Ni homme ni femme, neutre !

Ni homme, ni femme: Norrie May-Welby, la première personne «neutre» d’Australie

Weathered toilet signs / Dave Goodman via FlickrCC License by

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Jusqu’à présent les formulaires australiens proposaient deux options sous la case «genre»: homme ou femme. Il faut désormais ajouter une troisième possibilité, le neutre. Une décision de la cour d’appel de la Nouvelle-Galles du Sud a en effet reconnu officiellement l’existence de ce genre –ou non-genre– dans cet Etat d’Australie. Plus précisément, la décision annule l’obligation d’enregistrer un citoyen uniquement comme homme ou comme femme sur les certificats de naissance, de décès, et de mariage, comme l’explique le Sydney Morning Herald.

A l’origine de cette procédure, Norrie May-Welby, un homme devenu femme qui se considère désormais comme «neutre» ou «sexless», en anglais. En 2010, le gouvernement de Nouvelle-Galles du Sud avait reconnu que le sexe de Norrie –qui n’utilise que son prénom pour être désigné– n’est «pas spécifié». Quatre mois plus tard, Norrie recevait une lettre l’informant qu’il s’agissait d’une erreur. S’en est alors suivie une procédure judiciaire de trois ans.

On peut entendre Norrie May-Welby expliquer sa situation dans une interview datant de 2012:

Par cette décision prononcée le vendredi 31 mai, l’Australie fait un premier pas vers la reconnaissance officielle de la neutralité comme genre. Il demeure des conditions. Tout d’abord, cette désignation ne s’applique qu’aux personnes ayant subi des opérations de changement de sexe (donc pas, par exemple, aux enfants intersexués). Ensuite, la procédure d’appel s’est arrêtée car les documents en question avaient été délivrés par la Nouvelle-Galles du Sud et non par l’Etat fédéral.

L’affaire a maintenant été renvoyée à un tribunal administratif qui doit statuer sur la désignation officielle de ce nouveau genre. Le gouvernement de Nouvelles-Galles du Sud réfléchit de son côté aux implications plus larges de cet appel. Il est possible que d’autres Etats australiens adoptent à l’avenir des positions similaires, invitant l’Etat fédéral à reconnaître l’existence d’un troisième genre dans toute l’Australie. L’avocate de Norrie May-Welby commentait ainsi à l’annonce de la décision:

«Nous espérons que cette décision sera mise en place dans un contexte plus large à la fois par les cours de justice mais aussi par les agences gouvernmentales.»

Les Australiens ont depuis 2011 la possibilité de se déclarer neutre sur leur passeport, et ce même s’ils n’ont pas subi d’opération de changement de sexe. Une case «X» a en effet été rajoutée sur les passeports et la cocher ne requiert qu’une lettre de recommandation d’un médecin. Cependant, les certificats de naissance, de décès et de mariage –ce dont il est question avec l’affaire Norrie– ne proposent de case «neutre» pour le moment.

En Suède, ce débat faisait rage l’année dernière lorsque que l’Encyclopédie nationale à étudié l’utilisation du pronom neutre «hen» comme remplacement aux pronoms genrés «il» («han», en suédois) et  «elle» («hon»). Une proposition de vestiaire neutre avait également été avancée pour les enfants ne souhaitant se changer ni dans les vestiaires des filles ni dans ceux des garçons. Plus récemment, un couple a annoncé que leur enfant, nommé Pop, serait élevé sans que son sexe ne soit révélé –pas même à l’école– afin qu’il ne soit pas enfermé dans les stéréotypes de genre. Les parents s’expliquaient ainsi:

«Nous voulons que Pop grandisse librement, et non dans un moule d’un genre spécifique. C’est cruel de mettre au monde un enfant avec un timbre bleu ou rose sur le front. Aussi longtemps que le genre de Pop restera neutre, il ne sera pas influencé par la façon dont les gens traitent les garçons ou les filles.»

En 2011, le Népal –qui n’avait alors décriminalisé l’homosexualité que depuis trois ans– avait supris par son progressisme en offrant la possibilité de cocher «troisième sexe» lors du recensement. Un article de Slate, paru en juin 2011, expliquait alors:

«Si la capitale, Katmandou, évolue rapidement sur ces questions, le reste du pays peine à s’adapter. Dilu Buduja, la deuxième personne du pays a être officiellement reconnue en tant que transgenre, a expliqué à CNN que « les autorités locales ne connaissaient pas cette catégorie troisième sexe et craignaient d’être limogées si elles délivraient [ce certificat de citoyenneté “troisième genre”] »»

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