !

Mais même les mecs qui ne comprennent pas la démarche acceptent l’idée que Pénélope soit une « expérience ».

Pénélope est un vaste champ d’expérimentation pour moi, une sorte de Mr Hyde que je n’ai pas besoin de vraiment dissimuler. La question de la virilité revient souvent pour tenter d’invalider la démarche. Les lecteurs ne me connaissant pas auront du mal à apprécier ma virilité comme garçon, aussi je leur suggère d’étudier cette liste de travestis notoires ainsi que leur virilité : Bowie, Iggy Pop, James Franco, Mick Jagger, Daniel Craig, etc. Pas vraiment des « femmelettes », quoi.

D’autre part, les femmes que je séduis n’ignorent rien de mes expériences et cela ne les rebute pas. Depuis qu’elle existe, j’ai toujours évoqué « le sujet Pénélope » avant de partager l’intimité d’une femme, sans que ça pose de problème. Ma pratique de l’hétérosexualité n’a pas changé depuis ces expériences.

Je ne prétends pas avoir tout compris de la psyché et de la vie des femmes au motif que je me travestis, mais j’en sais assurément plus que les lecteurs qui, arrivés à ce stade, en sont encore à se dire « non mais quel gros gay, celui-là… » !

Même à ces lecteurs, je tiens à dire que je suis certainement un meilleur compagnon depuis ces expériences. De la à conseiller à chaque mâle hétéro de tenter l’aventure, il n’y a qu’un pas… que je vous laisse le soin de franchir !

Par : Un madmoiZeau
Publié : 1° le 11.10.2013 | 2° le : 22.09.2015
Publication sur DG : 28.01.2016 | 19:20
SOURCE : MADMOIZELLE.com

Chantelle Winnie, une coccinelle au top !

Pour faire suite à notre article sur les Albinos, Double Genre a le plaisir de vous présenter une mannequin [je sais, il n’y a pas – encore – de féminin pour ce mot] qui bien qu’atteinte de vitiligo, est plutôt bien sans sa peau.

Une coccinelle au top

Chantelle Winnie:
Un corps taché d’or

Chantelle Winnie: Un corps taché d’or Beverly Hills : entre deux shootings, une fille bien dans sa peau. ©Sébastien Micke

A 21 ans, ce mannequin canadien, vedette des réseaux sociaux, s’est rendu célèbre en apprivoisant ses marques de vitiligo.

Qui est cette fille ? Vingt et un ans, 1,75 mètre, 1 million d’abonnés sur les réseaux sociaux, une vingtaine de taches blanches sur sa peau noire et un contrat avec un empire du prêt-à-porter. Baptisée Chantelle Brown Young à la naissance, surnommée Winnie Harlow par ses amis, elle a choisi un pseudonyme, Chantelle Winnie, pour signer ses prestations de modèle. Jeune fille aux trois identités, elle montre aussi plusieurs visages.

Au téléphone, pour répondre à notre interview, Chantelle traîne la voix, laisse une musique allumée en fond sonore, justifie son retard de quarante minutes par un désinvolte : « Je me suis endormie. » La boudeuse se transforme devant ­l’objectif des photographes, son sourire illumine la pellicule, sa gaieté enchante. La mutation finale a lieu sur Internet où elle se dévoile entièrement. A ses ­followers, des adolescents pour la plupart, elle révèle sa fantaisie et son humour, autant que son ambition forgée au feu d’une enfance de paria.

Elle pose pour Desigual, Diesel et donne l’exemple : depuis, un physique atypique est devenu un argument commercial

Moquée dès l’école primaire à cause de la dépigmentation de sa peau, exclue au collège, quasi dépressive à 16 ans, elle abandonne les études et trouve refuge sur le Web où l’insolite devient fabuleux en quelques clics.

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Petite, elle se voyait ballerine, puis présentatrice télé. Depuis l’an dernier elle est la nouvelle égérie de la marque espagnole Desigual. ©Sébastien Micke

En ligne, les photos de son corps symétriquement tacheté font mouche. Sa mère, coiffeuse dans la banlieue de Toronto, au Canada, l’élève seule et laisse faire. Son père, mécanicien ­automobile, installé à Atlanta, aux Etats-Unis, préférerait qu’elle s’engage dans l’armée. La petite, de taille mannequin, fomente d’autres plans ; elle contacte une journaliste de Toronto qui, intriguée, vient la filmer. Puis une rappeuse canadienne la fait tourner dans l’un de ses clips. Relayée sur YouTube, la vidéo dépasse les frontières et récolte des milliers de mentions « J’aime ». La baguette magique du numérique inaugure le conte de fées. Chantelle se choisit une bonne fée, l’ex-top californienne Tyra Banks, devenue animatrice télé, qu’elle apostrophe sur Internet dès que possible. Le charme fonctionne : l’année de ses 19 ans, la jeune fille reçoit le coup de téléphone qui va changer sa vie. Les producteurs de l’émission « America’s Next Top Model » veulent la rencontrer. La présentatrice de ce show très regardé n’est autre que Tyra Banks, qui déclare : « Quand je vois quelqu’un comme Chantelle, je me dis : “C’est beau, c’est unique, le monde a besoin de voir ça.” » En candidate de télé-réalité, sa protégée fait long feu, mais cela suffit à la lancer.

Née en 1994, issue d’une génération aux talents informatiques innés, Chantelle construit sa carrière sur le ­virtuel. Elle découvre le monde sur les écrans d’ordinateur. Pour elle, la télévision est une ancêtre ; le Smartphone, une raison de vivre. Présente au quotidien sur Instagram, Facebook et Twitter, elle est une virtuose du digital, un génie du ­selfie, une pro de la communication numérique. Laconique au micro des journalistes, elle devient bavarde pour répondre aux questions posées par ses fans sur le site chantellewinnie.com.

Grâce à ­l’application Periscope, la jeune femme retransmet en direct ce qu’elle filme avec son téléphone. Plus besoin d’écrire, elle ­discute par vidéo avec ses admirateurs, leur montre où elle vit, ce qu’elle mange, et raconte volontiers sa maladie, le vitiligo, apparu à ses 4 ans.

Ainsi, entre « j’adore les sushis » et « je rêve d’être en couverture de “Vogue” », elle explique : « La première tache est arrivée sur mon ventre, puis les autres se sont étendues très rapidement. » Ou encore, plus pédagogue : « Le vitiligo se développe quand les mélanocytes meurent. Ces cellules donnent la couleur à notre peau et à nos cheveux. »

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Des dessins qui ne changeront plus : la maladie de Winnie a cessé d’évoluer. © Sébastien Micke

Parmi ceux qui l’interrogent, certains souffrent de la même maladie ; c’est à eux que Chantelle accorde le plus de temps. Elle met leurs portraits sur son site, les encourage à assumer leur différence et ne prescrit qu’un seul remède : la volonté. Fière ambassadrice d’un mal ­incurable, elle a donné un nom à sa communauté de fans, les « coccinelles ». « Toutes mes ­coccinelles varient de forme, de couleur, de taille, de race. Et elles sont toutes parfaitement imparfaites », écrit Chantelle sur son blog. En février 2015, elle est invitée à raconter son histoire sur la scène des réputées conférences Ted (Technology, entertainment et design), au même titre que Bono et Bill Clinton.

L’industrie du textile suit. La marque espagnole Desigual, qui a fait de son style coloré original une réussite internationale, la choisit comme égérie et affiche son visage bigarré dans toutes les capitales du monde. L’empereur du jean, Diesel, l’imite.

Fière ambassadrice de son mal, elle appelle sa communauté les « coccinelles »

Aujourd’hui, la différence fait vendre, et Chantelle n’est pas le seul mannequin dont le physique atypique est devenu un argument commercial. Jillian Mercado, New-Yorkaise de 27 ans atteinte de ­dystrophie musculaire, a posé pour Diesel en chaise roulante. La Sud-Africaine Thando Hopa, albinos, est le visage des produits solaires Vichy. Chez les hommes, Shaun Ross, lui aussi albinos, a collaboré avec de grands couturiers. Avec une taille 40 – une hérésie dans le monde de l’ultra-minceur – Myla Dalbesio a été choisie pour incarner­ une ligne de sous-­vêtements Calvin Klein, tandis que le mannequin transsexuel Andreja Pejic, muse de Jean Paul Gaultier, sera l’héroïne du prochain film de Sofia Coppola. Même l’âge n’est plus un ­obstacle. La Française Françoise de Staël, née en 1931, a affiché son élégance sur les campagnes Petit Bateau et Krys avant de faire la couverture du magazine « M ».

Chantelle a son idée sur la différence : « J’ai la conviction qu’il est inutile de rabaisser les gens. Si leur bonheur passe par les relations homosexuelles, le transgenre ou même la chirurgie correctrice pour effacer le vitiligo, par exemple, très bien ! Mon seul message, c’est que chacun a droit à une existence heureuse. » Chantelle la tolérante n’a, elle, aucune intention de ­changer les couleurs de sa peau.

  • Par : Pauline Delassus
    Crédit photos : © Sébastien Micke
    Titre Original : « Chantelle Winnie : Un corps taché d’or. »
    SOURCE : ParisMatch

Jeanne d’Arc en habits d’homme

Jeanned'Arc

Jeanne d’Arc qui signe Johanne, est dite « la Pucelle* d’Orléans ».
* « Pucelle » ne signifiait pas « vierge », mais « jeune fille ».

1412 – Jeanne d’Arc nait à Domrémy, en Lorraine, dans les Vosges.
1425 – Elle reçoit la mission de délivrer la France des Anglais.
1429 – En homme, rencontre Charles VII, conduit ses troupes à la victoire.
1429 – Elle lève le siège d’Orléans et fait sacrer le roi à Reims.
1430 – Compiègne, les Bourguignons la capture ; est vendue aux Anglais.
1431 – Après un procès* en hérésie, elle est condamnée au bûcher.
1455 – Le pape Calixte III ordonne la révision de son procès.
1456 – Un second procès l’innocente et la réhabilite entièrement.
1909 – 18 avril. Elle est béatifiée par l’Église catholique.
1920 – 16 mai. Sainte Jeanne d’Arc est canonisée.
1920 – 30 mai. L’anniversaire de sa mort est institué fête nationale.
1922 – Le Pape Pie XI la proclame ste patronne secondaire de la France.

Jeanne d’Arc, le Film 1/2

LE PROCÈS

1431 -février. A Jeanne qui déclare « qu’elle croit avoir environ 19 ans », par défaut, le tribunal lui reproche de porter des habits d’homme. Bientôt, soixante-dix chefs d’accusation seront finalement trouvés, le principal étant : Imagination mensongères de révélations et d’apparitions (divinest Revelationum et apparitionum divinorum mendosa confictrix).

24 mai – Les juges tentent d’effrayer Jeanne et la pressent de reconnaître ses fautes. Sous la promesse du tribunal de l’incarcérer dans une prison ecclésiastique, Jeanne signe d’une croix (alors qu’elle savait écrire son nom) l’abjuration de ses erreurs, reconnaissant avoir menti à propos des voix et se soumet à l’autorité de l’Église. Elle est alors renvoyée dans sa prison, aux mains des Anglais. S’estimant trompée, elle se rétracte deux jours plus tard et endosse à nouveau des habits d’homme.

30 mai – Après que le tribunal l’ait déclarée « relapse  » c’est à.dire retombée dans ses erreurs passées, elle est brûlée vive en place de Rouen.

JEANNE n’a pas été brûlée pour sorcellerie, mais parce qu’elle portait des habits d’homme

Au cours du procès, les juges essayent de démontrer que Jeanne s’adonnait à la sorcellerie, mais n’y parviennent pas. Elle va finalement être condamnée essentiellement pour deux choses : le fait d’affirmer entendre des voix et le fait de porter des habits d’hommes.

Au moment de son arrestation, le procès-verbal de son jugement dit : « cette femme, au mépris de la pudeur et de toute vergogne et respect de son sexe, portait, avec une impudence inouïe et monstrueuse, des habits difformes convenant au sexe masculin ». De quels habits difformes s’agit-il  ? robe courte, chaperon, pourpoint, chausses et même « habits du dessous ».

 A un moment, pendant son procès, Jeanne d’Arc consent à abjurer ses erreurs et accepte de reprendre ses habits de femme. Elle pense ainsi sauver sa peau en échange d’une promesse – purement orale – de condamnation à la prison à vie.

Mais, quelques jours plus tard, volte-face, elle revient sur son abjuration et reprend ses habits d’homme, une manifestation d’insoumission intolérable aux yeux de l’Église.

Jeanne aurait décidé, au dire d’un témoin, de reprendre ses vêtements d’homme parce qu’elle aurait été maltraitée dans sa prison et victime d’une tentative de viol par un lord anglais.

Mais elle donne une autre réponse à l’évêque Pierre Cauchon et à ceux qui l’interrogent en ce 28 mai. Elle déclare qu’elle a pris cet habit parce qu’elle se trouve parmi des hommes. Elle l’a fait « de sa volonté, sans nulle contrainte » et précise même : « j’aime mieux l’habit d’homme que celui de femme

Pour condamner Jeanne, les juges vont se fonder sur la Bible qui interdit, sauf en cas de nécessité, de porter des habits d’homme :

« Une femme ne portera point un habillement d’homme, et un homme ne mettra point des vêtements de femme ; car quiconque fait ces choses est en abomination à l’Éternel, ton Dieu. » (Deutéronome 22-5).

https://www.youtube.com/watch?v=EJ_OG0NKnzY
Jeanne d’Arc, le Film partie 2/2

PERSONNALITÉ

1431 – Les minutes de ses deux procès ont été conservées et révèlent une jeune femme courageuse, dont le franc-parler et l’esprit de répartie se tempèrent d’une grande sensibilité face à la souffrance et aux horreurs de la guerre, comme devant les mystères de la religion.

1456 – Le 14 février, Aubert d’Ourches, ancien compagnon d’armes de Jeanne d’Arc, qui comparait à Toul comme témoin, atteste « La Pucelle me parut être imbue des meilleures mœurs. Je voudrais bien avoir une fille aussi bonne… Elle parlait moult bien ».

Jeanne d’Arc (1412-1431) par Henri Guillemin 2/7 (il y a 7 vidéos au total)

RELATIONS AVEC LES HOMMES

1428 – Une plaque (apposée en 1930) sur le parvis de la cathédrale de Toul, précise : « En l’an de grâce 1428 Jeanne d’Arc, diocésaine de Toul, comparut ici […] dans un procès matrimonial que lui fit un jeune homme de Domremy. Ses juges l’ayant déclarée libre de tout lien, Jeanne d’Arc put entreprendre sa merveilleuse chevauchée et sauver la France ». Elle avait dit elle même : « Je ne l’ai pas fait citer ; ce fut lui qui me fit citer ».

RELATIONS AVEC LES FEMMES

Selon le duc d’Alençon, à Saint Denis, près de Paris, elle aurait brisé l’épée que le roi lui avait offerte, sur le dos d’une prostituée qui trainait parmi ses troupes.

L’historien Olivier Bouzy précise encore : « Il semble qu’elle ait pris l’habitude de frapper avec cette épée sur le dos des filles de joie qu’elle rencontrait, de tels incidents étant précédemment mentionnées à Auxerre par le chroniqueur Jean Chartier et par son page Louis de Coutes pour l’étape de Château-Thierry ».

JEANNE, VRAIE FEMME HABILLÉE EN HOMME

1429 – 23 février. Pour tenter de rencontrer le dauphin Charles (VII), Jeanne se rend incognito à Chinon, portant des habits masculins et arborant la coupe « en écuelle » ou en «sébille» à la mode masculine de l’époque, autrement dit la chevelure taillée en rond au-dessus des oreilles, avec la nuque et les tempes rasées, ce qu’elle fera jusqu’à sa mort, excepté pour sa dernière fête de Pâques.

Sur la tapisserie, trouvée par le marquis d’Azeglio à Lausanne, « Jeanne d’Arc qui fait son entrée à Chinon, est montée sur un cheval blond clair, et armée de toutes pièces. Elle porte une huque [casaque non ajustée portée comme manteau ou sur l’armure] vermeille [d‘un rouge éclatant, légèrement plus foncé que l’incarnat et tirant sur le rouge cerise], frangée de jaune, et un chaperon [coiffure à bourrelet terminée par une queue] de même couleur avec aigrette [ornement constitué de plumes d’aigrette ou s’en inspirant], par-dessus lequel est posé une chapeline [chapeau (avec ou) sans bords] de fer. Ses cheveux sont entièrement enveloppés et cachés, tandis qu’à la main droite elle tient son étendard… »

1429 – en mars, à Poitiers lors de son interrogatoire par les autorités ecclésiastiques, des matrones supervisées par la duchesse douairière d’Anjou, belle-mère du Dauphin, constatent sa virginité et attestent qu’elle n’est pas un homme, réfutant ainsi ses ennemis qui la qualifient de « putain des Armagnac ».

1431 – 13 janvier. Rouen, l’évêque Pierre Cauchon ordonne un deuxième examen de virginité pour trouver, mais en vain, un chef d’accusation contre elle.

INFLUENCE DE JEANNE D’ARC

De nos jours et dans le monde entier, elle est une personnalité mythique qui a inspiré tous les domaines de l’art : architecture, bande dessinée, chansons, cinéma, radio et télévision, jeux vidéo, littérature (poésie, roman, théâtre), musique (notamment opéras et oratorios), peinture, sculpture, tapisserie, vitrail, philatélie, etc.

Elle a aussi donné son nom :
– à l‘astéroïde (127) Johanna,
– à une rose La rose Jeanne d’Arc,
– à La Jeanne d’Arc, navire porte hélicoptère de la Marine Française qui sillonne les mers du monde pour la promotion des valeurs de la France.

Récupérée par tous et toutes, Jeanne d’Arc fut surtout la preuve vivante qu’une femme peut être un homme comme les autres.


Liens annexes :
Vêtements de Jeanne (page très bien documentée)
Neuf choses que vous ne savez sans doute pas sur Jeanne d’Arc
Par : Lio de France
Publié 1° fois le : 24.01.2016
SOURCE : Double Genre
VIDEO : YOUTUBE.com

Sheila est-elle un homme ?

Sheila revient sur la rumeur de son changement de sexe : « Je serais la première à en rire aujourd’hui »

Dans une interview exclusive pour le magazine Gala, Sheila s’est confiée à cœur ouvert sur la folle rumeur qui à fait croire à un changement de sexe, lancée par Gérard de Villiers.

Sheila revient sur la rumeur de son changement de sexe : "Je serais la première à en rire aujourd'hui"

L’interprète de ‘Bang Bang’ et ‘Spacer’ est également revenue sur ses débuts difficiles dans la musique, exploitée et manipulée par son producteur et sur ses rapports avec ses parents.

Avec déjà plus de cinquante ans de carrière et 85 millions de disques vendus dans le monde, Sheila a bercé toute une génération de fans. Chanteuse populaire et machines à tubesLes Rois Mages, Spacer ou encore Bang Bang, la chanteuse fêtera ses 70 ans le 16 août prochain. Pour cette occasion, nos confrères du magazine Gala sont allés à sa rencontre dans un club de sport « qu’elle fréquente depuis vingt ans » pour une interview vérité.

En 2013 déjà, Sheila se confiait sans tabou dans son autobiographie choc « Danse avec ta vie« , où elle lève le voile sur ses rapports conflictuels avec son producteur Claude Carrère, sa relation chaotique avec son fils unique Ludovic, qui l’accuse d’être une mauvaise mère sur les plateaux de télévision et dans ses livres ou encore sur LA rumeur lancée par Gérard de Villiers il y a plusieurs années, qui laissait entendre qu’elle était en réalité un homme.

« Le doute s’est immiscé dans les esprits »

Dans une interview exclusive pour le magazine Gala, en kiosques ce jeudi 6 août, Sheila est revenue sur cette rumeur qui l’a profondément blessée. « Les gens croyaient ce qui était écrit dans les journaux. Pas de fumée sans feu, comme on dit. Le doute s’est immiscé dans les esprits. Aujourd’hui, je serais la première à en rire car ce qui est publié dans la presse, on s’en fout un peu, non ? Je ne vous parle même pas d’Internet. On y raconte tellement de conneries qu’on en vient à douter des vérités les plus élémentaires !« , a-t-elle confié.

Face à cet acharnement médiatique, la chanteuse déçue des Enfoirés a pu compter sur le soutien de ses parents. « Si je suis toujours debout, si je manifeste toujours autant d’énergie, c’est grâce à eux, à leur éducation. Mon père et ma mère étaient de gros bosseurs (…) Ce fut la meilleure des écoles« , a-t-elle ajouté.

Par : Clara Pouvil
Publié le : 05 Août | 2015 ? – 11:44
Titre orignal : « Sheila revient sur la rumeur
de son changement de sexe je serais la première en rire. »
SOURCE : Non.Stop.People.com

2° Biographie express : Annie Chancel, dite Sheila, est une chanteuse française née à Créteil le 16 Août 1945. Elle est issue d’une famille modeste originaire de Salins, près d’Aurillac, dans le Cantal. Ses parents tenaient une confiserie ambulante sur les marchés de la banlieue sud parisienne.[Wikipédia]

3° Article :

SHEILA est un homme

On ne peut rien faire contre la rumeur, dans le show biz, elles sont légion mais celle qui atteint Sheila en 1964 est vicieuse et cruelle car elle atteint l’intimité d’une jeune fille encore fragilisée par une grave anémie..Sheila interrompt sa tournée et fatiguée, on parle même de leucémie, le Dr Varnier lui prescrit un traitement à base d’hormones mâles qui font que sa voix devient plus grave, qu’elle développe des signes passagers de pilosité, et elle reçoit le journaliste de France dimanche : Gérard De Villiers à qui elle se confie et celui qui n’est pas encore célèbre pour ses « SAS » rend un article dont le titre comme toujours dans ce genre de presse est racoleur à l’extrême « Sheila a peur de devenir un homme ! « , la rumeur va s’amplifier, le fait que Sheila disparaisse des écrans trois mois, ne reprenne pas sa tournée va encore accentuer la rumeur que Sheila traite avec le mépris au debut, mais qui va empoisonner toute sa vie, l’affaire va aller jusqu’ aux facultés de médecine ou il n’y a pas un professeur qui ne connaîtra pas celui qui a opéré Sheila, elle fera même exemple d’une opération réussie.
Les choses ne s’arrangent pas quand elle se marie, auparavant, comme l’explique Jean-Noel Kapferer dans son livre « Rumeur, le plus vieux média du monde » paru chez Seuil, Sheila représentait la jeune fille bien élevée, restant dans le droit chemin, le public attendait d’elle qu’on la voit avec des petits amis, le tout finissant par un honnête mariage avec un gentil garçon style Adamo.


Par : Rumeurs anciennes Paul is dead Cloclo Sheila Roswell
Publié le : ?
Titre original : Rumeur N° 3 « Sheila est un homme. »
SOURCE : Hardrive.chez.com
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Secret du roi, le chevalier d’Éon

EondeBeaumont

En attendant de lire l’article circonstancié, par Quinte Septime, compagnie d’escrime de spectacle, nous vous recommandons cette vidéo :

Vidéo de : Madame de Beaumont d’Éon


Cette vidéo (de 01h05) produite dans le cadre de l’émission de FR3 « L’Ombre d’Un Doute » est suivie par un débat avec des journalistes qui présentent plusieurs livres au sujet du chevalier d’Éon :
Le Chevalier d’Éon, par Michel de Decker, chez France Loisirs.
Le Chevalier d’Éon, par Maurice et Évelyne Lever, chez Pluriel.
La confusion des sexes, par Sylvie Steinberg, chez Fayard
Le Secret Du Roi, la Passion Polonaise, par Gilles Perrault, chez J’ai Lu.

EonDeBeaumont

2° ARTICLE

Qui était le Chevalier d’Eon ?

Né sous le règne de Louis XV, mort sous celui de Napoléon 1er, ayant fréquenté de très près les Cours de France, de Russie et d’Angleterre, qui était vraiment ce personnage que l’on rencontre alternativement sous l’apparence d’une femme ou d’un homme ?

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Charles-Geneviève-Louis-Auguste-André-Timothée d’Eon de Beaumont naît à Tonnerre (dans l’actuel Département de l’Yonne) le 5 Octobre 1728.

Première bizzarerie : Pourquoi Geneviève ?…
Ce serait, tout simplement, le prénom de sa marraine !

Deplus il était coutume d’habiller les enfants en fillette comme les gravures d’époque le prouvent. Les garçons étaient habillé en homme que vers 7 ou 8 ans.

Charles-Geneviève voit son éducation confiée au rigoureux abbé de Marcenay qui, punitions physiques à l’appui, va faire de son élève un fin lettré. Il va avoir 15 ans quand son père l’envoie à Paris poursuivre ses études au Collège des Quatre-Nations (actuel Institut de France) fondé par Mazarin. Là, non seulement il approfondit ses connaissances, mais il pratique comme tout jeune Noble la danse, l’équitation et l’escrime.

5 ans plus tard il quitte le Collège, s’inscrit en Faculté de Droit et obtient en 1749, à 21 ans, ses diplômes de Droit.

Il sera d’abord avocat, puis écrivain… avant de devenir diplomate, militaire [et agent secret ] !

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En 1755 le Chevalier d’Eon est introduit « dans le monde » et fréquente des personnages bien en Cour, dont le Prince de Conti, familier du Roi , membre du « Cabinet secret »de Louis XV, diplomatie parallèle établie par ce dernier qui n’avait pas confiance en certains de ses ministres et ambassadeurs.

La fragilité des traîtés et des alliances fait de l’Europe un conflit perpétuel sous-jacent dans lequel la Prusse, l’Angleterre et la Russie pratiquent souvent un double-jeu. Un réseau d’espions est tissé auprès de toutes les Cours mais celle de la tsarine Elisabeth de Russie est difficilement pénétrable en raison du caractère de l’Impératrice qui n’hésite pas à exiler les ambassadeurs et à emprisonner les envoyés soupçonnés d’espionnage.

Conti va donc proposer à Louis XV d’envoyer à la Cour de Russie une femme, ou plutôt un homme déguisé en femme. Pour celà il propose au Roi le Chevalier d’Eon dont la jeunesse, la tournure déliée, les traits fins et le visage imberbe font le candidat idéal pour ce rôle.
Charles d’Eon accepte la mission et devient Mlle. Lia de Beaumont !

Juillet 1755, Mlle.de Beaumont part pour Saint-Pétersbourg où elle arrivera… en Octobre.
Elle est chargée de remettre à l’Impératrice une lettre de Louis XV, contenue dans la reliure de « l’Esprit des Lois » de Montesquieu. S’étant fait un ami, on ne sait comment, du vice-chancelier elle serait parvenue à rencontrer la Tsarine à qui elle aurait remis le message auquel il aurait été répondu par le même moyen.

A la fin de l’année Lia de Beaumont est de retour à Versailles à la satisfaction royale.
Première mission réussie !

De retour en France, l’alliance entre la France, l’Autriche et la Russie étant établie, Lia de Beaumont cède la place au Chevalier d’Eon de Beaumont… qui, pour des raisons de commodité diplomatique,devient le « frère » de Lia !

L’année suivante, suite à des maladresses de l’Ambassadeur de France, le Chevalier, maintenant officier dans l’armée du Roi, doit retourner en Russie pour rétablir l’alliance qui semblait compromise. Il y réussit à la grande satisfaction de Louis XV.

Les relations entre la France et la Russie se refroidissant à nouveau, Charles-Geneviève est à nouveau chargé de les réchauffer. Se sachant mal vu du Chancelier il manoeuvre de telle façon que la Tsarine se fâche contre celui-ci et renoue heureusement avec la France ; à tel point que d’Eon restera en Russie près de 3 ans. En 1761 il est de retour [dans sa patrie.]

En 1763 Elisabeth meurt. Son successeur éphémère Pierre III est un ami de la Prusse ainsi que son épouse qui le fait assassiner et devient Catherine II

La guerre dure depuis 7 ans, les belligérants sont au bord de l’épuisement et leurs pays de la ruine.

Louis XV aimerait bien traiter avec l’Angleterre et y envoie en Ambassadeur le Duc de Nivernais et son ami, le Chevalier d’Eon,émissaire du « Cabinet secret ».

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Déjà introduit à la Cour d’Angleterre car connaissant bien, depuis l’Allemagne, la Reine Sophie-Charlotte épouse du Roi George III, d’Eon Capitaine des dragons tout récemment promu Chevalier de l’Ordre de Saint-Louis, va tout faire pour favoriser la paix agissant.

le Duc de Nivernais rentre en France recommandant au Roi de laisser en sa place d’Eon avec le rang de Ministre plénipotentiaire.

D’Eon va mener grand train en Angleterre, à tel point que cela va choquer ses ennemis versaillais. finalement Louis XV le fait rappeler et remplacer par le Comte de Guerchy.

Le nouvel Ambassadeur, le Comte de Guerchy, va bientôt entrer en conflit avec l’ancien pour essayer de récupérer ses « papiers diplomatiques », celui-ci refusant de les donner car beaucoup révéleraient l’existence du « Cabinet secret » ce qui évidemment embarasserait le Roi qui hésite à agir.

Après les menaces de toutes sortes qui n’ont aucun effet sur le Chevalier Guerchy va user de la calomnie.
Il fait lancer des pamphlets accusant de folie du Chevalier, folie provoquée par le fait qu’il ne serait… ni tout à fait un homme ni tout à fait une femme !

Il faut dire qu’à 40 ans le Chevalier est toujours aussi imberbe et qu’on ne lui connait aucune liaison de quelque sorte. De plus, au cours de ses missions il semble qu’il se soit encore plusieurs fois travesti. En France le scandale est tel que le Roi va lui ôter son brevet de Capitaine et sa pension. A Londres partisans et adversaires de Guerchy et du Chevalier s’affrontent. Un procès est entamé mais d’Eon se défend et contre-attaque pour tentative d’assassinat.

En 1765 l’Ambassadeur de France est reconnu coupable de tentative d’assassinat !

C’est subrepticement qu’il devra rentrer en France où il mourra quelque temps après.

Un nouvel Ambassadeur est nommé, ami du Chevalier, et ce dernier ayant rendu un des « papiers secrets » signé de la main de Louis XV semble à nouveau rentré en grâce ; on lui reverse une pension mais désormais on se méfie de lui

A partir de 1766 par la correspondance qui lui est adressée sous divers pseudonymes,
tous féminins, le Chevalier semble vivre le plus souvent en habits de femme.

1773 : Louis XV va envoyer un autre « agent secret » à Londres, un certain Chevalier de Ronac qui n’est autre que Caron de Beaumarchais afin de négocier le retour des papiers ainsi que certaines libelles écrites par un pamphétaire contre la favorite, Madame du Barry.

L’année suivante le Roi est mort. Louis XVI qui lui succède n’aime guère les aventuriers mais il veut récupérer les documents du « cabinet secret » de son grand-père.

Beaumarchais s’entremet à nouveau et, contre une forme somme d’argent et la promesse de pouvoir rentrer en France s’il reconnait être une femme et n’en plus quitter l’habit, d’Eon va rendre les papiers.

En 1777 le voilà donc de retour en France mais en uniforme de Capitaine des Dragons !
Il lui est alors enjoint d’obtempérer et de changer de costume s’il ne veut pas séjourner à la Bastille.
Il obéit et est même présenté à la Cour mais Charles-Geneviève a vieilli, s’est épaissi sans doute car les Chroniques de l’époque se gaussent de son allure « hommasse » sous ses habits féminins.

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L’année suivante il veut s’engager dans l’armée qui doit venir renforcer les Insurgents d’Amérique contre les Anglais, ce qui lui est évidemment refusé. Furieux il veut alors regagner l’Angleterre. Nouveau refus, la France étant en conflit larvé contre ce pays.

La paix ayant été signé avec l’Angleterre, en 1783, rien ne s’oppose plus à ce que d’Eon y retourne pour y récupérer ses livres et ses papiers.

En 1785 il  est à Londres où il se réinstalle ! Il va « améliorer son ordinaire » en s’exhibant dans des tournois d’escrime en habits féminins.

C’est en 1787 que va avoir lieu son fameux duel contre le Chevalier de Saint-Georges, célèbre bretteur mulâtre, qu’il va toucher à plusieurs reprises

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1789 : D’Eon est toujours à Londres d’où il écrit énormément : une oeuvre très éclectique allant facilement de la philosophie…

Lorsque la Révolution éclate en France il s’enthousiasme pour ses idées tout en restant, comme la majorité des citoyens, fidèle au Roi. C’est là qu’après avoir paraphé ses courriers de « Le Chevalier, puis La Chevalière d’Eon », il va maintenant signer « La Citoyenne Geneviève Déon » abandonnant à la fois son prénom masculin et sa particule.

L’exécution de Louis XVI, en 1793, lui fait changer d’opinion sur les idéaux révolutionnaires.

De plus en plus impécunieux il vend ses derniers bijoux et participe à des exhibitions au fleuret pour quelques subsides.

En 1796, une lame casse et s’enfonce dans sa poitrine. Sérieusement blessé ce sera la fin de sa carrière de « maître d’armes ». Il a 69 ans.

Ruiné il va trouver refuge chez la veuve d’un de ses anciens amis.
En 1804, ne pouvant plus payer ses dettes il est même emprisonné plusieurs mois.

Admirant Napoléon Bonaparte il souhaiterait rentrer en France, mais la maladie l’en empêchera.

Le 21 Mai 1810 il s’endort…de son dernier sommeil. Trois chirurgiens vont autopsier le corps, en présence de plusieurs témoins, et le Docteur Coperland va pouvoir écrire :

 » Je certifie par la présente que j’ai inspecté et disséqué le corps du Chevalier d’Eon de Beaumont et que j’ai trouvé les organes mâles à tout point de vue parfaitement conformés. »

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La Chevalière d’Eon était bien un Chevalier !

Par : Quinte Septime, compagnie d’escrime de spectacle
Publié le : 25.09.2012

SOURCE : Vivre au Grand Siècle

Vidéo : FR3

1er prix d’acteur pour la transgenre Mya Taylor

Encore une mise sous les projecteurs d’une personne transgenre qui remporte un 1er prix de performance d’acteur avec sa prestation dans le film réalisé par Sean S. Baker :

TANGERINE / MANDARINE

SANTA MONICA, CA - FEBRUARY 27: Actress Mya Taylor speaks onstage during the 2016 Film Independent Spirit Awards on February 27, 2016 in Santa Monica, California. (Photo by Kevork Djansezian/Getty Images)

Tangerine star Mya Taylor just became the first transgender person to win a major acting award, and her acceptance speech was every bit as sassy and inspiring as you’d expect it to be:

Drapeau de la France La star de mandarine, Mya Taylor est la toute première personne transgenre à gagner un premier prix de performance d’acteur et son discours de réception était à chaque instant aussi insolent et inspirant que l’on pouvait s’attendre  à ce qu’il le soit :

“There is transgender talent. There’s very beautiful transgender talent. You better get out there and put it in your next movie.”

Drapeau de la France « Il y a le talent transgenre. Il y a [aussi] le très beau talent transgenre. Vous [pouvez] obtenir encore mieux et le mettre dans votre prochain film. »

Taylor beat out Jennifer Jason Leigh and Cynthia Nixon among others to be named Best Supporting Female at the Independent Spirit Awards, a cool indie alternative to the Oscars that’s always held the night before the big show.

Drapeau de la France Parmi [tant] d’autres, Taylor a battu Jennifer Jason Leigh et Cynthia Nixon pour [réussir] à être nominée « Meilleure Supportrice Féminine » du prix « Esprit d’Indépendance », une alternative [plutôt] zen à [la remise des] Oscars qui se tient toujours la nuit avant le grand spectacle.

Taylor is on a roll, having just signed with ICM partners after her Gotham Award win for Breakthrough Actor, and she’s in development on a semi-autobiographical TV show. She’ll soon be seen in the short film Happy Birthday Marsha as Marsha P. Johnson, one of the trans pioneers responsible for the Stonewall Riots in 1969.

Drapeau de la France Taylor vient d’obtenir un rôle, ayant tout juste signé avec les partenaires d’ICM, après avoir remporté  le Prix Gotham pour « Acteur Révolutionnaire » et elle est en pourparler pour une émission semi-autobiographique à la télévision. On la verra bientôt dans le court-métrage « Joyeux anniversaire Marsha » jouant [le rôle de] Marsha P. Johnson, une des pionnières transsexuelles responsables des « Emeutes de Stonewal » en 1969.

Well done, Ms. Taylor. Watch her acceptance speech below, and if you haven’t seen Tangerine (and you should), it’s now streaming on Netflix.

Drapeau de la France Bravo, Mme Taylor ! Regardez ci-dessous [la vidéo de] son discours de réception et si vous n’avez pas vu « Mandarine » (et vous le devriez), c’est désormais en streaming sur Netflix.

Par :
Publié le : 29.02.2016
Titre original : « Tangerine’s Mya Taylor Is The First
Transgender Person To Win A Major Acting Award. »
Avec « Mandarine », Mya Taylor est la première
personne transgenre à gagner un premier prix d’acteur.
Traduction en  Drapeau de la France et mise en page : Lio de France / Double Genre.
SOURCE : QUEERTY.com


2° TANGERINE / MANDARINE : LE FILM

Tangerine Bande-annonce en V.O. Sous titrée en Français

 

« Tangerine est un film américain réalisé par Sean S. Baker, sorti en 2015. Il est présenté au Festival du film de Sundance 2015. Il remporte le Prix du jury au Festival du cinéma américain de Deauville 2015 » Cf. Wikipédia
Première sortie : 10 juillet 2015 (U.S.A.)
Réalisateur : Sean S. Baker



3° – ARTICLE

Tangerine: la folle journée de deux transsexuelles

Un ovni cinématographique tourné avec un téléphone intelligent : remarqué aux festivals de Sundance et Deauville, le film indépendant américain Tangerine raconte le périple survitaminé de deux prostituées transsexuelles au cours d’une journée à Los Angeles.

Cinquième long métrage de Sean Baker, 44 ans, Tangerine entraîne le spectateur dans les pas de Sin-Dee Rella, une Cendrillon («Cinderella» en anglais) haute en couleurs, à la recherche de sa rivale.

Prostituée transsexuelle noire, Sin-Dee vient de sortir de prison la veille de Noël, quand elle rencontre son amie Alexandra, également transsexuelle. Apprenant que son homme l’a trompée avec une femme en son absence, Sin-Dee va partir bille en tête dans les rues de son quartier mal famé de Los Angeles pour la trouver et se venger.

À partir de ce scénario très simple, qui immerge le spectateur dans la vie de ces personnages pendant 24 heures hystériques, Sean Baker construit une oeuvre à l’atmosphère électrique et baignée de soleil.

Le film est porté par ses deux interprètes principales à la fois énergiques, drôles et touchantes, Kitana Kiki Rodriguez et Mya Taylor, elle-même transsexuelle, dont c’est le premier film.

Sean Baker, qui avait filmé des personnages travaillant dans l’industrie du porno dans son précédent film Starlett, s’est cette fois-ci intéressé à cet univers après avoir rencontré Mya dans un centre LGBT de Los Angeles. Elle lui a ensuite présenté son amie Kiki.

«Mya a été notre passeport pour ce monde-là», a-t-il raconté à l’AFP lors d’un passage à Paris.

«Vérité pop»

«Je ne voulais pas raconter une histoire qui soit uniquement en rapport avec leur statut de transsexuelles. Je voulais parler de thèmes universels», souligne le cinéaste qui signe, au final, une histoire d’amour et d’amitié. Pour lui, ses personnages exubérants, au langage cru, ont aussi «un charme universel».Sean Baker suit au plus près ses actrices en les filmant avec un téléphone intelligent, un choix qui s’est fait au départ pour des raisons budgétaires. «J’ai commencé à réfléchir aux moyens de baisser les frais techniques, et je suis tombé sur des informations sur internet sur les iPhones», explique-t-il.

Le cinéaste a ensuite mené tout un travail en post-production pour obtenir un univers visuel alliant couleurs saturées et grain de l’image.

«Quand j’ai poussé les couleurs, soudain ça a paru plus réel», note-t-il.

«Certains m’ont dit que j’avais montré Los Angeles comme si la ville était radioactive. D’autres ont parlé de  »vérité pop »», ajoute-t-il. «C’est intéressant, parce que c’est vraiment ce que j’ai toujours cherché, cette alliance entre pop et vérité. Je pense que l’iPhone m’a aidé à la trouver».

Sean Baker n’est pas le premier réalisateur à filmer avec un téléphone. L’Iranien Jafar Panahi a par exemple tourné certaines scènes de son film Ceci n’est pas un film au téléphone portable. Comme le Suédois Malik Bendjelloul pour Sugar Man.

Tangerine est, lui, entièrement réalisé de cette manière.

En travaillant uniquement avec des téléphones intelligents, Sean Baker se félicite aussi d’avoir pu tourner de manière très libre, avec une toute petite équipe, de dix personnes maximum.

«Nous avons découvert que nous pouvions filmer plus clandestinement, capter des vrais moments de vie dans la rue, être plus fluides avec la caméra et que les actrices étaient beaucoup moins intimidées», détaille-t-il.

«Il y a finalement eu beaucoup d’avantages», estime-t-il. «Ça a commencé pour des raisons budgétaires, mais c’est devenu une esthétique».

Par : Canoe.ca/divertissement/cinéma
Publié le 29.12.2015 | 11h59
Titre original : « Tangerine: la folle journée de deux transsexuelles. »
SOURCE : fr.CANOE.ca
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Caitlyn Jenner, médaille d’or de la transition

Le plus incroyable dans cette histoire, serait-il que l’ancien sportif de haut niveau William Bruce Jenner soit devenu Caitlyn Marie Jenner ? ou qu’un tribunal administratif américain ait fait passer son dossier comme une lettre à la poste, en moins de 15 jours ? Quand on connait les délais aberrants que nécessitent une telle démarche en France, c’est à notre avis cette rapidité de traitement administratif qui va faire rêver l’ensemble des candidat(e)s français(es) à la transition de genre.

En effet dans l’hexagone, les promesses électorales d’un certain François Hollande, relatives à une meilleure prise en compte des besoins d’identité administrative pour les transgenres, n’ont pas été suivies d’effet et le parcours du combattant des personnes en quête d’une nouvelle identité, s’effectue à la vitesse d’un escargot, ce qui n’est pas forcément de bon augure, même si tout le monde sait que ce dernier est un animal hermaphrodite.

ARTICLE :

L’ad­mi­nis­tra­tion américaine a offi­ciel­le­ment reconnu le changement de sexe de Bruce Jenner. Caitlyn est légalement une femme et détient désormais sa propre identité.

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C’est sous le nom de Bruce, que la star avait remporté la médaille d’or du décathlon aux Jeux de Montréal en 1976, battant le record mondial ! Il avait même été désigné comme l’un des plus grands athlètes de son temps ! Depuis, beaucoup de choses ont changé pour Bruce Jenner !

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C’est en avril dernier, qu’il a annoncé son changement d’identité sexuelle ! C’est désormais en Caitlyn Jenner qu’il se présente ! Par la suite, elle est apparue pour la première fois en femme sur la couverture de l’édition de juillet du magazine Vanity Fair. Depuis, devenue une icône transgenre, Caitlyn Jenner découvre sa vie de femme.

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Mais elle ne s’arrête pas là et veut faire les choses jusqu’au bout ! C’est pourquoi ce vendredi 25 septembre, un juge a accepté la requête de l’ancien champion olympique, visant à changer officiellement son nom et son genre ! La décision a été rendue lors d’une brève audience à laquelle la désormais femme de 65 ans, n’a pas assistée.

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Pour rappel, elle avait déposé sa demande au début du mois, insistant sur le fait que la plupart de son dossier devait rester sous scellés afin de protéger sa vie privée et sa sécurité. La décision de vendredi signifie que le nom de naissance William Bruce Jenner est devenu Caitlyn Marie Jenner.

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A peine 15 jours après le dépôt de son dossier devant le tribunal, Caitlyn Jenner est enfin reconnue comme une femme sur ses papiers d’identité !

Les bonnes nouvelles affluent ! L’héroïne de la télé-réalité « I am Cait », dont la première saison a cartonné, et la chaine « E! » ont annoncé aux nombreux fans qu’elle reviendra pour une deuxième saison attendue et lèvera un peu plus le voile sur sa nouvelle vie !

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« J’essaye de comprendre ce qui signifie être une femme et je poursuis dans cette voie. Parce que vous savez quoi, c’est très amusant » a confié celle que